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Évolution du marché : Tabac brut et déchets (CN 2401) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse les échanges commerciaux de l'Union européenne avec le reste du monde pour le code nomenclature combinée 2401 — Tabacs bruts ou non-fabriqués ; déchets de tabac — sur la période 2015–2025. Ce code regroupe trois sous-positions : les tabacs non-écotés (240110), les tabacs partiellement ou totalement écotés (240120) et les déchets de tabac (240130). La production européenne de tabac brut a connu une forte reprise au cours de la période, passant de 19 069 tonnes en 2015 à 42 932 tonnes en 2025 en volume, soit une hausse de 125,1 % (Production volumes). La valeur de la production a encore plus progressé, de 76 M€ à 229 M€ (+200,3 %). Malgré cette dynamique, l'UE reste fortement dépendante des importations, avec un taux de dépendance nette à l'importation passant de 93,8 % à 87,8 % sur la période (Net import reliance). Trois grandes dynamiques structurent ce marché : une inflation des prix qui tire la valeur vers le haut malgré des volumes stables, une recomposition géographique des partenaires commerciaux, et une consolidation du rôle de l'UE comme réexportateur sur certains marchés tiers.


1. Des prix en forte hausse masquant une stagnation des volumes

1.1. Les importations : une valeur en hausse de 25 % pour une progression volumique de seulement 3 %

Entre 2015 et 2025, les importations de tabac brut par l'UE ont progressé de 25,2 % en valeur, passant de 2 627 M€ à 3 288 M€. Sur la même période, les quantités importées n'ont augmenté que de 3,2 %, de 565 570 à 583 768 tonnes (Aperçu général). Cela traduit une hausse moyenne des prix à l'importation de 21,3 %, passant de 4 644 €/t à 5 632 €/t.

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Valeur des importations (M€) 2 627 3 288 +25,2
Quantité importée (kt) 565,6 583,8 +3,2
Prix moyen à l'importation (€/t) 4 644 5 632 +21,3

1.2. Les exportations : une hausse de 41 % en valeur sur un volume en recul de 5 %

Côté exportations, la dynamique est encore plus marquée. La valeur des exportations de l'UE vers les pays tiers a progressé de 40,9 %, de 969 M€ à 1 365 M€, alors que les quantités exportées ont reculé de 5,4 %, de 172 244 à 162 956 tonnes. Le prix moyen à l'exportation a bondi de 48,9 %, passant de 5 624 €/t à 8 375 €/t — un niveau supérieur de près de 49 % au prix moyen à l'importation en 2025 (Aperçu général). Ce différentiel de prix croissant suggère que l'UE exporte un tabac de qualité supérieure ou davantage transformé (notamment des tabacs écotés, code 240120, dont le prix à l'exportation a bondi de 6 449 à 9 140 €/t), tout en important des volumes plus importants de tabac brut non écoté et de déchets.

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Valeur des exportations (M€) 969 1 365 +40,9
Quantité exportée (kt) 172,2 163,0 -5,4
Prix moyen à l'exportation (€/t) 5 624 8 375 +48,9

1.3. Un déficit commercial qui se creuse en valeur

Le solde commercial de l'UE pour le CN 2401 demeure structurellement déficitaire. Le déficit a augmenté de 16,0 %, passant de -1 658 M€ en 2015 à -1 923 M€ en 2025, atteignant son niveau le plus élevé de la période en fin de période (Aperçu général). La hausse des prix des importations explique l'essentiel de cette détérioration, les volumes nets importés n'ayant que faiblement varié. En termes de taux de dépendance nette à l'importation, celui-ci a néanmoins légèrement baissé, de 93,8 % à 87,8 %, suggérant une réduction marginale de la dépendance structurelle grâce au renforcement de la production européenne.


2. Une recomposition géographique des partenaires : diversification des sources d'approvisionnement et concentration des débouchés

2.1. Les importations : le Brésil conserve la première place, mais l'Inde et le Malawi gagnent du terrain

Le Brésil demeure le premier fournisseur de l'UE sur l'ensemble de la période, avec des importations passant de 588 M€ à 654 M€ (+11,2 %). Cependant, ce sont l'Inde (+110,9 %, de 184 M€ à 389 M€) et le Malawi (+46,5 %, de 247 M€ à 362 M€) qui ont connu les hausses les plus spectaculaires (Partenaires d'importation). À l'inverse, les importations en provenance des États-Unis ont reculé de 27,0 % (de 357 M€ à 260 M€) et celles de Tanzanie de 4,9 % (de 208 M€ à 197 M€). La Chine a également accru sa présence de manière significative (+69,3 %, de 84 M€ à 142 M€).

Fournisseur Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation (%)
Brésil 588 654 +11,2
Inde 184 389 +110,9
Malawi 247 362 +46,5
États-Unis 357 260 -27,0
Chine 84 142 +69,3
Tanzanie 208 197 -4,9
Mozambique 143 188 +31,9

L'indice de concentration HHI des importations en valeur a diminué de 996 à 898 (-9,9 %), confirmant une légère diversification des sources d'approvisionnement (Concentration HHI). Les partenaires d'approvisionnement les moins volatils sur la période sont le Brésil (coefficient de variation de 0,08) et le Malawi (0,17), tandis que le Bangladesh (0,43) et les États-Unis (0,28) présentent les fluctuations les plus marquées (Volatilité).

2.2. Les exportations : la Russie et la Turquie en forte croissance, le Japon et la Suisse en repli

L'UE a considérablement accru ses exportations vers la Russie (+61,4 %, de 159 M€ à 256 M€) et surtout vers la Turquie (+152,2 %, de 69 M€ à 175 M€), qui devient ainsi un débouché majeur. Taïwan affiche la progression la plus spectaculaire en proportion (+341,3 %), passant de 12 M€ à 54 M€ (Partenaires d'exportation). À l'inverse, le Japon (-35,6 %, de 98 M€ à 63 M€) et la Suisse (-39,4 %, de 59 M€ à 36 M€) ont perdu de leur importance comme débouchés. L'Indice HHI des exportations en valeur a augmenté de 14,6 % (de 670 à 767), signe d'une concentration croissante des débouchés d'exportation autour de quelques partenaires-clés.

Débouché Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation (%)
Russie 159 256 +61,4
Turquie 69 175 +152,2
Taïwan 12 54 +341,3
Ukraine 52 44 -15,1
Suisse 59 36 -39,4
Japon 98 63 -35,6
États-Unis 47 34 -28,1

2.3. Le rôle central de la Belgique comme plaque tournante intra-UE

Au sein de l'UE, la Belgique est devenue à la fois le premier importateur (962 M€ en 2025, +61,6 %) et le premier exportateur (600 M€, +86,6 %) de tabac brut hors UE (Importateurs UE). Ce positionnement reflète vraisemblablement le rôle de la Belgique comme hub de transit et de transformation pour l'industrie tabatière européenne. La Grèce confirme son statut de spécialiste, avec un RCA de 15,4 et un RSCA de 0,88, le plus élevé de l'UE (Spécialisation), ce qui est cohérent avec la tradition de culture du tabac oriental dans ce pays. La Pologne a connu une progression spectaculaire des exportations (+478,2 %, de 17 M€ à 98 M€), s'imposant comme un acteur émergent.


3. Dynamiques de prix segmentaires et chocs de marché ponctuels

3.1. Le segment des tabacs écotés (240120) domine les échanges et concentre la hausse des prix

La sous-position 240120 (tabacs partiellement ou totalement écotés) représente la part dominante du commerce, tant à l'importation (416 906 tonnes en 2025, soit 62,9 % du volume importé) qu'à l'exportation (119 668 tonnes, soit 73,4 % du volume exporté) (Segmentation produit). Les prix du 240120 ont connu une hausse continue à l'exportation, passant de 6 449 €/t en 2015 à 9 140 €/t en 2025 (+41,7 %). À l'importation, l'augmentation a été comparable (+17,4 %, de 5 763 à 6 771 €/t). Ce segment concentre la valeur la plus élevée des exportations (1 094 M€ en 2025), confirmant que l'UE réexporte principalement du tabac déjà partiellement transformé.

3.2. Le tabac non écoté (240110) et les déchets (240130) : des trajectoires contrastées

Les importations de tabac non écoté (240110) ont légèrement reculé en volume (-21,4 %, de 59 876 à 47 023 tonnes) mais ont augmenté en valeur (+13,1 %, de 311 M€ à 351 M€), tirées par une hausse des prix de 44,0 % (de 5 191 à 7 473 €/t). Les déchets de tabac (240130) ont vu leurs importations stagner en volume (de 118 416 à 119 839 tonnes) mais progresser en valeur (+35,6 %, de 84 M€ à 114 M€), avec une hausse de prix de 34,0 %. À l'exportation, les prix des déchets de tabac ont bondi de 897 à 1 291 €/t (+43,9 %), signe d'une valorisation croissante de ce sous-produit.

3.3. Des chocs de prix ponctuels sur certains marchés tiers

L'analyse des anomalies de prix révèle plusieurs chocs notables. En 2023, les exportations vers la Jordanie ont connu un choc de prix avec une anormalité de 12,6 et un décalage de +38,4 %, représentant 4,6 % de la valeur des exportations totales. Un choc similaire a été observé en 2019 vers le Japon (anormalité 6,3, décalage +23,7 %), ainsi qu'en 2023 vers la Côte d'Ivoire (anormalité 3,8, décalage +18,5 %) (Chocs d'offre). Ces chocs peuvent s'expliquer par des facteurs conjoncturels (conditions climatiques affectant les récoltes locales, changements réglementaires dans les pays partenaires, ou ralentissement de la production locale).


Conclusion

Le marché européen du tabac brut et des déchets (CN 2401) a été marqué entre 2015 et 2025 par une tendance forte à la hausse des prix, tant à l'importation (+21 %) qu'à l'exportation (+49 %), alors que les volumes échangés sont restés relativement stables. Cette inflation des prix a creusé le déficit commercial de l'UE de 16 % en valeur, portant le solde négatif à -1,92 Mds€. Toutefois, le taux de dépendance nette à l'importation a reculé de près de 6 points, de 93,8 % à 87,8 %, en lien avec un doublement de la production européenne de tabac brut. Par ailleurs, le marché a connu une recomposition géographique notable : l'Inde et le Malawi ont fortement accru leur part dans l'approvisionnement de l'UE, tandis que les États-Unis ont reculé ; côté exportations, la Russie et surtout la Turquie sont devenus des débouchés de premier plan. Enfin, la Belgique s'est imposée comme le pivot central du commerce européen de tabac brut, combinant le rôle de premier importateur et de premier réexportateur hors UE. Ces dynamiques soulignent la nécessité pour l'industrie européenne de suivre de près les risques liés à la concentration des approvisionnements et à la volatilité des prix sur les marchés tiers.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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