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Évolution du marché : Embrayages et leurs parties, pour tracteurs, véhicules pour le transport de >= 10 personnes, chauffeur inclus, voitures de tourisme, véhicules pour le transport de marchandises et véhicules à usages spéciaux, n.d.a. (CN 870893) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 870893 couvre les embrayages et leurs parties destinés aux véhicules automobiles (voitures de tourisme, véhicules de transport de marchandises, véhicules à usages spéciaux, tracteurs, etc.). Ce composant essentiel de la chaîne cinématique automobile constitue un segment stratégique de l'industrie européenne des pièces détachées. Sur la période 2015–2025, le commerce extérieur de l'Union européenne pour ce produit a connu des transformations majeures, marquées par une hausse des valeurs échangées, un renouvellement profond des partenaires commerciaux et des chocs géopolitiques significatifs. Le présent rapport analyse ces dynamiques en s'appuyant sur les données d'Eurostat.

Une position excédentaire renforcée portée par la hausse des prix

L'Union européenne demeure un exportateur net d'embrayages

L'UE a maintenu tout au long de la période un solde commercial structurellement positif. En 2015, le surplus commercial s'élevait à 807,9 millions d'euros ; en 2025, il atteint 864,8 millions d'euros, soit une progression de 7,0 %. Le point culminant a été atteint en 2022 avec 1 066,5 millions d'euros. La dépendance nette aux importations est passée de -8,3 % en 2003 à -24,4 % en 2024, confirmant le renforcement de la position excédentaire de l'UE.

Une croissance de la valeur des échanges sans précédent

La valeur totale des exportations a progressé de 1 408,3 millions d'euros (2015) à 1 690,2 millions d'euros (2025), soit +20,0 %. Côté importations, la hausse est encore plus marquée : de 600,4 à 825,4 millions d'euros (+37,5 %).

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (valeur, M€) 1 408,3 1 690,2 +20,0 %
Importations (valeur, M€) 600,4 825,4 +37,5 %
Solde (M€) 807,9 864,8 +7,0 %

L'augmentation des prix masque une stagnation des volumes

La hausse des valeurs masque en réalité une stagnation, voire un recul des volumes physiques échangés. Les exportations en quantité ont diminué de 140 606 tonnes (2015) à 131 972 tonnes (-6,1 %), tandis que le prix unitaire d'exportation a bondi de 10 016 à 12 807 €/t (+27,9 %). Ce mouvement de « prix forts, volumes faibles » suggère une montée en gamme des produits européens ou l'intégration d'inflation dans la chaîne de valeur.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (quantité, t) 140 606 131 972 -6,1 %
Exportations (prix unitaire, €/t) 10 016 12 807 +27,9 %
Importations (quantité, t) 89 000 100 775 +13,2 %
Importations (prix unitaire, €/t) 6 746 8 191 +21,4 %

La production intérieure de l'UE illustre cette tendance : la valeur de production a bondi de 4,8 milliards d'euros (2015) à 5,2 milliards d'euros (2024), soit +75,8 % depuis 2003, alors que les volumes produits sont restés stables autour de 635 millions d'unités.

Un réalignement majeur des partenaires commerciaux

Le Brexit, facteur clé du déclin des échanges avec le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni, historiquement premier partenaire tant à l'export qu'à l'import, a connu un déclin marqué. Les importations en provenance du Royaume-Uni ont chuté de 202,1 à 110,6 millions d'euros (-45,3 %) entre 2015 et 2025. Les exportations vers ce pays, après avoir culminé à 440,7 millions d'euros en 2023, sont retombées à 328,9 millions en 2025 (-1,7 % par rapport à 2015). Le Brexit a clairement redessiné les flux commerciaux transmanches.

La montée en puissance de la Chine et de la Turquie

Deux partenaires ont connu une croissance spectaculaire :

Partenaire Import. 2015 (M€) Import. 2025 (M€) Variation
Chine 68,5 185,6 +171,0 %
Turquie 95,6 181,9 +90,3 %

La Chine est ainsi passée de quatrième à premier fournisseur de l'UE en valeur. En volume, les importations en provenance de Chine ont presque triplé (12 327 à 29 870 tonnes), tandis que leur prix unitaire a augmenté de 5 549 à 6 214 €/t. La Turquie, de son côté, a consolidé sa position de deuxième fournisseur, portant ses volumes de 20 602 à 26 873 tonnes. Côté exportations, la Turquie est devenue le deuxième client de l'UE (251,2 M€ en 2025, +103,8 %), tandis que les exportations vers la Chine ont reculé de 186,0 à 134,8 M€ (-27,5 %), reflétant le développement de la production locale chinoise.

L'effondrement des échanges avec la Russie

Le choc le plus spectaculaire concerne la Russie. Les exportations vers ce pays ont chuté de 74,5 millions d'euros (2015) à 3,6 millions d'euros (2025), soit un effondrement de 95,2 %. L'analyse des chocs d'approvisionnement révèle une rupture nette : entre 2015 et 2021, les exportations vers la Russie oscillaient entre 7 957 et 12 575 tonnes ; dès 2022, elles se sont effondrées à 2 299 tonnes, puis à 278 tonnes en 2025 (4,3 % du niveau de base). Ce choc, d'une amplitude exceptionnelle (anomalie de 2,7 écarts-types), est directement lié aux sanctions commerciales imposées à la suite du conflit russo-ukrainien.

Période Quantité moyenne (t) Prix moyen (€/t)
2015–2021 (base) 9 679 9 290
2023–2025 (post-choc) 413 12 266

La consolidation des marchés émergents

Parallèlement, l'UE a développé ses échanges avec les marchés émergents :

Partenaire Export. 2015 (M€) Export. 2025 (M€) Variation
Mexique 42,5 88,4 +107,9 %
Brésil 42,4 91,6 +116,2 %
États-Unis 92,1 151,1 +64,0 %

Le Mexique et le Brésil ont ainsi doublé leurs achats d'embrayages européens sur la période, ce qui témoigne d'une diversification stratégique des débouchés. L'Inde, bien que moins importante en valeur, a vu ses importations en provenance de l'UE passer de 2 892 à 4 831 tonnes (+67 %).

Une spécialisation industrielle concentrée au cœur de l'Europe centrale

L'Allemagne, pivot incontesté de la production et du commerce

L'Allemagne domine massivement le commerce européen des embrayages. En 2025, elle représentait :

  • 1 008,1 millions d'euros d'exportations (59,6 % du total UE) ;
  • 272,1 millions d'euros d'importations (33,0 % du total UE).

Son indice de spécialisation balancé (RSCA) de 0,266 et sa part de production de 36,5 % confirment un avantage comparatif structurel dans ce segment.

La Hongrie et la Slovaquie, champions de la spécialisation

Deux pays d'Europe centrale affichent les indices de spécialisation les plus élevés :

Pays RSCA RCA Part production Part commerce total
Hongrie 0,736 6,58 17,7 % 2,7 %
Slovaquie 0,632 4,43 9,4 % 2,1 %

La Hongrie a vu ses exportations passer de 86,0 à 99,9 M€ (+16,2 %) sur la période, avec un pic à 221,9 M€ en 2023. La Pologne, avec un RSCA de 0,03 et un RCA de 1,06, se situe au seuil de compétitivité ; ses exportations ont toutefois bondi de 9,0 à 38,8 M€ (+329,5 %), témoignant d'une montée en capacité rapide.

Une concentration des sources d'importation en voie de réduction

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations a diminué de 1 727 (2015) à 1 383 (2025), soit une baisse de 19,9 %. Ce mouvement reflète la diversification des approvisionnements : le poids relatif du Royaume-Uni a reculé tandis que la Chine, la Turquie et l'Afrique du Sud ont gagné des parts. Côté exportations, le HHI est passé de 993 à 875 (-11,9 %), indiquant une légère diversification des débouchés.

Indicateur 2015 2025 Variation
HHI importations (valeur) 1 727 1 383 -19,9 %
HHI exportations (valeur) 993 875 -11,9 %

Des sous-produits aux dynamiques distinctes

L'analyse par sous-code tarifaire révèle des trajectoires différentes :

Sous-produit Valeur import. 2015 (M€) Valeur import. 2025 (M€) Part dans les import. 2025
87089390 (autres embrayages) 579,6 806,9 97,7 %
87089310 (montage véhicules légers) 20,8 18,5 2,3 %

Le sous-produit 87089390 (embrayages non destinés au montage de véhicules légers) représente l'écrasante majorité des échanges. Son prix unitaire d'importation est passé de 6 673 à 8 199 €/t (+22,9 %), tandis que celui du 87089310, beaucoup plus volatile, oscille entre 7 339 et 16 216 €/t selon les années.

Conclusion

Le marché européen des embrayages (CN 870893) a connu sur la période 2015–2025 trois mutations majeures. Premièrement, la valeur des échanges a progressé significativement, portée davantage par la hausse des prix que par celle des volumes, ce qui suggère un mouvement de montée en gamme ou d'inflation intégrée dans la chaîne de valeur. Deuxièmement, le paysage des partenaires commerciaux a été profondément redessiné : le déclin du Royaume-Uni post-Brexit, l'effondrement des exportations vers la Russie sous l'effet des sanctions, et la montée en puissance de la Chine et de la Turquie comme fournisseurs majeurs ont reconfiguré les flux. Troisièmement, la spécialisation industrielle reste concentrée au sein de l'UE, avec l'Allemagne en position dominante et l'émergence de pôles de compétitivité en Hongrie et en Slovaquie. Malgré ces transformations, l'UE a renforcé sa position excédentaire, avec un solde commercial en hausse et une dépendance nette aux importations qui s'est creusée. L'avenir du segment dépendra de la capacité de l'industrie européenne à maintenir sa compétitivité face à la concurrence croissante des fournisseurs asiatiques et turcs, tout en répondant à la transition technologique du secteur automobile.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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