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Évolution du marché : Extraits de malt (CN 190190) — 2015–2025

Introduction

Le code combiné 190190 regroupe un ensemble hétérogène de préparations alimentaires : extraits de malt, préparations à base de farines, amidons ou fécules, ainsi que des préparations lactées ne contenant pas de cacao (ou en contenant moins de 5 %). Ce périmètre, résiduel par nature (il exclut les préparations infantiles et les mélanges pour boulangerie/pâtisserie), couvre néanmoins un volume d'échanges considérable au sein de l'Union européenne.

La période 2015–2025 est marquée par une transformation profonde de la position commerciale de l'UE sur ce segment. D'importatrice nette au début de la période, l'Union est devenue un exportateur majeur, portée par une production en forte croissance et une demande mondiale — notamment en Afrique de l'Ouest et au Moyen-Orient — en expansion. Ce rapport propose une analyse en trois volets de ces dynamiques, en s'appuyant exclusivement sur les données fournies.

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1. Une croissance vigoureuse des exportations, portée par la valeur plus que par les volumes

1.1. Les exportations ont progressé de près de 70 % en valeur sur la période

Le commerce extérieur de l'UE sur le code 190190 a connu une trajectoire ascendante marquée entre 2015 et 2025. Les exportations ont bondi de 1 725 M€ à 2 921 M€, soit une hausse de 69,3 % en valeur. Sur la même période, les quantités exportées n'ont crû que de 31,5 %, passant de 870 453 t à 1 144 359 t. L'écart entre ces deux rythmes traduit une augmentation significative des prix moyens à l'exportation, qui sont passés de 1 982 €/t à 2 552 €/t (+28,8 %).

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur exportations (M€) 1 725 2 921 +69,3 %
Quantité exportations (t) 870 453 1 144 359 +31,5 %
Prix moyen export (€/t) 1 982 2 552 +28,8 %

Évolution du commerce UE

1.2. Les importations restent modestes mais connaissent des pics ponctuels

Les importations de l'UE depuis les pays tiers ont évolué de manière plus erratique. Elles sont passées de 145 M€ (64 023 t) en 2015 à 203 M€ (77 190 t) en 2025, soit des hausses respectives de 40,8 % et 20,6 %. Toutefois, le maximum historique de la période a été atteint en 2019 avec 485 M€ et 138 688 t, avant de replier fortement. La volatilité des importations est nettement supérieure à celle des exportations, ce qui suggère une dépendance à des approvisionnements ponctuels ou spéculatifs.

Indicateur 2015 Maximum 2025
Valeur importations (M€) 145 485 (2019) 203
Quantité importations (t) 64 023 138 688 (2019) 77 190
Prix moyen import (€/t) 2 258 3 498 (2019) 2 636

1.3. L'excédent commercial se creuse considérablement

Le solde commercial de l'UE sur le code 190190 est structurellement excédentaire et s'est amplifié : il est passé de 1 581 M€ en 2015 à 2 717 M€ en 2025, soit une progression de 71,9 %. Ce creusement illustre le renforcement de la compétitivité européenne sur ce segment et la montée en gamme des produits exportés (hausse des prix à l'export supérieure à celle des prix à l'import).


2. Une géographie commerciale en recomposition : vers l'Afrique de l'Ouest et le Golfe

2.1. Les exportations se tournent résolument vers l'Afrique de l'Ouest

Les partenaires à l'exportation les plus dynamiques ne sont plus les marchés traditionnels européens mais des économies africaines et moyen-orientales. Le Sénégal (+186 %), la Mauritanie (+135,2 %) et le Yémen (+112,3 %) affichent les plus fortes progressions en valeur. Le Sénégal est ainsi passé de 77 M€ à 219 M€, devenant le deuxième client de l'UE sur ce code, devant l'Arabie saoudite.

Partenaire (export) 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Royaume-Uni 131 306 +134,0 %
Sénégal 77 219 +186,0 %
Arabie saoudite 192 182 −5,2 %
Nigéria 186 140 −24,7 %
Émirats arabes unis 65 141 +115,6 %
Mauritanie 36 84 +135,2 %
Yémen 23 48 +112,3 %

Partenaires à l'exportation par valeur

Cette géographie s'explique probablement par la demande croissante en substituts de lait en poudre et en préparations alimentaires fortifiées dans des pays à démographie rapide et à revenus intermédiaires. Le Nigéria et l'Arabie saoudite demeurent des marchés importants mais leur trajectoire est moins dynamique (voire déclinante pour le Nigéria, −24,7 %), ce qui peut refléter des difficultés de change, des politiques d'import-substitution ou des réorientations d'approvisionnement.

2.2. L'approvisionnement import de l'UE se restructure après le Brexit et la chute de Singapour

Du côté des importations, le Royaume-Uni s'est imposé comme le premier fournisseur de l'UE, passant de 59 M€ à 111 M€ (+89,8 %). Cet accroissement peut refléter à la fois les ajustements post-Brexit (réaffectation de flux) et l'importance des chaînes d'approvisionnement transmanche.

En revanche, Singapour a connu un effondrement spectaculaire : de 25 M€ à 3,6 M€ (−85,9 %), avec un pic intermédiaire à 337 M€ en 2019 qui suggère un épisode de réexportation ou de commerce de transit désormais taré. La Chine (+338,7 %) et la Corée du Sud (+476,8 %) émergent comme fournisseurs, tandis que les importations en provenance du Cameroun s'effondrent (−98,6 %).

Partenaire (import) 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Royaume-Uni 59 111 +89,8 %
Singapour 25 3,6 −85,9 %
Suisse 37 31 −15,2 %
Chine 3,4 14,7 +338,7 %
Corée du Sud 1,4 8,2 +476,8 %
Cameroun 1,3 0,02 −98,6 %
États-Unis 4,9 1,7 −64,4 %

Partenaires à l'importation par valeur

2.3. L'Irlande, les Pays-Bas et le Danemark dominent le profil exportateur de l'UE

Au sein de l'UE, la structure des exportations est concentrée autour de trois grands acteurs. L'Irlande est le premier exportateur avec 705 M€ en 2025 (en progression de 89,4 %), suivie des Pays-Bas (504 M€, +76,4 %) et du Danemark (446 M€, +24,6 %). La Pologne connaît la progression la plus spectaculaire avec une multiplication par plus de trois (98 M€ → 320 M€, +225,8 %).

Du côté des importations intra-UE, l'Irlande (+222,8 %) et la France (+181,7 %) affichent les plus fortes hausses, tandis que les Pays-Bas (−36,1 %) réduisent leurs achats extra-UE.

Exportateurs et importateurs UE par valeur


3. Un secteur européen en expansion productive, de plus en plus tourné vers l'extérieur

3.1. La production européenne a connu une croissance exceptionnelle

Les données de production PRODCOM révèlent une expansion remarquable de la production de l'UE sur ce périmètre. En volume, la production est passée de 124 M kg à 1 852 M kg (+1 394 %), tandis qu'en valeur elle est passée de 75 M€ à 4 790 M€ (+6 254 %). Ces chiffres, qui peuvent partiellement refléter une amélioration de la couverture statistique, indiquent néanmoins une montée en puissance industrielle considérable.

Évolution des volumes de production UE

3.2. L'Irlande se distingue par une spécialisation hors norme

L'analyse de la spécialisation en 2025 confirme la position dominante de l'Irlande, qui affiche un indice RCA de 5,28 et un RSCA de 0,68 — signe d'un avantage comparatif très marqué. L'Irlande concentre 11 % de la production totale de l'UE sur ce code, pour seulement 2,1 % du commerce total. Le Luxembourg, la Belgique et le Danemark présentent également une spécialisation positive (RSCA > 0), tandis que Malte, Chypre et la Bulgarie sont les moins spécialisés.

Pays RSCA RCA Part prod.
Irlande 0,681 5,278 11,0 %
Luxembourg 0,259 1,700 0,5 %
Belgique 0,243 1,642 13,9 %
Danemark 0,151 1,355 2,3 %

Indice de spécialisation des États membres

3.3. L'UE est passée d'importatrice nette à exportatrice nette

L'indicateur de dépendance nette aux importations résume à lui seul la transformation structurelle du marché. En 2015, l'UE était importatrice nette à hauteur de +11,4 % de sa consommation apparente. En 2025, cet indicateur est de −120,1 %, signifiant que l'UE exporte plus du double de ce qu'elle importe. La propension à exporter a connu la hausse la plus spectaculaire : de 6,9 % à 58,7 % (+754 %), tandis que l'intensité commerciale a doublé (22,2 % → 60,4 %).

Indicateur de dépendance nette aux importations

3.4. La composition des produits exportés s'est diversifiée

L'analyse des sous-positions tarifaires révèle un changement structurel important dans la composition des exportations. La sous-position 19019099 (préparations alimentaires diverses) demeure le segment dominant (495 864 t, 1 341 M€ en 2025), mais sa part relative a diminué. En revanche, la sous-position 19019095 (préparations à base de lait écrémé et graisses végétales) est apparue à partir de 2020 et représente désormais 413 858 t (1 083 M€), devenant un pilier des exportations européennes. Ce segment, absent des statistiques avant 2020, a probablement bénéficié de la demande mondiale en substituts de lait en poudre.

Sous-position Description Export 2025 (t) Export 2025 (M€)
19019099 Préparations alimentaires diverses n.d.a. 495 864 1 341
19019095 Préparations lactées en poudre (≤30 % MG) 413 858 1 083
19019091 Préparations à base de farines/amidons (faible teneur en MG/sucre) 212 554 437
19019019 Extraits de malt (< 90 % extrait sec) 18 353 48
19019011 Extraits de malt (≥ 90 % extrait sec) 2 367 6

Comparaison des segments de produit

3.5. La concentration des exportations s'est réduite tandis que celle des importations augmente

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) appliqué aux valeurs d'échanges confirme une divergence de trajectoire. Côté exportations, l'HHI a diminué de 429 à 351 (−18,2 %), indiquant une diversification géographique des débouchés. Côté importations, l'HHI a augmenté de 2 629 à 3 313 (+26,0 %), traduisant une concentration accrue des sources d'approvisionnement — tendance qui pourrait poser des risques en cas de perturbation d'un fournisseur clé.

Indice HHI 2015 2025 Variation
Exportations (valeur) 429 351 −18,2 %
Importations (valeur) 2 629 3 313 +26,0 %

Indice de concentration HHI


Conclusion

La période 2015–2025 a transformé le marché européen du code 190190 en un secteur résolument tourné vers l'exportation. L'Union européenne est passée d'une position d'importatrice nette à celle d'un exportateur majeur, avec un excédent commercial de 2,7 Mds € en 2025. Cette dynamique est portée par trois facteurs : une production européenne en très forte croissance (multipliée par 15 en volume), une géographie commerciale redessinée autour de l'Afrique de l'Ouest et du Golfe, et l'émergence d'un nouveau segment clé — les préparations lactées en poudre (19019095) — absent avant 2020 mais désormais au cœur des exportations.

La diversification géographique des exportations est un signe positif de résilience, tandis que la concentration croissante des importations constitue une vulnérabilité potentielle. La volatilité marquée de certains partenaires — Singapour, Cameroun ou Yémen — rappelle que ce commerce reste exposé aux chocs géopolitiques et aux crises de change dans les pays partenaires.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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