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Évolution du marché : noix de coco noix du Brésil noix de cajou (CN 0801) — 2015–2025

Introduction

Le code combiné 0801 couvre trois catégories de fruits à coque tropicaux — noix de coco, noix du Brésil et noix de cajou — importés par l'Union européenne sous forme fraîche ou sèche, avec ou sans coque. Sur la période 2015–2025, les importations de l'UE dans cette nomenclature ont progressé de 959 M€ à 1 677 M€ en valeur (+74,8 %) et de 214 027 t à 329 434 t en volume (+53,9 %), tandis que les exportations intra vers des pays tiers demeuraient marginales (102 M€ en 2025). Le déficit commercial de l'UE sur ce poste s'est ainsi creusé de −883 M€ à −1 574 M€, confirmant une dépendance structurelle vis-à-vis de fournisseurs tiers (Aperçu général). Ce rapport analyse les dynamiques à l'œuvre en trois volets : la domination croissante de la noix de cajou et du Vietnam, les risques liés à la concentration des approvisionnements, et les recompositions au sein des États membres importateurs.


1. La noix de cajou décortiquée, moteur quasi unique de la croissance des importations

Une part de marché passée de 47 % à 61 % en volume

Le segment des noix de cajou décortiquées (CN 080132) est de très loin le premier poste d'importation de l'UE. En volume, il est passé de 100 953 t en 2015 à 201 371 t en 2025, soit une multiplication par deux. En valeur, il représente 1 273 M€ en 2025, contre 688 M€ en 2015, accaparant ainsi près de 76 % de la valeur totale des importations du code 0801 (Comparaison par sous-produit).

Sous-produit (CN) Volume import 2015 (t) Volume import 2025 (t) Évolution Valeur import 2025 (M€)
080132 — Noix de cajou, sans coques 100 953 201 371 +99,5 % 1 273
080111 — Noix de coco, desséchées 69 490 83 424 +20,0 % 255
080119 — Noix de coco fraîches (hors endocarpe) 23 976 19 645 −18,1 % 26
080122 — Noix du Brésil, sans coques 12 859 10 110 −21,4 % 109
080112 — Noix de coco fraîches en endocarpe 5 755 14 576 +153,3 % 12
080121 — Noix du Brésil, en coques 720 132 −81,7 % 1,1
080131 — Noix de cajou, en coques 274 175 −36,1 % 0,5

Les noix de coco conservent un volume significatif mais perdent du terrain relatif

Les noix de coco desséchées (CN 080111) restent le deuxième segment en volume (83 424 t en 2025), mais leur croissance (+20 %) est modeste comparée à celle de la noix de cajou. Leur valeur a connu une forte hausse récente : le prix unitaire est passé de 2 071 €/t en 2015 à 3 054 €/t en 2025 (+47,5 %), suggérant une tension sur l'offre ou un renchérissement des coûts logistiques. Les noix de coco fraîches sans endocarpe (CN 080119) ont au contraire reculé en volume, passant de 23 976 t à 19 645 t (−18 %), tandis que les noix fraîches en endocarpe (CN 080112) ont connu une expansion remarquable (+153 % en volume), peut-être tirée par la demande de produits transformés ou de jeunes coco.

Les noix du Brésil, un segment marginal et en repli

Les importations de noix du Brésil (CN 080121 et 080122) n'ont jamais représenté un volume important et tendent à se réduire. Les noix décortiquées (CN 080122) ont reculé de 12 859 t à 10 110 t, et les noix en coques (CN 080121) de 720 t à 132 t. Ce déclin peut s'expliquer par des contraintes environnementales accrues sur la récolte en Amazonie et la concurrence d'autres fruits à coque plus faciles à approvisionner.


2. Vietnam en tête, Côte d'Ivoire en ascension fulgurante : une géographie d'approvisionnement de plus en plus polarisée

Le Vietnam, fournisseur dominant de l'UE

Le Vietnam est passé de 436 M€ d'exportations vers l'UE en 2015 à 920 M€ en 2025, soit une progression de 110,8 %. Il représente à lui seul 54,9 % de la valeur totale des importations de l'UE sur le code 0801. Cette position dominante s'explique par le rôle du Vietnam comme premier transformateur mondial de noix de cajou : le pays importe des noix brutes d'Afrique, les décortique et les réexporte vers l'UE sous le code 080132 (Principaux partenaires d'importation).

Partenaire Valeur import 2015 (M€) Valeur import 2025 (M€) Évolution
Vietnam 436 920 +110,8 %
Philippines 68 130 +91,4 %
Côte d'Ivoire 22 217 +905,9 %
Inde 166 78 −52,9 %
Bolivie 62 94 +52,9 %
Indonésie 60 78 +29,1 %
Sri Lanka 18 39 +115,2 %

L'Inde, un fournisseur en net recul

L'Inde, qui était le deuxième fournisseur de l'UE en 2015 avec 166 M€, n'enregistre plus que 78 M€ en 2025 (−52,9 %). Ce repli s'explique vraisemblablement par la politique indienne de transformation locale du cajou (« Make in India »), qui a réorienté les exportations brutes vers la transformation domestique, ainsi que par la montée en puissance du Vietnam et de l'Afrique de l'Ouest comme fournisseurs alternatifs.

La Côte d'Ivoire, la grande révélation de la décennie

La progression la plus spectaculaire est celle de la Côte d'Ivoire, dont les exportations vers l'UE ont bondi de 22 M€ à 217 M€ entre 2015 et 2025, soit une multiplication par dix. Ce boom reflète la stratégie ivoirienne de développement de la filière cajou, avec un objectif de transformation locale croissante. La Côte d'Ivoire est ainsi devenue le troisième fournisseur de l'UE, dépassant l'Inde.

Un recul de la concentration des exportations de l'UE, mais une concentration accrue des importations

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) calculé sur les importations de l'UE en valeur est passé de 2 549 à 3 322 (+30,3 %), signalant une concentration géographique croissante des approvisionnements, principalement du fait de la prédominance du Vietnam. À l'inverse, le HHI des exportations de l'UE a baissé de 4 103 à 2 340 (−43,0 %), indiquant une diversification des marchés de destination (Concentration HHI).

Des chocs de prix ponctuels mais révélateurs de fragilités

Trois événements de choc significatifs ont été détectés sur la période :

  • Philippines (2021) : un pic de prix à l'importation anormalité 23,8, avec un bond de +44,9 %, reflétant les perturbations logistiques post-COVID et la flambée des coûts de fret maritime.
  • Ukraine (2022) : un bond de +94,8 % des prix à l'exportation de l'UE vers l'Ukraine, coïncidant avec le déclenchement du conflit armé et la rupture des chaînes d'approvisionnement traditionnelles.
  • Maroc (2020) : un pic de prix à l'exportation de +125,6 %, potentiellement lié à des restrictions commerciales ou des effets saisonniers.

Les coefficients de variation confirment une volatilité particulièrement élevée pour les échanges avec le Maroc (CV = 1,03 pour les exportations) et l'Algérie (CV = 1,16), tandis que les flux avec le Royaume-Uni restent les plus stables à l'exportation (CV = 0,13) (Volatilité et chocs).


3. Les Pays-Bas, plaque tournante européenne, face à la montée en puissance de l'Allemagne et de l'Espagne

Les Pays-Bas, hub logistique incontesté

Avec 551 M€ d'importations en 2025, les Pays-Bas restent le premier importateur de l'UE pour le code 0801, porté par la présence du port de Rotterdam, principal point d'entrée des marchandises tropicales en Europe. Le pays affiche le plus fort indice de spécialisation normalisé (RSCA = 0,60) et un indice RCA de 3,95, confirmant un rôle de hub de redistribution vers le reste du marché unique (Spécialisation des États membres).

État membre Import 2015 (M€) Import 2025 (M€) Évolution
Pays-Bas 414 551 +33,3 %
Allemagne 219 535 +144,6 %
Espagne 43 157 +263,6 %
France 63 117 +84,1 %
Italie 54 95 +77,1 %
Belgique 61 28 −54,2 %
Pologne 18 44 +139,0 %

L'Allemagne et l'Espagne, moteurs de la croissance récente

L'Allemagne a plus que doublé ses importations, passant de 219 M€ à 535 M€ (+144,6 %), et se rapproche du niveau néerlandais. L'Espagne affiche la progression la plus forte en termes relatifs (+263,6 %), passant de 43 M€ à 157 M€, ce qui peut s'expliquer par la croissance de la consommation de produits végétaux et de snacks à base de cajou dans le sud de l'Europe, ainsi que par le développement de liens commerciaux directs avec les pays producteurs africains et asiatiques.

Le déclin belge et la montée de la Pologne

La Belgique, autrefois troisième importateur (61 M€ en 2015), a vu ses importations fondre à 28 M€ (−54,2 %), perdant son rang au profit de l'Espagne et de la France. À l'inverse, la Pologne a plus que doublé ses importations (18 M€ → 44 M€), reflétant la montée en puissance de l'Europe centrale comme zone de consommation pour les fruits à coque tropicaux.

Une production intracommautaire en volume en hausse, mais en valeur stagnante

La production de l'UE (essentiellement de la transformation de noix de cajou et de coco) a presque doublé en volume, passant de 314 millions de kg à 600 millions de kg (+91,1 %), tandis que sa valeur est restée quasiment stable (1,0 Md€ à 0,99 Md€). Cette divergence suggère une compression des marges ou un glissement vers des produits à moindre valeur ajoutée unitaire (Volumes et valeurs de production).

Une dépendance nette aux importations stable mais structurellement élevée

Le taux de dépendance nette aux importations est resté remarquablement stable autour de 83 % sur toute la période (83,1 % en 2015, 83,8 % en 2025). L'intensité commerciale demeure très élevée (93 %), tandis que la propension à l'exportation a légèrement fléchi de 58,7 % à 52,2 %, signe que l'UE absorbe une part croissante de ses importations pour la consommation intérieure plutôt que pour la réexportation (Indicateurs d'autonomie).


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des noix de coco, noix du Brésil et noix de cajou (CN 0801) a été marqué par trois tendances majeures. Premièrement, la noix de cajou décortiquée est devenue le segment dominant, captant plus de 75 % de la valeur des importations et tirant l'essentiel de la croissance. Deuxièmement, la géographie de l'approvisionnement s'est restructurée autour du Vietnam, qui accapare plus de la moitié des importations en valeur, et de la Côte d'Ivoire, dont la progression spectaculaire (+905,9 %) témoigne de l'essor de la filière cajou ouest-africaine. Enfin, au sein de l'UE, les Pays-Bas conservent leur rôle de hub logistique tandis que l'Allemagne et l'Espagne deviennent les principaux moteurs de la demande. La concentration croissante des fournisseurs (HHI en hausse de 30 %) et la stabilité du taux de dépendance aux importations (≈83 %) soulèvent des questions de sécurité d'approvisionnement à moyen terme, dans un contexte de volatilité géopolitique et climatique croissante dans les pays d'origine.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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