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Évolution du marché : Raisins secs (CN 0806) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code douanier 0806, « Raisins, frais ou secs », sur la période 2015–2025. Ce code couvre deux sous-catégories principales : les raisins frais (080610) et les raisins secs (080620). Au cours de cette décennie, le commerce de ce produit a connu des mutations significatives, marquées par une dépendance structurelle aux importations, une hausse importante des prix et des recompositions géographiques notables tant du côté des fournisseurs que des destinations d'exportation.

Pour une vue d'ensemble du périmètre produit et des données disponibles, voir la section Scope & Definitions.


1. Une dépendance aux importations qui s'approfondit et un déficit commercial en forte progression

1.1. Le déficit commercial se creuse de manière continue

L'Union européenne structurellement importatrice de raisins frais et secs. Sur la période 2015–2025, le déficit commercial est passé de −929,8 M EUR à −1 615,5 M EUR, soit une détérioration de 73,8 %. Les importations ont progressé de 56,8 % en valeur (de 1 337,3 M EUR à 2 097,0 M EUR), tandis que les exportations n'ont crû que de 18,2 % (de 407,6 M EUR à 481,6 M EUR). En volume, l'écart se creuse davantage encore : les importations ont augmenté de 30,9 % (de 682 030 t à 892 965 t), alors que les exportations ont reculé de 13,9 % (de 207 079 t à 178 268 t).

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Importations (valeur, M EUR) 1 337,3 2 097,0 +56,8
Importations (volume, t) 682 030 892 965 +30,9
Exportations (valeur, M EUR) 407,6 481,6 +18,2
Exportations (volume, t) 207 079 178 268 −13,9
Solde commercial (M EUR) −929,8 −1 615,5 −73,8

1.2. Un taux de dépendance aux importations stablement élevé

Le taux de dépendance nette aux importations s'est maintenu autour de 86 % sur l'ensemble de la période (86,1 % en 2015, 86,5 % en 2025), avec un minimum de 84,4 % et un maximum de 90,2 %. Ce niveau élevé mais remarquablement stable indique que l'UE n'a pas réussi à réduire significativement sa dépendance, malgré une production intérieure. L'intensité commerciale trade intensity reste elle aussi très élevée, autour de 94–95 %, confirmant que le marché européen des raisins est profondément ancré dans le commerce international.

1.3. Des prix à la hausse qui reflètent une tension sur le marché

Les prix moyens ont progressé tant à l'importation (+19,8 %, de 1 961 à 2 348 EUR/t) qu'à l'exportation (+37,2 %, de 1 968 à 2 701 EUR/t). Cette hausse, plus marquée à l'export, s'explique en partie par la composition des flux : les exportations de l'UE se concentrent sur des marchés à forte valeur ajoutée (Royaume-Uni, Suisse, Norvège), tandis que les importations proviennent de pays tiers aux coûts de production diversifiés.


2. Une reconfiguration géographique des partenaires commerciaux

2.1. L'élargissement des sources d'approvisionnement

Côté importations, l'UE s'est tournée de manière croissante vers de nouveaux fournisseurs. L'Inde et l'Égypte ont connu des progressions spectaculaires :

Partenaire 2015 (M EUR) 2025 (M EUR) Variation (%)
Afrique du Sud 350,1 582,4 +66,4
Turquie 246,3 269,9 +9,6
Pérou 134,9 308,8 +129,0
Inde 60,7 203,8 +235,7
Chili 197,5 224,5 +13,7
Égypte 75,9 157,8 +107,9
Brésil 47,4 57,9 +22,1

L'Inde est passée de 60,7 M EUR à 203,8 M EUR (+235,7 %), devenant un fournisseur majeur. L'Égypte a doublé ses livraisons (+107,9 %), tandis que le Pérou les a multipliées par 2,3 (+129,0 %). L'Afrique du Sud demeure le premier fournisseur, mais sa part a été rejointe par des sources diversifiées. La Turquie, historiquement un fournisseur clé, affiche une croissance plus modeste (+9,6 %), ce qui pourrait refléter une saturation ou une concurrence accrue.

2.2. L'exportation européenne concentrée sur les marchés limitrophes, avec de nouvelles dynamiques

Les exportations restent dominées par le Royaume-Uni, qui absorbe près de la moitié de la valeur exportée :

Destination 2015 (M EUR) 2025 (M EUR) Variation (%)
Royaume-Uni 226,6 233,1 +2,9
Suisse 56,2 77,6 +38,3
Norvège 33,2 52,7 +58,7
Russie 13,0 25,7 +97,0
Biélorussie 7,7 4,0 −47,7
Afrique du Sud 5,1 9,5 +85,7
Ukraine 2,1 9,6 +357,8

La croissance la plus remarquable concerne l'Ukraine (+357,8 %), dont les exportations vers l'UE ont explosé. La Russie a presque doublé (+97,0 %). En revanche, la Biélorussie a connu un recul significatif (−47,7 %), ce qui peut être lié au contexte géopolitique et aux sanctions. Le Royaume-Uni, malgré un léger accroissement de valeur, reste le pilier incontournable des exportations européennes de raisins.

2.3. Une concentration des importations stable, mais une diversification des exportations en cours

L'indice de concentration HHI des importations est resté remarquablement stable (de 1 447 à 1 451 en valeur), indiquant un marché d'approvisionnement modérément diversifié. En revanche, l'HHI des exportations a baissé de 17,9 % (de 3 390 à 2 782), signe d'une moindre concentration : l'UE exporte vers un éventail de destinations légèrement plus large qu'en 2015, réduisant ainsi sa dépendance au seul marché britannique.


3. Tensions sur l'offre, chocs de prix et recomposition segmentaire

3.1. Des chocs de prix ponctuels sur les importations

L'analyse de la volatilité et des chocs révèle deux événements significatifs :

  • Pérou (2022) : un choc de prix à l'importation d'une ampleur exceptionnelle (abnormalité de 12,7), avec une baisse de prix de 13,7 %, représentant 15,4 % de la valeur totale des importations. Ce choc peut être lié à des perturbations logistiques post-Covid ou à une surproduction locale ayant pesé sur les prix.

  • Inde (2018) : un choc de prix à l'importation (abnormalité de 3,0), avec une hausse de 13,7 %, pour une part de 11,6 % de la valeur. Ce choc reflète probablement une tension sur l'offre indienne à cette période, peut-être liée à des conditions climatiques.

Les coefficients de variation confirment que certains partenaires présentent une forte volatilité. À l'import, la Chine (CV = 0,71) et les États-Unis (CV = 0,55) affichent les niveaux les plus erratiques. À l'export, la Biélorussie (CV = 0,76) et les Émirats arabes unis (CV = 0,81) présentent les plus fortes instabilités.

3.2. Une production intérieure en repli en volume mais en hausse en valeur

Les données de production européenne montrent une évolution contrastée :

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Production (volume, M kg) 60,5 40,0 −33,8
Production (valeur, M EUR) 63,4 80,0 +26,1

La production a chuté de 33,8 % en volume, ce qui accroît mécaniquement la dépendance aux importations. Cependant, la valeur de la production a augmenté de 26,1 %, indiquant une forte hausse des prix unitaires et/ou un basculement vers des variétés à plus forte valeur ajoutée. Les États membres les plus spécialisés dans ce secteur sont la Grèce (RSCA = 0,58), l'Italie (0,57) et les Pays-Bas (0,51), tandis que des pays comme l'Irelande (RSCA = −0,99) ou l'Estonie (−0,99) en sont quasiment absents.

3.3. Le raisin frais domine de plus en plus les échanges, au détriment du raisin sec

La décomposition par sous-catégorie révèle une divergence structurelle :

Importations :

Segment Volume 2015 (t) Volume 2025 (t) Valeur 2015 (M EUR) Valeur 2025 (M EUR)
Raisins frais (080610) 445 761 674 930 (+51,4 %) 902,0 1 488,9 (+65,1 %)
Raisins secs (080620) 236 269 218 035 (−7,7 %) 435,3 608,1 (+39,7 %)

Les importations de raisins frais ont bondi de 51,4 % en volume et de 65,1 % en valeur, tandis que celles de raisins secs ont reculé de 7,7 % en volume (tout en augmentant de 39,7 % en valeur, sous l'effet de la hausse des prix). Le raisin frais représente désormais trois quarts du volume importé.

Exportations :

Segment Volume 2015 (t) Volume 2025 (t) Valeur 2015 (M EUR) Valeur 2025 (M EUR)
Raisins frais (080610) 185 202 164 332 (−11,3 %) 369,3 431,0 (+16,7 %)
Raisins secs (080620) 21 877 13 936 (−36,3 %) 38,2 50,6 (+32,4 %)

Les exportations de raisins secs ont été particulièrement affectées, avec un recul de 36,3 % en volume. Les exportations de raisins frais ont diminué de 11,3 % en volume, mais leur valeur a progressé de 16,7 %, là encore sous l'effet de la hausse des prix. Le prix du raisin sec exporté a bondi de 1 745 à 3 630 EUR/t (+108 %), ce qui pourrait refléter une sélection accrue vers des produits de qualité supérieure.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des raisins (CN 0806) se caractérise par trois dynamiques principales. Premièrement, la dépendance de l'UE aux importations, stablement élevée autour de 86 %, s'est accompagnée d'un déficit commercial en forte expansion (+73,8 %), tiré par une hausse des volumes importés et des prix. Deuxièmement, le paysage des fournisseurs s'est profondément reconfiguré : si l'Afrique du Sud et la Turquie demeurent les partenaires dominants, l'Inde, le Pérou et l'Égypte ont émergé comme des sources d'approvisionnement majeures, témoignant d'une diversification géographique. Troisièmement, la production intérieure de l'UE a connu un net recul en volume (−33,8 %), tandis que le segment des raisins frais prend une part croissante des importations au détriment des raisins secs. Ces évolutions soulèvent des questions quant à la résilience de la chaîne d'approvisionnement européenne, d'autant que certains partenaires clés présentent des niveaux de volatilité préoccupants.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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