Explorer les données en direct

Évolution du marché : Préparations céréalières et pâtisseries (CN 19) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 19 regroupe les préparations à base de céréales, de farines, d'amidons, de fécules ou de lait, ainsi que les pâtisseries. Il couvre un périmètre large — des pâtes alimentaires (1902) aux produits de boulangerie et biscuiterie (1905), en passant par les extraits de malt et préparations laitières (1901), les céréales soufflées ou grillées (1904) et le tapioca (1903). Ce secteur est un pilier de l'industrie agroalimentaire européenne, dont l'Union européenne est un acteur majeur tant sur le plan productif que commercial.

Sur la période 2015–2025, le commerce extra-UE de ce secteur a connu une trajectoire de croissance soutenue, ponctuée d'épisodes de tension liés aux chocs géopolitiques et aux perturbations des chaînes d'approvisionnement. Le présent rapport s'appuie sur les données douanières annuelles pour analyser trois dynamiques majeures : la consolidation du rôle de l'UE en tant qu'exportateur net, la géographie mouvante des échanges, et l'impact des chocs de prix observés au début des années 2020.


1. Une industrie exportatrice européenne en forte expansion

La valeur des échanges a presque doublé en dix ans

Entre 2015 et 2025, la valeur des exportations extra-UE du secteur NC 19 est passée de 13,35 milliards € à 23,35 milliards €, soit une progression de +74,9 %. Les importations ont connu une dynamique comparable en rythme (+72,6 %), passant de 2,60 milliards € à 4,49 milliards €. Toutefois, l'écart considérable entre exportations et importations traduit un solde excédentaire structurel qui s'est encore creusé : de 10,75 milliards € à 18,86 milliards € (+75,4 %).

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (valeur) 13,35 Mds € 23,35 Mds € +74,9 %
Importations (valeur) 2,60 Mds € 4,49 Mds € +72,6 %
Solde commercial 10,75 Mds € 18,86 Mds € +75,4 %

Source : Vue d'ensemble du commerce

La hausse des prix autant que des volumes explique cette progression

La croissance de la valeur des exportations résulte d'un double effet : les volumes exportés ont augmenté de +32,3 % (de 4,74 à 6,27 millions de tonnes), tandis que le prix moyen à l'exportation a progressé de +32,2 % (de 2 817 €/t à 3 724 €/t). La part du différentiel de prix est donc significative, reflétant à la fois l'inflation des coûts de production (énergie, matières premières) et une montée en gamme de l'offre européenne. Du côté des importations, les prix ont augmenté plus modérément (+18,9 %, de 2 250 à 2 674 €/t), ce qui suggère une pression inflationniste plus marquée sur les exportations que sur les intrants importés.

L'UE confirme sa dépendance réduite vis-à-vis des importations

L'indicateur de dépendance nette aux importations est passé de –4,2 % à –16,3 % (valeur négative = excédent net). Cela signifie que l'UE a renforcé considérablement sa position de fournisseur net vers le reste du monde. Parallèlement, la propension à exporter (ratio exportations/production) est passée de 6,0 % à 17,3 %, et l'intensité commerciale (commerce total / production) de 7,9 % à 20,0 %. L'industrie européenne de ce secteur s'est donc nettement tournée vers l'export au cours de la décennie.


2. Une géographie commerciale en recomposition : diversification des importations, concentration des exportations

Le Royaume-Uni demeure le partenaire dominant, mais les échanges s'internationalisent

Le Royaume-Uni reste de loin le premier client de l'UE (6,14 milliards € d'exportations en 2025, +83,4 %) et le premier fournisseur extra-UE (1,71 milliard €, +22,2 %). Toutefois, la concentration des importations (indice HHI sur la valeur) a baissé de 3 166 à 1 739 (–45,1 %), signe d'une diversification marquée des sources d'approvisionnement. En parallèle, la concentration des exportations est restée stable (HHI autour de 925 à 1 028), ce qui traduit une base de clients plus large et plus équilibrée.

Indicateur HHI 2015 2025 Variation
Importations (valeur) 3 166 1 739 –45,1 %
Exportations (valeur) 925 1 028 +11,1 %

Source : Concentration

L'Asie et la Turquie émergent comme sources d'importation croissantes

Plusieurs partenaires ont connu des hausses spectaculaires à l'importation :

Partenaire Importations 2015 Importations 2025 Variation
Ukraine 35 M € 251 M € +618,9 %
Chine 108 M € 322 M € +199,1 %
Turquie 125 M € 355 M € +183,9 %
Viêt Nam 59 M € 171 M € +191,0 %
Thaïlande 109 M € 215 M € +97,7 %

Source : Partenaires principaux

L'essor des importations en provenance d'Ukraine (+618,9 %) est particulièrement remarquable et pourrait refléter à la fois la croissance de la capacité de production ukrainienne avant 2022, puis les corridors de solidité mis en place après le déclenchement du conflit. La montée de la Chine (+199,1 %) et de la Turquie (+183,9 %) illustre quant à elle la mondialisation croissante des chaînes d'approvisionnement agroalimentaires.

L'Italie, la Pologne et les Pays-Bas tirent la dynamique exportatrice

Au sein de l'UE, les États membres les plus spécialisés dans le secteur NC 19 en termes d'avantage comparatif révélé (RSCA) sont la Lettonie, l'Italie, la Grèce, la Croatie et la Pologne. À l'inverse, Malte, Chypre, la Finlande, la Slovénie et la Hongrie affichent un désavantage comparatif marqué.

Les principaux exportateurs en valeur absolue ont connu des progressions notables :

État membre Exportations 2015 Exportations 2025 Variation
Pologne 562 M € 1 737 M € +208,9 %
Belgique 825 M € 1 970 M € +138,8 %
Italie 2 065 M € 4 225 M € +104,6 %
Pays-Bas 2 485 M € 3 522 M € +41,7 %

Source : États membres

La Pologne se distingue par la progression la plus rapide (+208,9 %), ce qui s'inscrit dans la dynamique plus large de montée en puissance de l'industrie agroalimentaire polonaise dans le marché unique. L'Italie, leader historique grâce à ses pâtes et produits de pâtisserie, a doublé ses exportations vers les pays tiers, consolidant sa position de premier exportateur de l'UE dans ce secteur.

Les États-Unis, marché à forte croissance pour les exportations UE

Côté destinations des exportations, les États-Unis ont enregistré la plus forte progression (+202,5 %, de 838 M € à 2 535 M €), dépassant la Chine (+92,1 %) et la Suisse (+86,2 %). À l'inverse, les exportations vers la Russie ont diminué de –11,4 %, probablement sous l'effet des sanctions et du contexte géopolitique.


3. Chocs de prix et secteurs vulnérables : le tournant 2022

L'année 2022 marque un épisode de tensions généralisées

L'analyse de la volatilité révèle des niveaux d'instabilité hétérogènes selon les partenaires commerciaux. Les importations en provenance d'Ukraine (CV = 0,41), de Serbie (0,62) et de Singapour (0,77) affichent les coefficients de variation les plus élevés, signe d'une grande instabilité des flux. Du côté des exportations, la Russie (CV = 0,34) et les États-Unis (0,25) se distinguent par une volatilité notable.

L'année 2022 concentre les principaux chocs détectés :

Choc Type Flux Anomalie Glissement
Afrique du Sud Prix Exportations 56,1σ +44,4 %
Serbie Prix Importations 10,3σ +17,3 %
Émirats arabes unis Prix Exportations 7,8σ +27,7 %

Ces chocs de prix coïncident avec la crise énergétique mondiale post-Covid et le déclenchement du conflit en Ukraine, qui ont provoqué une envolée des coûts de l'énergie, du transport et des matières premières agricoles. Le choc le plus extrême, observé sur les exportations vers l'Afrique du Sud (anomalie de 56,1 écarts-types), témoigne d'une rupture brutale des conditions de prix, même si sa part dans la valeur totale des exportations reste modeste (0,6 %).

Le segment des pâtes alimentaires (1902) a connu les plus fortes tensions à l'importation

En examinant la décomposition par sous-produit, le segment des pâtes alimentaires (1902) a connu une hausse des prix à l'importation particulièrement marquée entre 2019 et 2022, passant de 1 870 €/t à 2 567 €/t (+37,3 %), avant de se stabiliser autour de 2 360 €/t. Les volumes importés ont quant à lui connu une progression régulière, passant de 226 182 t en 2015 à 443 422 t en 2025 (+96,0 %), ce qui en fait le segment dont les importations ont le plus crû en volume.

Le segment 1901 (extraits de malt et préparations alimentaires à base de céréales et lait) présente un profil inverse : les volumes importés ont reculé de 223 011 t à 178 227 t (–20,1 %), alors que les prix à l'importation ont augmenté de 1 849 à 2 551 €/t (+38,0 %). Cette combinaison de baisse des volumes et de hausse des prix pourrait refléter un effet de substitution ou une montée en gamme des produits importés.

Les produits de boulangerie-pâtisserie (1905) dominent les flux et affichent la plus forte dynamique de prix

Le segment 1905 (produits de boulangerie, pâtisserie et biscuiterie) représente à lui seul la majeure partie des échanges :

  • Importations : 849 073 t en 2025 (+65,4 % vs 2015) pour 2,35 milliards €
  • Exportations : 2 456 991 t en 2025 (+48,7 %) pour 10,64 milliards €

Les prix à l'exportation de ce segment ont augmenté de manière quasi continue, passant de 2 984 €/t en 2015 à 4 331 €/t en 2025 (+45,1 %). Cette trajectière ascendante des prix, sans recul significatif, suggère une capacité des exportateurs européens à répercuter les hausses de coûts et/à se positionner sur des produits à plus forte valeur ajoutée.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le commerce extra-UE du secteur NC 19 a fait la démonstration d'une triple dynamique : croissance structurelle robuste, recomposition géographique et résilience face aux chocs. L'Union européenne a renforcé sa position de fournisseur net majeur, avec un solde commercial excédentaire passé de 10,8 à 18,9 milliards d'euros. Cette progression repose autant sur une hausse des volumes exportés (+32 %) que sur une appréciation des prix (+32 %), traduisant une montée en gamme et/ou la répercussion de l'inflation des coûts.

La géographie des échanges s'est diversifiée, notamment à l'importation où l'indice de concentration HHI a baissé de 45 %. De nouveaux partenaires — Ukraine, Chine, Turquie, Viêt Nam — ont gagné en importance, tandis que les exportations se sont de plus en plus dirigées vers les États-Unis et la Chine. Au sein de l'UE, l'Italie, la Pologne et les Pays-Bas sont les moteurs principaux de cette dynamique exportatrice.

Enfin, les chocs de prix de 2022, liés à la conjonction de la crise énergétique et du conflit ukrainien, ont été absorbés sans remettre en cause la trajectoire de croissance, bien qu'ils aient laissé des traces durables sur les prix. Le segment des produits de boulangerie-pâtisserie (1905) s'affirme comme le cœur de gravité du secteur, tant par ses volumes que par sa capacité à soutenir des prix d'exportation élevés.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

Si vous avez besoin de conseils sur la politique commerciale européenne, ou de représentation pour vos intérêts à Bruxelles, merci de me contacter à support@tradedashboard.eu. Vous trouverez mon CV à cette adresse.