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Évolution du marché : Fruits secs mélangés (CN 0813) — 2015–2025

Introduction

Le code nomenclature combinée 0813 couvre les abricots, pruneaux, pommes, pêches, poires, papayes, tamarins et autres fruits comestibles séchés, ainsi que les mélanges de fruits séchés ou de fruits à coque (hors exclusions spécifiques). Sur la période 2015–2025, le commerce extérieur de l'Union européenne pour ce produit révèle des dynamiques contrastées : une valeur des importations en hausse de 23,2 %, tandis que les exportations reculent de 10,5 % en valeur et de 32,6 % en volume. Ce rapport s'appuie sur les données du Tableau de bord du commerce pour analyser trois grandes tendances structurantes de cette période.


1. L'effet prix comme moteur principal de la hausse des importations

Une valeur des importations en forte progression malgré des volumes stables

Entre 2015 et 2025, la valeur des importations de l'UE en produits CN 0813 est passée de 426,7 M€ à 525,7 M€, soit une progression de +23,2 %. Sur la même période, les volumes importés n'ont augmenté que de +3,8 % (de 99 516 t à 103 295 t). Le prix unitaire moyen à l'importation a ainsi bondi de 4 287 €/t à 5 089 €/t (+18,7 %), ce qui indique que la hausse de la facture d'importation est essentiellement tirée par l'effet prix plutôt que par une augmentation significative des quantités consommées.

Le segment 081340 : une explosion des prix à l'importation

Le sous-produit le plus marqué est le segment 081340 (pêches, poires, papayes, tamarins et autres fruits séchés non spécifiquement nommés). Les volumes importés ont crû de 15 647 t à 19 717 t (+26 %), mais la valeur a presque doublé, passant de 107,0 M€ à 203,8 M€. Le prix unitaire à l'importation est ainsi passé de 6 837 €/t à 10 335 €/t, une hausse de +51,2 %. Ce segment concentre désormais la plus grande part de la valeur importée, dépassant les pruneaux (081320) qui restent cependant dominants en volume (46 997 t en 2025).

Une évolution contrastée entre les sous-produits

Sous-produit Volume importé 2015 (t) Volume importé 2025 (t) Variation Valeur importée 2015 (M€) Valeur importée 2025 (M€) Variation
081320 — Pruneaux 49 827 46 997 −5,7 % 170,3 153,5 −9,8 %
081310 — Abricots 21 946 23 919 +9,0 % 110,2 126,3 +14,6 %
081340 — Autres fruits 15 647 19 717 +26,0 % 107,0 203,8 +90,7 %
081330 — Pommes 9 608 11 405 +18,7 % 26,0 31,4 +20,9 %
081350 — Mélanges 2 488 1 257 −49,5 % 13,2 10,7 −19,2 %

(Source : Vue comparative des segments)

Les pruneaux demeurent le premier poste en volume, mais leur prix à l'importation reste relativement modéré (3 267 €/t en 2025). À l'inverse, les mélanges de fruits séchés (081350) ont vu leurs volumes fondre de près de moitié, avec toutefois une progression spectaculaire du prix unitaire (de 5 305 à 8 477 €/t, soit +59,8 %).

Un déficit commercial qui se creuse

Le solde commercial de l'UE pour le CN 0813 s'est dégradé de manière significative, passant de −264 M€ en 2015 à −380 M€ en 2025, soit une détérioration de 43,9 %. Le taux de dépendance nette aux importations reste élevé, passant de 84,5 % à 82,0 %, indiquant que l'UE couvre une part très limitée de sa consommation par sa propre production et ses exportations.


2. Une reconfiguration géographique des flux commerciaux

Le déclin des importations en provenance des États-Unis

L'une des évolutions les plus marquantes concerne les États-Unis, qui sont passés du troisième fournisseur de l'UE en 2015 (67,5 M€) au septième en 2025 (20,4 M€), soit une chute de −69,8 %. Ce recul s'explique probablement par des tensions commerciales transatlantiques et l'application de droits de douane durant la période 2018–2020.

La montée en puissance de la Turquie, de la Serbie et de la Moldavie

À l'inverse, plusieurs partenaires ont considérablement renforcé leur position :

Partenaire Valeur importée 2015 (M€) Valeur importée 2025 (M€) Variation
Turquie 115,0 150,0 +30,4 %
Serbie 6,7 52,4 +682,1 %
Moldavie 3,9 14,2 +265,9 %
Chili 93,9 108,1 +15,2 %
Chine 76,2 79,7 +4,6 %

(Source : Principaux partenaires par valeur)

La Turquie demeure le premier fournisseur de l'UE (150 M€ en 2025), position renforcée par le dynamisme de ses exportations de fruits secs variés. La progression spectaculaire de la Serbie (+682 %) et de la Moldavie (+266 %) témoigne du rapprochement commercial entre l'UE et les pays des Balkans occidentaux et de l'Europe orientale, facilité par les accords d'association et de libre-échange.

Une diversification géographique des importations

L'indice de concentration HHI des importations a légèrement diminué, passant de 1 816 à 1 633 (en valeur), soit une baisse de −10,1 %. Cela indique une diversification progressive des sources d'approvisionnement de l'UE, réduisant théoriquement la vulnérabilité face aux chocs d'offre sur un fournisseur unique.

Le Royaume-Uni : un marché d'exportation en repli

Côté exportations, le Royaume-Uni reste le premier client de l'UE, mais avec une baisse significative : de 93,9 M€ en 2015 à 53,1 M€ en 2025 (−43,4 %). Ce recul, qui coïncide avec le Brexit, est partiellement compensé par la progression vers d'autres marchés :

  • Suisse : de 15,2 M€ à 31,1 M€ (+104,4 %)
  • Norvège : de 4,0 M€ à 7,5 M€ (+88,7 %)
  • États-Unis : de 7,3 M€ à 10,6 M€ (+45,1 %)

(Source : Principaux partenaires d'exportation)

L'indice HHI des exportations a chuté de 3 507 à 1 935 (−44,8 %), confirmant une forte diversification des débouchés à l'exportation, avec un moindre poids relatif du Royaume-Uni.


3. Une production européenne en forte croissance qui ne suffit pas à endiguer le déficit

Une production intra-européenne en plein essor

La production de l'UE en fruits secs (CN 0813) a connu une croissance remarquable sur la période :

  • Volume : de 101 722 t à 168 990 t, soit une hausse de +66,1 %
  • Valeur : de 450,4 M€ à 921,7 M€, soit une hausse de +104,6 %

Cette croissance est en partie portée par la montée en gamme des produits transformés et par l'augmentation des prix de marché. Le rapport valeur/volume est passé de 4,43 €/kg à 5,45 €/kg, indiquant un accroissement de la valeur ajoutée unitaire.

Des exportations en volume nettement en recul

Malgré cette dynamique de production, les exportations de l'UE vers les pays tiers ont fortement diminué en volume : de 27 255 t à 18 366 t (−32,6 %). En valeur, le recul est plus modéré (−10,5 %) grâce à la hausse des prix à l'exportation, qui sont passés de 5 962 €/t à 7 917 €/t (+32,8 %). Cela suggère que la production supplémentaire est principalement absorbée par le marché intérieur européen ou que les prix de revient européens réduisent la compétitivité-prix à l'exportation.

L'analyse par segment à l'exportation confirme ce constat :

Sous-produit Volume exporté 2015 (t) Volume exporté 2025 (t) Variation Prix unit. 2015 (€/t) Prix unit. 2025 (€/t)
081320 — Pruneaux 7 572 6 692 −11,6 % 3 566 4 090
081340 — Autres fruits 8 925 2 842 −68,2 % 4 843 15 814
081350 — Mélanges 7 497 6 037 −19,5 % 9 763 8 767
081330 — Pommes 1 508 1 527 +1,3 % 4 956 6 540
081310 — Abricots 1 754 1 268 −27,7 % 6 613 8 024

(Source : Vue comparative des segments)

Le cas le plus frappant est celui du segment 081340, dont les volumes exportés ont chuté de 68,2 % tandis que le prix unitaire à l'exportation a été multiplié par plus de trois (de 4 843 à 15 814 €/t). Cela pourrait refléter un repositionnement vers des produits à haute valeur ajoutée ou une contraction des marchés de commodité.

Une propension à l'exportation en déclin marqué

L'indicateur de propension à l'exportation a reculé de 156,7 % à 109,6 % (−30,0 %), ce qui constitue le signal le plus saillant de la section autonomie et vulnérabilité. Cela signifie que la capacité de l'UE à exporter par rapport à sa production se détériore sensiblement, malgré la hausse des volumes produits. L'intensité commerciale (ratio commerce/production) est également en baisse, passant de 107,1 % à 101,4 % (−5,3 %), suggérant un léger repli de l'ouverture commerciale de l'UE sur ce segment.

Des chocs ponctuels mais significatifs

L'analyse de la volatilité révèle plusieurs événements de prix inhabituels :

Partenaire Flux Année du choc Type Amplitude du décalage
Norvège Exportations 2018 Prix +202 %
Argentine Importations 2021 Prix +49,4 %
Chine Exportations 2023 Prix +225 %

(Source : Événements de choc)

Le choc de prix à l'exportation vers la Chine en 2023 (anomalie de 6,5, décalage de +225 %) et celui vers la Norvège en 2018 (anomalie de 26,7, décalage de +202 %) illustrent la forte instabilité de certains flux bilatéraux, probablement liée à des volumes faibles rendant les moyennes très sensibles aux variations.


Conclusion

Sur la décennie 2015–2025, le marché européen des fruits secs et mélangés (CN 0813) se caractérise par trois grandes tendances : une hausse des prix à l'importation qui gonfle la facture malgré des volumes relativement stables ; une reconfiguration géographique avec l'essor des fournisseurs balkaniques et orientaux au détriment des États-Unis, et le repositionnement post-Brexit des exportations vers la Suisse et la Norvège ; enfin, une production intra-européenne en forte croissance (+66 % en volume) qui ne parvient pas à réduire significativement le déficit commercial ni à enrayer le déclin des exportations. La dépendance nette aux importations reste proche de 82 %, et la propension à l'exportation accuse un recul préoccupant. L'UE apparaît ainsi comme un marché de consommation structurellement déficitaire pour cette catégorie de produits, avec un tissu productif en expansion mais dont la compétitivité à l'exportation reste à consolider.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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