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Évolution du marché : Horloges et pendules diverses (CN 9105) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 9105 couvre une gamme étendue de produits d'horlogerie hors montres : réveils, pendules murales, horloges et divers appareils d'horlogerie, qu'ils fonctionnent électriquement ou non. Ce segment, bien que modeste en valeur comparé aux montres-bracelets (NC 9101/9102), constitue un marché révélateur des dynamiques de mondialisation manufacturière, de la transformation structurelle de l'industrie européenne et des reconfigurations géopolitiques du commerce. La période 2015–2025, marquée par le Brexit, la pandémie de Covid-19 et les sanctions commerciales liées au conflit russo-ukrainien, offre un terrain d'analyse particulièrement riche. Au cours de cette décennie, l'Union européenne a vu ses volumes d'échanges — tant à l'import qu'à l'export — se contracter significativement, tandis que les prix unitaires ont poursuivi une trajectoire ascendante, trahissant un mouvement de montée en gamme et une reconfiguration profonde de la structure du marché.

Vue d'ensemble du marché NC 9105


I. Contraction des volumes et remontée marquée des prix : un marché en mutation structurelle

Des échanges globalement en recul sur toute la période

Entre 2015 et 2025, le commerce extérieur de l'UE en produits NC 9105 s'est caractérisé par un repli significatif des deux côtés de la balance. Les importations ont perdu 19,3 % en valeur (de 200,3 M€ à 161,8 M€), tandis que les exportations ont reculé de 13,4 % (de 83,0 M€ à 71,8 M€). Le déficit commercial, bien que restant structurellement lourd, s'est néanmoins réduit de 23,4 %, passant de −117,3 M€ à −89,9 M€, ce qui traduit un rééquilibrage partiel mais notable.

Indicateur 2015 2025 Variation
Importations (valeur, M€) 200,3 161,8 −19,3 %
Exportations (valeur, M€) 83,0 71,8 −13,4 %
Solde commercial (M€) −117,3 −89,9 +23,4 %

Une contraction des volumes encore plus prononcée

Le repli des volumes est plus sévère que celui des valeurs, ce qui indique une dynamique de prix à la hausse. En masse nette, les importations ont reculé de 28,8 % (de 28 089 t à 19 989 t) et les exportations de 28,4 % (de 1 983 t à 1 420 t). En nombre de pièces — unité supplémentaire plus pertinente pour des produits finis comptabilisés à l'unité —, la contraction est encore plus frappante : les importations ont perdu 26,0 % (de 58,3 M à 43,2 M pièces), tandis que les exportations se sont effondrées de 43,5 % (de 3,35 M à 1,89 M pièces).

Indicateur 2015 2025 Variation
Importations — masse (t) 28 089 19 989 −28,8 %
Exportations — masse (t) 1 983 1 420 −28,4 %
Importations — pièces (M) 58,3 43,2 −26,0 %
Exportations — pièces (M) 3,35 1,89 −43,5 %

Des prix unitaires en hausse marquée, signe d'une montée en gamme

Si les volumes reculent, les prix à la tonne et surtout à la pièce progressent nettement. Le prix moyen à l'export est passé de 41 807 €/t à 50 572 €/t (+21,0 %) et, plus significativement, de 24,76 €/pièce à 37,97 €/pièce (+53,3 %). À l'import, la hausse est plus modérée : +13,4 % à la tonne (de 7 132 €/t à 8 091 €/t) et +8,0 % à la pièce (de 3,43 €/pièce à 3,71 €/pièce). L'écart de prix entre exportations et importations, considérable à la pièce (37,97 € contre 3,71 €), illustre parfaitement la position de l'UE dans la chaîne de valeur : importer des volumes massifs de produits à faible valeur unitaire (principalement d'Asie) et réexporter des produits de niche à forte valeur ajoutée.

Prix moyen 2015 2025 Variation
Export — €/t 41 807 50 572 +21,0 %
Export — €/pièce 24,76 37,97 +53,3 %
Import — €/t 7 132 8 091 +13,4 %
Import — €/pièce 3,43 3,71 +8,0 %

Un net rebond post-Covid, suivi d'un nouveau fléchissement

Les données annuelles révèlent un point bas en 2020 (année de la pandémie), où les importations ont chuté à 152,5 M€ (minimum de la période) et les exportations à 54,9 M€. Une reprise vigoureuse s'est opérée en 2021–2022, portée par la reconstitution des stocks et la demande refoulée, avant un nouveau fléchissement en 2023–2025. Ce schéma en « V » suivi d'un « W » est caractéristique de nombreux segments de biens de consommation au cours de cette période.

Données détaillées du commerce


II. Concentration accrue sur la Chine et reconfiguration des partenaires secondaires

La Chine, pilier incontesté des importations — et de plus en plus dominant

La Chine demeure de très loin le premier fournisseur de l'UE en produits NC 9105, avec des importations passant de 153,2 M€ à 130,3 M€ (−15,0 %). Toutefois, sa part relative dans le total des importations a en réalité augmenté, puisque les importations globales ont reculé plus vite (−19,3 %). L'indice de concentration HHI des importations est passé de 6 027 à 6 915 (+14,7 %), confirmant une dépendance croissante vis-à-vis d'un fournisseur unique. En volume, la part de la Chine dans les importations de masse de l'UE dépasse les 65 %.

Partenaire (imports) 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Chine 153,2 130,3 −15,0 %
Royaume-Uni 5,6 1,5 −72,5 %
Hong Kong 10,8 2,0 −81,6 %
Inde 1,9 0,7 −64,5 %
Viêt Nam 0,3 0,8 +211,9 %
Taiwan 2,0 0,6 −71,2 %

L'effondrement des sources secondaires traditionnelles

Au-delà de la Chine continentale, la quasi-totalité des partenaires d'importation historiques ont vu leurs flux s'effondrer. Hong Kong, qui servait de plaque tournante logistique, a perdu 81,6 % de ses livraisons à destination de l'UE. Le Royaume-Uni a chuté de 72,5 %, effet direct du Brexit et de la mise en place de barrières douanières post-transition. Taiwan (−71,2 %) et l'Inde (−64,5 %) ont connu des reculs comparables. La Biélorussie, partenaire mineur, a quasiment disparu (−85,3 %), probablement en lien avec les sanctions.

Le Viêt Nam comme seul relais émergent

Dans un paysage de recul généralisé, le Viêt Nam fait figure d'exception remarquable : ses exportations vers l'UE ont bondi de 265 000 € à 826 000 € (+211,9 %), ce qui, bien que part encore modeste, s'inscrit dans la stratégie de relocalisation des chaînes d'approvisionnement hors de Chine (China+1). La volatilité de ces flux reste cependant élevée (CV de 0,59), ce qui traduit un partenariat encore instable.

Partenaires commerciaux par valeur

La Suisse, désormais premier débouché des exportations européennes

Côté exportations, la reconfiguration est tout aussi frappante. La Suisse a supplanté le Royaume-Uni comme premier débouché, passant de 18,4 M€ à 24,8 M€ (+35,1 %) et représentant désormais plus d'un tiers de la valeur exportée. Cette dynamique est portée par le rôle de Genève et Bâle comme plateformes logistiques et commerciales de l'horlogerie mondiale. Le Royaume-Uni, en revanche, a vu ses importations depuis l'UE fondre de 49,7 % (de 11,4 M€ à 5,8 M€), un effet Brexit là encore.

Partenaire (exports) 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Suisse 18,4 24,8 +35,1 %
Royaume-Uni 11,4 5,8 −49,7 %
États-Unis 9,0 10,0 +10,0 %
Norvège 2,1 2,9 +36,0 %
Russie 3,0 0,5 −83,4 %
Chine 4,7 0,5 −88,7 %

L'impact des sanctions sur les flux vers la Russie et la Chine

L'effondrement des exportations vers la Russie (−83,4 %, de 3,0 M€ à 0,5 M€) est directement imputable aux sanctions commerciales imposées à partir de 2022. La volatilité de ces flux (CV de 0,50) confirme une rupture structurelle et non conjoncturelle. De manière plus surprenante, les exportations vers la Chine ont chuté de 88,7 % (de 4,7 M€ à 0,5 M€), suggérant soit un tarissement de la demande pour des horloges européennes sur ce marché, soit des barrières non tarifaires croissantes. Le Cambodia, en revanche, émerge comme débouché (+836,9 %), probablement lié à la relocalisation d'usines d'assemblage dans ce pays.

Concentration et volatilité


III. Déclin accéléré de la production européenne et redéfinition du positionnement à l'export

Une production européenne en chute libre

Les données de production PRODCOM révèlent une contraction spectaculaire de la fabrication européenne de produits NC 9105 : la production en volume est passée de 5,13 M pièces en 2015 à seulement 600 000 pièces en 2025, soit un effondrement de 88,3 %. En valeur, le recul est plus modéré (−27,6 %, de 124,4 M€ à 90,0 M€), ce qui confirme que la production européenne subsistante se concentre sur des segments à haute valeur ajoutée, tandis que les volumes bas de gamme ont été délocalisés.

Indicateur production 2015 2025 Variation
Volume (M pièces) 5,13 0,60 −88,3 %
Valeur (M€) 124,4 90,0 −27,6 %
Prix implicite (€/pièce) 24,25 150,00 +518 %

Ce prix implicite en hausse de plus de 500 % est un indicateur puissant : la production européenne qui survit se niche dans des segments de spécialité (horloges murales design, pendules de précision, appareils d'horlogerie techniques) là où la compétitivité-prix ne prime pas.

Données de production

Une concentration géographique des exportations européennes en hausse

L'HHI des exportations a progressé de 60,7 % (de 1 070 à 1 719), signe d'une concentration croissante des débouchés. La part de la Suisse, des États-Unis et de la Norvège dans le total des exportations a augmenté, tandis que les marchés émergents ou instables (Russie, Chine, Cambodge) restent marginaux ou volatils. Cette concentration accrue expose l'UE à un risque de dépendance envers un nombre réduit de partenaires à l'export, même si ces partenaires sont des marchés stables et développés.

Une spécialisation nationale contrastée au sein de l'UE

En 2025, les pays les plus spécialisés dans l'exportation de produits NC 9105 sont les Pays-Bas (RSCA de 0,27), la France (0,27) et la Pologne (0,16), tandis que des pays comme Malte, l'Irlande ou le Portugal sont quasi-absents de ce segment. L'Allemagne demeure le premier exportateur en valeur absolue (22,4 M€), suivie de la France (9,7 M€), mais l'Italie (−67,5 %) et l'Espagne (−65,4 %) ont connu des déclins marqués. À l'inverse, les Pays-Bas (+63,2 %) et la Suède (+209,3 %) ont consolidé leurs positions.

Reporter UE Export 2015 (M€) Export 2025 (M€) Variation
Allemagne 34,3 22,4 −34,6 %
France 18,0 9,7 −46,1 %
Italie 9,1 3,0 −67,5 %
Pays-Bas 2,2 3,7 +63,2 %
Espagne 8,9 3,1 −65,4 %
Suède 1,1 3,5 +209,3 %

Les segments produits : domination des horloges murales électriques

La ventilation par sous-code NC confirme la prépondérance des pendules et horloges murales électriques (910521), qui représentent à elles seules près de 45 % de la valeur des importations en 2025 (72,1 M€) et 32 % de la valeur des exportations (23,0 M€). Les réveils électriques (910511) constituent le second segment à l'import (53,2 M€), tandis que les appareils d'horlogerie non électriques divers (910599) se distinguent par des prix à l'export extrêmement élevés (141 541 €/t), suggérant des produits de niche ou de collection.

Sous-code Description Import valeur 2025 (M€) Prix import €/t Export valeur 2025 (M€)
910521 Horloges murales, électriques 72,1 5 121 23,0
910511 Réveils électriques 53,2 15 370 5,0
910591 Autres appareils électriques 14,4 16 135 8,6
910599 Autres appareils non électriques 13,2 36 859 23,0
910529 Horloges murales, non électriques 5,7 6 400 10,9
910519 Réveils non électriques 3,1 9 925 1,3

Comparaison des segments produits


Conclusion

Le marché européen des horloges, réveils et pendules (NC 9105) a connu entre 2015 et 2025 une transformation profonde marquée par trois tendances convergentes. Premièrement, un repli structurel des volumes échangés, compensé partiellement par une hausse des prix moyens qui trahit une montée en gamme et une spécialisation croissante. Deuxièmement, un renforcement de la dépendance vis-à-vis de la Chine comme fournisseur principal, couplé à un effondrement des sources d'approvisionnement secondaires — le Brexit, les sanctions contre la Russie et la restructuration des chaînes logistiques asiatiques ayant redessiné la carte des partenaires. Troisièmement, un déclin accéléré de la production européenne en volume, qui se recentre sur des niches à haute valeur ajoutée, tandis que les exportations se concentrent sur un nombre réduit de marchés développés (Suisse, États-Unis, Norvège). L'UE demeure structurellement déficitaire dans ce segment, avec un taux de dépendance aux importations stable autour de 55 %, mais sa propension à exporter a bondi de 50 % à 83 %, signe que les industriels européens qui subsistent ont su se repositionner en amont de la chaîne de valeur. L'enjeu pour la prochaine décennie sera de maintenir ce positionnement haut de gamme dans un contexte de montée en puissance des capacités vietnamiennes et d'incertitude géopolitique persistante.

Vue d'ensemble complète du marché

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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