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Évolution du marché : Margarine et graisses alimentaires (CN 1517) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 1517 couvre la margarine (sous-position 151710) ainsi que les mélanges et préparations alimentaires de graisses ou d'huiles animales ou végétales (sous-position 151790), à l'exclusion des fractions hydrogénées, interestérifiées ou élaïdinisées non autrement préparées et des mélanges d'huiles d'olive. Sur la période 2015–2025, le commerce extérieur de l'Union européenne avec les pays tiers pour ce produit a connu des transformations profondes : les exportations ont presque doublé en valeur, le solde commercial s'est renforcé de manière spectaculaire, et la structure géographique des flux s'est considérablement réorganisée. Ce rapport propose une analyse en trois volets — la dynamique commerciale globale de l'UE, la recomposition géographique des partenaires et les chocs subis, puis les évolutions structurelles de la production et des prix — afin d'éclairer les principales tendances de ce marché.


I. L'Union européenne, un exportateur net de plus en plus dominant

Un solde excédentaire en forte progression

L'UE affiche un excédent commercial structurel sur le segment CN 1517, qui s'est considérablement renforcé sur la période. Le solde est passé de 319 M€ en 2015 à 668 M€ en 2025, soit une hausse de +109,6 % (Aperçu général). En termes de dépendance nette aux importations, le ratio est passé de −3,9 % à −16,8 %, signifiant que l'UE est devenue structurellement davantage exportatrice nette (Autonomie et vulnérabilité — dépendance nette).

Des exportations dynamiques, tirées avant tout par les prix

Les exportations de l'UE vers les pays tiers ont progressé de 541 M€ à 985 M€ (+81,9 % en valeur), alors que les volumes n'ont augmenté que de 376 542 t à 415 377 t (+10,3 %). L'essentiel de la croissance en valeur provient donc d'une hausse substantielle des prix à l'exportation, passés de 1 438 à 2 370 EUR/t (+64,8 %) (Aperçu général — commerce).

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur exportations (M€) 541 985 +81,9 %
Volume exportations (kt) 377 415 +10,3 %
Prix moyen export (EUR/t) 1 438 2 370 +64,8 %
Valeur importations (M€) 223 316 +42,2 %
Volume importations (kt) 86 142 +64,7 %
Prix moyen import (EUR/t) 2 579 2 226 −13,7 %
Solde (M€) 319 668 +109,6 %

Une ouverture commerciale en hausse, portée par l'export

L'intensité commerciale (commerce total rapporté à la production) est passée de 10,4 % à 26,0 % (+148,5 %), tandis que la propension à exporter est passée de 7,3 % à 21,0 % (+188,4 %). Cette dynamique suggère un positionnement de plus en plus tourné vers les marchés extérieurs, malgré un recul des volumes de production intérieure (Autonomie et vulnérabilité — intensité commerciale).

Les principaux marchés de destination

Le Royaume-Uni demeure de loin le premier client de l'UE, avec des exportations passées de 119 M€ à 272 M€ (+129,2 %). Les États-Unis ont connu une progression spectaculaire (+532,4 %, de 15 M€ à 95 M€). La Norvège (+162,2 %), le Ghana (+106,6 %) et l'Ukraine (+116,3 %) ont également enregistré des hausses marquées. À l'inverse, les exportations vers la Russie ont reculé de −51,7 % et celles vers l'Arabie saoudite de −52,9 % (Partenaires — exportations).

Principaux clients de l'UE 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Royaume-Uni 119 272 +129,2 %
États-Unis 15 95 +532,4 %
Norvège 23 59 +162,2 %
Ghana 20 41 +106,6 %
Ukraine 17 37 +116,3 %
Arabie saoudite 28 13 −52,9 %
Russie 43 21 −51,7 %

Les États membres moteurs de l'export

Les Pays-Bas (178 M€ en 2025, +50,7 %), la Suède (161 M€, +51,4 %), l'Espagne (150 M€, +238,7 %), la Pologne (86 M€, +302,3 %) et l'Italie (83 M€, +183,1 %) figurent parmi les plus gros exportateurs de l'UE. La progression de l'Espagne et de la Pologne est particulièrement notable, traduisant un renforcement de la base productive européenne hors pays historiques du Nord-Ouest (Rapporteurs — exportations).


II. Recomposition géographique des approvisionnements et chocs de 2022

Une diversification nette des sources d'importation

L'indice de concentration HHI des importations (en valeur) a chuté de 3 210 à 1 451 (−54,8 %), indiquant une diversification significative des fournisseurs de l'UE au cours de la décennie. Alors que les États-Unis et le Royaume-Uni restaient les deux premiers fournisseurs en 2015 (regroupant une part dominante), de nouveaux acteurs ont émergé à partir de 2019–2021 (Concentration — HHI).

L'irruption de la Biélorussie et de l'Indonésie

Deux pays ont connu des hausses exceptionnelles en tant que fournisseurs de l'UE :

  • La Biélorussie est passée de 0,09 M€ en 2015 à 43,4 M€ en 2025 (+49 080 %), devenant le quatrième fournisseur de l'UE. L'instabilité des flux est très élevée (coefficient de variation de 1,50).
  • L'Indonésie a progressé de 0,3 M€ à 21,7 M€ (+6 349 %), portée par la montée des exportations de préparations à base d'huile de palme.

Les États-Unis (74 M€, −5,3 %) et le Royaume-Uni (72 M€, −2,2 %) restent stables en valeur absolue mais perdent en part de marché relative (Partenaires — importations).

Principaux fournisseurs de l'UE 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
États-Unis 79 74 −5,3 %
Royaume-Uni 74 72 −2,2 %
Biélorussie 0,09 43,4 +49 080 %
Suisse 23 20 −10,6 %
Indonésie 0,3 21,7 +6 349 %
Malaisie 3,8 4,1 +6,1 %
Ukraine 1,7 3,4 +104,6 %

Les principaux chocs identifiés en 2022

L'année 2022 a été marquée par plusieurs événements de prix atypiques. Le choc le plus significatif concerne les importations en provenance du Royaume-Uni : un pic de prix anormal (indice d'anomalie de 26,7, hausse de +21,4 %) a été détecté, touchant 32,9 % de la valeur des importations cette année-là. La Biélorussie a également subi un choc de prix sur les importations (anomalie 12,9, hausse de +127,7 %). Du côté des exportations, l'Égypte a connu un choc de prix (anomalie 10,6, +47,9 %) (Chocs d'approvisionnement).

Ces chocs de 2022 s'inscrivent dans le contexte plus large de la crise énergétique et des perturbations des chaînes d'approvisionnement liées au conflit russo-ukrainien, qui ont entraîné des hausses généralisées des coûts de production et de transport des matières grasses alimentaires.

Volatilité des flux par partenaire

Les coefficients de variation les plus élevés côté importations concernent la Russie (CV = 1,89), la Biélorussie (1,50), l'Indonésie (1,13) et l'Égypte (0,97), reflétant une forte instabilité de ces flux. Côté exportations, la volatilité est en général plus modérée, l'Arabie saoudite (0,61) et le Maroc (0,61) présentant les niveaux les plus élevés (Volatilité).


III. Recul de la production intérieure, inflation des prix et recomposition segmentaire

Une production en volume en repli, mais en valeur en hausse

La production PRODCOM de l'UE (codes 10.42.10.30 et 10.42.10.50) a reculé en volume de 3,14 milliards de kg à 2,51 milliards de kg (−20,1 %) sur la période. En revanche, la valeur de la production a augmenté de 3,59 Mds€ à 4,25 Mds€ (+18,3 %). Cet écart traduit une hausse très significative des prix intérieurs de production, cohérente avec l'inflation des coûts des matières premières oléagineuses et de l'énergie observée depuis 2021 (Production — volumes).

Indicateur production PRODCOM Début Fin Variation
Volume (Mds kg) 3,14 2,51 −20,1 %
Valeur (Mds €) 3,59 4,25 +18,3 %
Prix implicite (EUR/kg) 1,14 1,69 +48,1 %

Spécialisation : les Pays-Bas et la Belgique au cœur du dispositif

Les indices d'avantage comparatif révélé (RSCA) montrent que les petits pays du Nord-Ouest européen se distinguent par une forte spécialisation dans ce segment. La Lettonie (RSCA = 0,51), la Suède (0,51), la Belgique (0,47) et le Danemark (0,40) figurent parmi les plus spécialisés. Les Pays-Bas, avec un RSCA de 0,17, demeurent le premier exportateur en valeur absolue, bien que leur spécialisation relative soit plus modeste. À l'opposé, l'Irlande (RSCA = −0,99), le Luxembourg (−0,88) et l'Estonie (−0,81) sont nettement désécialisés (Spécialisation).

La sous-position 151790, moteur de la croissance à l'importation

La décomposition par sous-position révèle des dynamiques distinctes. Les importations de la sous-position 151790 (préparations alimentaires de graisses et huiles, hors margarine solide) ont doublé en volume, passant de 64 646 t à 127 022 t, et en valeur de 188 M€ à 288 M€. En revanche, les importations de margarine solide (151710) ont reculé de 21 661 t à 15 100 t. Côté exportations, la sous-position 151790 reste dominante (242 405 t pour 664 M€ en 2025), dépassant nettement la margarine solide (172 972 t pour 321 M€) (Comparaison par segment).

Segment Flux Volume 2015 (t) Volume 2025 (t) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€)
151710 – Margarine Import 21 661 15 100 34 28
151790 – Préparations Import 64 646 127 022 188 288
151710 – Margarine Export 167 897 172 972 188 321
151790 – Préparations Export 208 644 242 405 353 664

Hausse des prix à l'exportation et baisse des prix à l'importation

Un phénomène remarquable est l'évolution divergente des prix moyens selon le sens du commerce. Les prix à l'exportation ont fortement augmenté (+64,8 %), passant de 1 438 à 2 370 EUR/t. Les prix à l'importation, quant à eux, ont diminué de 2 579 à 2 226 EUR/t (−13,7 %). L'écart de prix entre importations et exportations, historiquement en faveur des importations (produits à plus forte valeur unitaire), s'est ainsi nettement réduit. Cela pourrait refléter un positionnement de l'UE vers des segments à plus haute valeur ajoutée à l'export, tandis que les importations se tournent davantage vers des matières premières ou préparations à moindre coût unitaire.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché de la margarine et des graisses alimentaires (CN 1517) a connu trois évolutions majeures. Premièrement, l'Union européenne a renforcé sa position d'exportateur net, avec un excédent doublé à 668 M€, porté par une forte hausse des prix à l'exportation et une dynamique soutenue vers le Royaume-Uni, les États-Unis et la Norvège. Deuxièmement, la géographie des importations s'est profondément diversifiée — l'HHI ayant chuté de 55 % — avec l'émergence de nouveaux fournisseurs comme la Biélorussie et l'Indonésie, tandis que l'année 2022 a été marquée par des chocs de prix significatifs, en lien avec les perturbations géopolitiques et énergétiques. Troisièmement, la production intérieure de l'UE a reculé en volume (−20 %) tout en augmentant en valeur (+18 %), reflétant une inflation marquée des coûts, et la sous-position 151790 (préparations hors margarine solide) est devenue le principal moteur de la croissance des échanges. L'ensemble dessine un secteur en mutation structurelle, marqué par une internationalisation croissante, une montée en gamme des prix et une recomposition des flux qui appelle à une vigilance accrue sur les risques d'approvisionnement.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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