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Évolution du marché : Farine de pomme de terre (CN 1105) — 2015–2025

Introduction

Le code douanier 1105 couvre l'ensemble des produits dérivés de la pomme de terre transformés sous forme de farine, semoule, poudre, flocons, granulés et agglomérés en pellets. Ce secteur s'inscrit dans la branche plus large des produits de la minoterie, amidons et fécules (code 11). Au sein de l'Union européenne, les produits CN 1105 bénéficient d'une filière agro-industrielle structurée, portée par la culture extensive de pommes de terre dans les pays du nord-ouest européen.

Sur la période 2015–2025, le commerce extra-UE de ce produit a connu une dynamique marquée par une forte croissance des exportations, un creusement spectaculaire de l'excédent commercial et une recomposition notable des partenaires. Ce rapport analyse les principaux mouvements du marché en s'appuyant sur les données de l'aperçu général du commerce.


1. Une position d'exportateur net solidement consolidée

L'excédent commercial a plus que doublé en valeur sur la période

L'Union européenne est structurellement exportatrice nette de produits CN 1105. En 2015, le solde commercial s'établissait à 179,4 M€ ; il atteint 385,8 M€ en 2025, soit une progression de +115,1 %. Le pic a été atteint au cours de la période avec un solde maximal de 443,5 M€, avant un léger recul. Ce creusement du solde positif s'explique à la fois par une hausse soutenue des exportations et par une contraction des importations en volume, renforçant l'autonomie de la filière européenne. Ces tendances sont détaillées dans l'aperçu général.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (valeur) 189,2 M€ 400,8 M€ +111,8 %
Exportations (volume) 178 481 t 220 287 t +23,4 %
Importations (valeur) 9,9 M€ 15,0 M€ +52,5 %
Importations (volume) 16 939 t 6 440 t -62,0 %
Solde commercial 179,4 M€ 385,8 M€ +115,1 %

La production européenne a doublé en volume et quadruplé en valeur

La dynamique exportatrice s'appuie sur une base productive en forte expansion. La production européenne de produits CN 1105 est passée de 266 357 tonnes à 540 000 tonnes en volume (+102,7 %), tandis que sa valeur est passée de 282 M€ à 1 200 M€ (+325,5 %). L'écart entre la croissance de la valeur et celle du volume traduit un effet prix significatif : la valorisation unitaire de la production a considérablement augmenté, reflétant à la fois l'inflation des coûts (énergie, matières premières) et une montée en gamme des produits transformés.

Les prix export ont progressé de manière quasi continue

Le prix moyen des exportations est passé de 1 060 €/t en 2015 à 1 820 €/t en 2025 (+71,6 %), avec un pic à 1 954 €/t au cours de la période. Cette hausse régulière des prix d'exportation a permis à l'UE de maximiser la valeur de ses ventes extérieures même lorsque les volumes ont fluctué. En parallèle, le prix moyen des importations a connu une augmentation bien plus brutale, passant de 582 €/t à 2 335 €/t (+301,2 %), ce qui suggère un renchérissement considérable des sources d'approvisionnement extérieures.


2. Une géographie commerciale concentrée et en recomposition

Les exportations restent dominées par trois piliers : Allemagne, Pays-Bas et Belgique

La répartition des exportations par État membre révèle une forte concentration géographique au sein de l'UE. Trois pays — l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique — cumulent la quasi-totalité des ventes extra-UE :

Pays 2015 2025 Variation
Allemagne 94,3 M€ 154,2 M€ +63,5 %
Pays-Bas 51,1 M€ 139,2 M€ +172,4 %
Belgique 19,5 M€ 51,2 M€ +163,1 %
Danemark 11,3 M€ 32,0 M€ +183,2 %
Pologne 7,2 M€ 12,9 M€ +79,2 %

L'Allemagne conserve son rang de premier exportateur, mais ce sont les Pays-Bas (+172 %) et le Danemark (+183 %) qui ont connu les hausses les plus dynamiques. L'analyse de la spécialisation confirme cette géographie : la Belgique (RSCA : 0,54) et les Pays-Bas (RSCA : 0,36) affichent les plus forts indices d'avantage comparatif révélé sur ce produit en 2025, ce qui reflète la concentration de leur appareil industriel de transformation de pommes de terre.

Les destinations d'exportation s'orientent vers l'Asie et les Amériques

Les principaux partenaires à l'exportation montrent une géographie de destination diversifiée mais concentrée autour de quelques marchés clés :

Partenaire 2015 2025 Variation
Royaume-Uni 32,1 M€ 83,1 M€ +159,2 %
Malaisie 31,0 M€ 57,2 M€ +84,7 %
États-Unis 16,1 M€ 34,9 M€ +116,5 %
Brésil 7,7 M€ 26,5 M€ +245,2 %
Philippines 12,7 M€ 17,5 M€ +38,2 %
Japon 4,8 M€ 15,5 M€ +223,0 %
Chine 10,8 M€ 12,9 M€ +19,1 %

Le Royaume-Uni demeure le premier débouché, ce qui s'explique par la proximité géographique et les chaînes d'approvisionnement historiques dans l'industrie alimentaire. Cependant, les hausses les plus spectaculaires concernent le Brésil (+245 %), le Japon (+223 %) et les États-Unis (+117 %), reflétant la demande croissante de produits déshydratés de pomme de terre dans les marchés émergents et développés d'outre-mer. L'indice de concentration des exportations (HHI) reste modéré (de 792 à 869), confirmant une base d'exportation relativement diversifiée.

Les importations se concentrent sur un nombre réduit de sources, avec des ruptures géopolitiques

Le côté importations révèle une structure bien plus concentrée, avec un HHI passant de 4 972 à 5 469 en valeur. Le Royaume-Uni constitue la principale source d'importation, avec des achats passant de 6,8 M€ à 10,5 M€ (+54,5 %). Les sources d'approvisionnement les plus remarquables sont toutefois :

Partenaire 2015 2025 Variation
Royaume-Uni 6,8 M€ 10,5 M€ +54,5 %
Biélorussie 0,2 M€ 1,2 M€ +575,2 %
États-Unis 0,9 M€ 1,1 M€ +20,3 %
Russie 0,8 M€ 0,5 M€ -39,4 %
Chine 0,3 M€ 0,03 M€ -89,9 %
Égypte 0,3 M€ 0,0 M€ -100 %

La Biélorussie a connu une hausse spectaculaire (+575 %), tandis que les importations en provenance de Russie, de Chine et d'Égypte se sont effondrées, témoignant de l'impact des tensions géopolitiques et des sanctions sur les flux commerciaux. En volume, les importations totales ont chuté de 16 939 t à 6 440 t (-62 %), ce qui indique que l'UE a réduit sa dépendance aux approvisionnements extérieurs.


3. Chocs de prix et réorientation de la structure du commerce

Les événements géopolitiques de 2022 ont provoqué des chocs de prix majeurs sur les importations

L'analyse de la volatilité et des chocs identifie des événements significatifs en 2022, année marquée par le déclenchement du conflit russo-ukrainien :

Choc Type Partenaire Année Amplitude du choc Part de valeur
Prix Importation Russie 2022 +72,8 % 15,5 %
Prix Importation Biélorussie 2022 +96,0 % 13,4 %
Prix Exportation Chili 2023 +81,4 % 3,9 %

Les importations en provenance de Russie et de Biélorussie ont subi des hausses de prix de 72,8 % et 96,0 % respectivement en 2022, avec des degrés d'anomalie très élevés (19,5 et 15,5). Ces chocs reflètent à la fois les perturbations logistiques liées aux sanctions, la hausse des coûts énergétiques en Europe de l'Est et les restrictions commerciales imposées dans le cadre du conflit. La volatilité des importations est particulièrement élevée pour les partenaires les plus exposés : le Canada (CV : 2,97), l'Égypte (CV : 1,48), la Malaisie (CV : 1,64) et la Biélorussie (CV : 1,23) présentent les coefficients de variation les plus marqués, signe d'une instabilité structurelle de ces flux.

Le segment des flocons et pellets (110520) concentre l'essentiel du commerce

La décomposition par sous-produit révèle que le sous-code 110520 (flocons, granulés et pellets) domine largement tant les exportations que les importations :

Exportations (valeur, 2025) :

Sous-produit Valeur Volume Prix moyen
110520 — Flocons, granulés, pellets 330,1 M€ 178 466 t 1 849 €/t
110510 — Farine, semoule, poudre 70,8 M€ 41 821 t 1 692 €/t

Importations (valeur, 2025) :

Sous-produit Valeur Volume Prix moyen
110520 — Flocons, granulés, pellets 12,7 M€ 5 059 t 2 509 €/t
110510 — Farine, semoule, poudre 2,3 M€ 1 381 t 1 699 €/t

Le segment 110520 représente environ 82 % de la valeur des exportations et 85 % de celle des importations en 2025. L'évolution des prix au sein de ce segment est remarquable : le prix moyen des exportations de flocons/pellets est passé de 1 072 €/t (2015) à 1 849 €/t (2025), tandis que le prix des importations de ce même segment a bondi de 1 189 €/t à 2 509 €/t. Le segment 110510 (farine et poudre) affiche quant à lui une évolution encore plus frappante à l'import : le prix unitaire est passé de 420 €/t à 1 699 €/t (+304 %), alors que les volumes importés ont chuté de 13 374 t à 1 381 t (-90 %). Cette combinaison d'effondrement volumétrique et de multiplication des prix suggère un abandon progressif des approvisionnements extérieurs en farine/poudre, ne subsistant que pour des segments de niche à forte valeur ajoutée.

L'UE a renforcé son ouverture commerciale tout en réduisant sa vulnérabilité aux importations

Les indicateurs d'autonomie et de vulnérabilité confirment la trajectoire observée :

Indicateur 2015 2025 Variation
Dépendance nette aux importations -18,9 % -51,0 % -170 %
Intensité commerciale 18,5 % 36,8 % +98,9 %
Propension à exporter 17,3 % 35,6 % +105,6 %

La dépendance nette aux importations, négative et en creusement, confirme que l'UE exporte bien plus qu'elle n'importe. L'indice était de -18,9 % en 2015 et atteint -51,0 % en 2025, avec un minimum historique de -308 % au cours de la période. En parallèle, la propension à exporter a plus que doublé, passant de 17,3 % à 35,6 %, ce qui traduit une intégration croissante de la production européenne dans les marchés mondiaux.


Conclusion

La période 2015–2025 marque une transformation profonde du commerce extra-UE de produits dérivés de pomme de terre (CN 1105). L'Union européenne a renforcé sa position d'exportateur net majeur, portée par une production qui a doublé en volume et quadruplé en valeur, et par une ouverture commerciale en hausse constante. L'excédent commercial a été multiplié par plus de deux, atteignant 385,8 M€ en 2025.

Trois dynamiques principales se dégagent : (1) la consolidation d'une base productive concentrée en Europe du Nord-Ouest (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Danemark), spécialisée dans les flocons et pellets à forte valeur ajoutée ; (2) la diversification des marchés de destination vers l'Asie et les Amériques, tout en maintenant le Royaume-Uni comme partenaire structurel ; (3) les chocs de prix liés au contexte géopolitique de 2022, qui ont accéléré la réduction des importations en provenance de Russie et ses partenaires, tout en renforçant l'autonomie d'approvisionnement de l'UE.

Néanmoins, la hausse très marquée des prix d'importation (+301 % sur la période) et la persistance d'une concentration des sources d'approvisionnement (HHI supérieur à 5 000) suggèrent que la vulnérabilité résiduelle de l'UE sur les importations, bien que limitée en volume, reste sensible aux chocs de prix sur les marchés approvisionnants.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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