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Évolution du marché : Préparations infantiles (CN 190110) — 2015–2025

Introduction

Le code douanier 190110 couvre les préparations alimentaires pour nourrissons conditionnées pour la vente au détail, incluant les produits à base de lait, lactosérum ou céréales destinés à l'alimentation des enfants. Sur la période 2015–2025, l'Union européenne s'affirme comme un acteur majeur de ce marché mondial, avec des exportations représentant environ 130 fois le montant de ses importations en 2025. Ce rapport analyse l'évolution des échanges extra-européens de ce produit, en identifiant les grandes dynamiques structurelles : la consolidation de la position exportatrice de l'UE, les mutations géographiques des flux commerciaux, et les tensions sur les prix ainsi que les risques de volatilité.


Une puissance exportatrice consolidée par une production en forte hausse

Un excédent commercial massif et croissant

L'Union européenne affiche un excédent commercial considérable sur les préparations infantiles, qui passe de 3,83 milliards d'euros en 2015 à 4,88 milliards d'euros en 2025, soit une progression de +27,3 %. Les importations extra-européennes demeurent marginales (38,7 M€ en 2025) et ont diminué d'un tiers (-33,1 %) sur la période, tandis que les exportations ont progressé de 26,4 % pour atteindre 4,92 milliards d'euros. Le taux de dépendance aux importations nettes confirme cette dynamique : l'UE est structurellement un exportateur net massif, avec un ratio qui s'est creusé considérablement sur la période.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (M€) 3 890 4 916 +26,4 %
Importations (M€) 57,9 38,7 −33,1 %
Solde commercial (M€) 3 832 4 878 +27,3 %

Une production européenne en expansion spectaculaire

La production intra-européenne de préparations infantiles a connu une trajectoire de croissance remarquable. En volume, elle est passée d'environ 468 000 tonnes à 1 million de tonnes (+113,5 %), tandis qu'en valeur, elle est passée de près de 2 milliards d'euros à 5,5 milliards d'euros (+178,4 %). La valeur a augmenté plus vite que le volume, ce qui reflète une montée en gamme des produits ou une hausse généralisée des prix. Cette croissance de la production sous-tend directement la capacité exportatrice de l'UE : le taux de propension à l'exportation a doublé, passant d'environ 42 % à près de 87 %, indiquant qu'une part croissante de la production européenne est destinée aux marchés extérieurs.

L'Allemagne, la France et la Pologne parmi les moteurs de croissance

La répartition des exportations entre États membres révèle des trajectoires divergentes. Les Pays-Bas demeurent le premier exportateur de l'UE (2,09 milliards d'euros en 2025, +29 %), mais l'Allemagne affiche la progression la plus spectaculaire, passant de 268 millions à 827 millions d'euros (+208 %). La Pologne (+184 %) et l'Espagne (+64 %) ont également connu des hausses marquées. À l'inverse, l'Ireland, pourtant le membre le plus spécialisé de l'UE dans ce produit (RSCA de 0,68), a vu ses exportations reculer de 53 % (de 981 M€ à 459 M€).

États membres Exportations 2015 (M€) Exportations 2025 (M€) Variation
Pays-Bas 1 614 2 085 +29 %
Allemagne 268 827 +208 %
France 539 708 +31 %
Irlande 981 459 −53 %
Espagne 129 212 +64 %
Pologne 79 225 +184 %
Danemark 131 107 −18 %

Une reconfiguration géographique des flux : l'ascension chinoise et la diversification des approvisionnements

La Chine, destination dominante et en plein essor

La partenariat commercial le plus marquant de la décennie est incontestablement la montée en puissance de la Chine comme destination des exportations européennes de préparations infantiles. Les ventes vers la Chine sont passées de 1,22 milliard d'euros en 2015 à 2,38 milliards d'euros en 2025 (+95 %), représentant près de la moitié (48 %) du total des exportations extra-européennes. En parallèle, les exportations vers Hong Kong — longtemps un hub logistique de redistribution vers le continent chinois — ont chuté de 72 % (de 766 M€ à 216 M€), suggérant un réacheminement direct des flux vers la Chine continentale.

Principaux partenaires à l'exportation 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Chine 1 220 2 377 +95 %
Royaume-Uni 225 265 +18 %
Arabie saoudite 272 202 −26 %
Hong Kong 766 216 −72 %
Algérie 129 88 −32 %
Turquie 86 140 +63 %
Russie 102 84 −18 %

Un indice de concentration des exportations en hausse

La concentration géographique des exportations, mesurée par l'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI), est passée de 1 505 à 2 453 (+63 %), franchissant le seuil de concentration élevée (2 500). Cette évolution est directement imputable au poids croissant de la Chine : la dépendance de l'UE à un seul marché d'exportation pour près de la moitié de ses ventes extérieures constitue un risque stratégique, notamment en cas de changement réglementaire ou de tensions commerciales.

Une diversification des sources d'importation

À l'inverse des exportations, les importations se sont diversifiées. L'HHI des importations a diminué de 47 % (de 5 081 à 2 677), indiquant une moindre concentration. La Suisse, premier fournisseur en 2015 (37 M€), a vu ses livraisons s'effondrer de 76 % pour atteindre 8,8 M€ en 2025. En revanche, de nouveaux partenaires ont émergé : la Nouvelle-Zélande (de 0,5 M€ à 12,4 M€), l'Algérie (de 0,1 M€ à 2,3 M€), la Chine (de 0,005 M€ à 0,5 M€) et la Turquie (de 0,06 M€ à 1,4 M€) ont tous connu des croissatures à trois voire quatre chiffres. L'émergence de ces fournisseurs peut refléter l'essor de capacités de production dans ces pays, mais aussi des stratégies de sourcing diversifié de la part des industriels européens.

Principaux partenaires à l'importation 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Suisse 37,1 8,8 −76 %
Royaume-Uni 17,0 11,1 −35 %
Nouvelle-Zélande 0,5 12,4 +2 453 %
Algérie 0,1 2,3 +1 763 %
Chine 0,005 0,5 +11 562 %
Turquie 0,06 1,4 +2 079 %

Une trajectoire haussière des prix, ponctuée de chocs

Des prix à l'exportation en hausse de 31 %

La dynamique prix-quantité révèle un découplage significatif entre volumes et valeurs. Alors que les quantités exportées ont légèrement reculé (−3,7 %, passant de 487 000 à 469 000 tonnes), les exportations en valeur ont progressé de 26,4 %. Le prix moyen à l'exportation est ainsi passé de 7 992 €/t à 10 485 €/t (+31 %). Ce mouvement reflète plusieurs facteurs possibles : la hausse des coûts des matières premières (lait, céréales), une montée en gamme des produits exportés, ou encore l'impact de l'inflation post-Covid et du conflit russo-ukrainien sur les coûts de production.

Indicateur prix 2015 (€/t) 2025 (€/t) Variation
Prix moyen exportations 7 992 10 485 +31 %
Prix moyen importations 5 716 9 097 +59 %

Des chocs de prix identifiés sur certains marchés

L'analyse de volatilité et des événements de choc révèle des épisodes de tension sur certains partenaires à l'exportation. Trois événements majeurs ont été détectés :

  • Israël (2021) : choc de prix avec une anomalie de 27,4 et une hausse de 33,5 %, probablement lié aux perturbations logistiques post-Covid.
  • Arabie saoudite (2023) : anomalie de 24,9 et hausse de 25,0 %, sur un marché représentant 5,2 % des exportations.
  • Algérie (2023) : anomalie de 23,5 et hausse de 22,9 %, sur un marché représentant 3,3 % des exportations.

Ces chocs de prix sur les marchés du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord coïncident avec la période de forte inflation mondiale (2022–2023) et les perturbations des chaînes d'approvisionnement énergétiques et alimentaires.

Des signaux de volatilité contrastés entre partenaires

Les coefficients de variation des importations révèlent une instabilité marquée sur certains fournisseurs émergents : la Turquie (CV de 2,12), Hong Kong (3,11) et Singapour (2,87) présentent une volatilité extrême, typique de flux commerciaux encore peu structurés ou de nature ponctuelle. Du côté des exportations, la volatilité est globalement plus contenue, à l'exception notable des États-Unis (CV de 0,97) et de Hong Kong (0,66). Les principaux marchés — Chine (0,26), Royaume-Uni (0,08) et Arabie saoudite (0,20) — affichent des flux relativement stables, ce qui est cohérent avec des relations commerciales matures et des contrats de long terme.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des préparations infantiles (CN 190110) se caractérise par le renforcement continu de la position de l'Union européenne en tant qu'exportateur mondial de premier plan, porté par une production qui a plus que doublé en volume et presque triplé en valeur. La géographie commerciale a été profondément reconfigurée : la Chine est devenue le partenaire dominant, captant près de la moitié des exportations, tandis que les sources d'approvisionnement se sont diversifiées. La hausse structurelle des prix (+31 % pour les exportations, +59 % pour les importations) traduit à la fois l'inflation des coûts de production et une montée en gamme probable des produits. Toutefois, cette dynamique n'est pas sans risques : la concentration croissante des exportations sur le marché chinois (HHI en hausse de 63 %), les chocs de prix ponctuels observés en 2021 et 2023, et la volatilité élevée de certains fournisseurs émergents soulèvent des questions de résilience pour les années à venir.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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