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Évolution du marché : Ensembles féminins (CN 620429) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code douanier 620429, couvrant les ensembles de matières textiles pour femmes ou fillettes (hors laine, poils fins, coton et fibres synthétiques, hors bonneterie, ensembles de ski et vêtements de bain) sur la période 2015–2025. La définition détaillée du produit couvre trois sous-catégories principales : les ensembles de fibres artificielles (62042918), les ensembles de matières textiles diverses (62042990), et les ensembles de travail en fibres artificielles (62042911). L'UE se positionne structurellement comme exportatrice nette dans ce segment, avec une balance commerciale excédentaire sur toute la période. Cependant, la décennie 2015–2025 révèle des transformations profondes : un recul modéré des exportations, une forte montée des importations — notamment en provenance de Chine — et une reconfiguration significative des flux partenaires.


1. Une position exportatrice structurelle mais sous tension progressive

1.1. Les exportations restent dominantes mais déclinent en volume

L'Union européenne demeure un exportateur net important d'ensembles féminins textiles. En valeur, les exportations ont évolué de 271,6 M€ en 2015 à 242,7 M€ en 2025, soit une baisse de 10,6 %. En quantité (poids net), le recul est de 7,9 % (de 2 124 à 1 956 tonnes), tandis qu'en nombre de pièces la contraction est plus marquée, à −16,4 % (de 5,1 millions à 4,3 millions de pièces).

Indicateur exportations 2015 2025 Variation
Valeur (M€) 271,6 242,7 −10,6 %
Quantité (t) 2 124 1 956 −7,9 %
Nombre de pièces (p/st) 5 104 450 4 267 511 −16,4 %
Prix moyen / pièce (€) 53,2 56,9 +6,9 %

1.2. Une hausse du prix moyen masque un arbitrage volume-valeur

Le prix moyen par pièce exportée progresse de 53,2 € à 56,9 € (+6,9 %), ce qui atténue partiellement la baisse en valeur. Ce phénomène suggère une montée en gamme ou un changement de mix produit vers des ensembles à plus forte valeur ajoutée. Le prix moyen au kilogramme (valeur / quantité en tonnes) reste cependant quasi stable (de 127 907 €/t à 124 030 €/t), ce qui indique que le poids unitaire moyen des pièces exportées a diminué — compatible avec des vêtements plus légers (fibres artificielles, matières fines).

1.3. La balance commerciale excédentaire se réduit progressivement

La balance commerciale s'établit à 262,4 M€ en 2015 et à 218,8 M€ en 2025, soit une réduction de 16,6 %. Le solde a été le plus bas à 167,4 M€ et le plus haut à 361,2 M€ au cours de la période. La valeur nette de dépendance aux importations confirme cette position : elle passe de −2,1 % en 2015 à −211,3 % en 2025, signifiant que l'UE exporte nettement plus qu'elle n'importe, et que cet excédent s'est même renforcé en termes relatifs malgré la croissance des importations en valeur absolue.


2. Des importations en forte croissance, tirées par la Chine et les pays asiatiques

2.1. Une multiplication par 2,6 de la valeur importée sur la décennie

Les importations de l'UE en provenance de pays tiers ont connu une progression spectaculaire. La valeur passe de 9,3 M€ à 24,0 M€ (+158,6 %), et le volume en poids passe de 476 tonnes à 1 327 tonnes (+178,6 %). En nombre de pièces, la hausse atteint 147,2 % (de 1,2 million à 3,0 millions).

Indicateur importations 2015 2025 Variation
Valeur (M€) 9,3 24,0 +158,6 %
Quantité (t) 476 1 327 +178,6 %
Nombre de pièces (p/st) 1 226 334 3 030 894 +147,2 %
Prix moyen / pièce (€) 7,6 7,8 +3,6 %

Le prix moyen par pièce importée reste très bas comparé aux exportations (7,8 € contre 56,9 €), ce qui reflète une segmentation claire : l'UE importe des produits à bas coût et exporte des ensembles à plus haute valeur ajoutée.

2.2. La Chine, moteur principal de la hausse des importations

La part des partenaires dans les importations révèle une montée en puissance massive de la Chine. Les importations en provenance de Chine passent de 2,4 M€ en 2015 à 12,9 M€ en 2025, soit une multiplication par 6,4 (+436,6 %). La Chine représente désormais plus de la moitié de la valeur totale importée par l'UE dans ce segment.

Partenaire importateur 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Chine 2,4 12,9 +436,6 %
Bangladesh 0,4 1,5 +326,6 %
États-Unis 0,3 1,1 +233,5 %
Turquie 0,3 1,0 +223,4 %
Inde 0,9 1,9 +117,2 %
Tunisie 2,6 2,0 −21,4 %
Royaume-Uni 1,4 0,6 −52,0 %

2.3. Un basculement géographique des sources d'approvisionnement

La composition des partenaires d'importation s'est profondément reconfigurée. La Tunisie, qui était le premier fournisseur en 2015 (2,6 M€), est rétrogradée à la deuxième place en 2025 (2,0 M€). Le Royaume-Uni, ancien troisième fournisseur, a vu ses ventes à l'UE divisées par deux, probablement sous l'effet du Brexit. À l'inverse, les fournisseurs asiatiques — Chine, Bangladesh, Inde — ont renforcé leur position. La concentration des importations par valeur (HHI) passe de 1 833 à 3 248 (+77,2 %), confirmant une polarisation accrue autour de la Chine.


3. Des marchés d'exportation en recomposition, portés par les pays de l'Est et Israël

3.1. L'Italie, pilier dominant mais légèrement érodé

La répartition des exportateurs intra-UE montre que l'Italie domine massivement les exportations de l'UE vers le reste du monde, avec 243,6 M€ en 2015 et 231,8 M€ en 2025 (−4,8 %). L'Italie concentre à elle seule près de 95 % de la valeur exportée, ce qui reflète la prééminence de l'industrie textile italienne dans le segment du prêt-à-porter féminin haut de gamme.

Exportateur UE 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Italie 243,6 231,8 −4,8 %
France 23,8 6,0 −74,9 %
Belgique 0,05 1,9 +3 522 %
Allemagne 0,2 0,7 +296,6 %
Pologne 0,2 0,7 +260,5 %
Espagne 2,9 0,2 −92,5 %
Roumanie 0,3 0,1 −49,3 %

3.2. Israël et les pays d'Europe de l'Est, nouveaux moteurs de croissance

Les principaux partenaires d'exportation se reconfigurent significativement :

Partenaire exportateur 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Russie 63,0 63,5 +0,8 %
Israël 0,5 10,6 +2 222 %
Hong Kong 71,7 30,2 −57,9 %
Kazakhstan 19,6 31,0 +57,9 %
Ukraine 13,4 27,0 +101,2 %
Corée du Sud 17,6 18,2 +3,5 %
Tunisie 0,6 0,03 −95,0 %

Israël connaît une progression spectaculaire (+2 222 %), passant d'un marché marginal à un débouché majeur (10,6 M€). Le Kazakhstan (+57,9 %) et l'Ukraine (+101,2 %) confirment la dynamique de repositionnement vers l'Est. À l'inverse, Hong Kong — ancien premier client — perd près de 60 % de son achet, et la Tunisie disparaît presque totalement des flux d'exportation (−95 %), probablement en lien avec la relocalisation de la production vers ce pays.

3.3. Une diversification géographique modérée des exportations

La concentration des exportations en valeur (HHI) diminue légèrement de 1 466 à 1 269 (−13,4 %), indiquant une diversification marginale des marchés de destination. La spécialisation des États membres confirme que l'Italie (RSCA de 0,51), la France (0,63) et la Roumanie (0,75) sont les trois États membres les plus spécialisés dans ce segment, tandis que la plupart des pays nordiques et baltes restent très peu présents.


Conclusion

Le marché des ensembles féminins textiles (CN 620429) pour l'UE sur la période 2015–2025 se caractérise par une dualité structurelle : une position exportatrice nette maintenue, tirée quasi exclusivement par l'Italie, face à des importations en forte croissance depuis l'Asie, en particulier la Chine. La croissance des importations (+158,6 % en valeur) reste toutefois insuffisante pour remettre en cause l'excédent commercial de l'UE, dont les exportations à haute valeur ajoutée (prix moyen de 56,9 €/pièce contre 7,8 € pour les importations) confirment un positionnement sur le segment premium.

Les dynamiques les plus marquantes sont : (1) le quasi-effacement de Hong Kong comme débouché d'exportation et la montée fulgurante d'Israël ; (2) la polarisation accrue des importations autour de la Chine, au détriment des fournisseurs méditerranéens traditionnels ; (3) le renforcement de la propension à exporter, signe que le tissu productif européen reste fortement tourné vers l'extérieur dans ce segment. Les risques identifiés portent sur la dépendance croissante à la Chine pour les approvisionnements à bas prix (coefficient de variation de 0,60, le plus stable mais aussi le plus concentré) et sur la volatilité des prix observée sur certains fournisseurs émergents comme la Turquie et le Bangladesh.

Généré le 2026-08-09. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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