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Évolution du marché : Fruits rouges et autres (CN 0810) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 0810 regroupe une catégorie résiduelle de fruits comestibles frais, incluant notamment les fraises, framboises, mûres, groseilles, kiwis et myrtilles. L'analyse des échanges commerciaux de l'Union européenne avec les pays tiers sur la période 2015-2025 révèle une transformation structurelle du marché. Alors que les exportations progressent en valeur (+59,4 %), c'est la dynamique des importations (+253,6 % en valeur) qui domine, faisant basculer l'UE d'une position excédentaire à déficitaire. Ce rapport explore les principales tendances sous-jacentes à cette évolution.

Pour plus de détails, consultez la vue d'ensemble du commerce.

Une croissance déséquilibrée des échanges : l'essor des importations et la stagnation des exportations

La période étudiée est marquée par une divergence prononcée entre les trajectoires des importations et des exportations de l'UE en matière de fruits du code 0810.

La dynamique des importations : une hausse spectaculaire de la valeur et des volumes

Les importations de l'UE ont connu une croissance exceptionnelle. En valeur, elles sont passées de 865 millions d'euros en 2015 à 3,06 milliards d'euros en 2025, soit une augmentation de 253,6 %. En volume, l'augmentation est également très significative, passant de 412 214 tonnes à 727 412 tonnes (+76,5 %). Cette progression s'est accompagnée d'une hausse marquée des prix moyens à l'importation, qui ont pratiquement doublé sur la période (+100,4 %), passant de 2 099 €/t à 4 206 €/t.

Indicateur Valeur 2015 Valeur 2025 Variation (%)
Valeur (M€) 865 3 060 +253,6
Volume (kt) 412 727 +76,5
Prix moyen (€/t) 2 099 4 206 +100,4

Des exportations en valeur en hausse mais en volume en léger recul

Les exportations de l'UE ont évolué de manière plus modérée. Leur valeur a progressé de 1,11 milliard d'euros à 1,76 milliard d'euros (+59,4 %). Cependant, en volume, les exportations ont légèrement diminué, passant de 522 486 tonnes à 498 946 tonnes (-4,5 %). Cette stagnation en volume, combinée à une hausse des prix à l'exportation (+66,9 %), suggère une possible montée en gamme ou une inflation des coûts de production.

Indicateur Valeur 2015 Valeur 2025 Variation (%)
Valeur (M€) 1 105 1 761 +59,4
Volume (kt) 522 499 -4,5
Prix moyen (€/t) 2 115 3 530 +66,9

Un déficit commercial qui se creuse

Le déséquilibre entre la forte croissance des importations et la relative stagnation des exportations a radicalement transformé la balance commerciale de l'UE pour ce produit. L'excédent de 240 millions d'euros en 2015 s'est transformé en un déficit record de 1,30 milliard d'euros en 2025. Cette évolution reflète une dépendance accrue de l'UE vis-à-vis des fournisseurs extérieurs pour couvrir la demande intérieure.

Consultez les données détaillées sur l'évolution du commerce.

Partenaires clés et concentration des échanges

La géographie des échanges a connu des évolutions notables, avec l'émergence de nouveaux fournisseurs majeurs et une modification de la concentration des flux.

Les principaux fournisseurs : la montée en puissance du Pérou et du Maroc

Les principaux partenaires à l'importation restent la Nouvelle-Zélande (kiwis) et le Chili, mais leur croissance est dépassée par celle de fournisseurs émergents. La valeur des importations en provenance du Pérou a explosé (+1 520,3 %), passant de 43 à 698 millions d'euros. Le Maroc a également connu une progression très forte (+530,9 %). La Turquie et la Colombie complètent le tableau des fournisseurs importants. À l'exportation, le Royaume-Uni demeure de loin le premier client (635 M€ en 2025), suivi par la Suisse, dont les achats à l'UE ont plus que doublé.

Partenaire (Importations) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation (%)
Nouvelle-Zélande 196 729 +271,3
Maroc 109 687 +530,9
Chili 149 285 +91,2
Pérou 43 698 +1 520,3
Turquie 33 78 +137,5
Partenaire (Exportations) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation (%)
Royaume-Uni 527 635 +20,6
Suisse 144 307 +112,8
États-Unis 35 98 +179,1
Ukraine 11 44 +281,0
Norvège 103 148 +44,6

Une concentration à l'importation qui augmente, à l'exportation qui diminue

L'Indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) mesure la concentration des échanges. À l'importation, l'HHI en valeur a augmenté de 51,1 % (de 1 136 à 1 716), indiquant une concentration croissante des achats sur un nombre plus limité de partenaires, notamment le Pérou et la Nouvelle-Zélande. À l'exportation, la tendance est inverse : l'HHI a baissé de 31,6 % (de 2 593 à 1 773), révélant une légère diversification des débouchés de l'UE. En volume, la concentration à l'importation a diminué légèrement (-8,9 %), tandis qu'elle a baissé à l'exportation (-15,6 %).

Pour plus d'informations, consultez la concentration des échanges.

Décryptage par produit et spécialisation des États membres

La catégorie CN 0810 est hétérogène. L'analyse des sous-produits et de la spécialisation des États membres permet de mieux comprendre la dynamique du marché.

Le poids dominant des kiwis (081050) et la forte progression des myrtilles (081040)

Les kiwis frais (081050) représentent le principal poste tant à l'importation qu'à l'exportation. À l'importation, leur valeur a été multipliée par plus de 3 (de 272 à 852 M€). Les myrtilles, airelles et fruits du genre Vaccinium (081040) constituent le segment à la croissance la plus spectaculaire : la valeur des importations a été multipliée par plus de 7 (de 180 à 1 279 M€), et le volume a été multiplié par 7,6 (de 28 540 t à 216 349 t). Cela reflète la forte demande pour les "superfruits" et l'essor de la production dans l'hémisphère sud (Chili, Pérou).

Les fraises (081010) et les framboises (081020) : des tendances contrastées

Les fraises (081010) montrent des dynamiques différentes selon le flux. Les exportations de fraises de l'UE ont perdu en volume (-22,2 % en 10 ans) mais leur valeur a augmenté (+38,5 %), suggérant une compétitivité accrue sur les prix. À l'importation, le volume est stable mais la valeur a augmenté. Les framboises (081020) suivent une trajectoire similaire à celle des myrtilles : les importations ont bondi en valeur (+313,0 %) et en volume (+120,5 %), tandis que les exportations ont reculé.

Produit (Importations) Volume 2015 (t) Volume 2025 (t) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€)
081050 (Kiwis) 223 120 294 779 272 852
081040 (Myrtilles) 28 540 216 349 180 1 279
081010 (Fraises) 23 105 18 961 68 80
081020 (Framboises) 20 818 45 906 89 367
Produit (Exportations) Volume 2015 (t) Volume 2025 (t) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€)
081050 (Kiwis) 222 049 205 338 246 438
081010 (Fraises) 127 174 98 944 335 464
081040 (Myrtilles) 28 497 51 708 197 415
081020 (Framboises) 20 886 18 984 179 214

Une spécialisation géographique marquée au sein de l'UE

La spécialisation à l'exportation au sein de l'UE est très inégale. L'analyse des avantages comparatifs révélés (RCA) montre que la Grèce (RCA=8,82) et l'Espagne (RCA=5,06) sont les États membres les plus spécialisés dans l'exportation de ces fruits, portées par leur production de fraises et d'autres petits fruits. À l'inverse, des pays comme l'Irlande ou le Danemark n'ont aucun avantage dans ce secteur. Les États membres les plus importants en termes d'exportations sont l'Espagne, les Pays-Bas, l'Italie, la Grèce et la Belgique.

Consultez les données sur la spécialisation des pays.

Conclusion

Entre 2015 et 2025, le marché européen des fruits du code NC 0810 a subi une profonde mutation. La demande intérieure, tirée notamment par les myrtilles et les framboises, a explosé, alimentant une vague d'importations massive principalement depuis le Pérou, le Maroc et la Nouvelle-Zélande. Cette dynamique a creusé un déficit commercial considérable. Parallèlement, les exportations de l'UE, bien qu'en hausse en valeur grâce à une augmentation des prix, ont stagné en volume et se sont concentrées sur des marchés proches comme le Royaume-Uni. La spécialisation au sein de l'UE reste forte, avec des pays comme l'Espagne et la Grèce comme moteurs à l'exportation. L'augmentation de la concentration des importations et la volatilité observée sur certains partenaires (comme le choc de prix sur les exportations vers la Russie en 2017) soulignent les défis de sécurité d'approvisionnement et de compétitivité auxquels l'Union européenne est désormais confrontée dans ce segment clé de l'agroalimentaire.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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