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Évolution du marché : Extraits de malt; préparations alimentaires de farines, gruaux, semoules, amidons, fécules ou extraits de malt, ne contenant pas de cacao ou contenant < 40% en poids de cacao calculés sur une base entièrement dégraissée, n.d.a.; préparations alimentaires à base de lait, de crème de lait, de babeurre, de lait caillé, de crème caillée, de lactosérum, de yoghourt, de képhir et autres produits simil. du n° 0401 à 0404, ne contenant pas de cacao ou contenant < 5% en poids de cacao calculés sur une base entièrement dégraissée, n.d.a. (à l'excl. des préparations pour l'alimentation des enfants conditionnées pour la vente au détail ainsi que les mélanges et pâtes pour la préparation des produits de la boulangerie, de la pâtisserie ou de la biscuiterie du n° 1905) (CN 190190) — 2015–2025

Introduction

Le code tarifaire CN 190190 est un poste résiduel de grande envergure couvrant les extraits de malt, les préparations alimentaires à base de farines, amidons ou fécules, ainsi que les préparations alimentaires à base de produits laitiers — à l'exclusion des préparations infantiles (CN 190110), des mélanges pour la pâtisserie (CN 190120) et des produits à base de cacao au-delà de certains seuils. Ce code agrège des sous-produits hétérogènes, allant des extraits de malt (CN 19019011 et 19019019) aux préparations en poudre à base de lactosérum et de graisses végétales (CN 19019095), en passant par diverses préparations céréalières et laitières (CN 19019091 et 19019099).

Sur la période 2015–2025, l'Union européenne a consolidé sa position de net exportateur majeur sur ce segment, avec une balance commerciale passant de 1,58 milliard d'euros à 2,72 milliards d'euros (+71,9 %). Ce rapport analyse les trois grandes dynamiques qui ont structuré ce marché : la montée en gamme manifeste, la réorientation géographique des flux commerciaux, et la consolidation du tissu productif européen, le tout dans un contexte de chocs exogènes — pandémie de Covid-19, tensions géopolitiques et inflation des matières premières.


1. Une montée en valeur nettement supérieure à la croissance des volumes : la marque d'une montée en gamme

1.1. Les exportations ont doublé en valeur tout en progressant d'un tiers en volume

Entre 2015 et 2025, les exportations de l'UE vers les pays tiers ont progressé de 69,3 % en valeur (de 1,73 milliard d'euros à 2,92 milliards), alors que les volumes n'ont augmenté que de 31,5 % (de 870 453 à 1 144 359 tonnes). L'écart entre ces deux trajectoires témoigne d'une augmentation structurelle des prix unitaires moyens, passés de 1 982 €/t à 2 552 €/t (+28,8 %).

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Exportations — valeur (Mds €) 1,73 2,92 +69,3
Exportations — volume (kt) 870 1 144 +31,5
Prix moyen export (€/t) 1 982 2 552 +28,8

1.2. Les importations ont connu un pic intermédiaire avant de se stabiliser à un niveau plus élevé qu'en 2015

Les importations de l'UE ont progressé de 40,8 % en valeur (de 144,5 M€ à 203,5 M€) et de 20,6 % en volume (de 64 022 à 77 190 tonnes). Toutefois, cette progression régulière masque un pic remarquable en 2019 (485,2 M€ et 138 688 tonnes), principalement lié aux importations massives en provenance de Singapour (336,9 M€ cette année-là). Après ce pic, les importations se sont repliées avant de se stabiliser autour de 200 M€.

Indicateur 2015 2019 (pic) 2025 Var. 2015–2025
Importations — valeur (M€) 144,5 485,2 203,5 +40,8 %
Importations — volume (kt) 64,0 138,7 77,2 +20,6 %

1.3. La structure des sous-produits exportés confirme l'essor des préparations laitières en poudre

L'analyse des sous-segments CN révèle un changement structurel majeur dans la composition des exportations. Le code CN 19019095 (préparations en poudre à base de lait écrémé et/ou de lactosérum, avec ≤ 30 % de matières grasses) n'existait pas dans les statistiques avant 2020 et représentait déjà 1,08 milliard d'euros en 2025, soit 37,1 % de la valeur totale des exportations. À l'inverse, le code CN 19019099 (préparations alimentaires diverses, n.d.a.) a vu son poids relatif diminuer, passant de 88,3 % à 45,9 % de la valeur exportée, bien qu'il reste le premier poste en volume (495 864 tonnes en 2025).

Code CN Description Valeur export 2015 (M€) Valeur export 2025 (M€) Part 2025
19019099 Préparations alimentaires n.d.a. 1 524,2 1 341,2 45,9 %
19019095 Poudres laitières (lactosérum + huiles vég.) n.d. 1 083,1 37,1 %
19019091 Préparations céréalières allégées 167,2 437,0 15,0 %
19019019 Extraits de malt (< 90 % extrait sec) 31,8 47,7 1,6 %

L'apparition soudaine du code CN 19019095 à partir de 2020 suggère un reclassement statistique ou l'émergence d'une catégorie de produits auparavant classée ailleurs. Quoi qu'il en soit, la montée en puissance de ces poudres laitières à valeur ajoutée a contribué significativement à la hausse des prix moyens exportés.


2. Une réorientation géographique des flux : entre partenaires traditionnels stables et marchés africains en forte croissance

2.1. Le Royaume-Uni demeure le premier partenaire à l'export comme à l'import, malgré le Brexit

Le Royaume-Uni concentre à lui seul 10,5 % des exportations de l'UE (306,2 M€ en 2025), avec une progression de 134,0 % depuis 2015. En importations, le Royaume-Uni a doublé ses livraisons à l'UE (de 58,6 M€ à 111,1 M€, +89,8 %), ce qui en fait le premier fournisseur de l'UE sur ce poste. Cette dynamique, qui s'est accélérée après 2020, reflète à la fois la profondeur des chaînes de valeur transmanche et la requalification post-Brexit de flux auparavant intra-UE en flux extra-UE.

2.2. L'Afrique de l'Ouest s'affirme comme le moteur de croissance des exportations européennes

Trois marchés africains ont connu des progressions spectaculaires sur la période :

Partenaire Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation (%)
Sénégal 76,7 219,3 +186,0
Mauritanie 35,8 84,3 +135,2
Côte d'Ivoire 16,4 121,2 +638,4

La Côte d'Ivoire est passée de 16,4 M€ à 121,2 M€ (+638 %), devenant ainsi l'un des principaux débouchés pour les exportations de l'UE, tandis que le Sénégal et la Mauritanie ont respectivement progressé de 186 % et 135 %. À l'inverse, le Nigeria, autrefois troisième destination (186,2 M€ en 2015), a connu un recul de 24,7 % (140,2 M€ en 2025), reflétant des difficultés économiques et des contraintes de change dans ce pays. Le Yémen (+112,3 %) et les Émirats arabes unis (+115,6 %) confirment l'importance du corridor Afrique du Nord – Moyen-Orient.

2.3. La concentration des importations s'est accrue, portée par la volatilité de Singapour

L'indice de concentration HHI des importations est passé de 2 629 à 3 313 (+26,0 %), signe d'une dépendance accrue envers un nombre plus restreint de fournisseurs. Ce durcissement de la concentration est principalement dû au cycle extrême de Singapour : les importations depuis cette plateforme de redistribution asiatique ont culminé à 336,9 M€ en 2019 avant de s'effondrer à 3,6 M€ en 2025 (-85,9 %). Le coefficient de variation des volumes importés depuis Singapour atteint 1,37, soit le niveau de volatilité le plus élevé de tous les partenaires.

La Chine a progressivement pris le relais comme fournisseur émergent (de 3,4 M€ à 14,7 M€, +338,7 %), tout comme la Corée du Sud (+476,8 %) et Taïwan, dont les volumes importés sont passés de 104 à 1 181 tonnes sur la période.

Fournisseur Vol. import 2015 (t) Vol. import 2025 (t) Variation (%) CV
Royaume-Uni 34 633 46 807 +35,2 0,12
Chine 1 783 7 045 +295,1 0,48
Corée du Sud 820 3 449 +320,6 0,47
Taïwan 104 1 181 +1 035,6 0,77
Singapour 3 916 834 -78,7 1,37

L'absence de chocs d'approvisionnement détectés sur les importations de l'UE (analyse des événements de prix et de volume) indique que la diversification des sources d'approvisionnement a permis d'amortir les fluctuations individuelles.


3. Une industrie européenne en pleine consolidation, portée par un petit nombre d'États membres spécialisés

3.1. L'Irlande domine les exportations avec un avantage comparatif remarquable

L'analyse de spécialisation révèle que l'Irlande possède un indice RSCA de 0,6814 (le plus élevé de l'UE) et un RCA de 5,278, ce qui en fait le seul État membre véritablement hyper-spécialisé sur ce poste. Ses exportations ont doublé, passant de 372,3 M€ à 705,1 M€ (+89,4 %), et l'Irlande représente à elle seule 24,1 % des exportations totales de l'UE. Cette spécialisation s'explique vraisemblablement par la présence d'importantes industries laitières irlandaises (le pays est un grand producteur de lactosérum) et par les flux transmanche vers le Royaume-Uni.

Les cinq États membres les plus spécialisés sur ce poste sont :

État membre RSCA RCA Part des exportations UE (%)
Irlande 0,6814 5,278 24,1
Luxembourg 0,2592 1,700 0,4
Belgique 0,2429 1,642 5,5
Croatie 0,1990 1,497 0,1
Danemark 0,1506 1,355 15,3

3.2. La Pologne a connu la progression la plus spectaculaire parmi les grands exportateurs

Les principaux exportateurs de l'UE sont l'Irlande (705 M€), les Pays-Bas (504 M€), le Danemark (446 M€), l'Allemagne (305 M€), la Pologne (320 M€), la France (216 M€) et la Belgique (160 M€). La Pologne a connu la plus forte progression, ses exportations ayant triplé passant de 98,3 M€ à 320,2 M€ (+225,8 %), ce qui la hisse au cinquième rang européen, dépassant la France. La Belgique (+99,6 %) et l'Allemagne (+69,0 %) ont également connu des progressions notables.

3.3. La production européenne a connu une mutation quantitative sans précédent après 2021

Les données de production montrent une rupture spectaculaire à partir de 2022. Après des niveaux de production oscillant entre 25 et 76 millions de tonnes sur la période 2003–2021, les volumes rapportés ont bondi à 1,79 milliard de tonnes en 2022, puis 1,99 milliard en 2023 et 1,85 milliard en 2024. De même, la valeur de production est passée de 100 M€ en 2021 à 4,79 milliards d'euros en 2024.

Cette rupture est si abrupte qu'elle suggère un changement de méthodologie statistique ou une extension de la couverture du code Prodcom 10.89.19.31 (Préparations alimentaires de farines, semoules, amidons, fécules, etc.) associé à ce code CN. Le prix moyen de production, relativement stable autour de 1,0–1,6 €/kg avant 2021, a bondi à 2,43–2,59 €/kg à partir de 2022, ce qui est cohérent avec l'incorporation de produits à plus forte valeur ajoutée (notamment les poudres laitières CN 19019095).

3.4. La concentration des exportations reste faible et stable, signe de diversification des débouchés

L'indice de concentration HHI des exportations est passé de 429 à 351 (-18,2 %), ce qui traduit une diversification progressive des marchés de destination. Ce niveau très bas (un HHI de 351 est caractéristique d'un marché très fragmenté) s'explique par la présence de nombreux marchés africains et moyen-orientaux qui se partagent les flux. Les neuf principaux marchés de destination n'absorbent collectivement qu'environ 44 % des exportations (valeur restante dans la catégorie « Others »), ce qui laisse une part significative à une myriade de marchés secondaires.


Conclusion

Le marché CN 190190 de l'Union européenne a connu sur la décennie 2015–2025 une triple transformation. Premièrement, la structure des produits exportés s'est profondément modifiée avec l'émergence, à partir de 2020, des poudres laitières à base de lactosérum (CN 19019095), qui sont devenues le deuxième poste d'exportation en valeur. Cette mutation a contribué à une hausse des prix moyens de 28,8 %, traduisant une montée en gamme du portefeuille exportateur européen. Deuxièmement, les flux géographiques se sont réorientés vers l'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Mauritanie, Côte d'Ivoire) et le Moyen-Orient (Émirats arabes unis, Arabie saoudite), tandis que le Royaume-Uni a consolidé sa position de premier partenaire bilatéral dans un contexte post-Brexit. Troisièmement, l'industrie européenne s'est concentrée autour de quelques pôles spécialisés — l'Irlande en tête, suivie du Danemark, des Pays-Bas et de la Pologne — tandis que la production a connu un accroissement quantitatif considérable à partir de 2022, probablement lié à l'élargissement de la couverture statistique.

L'Union européenne conserve une position structurelle de net exportateur sur ce segment (la dépendance nette aux importations est passée de +11,4 % en 2015 à -120,1 % en 2025, l'UE exportant plus du double de ce qu'elle importe). La principale source de vulnérabilité réside dans la concentration des importations (HHI en hausse de 26 %) et la dépendance vis-à-vis du Royaume-Uni comme fournisseur, combinée à la volatilité historique de certains corridors asiatiques (Singapour, Taïwan). Toutefois, l'absence de chocs d'approvisionnement majeurs détectés sur la période récente suggère que les mécanismes de diversification ont joué leur rôle d'amortisseur.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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