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Évolution du marché : Produits imprimés divers (CN 4911) — 2015–2025

Introduction

Le code nomenclature combinée 4911 désigne les « Imprimés, y.c. les images, les gravures et les photographies, n.d.a. » — une catégorie résiduelle du chapitre 49 qui regroupe les imprimés publicitaires, catalogues commerciaux (491110), les images, gravures et photographies (491191) ainsi que les imprimés divers non classés ailleurs (491199). La période 2015–2025 se caractérise par des mutations profondes dans les flux commerciaux de l'UE avec le reste du monde : une transformation des volumes échangés, une redéfinition des partenaires clés et une restructuration interne de la production et des exportations au sein de l'Union. Ce rapport propose d'analyser ces trois dynamiques majeures à partir des données statistiques disponibles.


1. La métamorphose des termes de l'échange : du volume à la valeur unitaire

1.1. L'effondrement des volumes exportés parallèlement à la hausse des valeurs

La dynamique la plus frappante de la période réside dans le décalage considérable entre l'évolution des volumes et des valeurs à l'exportation. En termes de valeur totale, les exportations de l'UE ont progressé de 11,6 %, passant de 1 667 M€ en 2015 à 1 860 M€ en 2025. En revanche, les quantités exportées se sont effondrées de 63,1 %, chutant de 450 759 tonnes à 166 404 tonnes. Cette divergence s'explique par une hausse spectaculaire du prix moyen à l'exportation, passé de 3 697 €/t à 11 175 €/t, soit une progression de 202,2 %.

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur exportations 1 667 M€ 1 860 M€ +11,6 %
Quantité exportations 450 759 t 166 404 t −63,1 %
Prix moyen exportations 3 697 €/t 11 175 €/t +202,2 %

Ce phénomène traduit un changement structurel dans la composition des exportations : l'UE exporte désormais des produits à plus forte valeur ajoutée, tandis que les volumes de produits bas de gamme ou publicitaires se sont contractés.

1.2. Des importations plus stables en volume mais en forte hausse en valeur

Du côté des importations, l'évolution est plus modérée mais tout aussi révélatrice. La valeur des importations a progressé de 41,1 % (de 701 M€ à 989 M€), tandis que les quantités n'ont reculé que de 3,5 % (de 83 741 t à 80 810 t). Le prix moyen des importations a augmenté de 46,2 %, passant de 8 370 €/t à 12 240 €/t.

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur importations 701 M€ 989 M€ +41,1 %
Quantité importations 83 741 t 80 810 t −3,5 %
Prix moyen importations 8 370 €/t 12 240 €/t +46,2 %

Il est notable que le prix moyen des importations dépasse celui des exportations (12 240 €/t contre 11 175 €/t en 2025), suggérant que l'UE importe des imprimés de qualité ou à plus forte valeur unitaire qu'elle n'en exporte.

1.3. Un excédent commercial qui se réduit progressivement

L'UE maintient un excédent structurel sur ce segment, mais celui-ci s'est contracté de 9,8 %, passant de 966 M€ à 871 M€. Le point bas a été atteint en 2020 (784 M€), année marquée par la pandémie de COVID-19, avant un rebond partiel. La convergence des prix à l'importation et à l'exportation pourrait à terme remettre en cause cette position excédentaire.

Année Solde commercial
2015 966 M€
2020 (minimum) 784 M€
2025 871 M€

2. Réorientation géographique : le déclin des partenaires traditionnels et l'émergence de nouveaux relais

2.1. Un recul prononcé des exportations vers les voisins européens non-membres

Plusieurs partenaires historiques de l'UE ont vu leurs importations en provenance de l'Union fortement reculer. La Suisse, premier partenaire à l'exportation en 2015 (455 M€), a vu ses achats baisser de 20,1 % pour atteindre 363 M€ en 2025. La Norvège a connu une chute encore plus sévère de 43,8 % (de 148 M€ à 83 M€). Le cas le plus spectaculaire est celui de la Fédération de Russie : les exportations de l'UE vers ce pays se sont effondrées de 89,1 %, passant de 88 M€ à seulement 10 M€, un choc d'approvisionnement détecté en 2025 avec une abnormalité de 2,3 et un recul de 94,8 % — très probablement lié aux sanctions économiques imposées à la suite du conflit russo-ukrainien.

Partenaire (exportations UE) 2015 2025 Variation
Suisse 455 M€ 363 M€ −20,1 %
Norvège 148 M€ 83 M€ −43,8 %
Russie 88 M€ 10 M€ −89,1 %

2.2. L'essor des échanges avec les États-Unis, le Royaume-Uni et la Turquie

En contrepoint, certains partenaires ont fortement renforcé leurs échanges avec l'UE. Les États-Unis sont devenus le deuxième partenaire à l'exportation pour l'UE, avec une progression de 90,6 % (de 150 M€ à 286 M€). Le Royaume-Uni, malgré le Brexit, a augmenté ses importations en provenance de l'UE de 13,9 % (de 321 M€ à 365 M€), consolidant sa position de deuxième client. La Turquie a connu une progression remarquable de 51,5 % à l'export et de 235,8 % à l'importation, témoignant d'une intensification des échanges bilatéraux. La Serbie affiche également une croissance soutenue (+78,1 % à l'export, +54,3 % à l'import), ce qui s'inscrit dans le processus d'intégration économique des Balkans occidentaux.

Partenaire Exportations UE 2015 Exportations UE 2025 Variation
États-Unis 150 M€ 286 M€ +90,6 %
Royaume-Uni 321 M€ 365 M€ +13,9 %
Turquie 25 M€ 38 M€ +51,5 %
Serbie 9 M€ 17 M€ +78,1 %

2.3. La Chine, un fournisseur en pleine ascension

Côté importations, la Chine a connu la plus forte croissance parmi les partenaires identifiés : ses exportations vers l'UE ont doublé (+103,1 %), passant de 99 M€ à 201 M€. La Chine est ainsi devenue le deuxième fournisseur de l'UE sur ce segment, derrière le Royaume-Uni (249 M€). La Turquie, comme mentionné, a vu ses exportations vers l'UE bondir de 235,8 %, passant de 6 M€ à 19 M€, bien que son poids relatif reste modeste.

Partenaire (importations UE) 2015 2025 Variation
Chine 99 M€ 201 M€ +103,1 %
Royaume-Uni 157 M€ 249 M€ +58,1 %
États-Unis 177 M€ 215 M€ +21,5 %
Turquie 6 M€ 19 M€ +235,8 %

2.4. Une concentration des importations qui s'accroît

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations en valeur a augmenté de 5,7 % (de 1 631 à 1 724), indiquant une légère concentration croissante des sources d'approvisionnement. En volume, la concentration a progressé plus nettement (+34,9 %), suggérant que les importations tendent à provenir d'un nombre plus restreint de fournisseurs en termes de quantités. À l'inverse, le HHI des exportations a diminué de 17,9 % (de 1 375 à 1 129), signe d'une diversification des débouchés pour les exportateurs européens.


3. Restructuration interne : la montée en puissance de la Pologne et le déclin des imprimés publicitaires

3.1. La Pologne, moteur de la croissance des exportations européennes

Au sein de l'UE, la transformation la plus remarquable concerne la Pologne. Ses exportations hors UE ont été multipliées par plus de quatre, passant de 63 M€ à 270 M€ (+326,3 %). La Pologne est ainsi passée d'un poids relativement modeste à un rôle de premier plan, dépassant désormais la Belgique (86 M€) et se rapprochant de l'Italie (160 M€). L'Allemagne reste le premier exportateur (444 M€) mais a connu un recul de 16,9 %, tout comme la France (−2,2 %) et l'Autriche (−16,4 %).

Membre UE (exportations) 2015 2025 Variation
Allemagne 535 M€ 444 M€ −16,9 %
France 179 M€ 175 M€ −2,2 %
Pays-Bas 175 M€ 189 M€ +8,1 %
Italie 167 M€ 160 M€ −3,9 %
Pologne 63 M€ 270 M€ +326,3 %

Côté importations, les principaux importateurs intra-UE sont l'Allemagne (156 M€), la France (202 M€) et les Pays-Bas (126 M€). La France a connu la plus forte progression (+76,2 %), suivie des Pays-Bas (+78,2 %). La Belgique fait figure d'exception avec un recul de 27,1 %.

3.2. L'effondrement des imprimés publicitaires à l'exportation

La décomposition par sous-produits révèle une transformation structurelle majeure. Les imprimés publicitaires et catalogues commerciaux (491110), qui représentaient le premier poste à l'exportation en volume (405 206 t en 2015), ont vu leur quantité chuter de 69,7 % pour ne plus atteindre que 122 947 t en 2025. Leur valeur a diminué de 51,6 % (de 1 002 M€ à 484 M€). Ce segment, historiquement dominant, a cédé la place aux imprimés divers (491199), dont la valeur a bondi de 121,7 % (de 502 M€ à 1 112 M€) tandis que les volumes sont restés relativement stables (36 484 t → 37 795 t), impliquant une hausse du prix unitaire de 114,0 %.

Sous-produit (exportations) Valeur 2015 Valeur 2025 Variation Volume 2015 Volume 2025 Variation
491110 – Publicitaires 1 002 M€ 484 M€ −51,6 % 405 206 t 122 947 t −69,7 %
491199 – Imprimés n.d.a. 502 M€ 1 112 M€ +121,7 % 36 484 t 37 795 t +3,6 %
491191 – Images/gravures 163 M€ 264 M€ +62,0 % 9 069 t 5 661 t −37,6 %

3.3. La digitalisation comme facteur explicatif de la recomposition des segments

La contraction massive des imprimés publicitaires à l'exportation constitue sans doute le reflet le plus visible de la digitalisation du marketing et de la communication commerciale. Les catalogues papier, autrefois imprimés en grande quantité pour les marchés étrangers, ont été progressivement remplacés par des supports numériques. En parallèle, la forte croissance des « imprimés divers n.d.a. » (491199) — un segment qui intègre des produits de niche et à valeur ajoutée — traduit une spécialisation de l'industrie graphique européenne vers des créations à plus forte marge.

Du côté des importations, le segment 491199 a également progressé (de 386 M€ à 628 M€, +62,7 %), tandis que les importations de publicitaires (491110) ont diminué de 18,6 % en valeur (de 167 M€ à 136 M€). Les images, gravures et photographies (491191) ont affiché une croissance des importations de 52,6 % (de 148 M€ à 226 M€), signalant une demande européenne soutenue pour ces produits de niche.


Conclusion

La période 2015–2025 marque une transformation profonde du commerce extérieur de l'UE en produits imprimés divers. Trois tendances structurantes se dégagent : premièrement, un basculement de la logique d'échange du volume vers la valeur, avec une hausse de plus de 200 % du prix moyen à l'exportation ; deuxièmement, une réorientation géographique qui voit le déclin des partenaires traditionnels (Suisse, Norvège, Russie) au profit de marchés dynamiques (États-Unis, Chine, Turquie) ; et troisièmement, une restructuration interne de l'industrie européenne marquée par la montée en puissance de la Pologne et le déclin des imprimés publicitaires au profit de segments à plus forte valeur ajoutée. L'excédent commercial, bien que toujours positif, tend à se réduire, dans un contexte où l'UE s'expose davantage à la concurrence internationale sur ce segment en pleine mutation.


Sources : données extraites du Trade Dashboard, code NC 4911, fréquence annuelle, 2015–2025.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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