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Évolution du marché : Voitures hybrides (CN 870340) — 2015–2025

Introduction

Le code tarifaire CN 870340 couvre les voitures de tourisme équipées à la fois d'un moteur à allumage par étincelles et d'un moteur électrique non rechargeable par branchement — c'est-à-dire les véhicules hybrides classiques (HEV), par opposition aux hybrides rechargeables (PHEV). Ce segment, autrefois marginal, est devenu l'un des dynamiques du commerce automobile européen au cours de la période 2017–2025, porté par la transition vers l'électrification des motorisations. Le présent rapport analyse l'évolution des flux d'importations et d'exportations de l'UE vers et depuis les pays tiers, en identifiant les grandes tendances structurelles, les repositionnements géographiques et les points de vulnérabilité du marché.


1. Une trajectoire de croissance exponentielle transformant l'UE en exportateur net

Les exportations de l'UE ont connu une progression spectaculaire

L'évolution la plus marquante de la période est l'explosion des exportations européennes. En 2017, les ventes de véhicules hybrides HEV de l'UE vers les pays tiers ne représentaient que 407 millions d'euros pour 31 720 unités. En 2025, elles atteignent 18,5 milliards d'euros et 1 007 608 unités — soit une multiplication par 31 en volume et par 45 en valeur. Le pic a été atteint en 2022 avec 25,5 milliards d'euros et 1,15 million d'unités, avant un léger retrait.

Année Exportations (Mds €) Exportations (unités) Importations (Mds €) Importations (unités)
2017 0,41 31 720 4,27 344 551
2019 3,67 196 737 7,01 538 788
2021 20,28 996 318 8,99 684 623
2022 25,49 1 149 091 11,73 841 525
2025 18,47 1 007 608 15,57 1 139 618

Source : General Overview — Trade

L'UE bascule de la dépendance nette aux importations vers l'autosuffisance

En 2017, la dépendance nette aux importations s'élevait à +64,8 %, traduisant un déficit commercial de 3,87 milliards d'euros. En 2022, cet indicateur est tombé à −104,8 % (excédent record de 13,8 milliards d'euros), avant de se stabiliser autour de +0,6 % en 2024. Le solde commercial s'est ainsi retourné de −3,9 milliards (2017) à +2,9 milliards (2025), signe que l'industrie européenne a massivement investi dans la production de véhicules hybrides.

La production intérieure européenne a été multipliée par plus de 9

Selon les données de production, la production de véhicules hybrides HEV dans l'UE est passée d'environ 160 000 unités (2017–2018) à 1,5 million d'unités en 2024, avec une valeur passant de 2,2 milliards à 32 milliards d'euros. Cette montée en puissance spectaculaire — multiplication par 9,4 de la quantité — explique directement le basculement de l'UE vers le statut d'exportateur net.


2. Un rééquilibrage géographique des partenaires commerciaux

Les importations : domination japonaise concurrencée par la montée en puissance de la Chine

Le Japon reste le premier fournisseur de l'UE sur l'ensemble de la période, avec des importations passant de 1,60 milliard (2017) à 4,69 milliards d'euros (2025), un chiffre d'affaires qui a culminé à 5,82 milliards en 2024. La Turquie et le Royaume-Uni se partagent les deuxième et troisièmes rangs, avec des importations de 3,03 milliards et 2,45 milliards d'euros respectivement en 2025.

Partenaire (importations) 2017 (Mds €) 2025 (Mds €) Variation
Japon 1,60 4,69 +192 %
Turquie 1,13 3,03 +168 %
Royaume-Uni 1,01 2,45 +143 %
Corée du Sud 0,50 1,99 +294 %
Chine 0,0003 1,81 > +500 000 %
Mexique 0,00005 0,42 > +700 000 %

Source : General Overview — Top Partners

L'évolution la plus remarquable est celle de la Chine, qui est passée de quantités négligeables (303 374 € en 2017) à 1,81 milliard d'euros en 2025. Cette progression fulgurante reflète la montée en puissance des constructeurs chinois (notamment BYD et Geely/Volvo) sur le segment des hybrides, et s'inscrit dans le contexte plus large de la concurrence croissante des véhicules électriques chinois en Europe. Le Maroc émerge également comme fournisseur avec 566 millions d'euros en 2025, un flux quasi inexistant avant 2020.

Les exportations : le Royaume-Uni, moteur principal, accompagné de la Suisse et de la Turquie

Le Royaume-Uni est devenu de loin la première destination des exportations européennes de véhicules hybrides, avec 5,29 milliards d'euros en 2025, contre seulement 173 millions en 2017. Le Brexit et l'Accord de commerce et de coopération UK-UE ont maintenu une intégration étroite des chaînes de valeur automobiles, avec une croissance de +2 956 % sur la période.

Partenaire (exportations) 2017 (Mds €) 2025 (Mds €) Variation
Royaume-Uni 0,17 5,29 +2 956 %
États-Unis 0,0002 3,37 > +2 000 000 %
Chine 0,0005 1,67 +342 521 %
Turquie 0,003 1,65 +61 812 %
Suisse 0,007 1,12 +16 936 %
Corée du Sud 0,0002 0,25 +101 177 %

Les États-Unis représentent une trajectoire singulière : après un pic d'exportations à 8,66 milliards d'euros en 2022, les flux ont chuté à 3,37 milliards en 2025, probablement en lien avec la politique commerciale américaine et les mesures protectionnistes (Inflation Reduction Act). La Suisse affiche une croissance régulière et stable (de 6,6 M€ à 1,12 Md €), tandis que la Turquie a connu une progression exponentielle, passant de 2,7 M€ à 1,65 Md €.

Une diversification des partenaires réduisant la concentration

L'indice de concentration HHI confirme une diversification nette du commerce :

Flux HHI 2017 HHI 2025 Évolution
Importations (valeur) 2 808 1 878 −33 %
Exportations (valeur) 2 709 1 412 −48 %

La chute de l'HHI des exportations de 2 709 à 1 412 est particulièrement significative : l'UE a diversifié ses marchés de destination, passant d'une concentration élevée (prenant en compte la dominance des États-Unis) à une situation modérément concentrée avec plusieurs marchés d'importance comparable (Royaume-Uni, États-Unis, Chine, Turquie, Suisse).


3. Une production européenne concentrée dans cinq États membres, avec des asymétries structurelles

L'Allemagne reste le premier exportateur européen, mais la Slovaquie émerge

Les données de spécialisation par État membre révèlent des dynamiques internes marquées. L'Allemagne demeure le premier exportateur avec 6,13 milliards d'euros en 2025, mais la Slovaquie a connu une croissance vertigineuse (de 54 100 € à 5,24 milliards d'euros), la plaçant au deuxième rang. L'Espagne (1,80 Md €) et la France (1,42 Md €) complètent le peloton de tête.

État membre (exportations) 2017 (Mds €) 2025 (Mds €) Variation
Allemagne 0,09 6,13 +6 897 %
Slovaquie 0,00005 5,24 +9 685 181 %
Belgique 0,23 1,19 +413 %
Espagne 0,02 1,80 +11 127 %
Rép. tchèque 0,00004 0,79 +1 887 913 %
Hongrie 0,003 0,73 +26 706 %
France 0,009 1,42 +15 171 %

Source : General Overview — Top Reporters

La spécialisation révèle un clivage Europe de l'Ouest / Europe de l'Est

Les indices RSCA de Balassa montrent une spécialisation nette de certains pays d'Europe centrale et orientale :

État membre RSCA (2025) Part de production UE Interprétation
Slovaquie +0,62 9,0 % Très spécialisé
Espagne +0,54 19,2 % Très spécialisé
Estonie +0,51 1,0 % Spécialisé
Slovénie +0,50 3,0 % Spécialisé
Roumanie +0,50 5,0 % Spécialisé
Irlande −1,00 0,0003 % Non spécialisé
Grèce −0,99 0,002 % Non spécialisé
Italie −0,89 0,5 % Non spécialisé

À l'inverse, l'Italie, malgré son poids économique considérable (8 % du commerce total de l'UE), possède un RSCA de −0,89, ce qui indique qu'elle est importatrice nette de véhicules hybrides. Cela s'explique vraisemblablement par le positionnement de ses constructeurs (Fiat/Stellantis) vers les hybrides rechargeables et les véhicules thermiques classiques, plutôt que vers les hybrides non rechargeables.

Les importations par État membre sont dominées par la Belgique et l'Espagne

Côté importations, la Belgique (4,16 Md €) et l'Espagne (3,08 Md €) concentrent une part significative des flux entrants, en lien avec les grands ports (Anvers) et les implantations industrielles (Espagne). L'Allemagne figure relativement bas dans les importateurs (0,93 Md € en 2025), ce qui confirme sa position d'exportateur net — sa production intérieure de 7,5 % de la production UE permettant de couvrir une part importante de ses besoins, tout en exportant massivement.

Chocs de prix ponctuels sur certains corridors d'exportation

L'analyse de volatilité et des chocs détecte deux événements notables sur les exportations :

  • Corée du Sud (2021) : augmentation de prix unitaire de +62,6 % par rapport à la période de base (2019–2020), avec une anormalité de 10,8 écarts-types. Les volumes exportés ont simultanément bondi de 361 % par rapport à la baseline, suggérant un réapprovisionnement stratégique ou l'effet de nouveaux modèles à forte valeur ajoutée.
  • Suisse (2019) : augmentation de prix de +38 % et multiplication par 4,8 des volumes, marquant le démarrage d'un marché d'exportation qui s'est ensuite consolidé de manière régulière.

Les coefficients de variation les plus élevés concernent les partenaires émergents : Chine (CV = 1,99 pour les importations), Serbie (2,64), Afrique du Sud (2,19) — des flux encore instables en phase de démarrage. Les corridors matures (Japon, Turquie, Royaume-Uni) présentent des CV plus faibles (0,33–0,42), signe d'une relation commerciale stabilisée.


Conclusion

La période 2017–2025 a vu le segment des véhicules hybrides non rechargeables (CN 870340) passer d'un marché dominé par les importations à un secteur où l'UE est devenue exportatrice nette, grâce à une multiplication par neuf de sa production intérieure. Le Japon demeure le premier fournisseur mais perd progressivement de parts face à la montée de la Chine et de nouveaux acteurs comme le Maroc et le Mexique. Côté exportations, le Royaume-Uni reste le débouché principal, mais la diversification géographique vers la Turquie, la Suisse et l'Asie a fortement réduit la concentration du marché. Les disparités internes à l'UE restent marquées : la Slovaquie, l'Espagne et l'Allemagne captent l'essentiel de la production, tandis que l'Italie demeure structurellement importatrice dans ce segment. La croissance exponentielle de la Chine dans les importations européennes — de 303 000 € à 1,81 milliard d'euros en huit ans — constitue une dynamique à surveiller dans le contexte des tensions commerciales UE-Chine autour des véhicules électriques.

Généré le 2026-08-04. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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