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Évolution du marché : Jupes et jupes-culottes de coton (CN 620452) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 620452 couvre les jupes et jupes-culottes en coton pour femmes ou fillettes (hors bonneterie et jupons). Entre 2015 et 2025, le marché européen de ce produit a connu des transformations profondes : déclin massif de la production domestique, recomposition des sources d'approvisionnement vers l'Asie du Sud, montée en puissance des réexportations et intensification des échanges. Ce rapport propose une analyse structurée de ces dynamiques, fondée sur les données commerciales de l'Union européenne.


1. Un déficit commercial qui se réduit malgré la désindustrialisation

La production européenne s'effondre

Le changement le plus spectaculaire de la période est l'effondrement de la production intra-UE de jupes en coton. En volume, la production est passée de 104,7 millions de pièces à 14,0 millions entre 2015 et 2025, soit un recul de -86,6 % (production en volume). En valeur, la production est passée de 1 076 M€ à 254 M€ (-76,4 %). Ce déclin illustre la poursuite de la délocalisation textile vers des pays à moindre coût de main-d'œuvre.

Le déficit commercial se comble progressivement

Malgré cette contraction de l'offre domestique, le solde commercial de l'UE en produits CN 620452 s'est amélioré, passant de -125 M€ en 2015 à -86 M€ en 2025 (-31,1 %) (vue d'ensemble). Cette amélioration s'explique par une croissance des exportations (+131,2 %) nettement supérieure à celle des importations (+46,9 %).

Indicateur 2015 2025 Variation
Importations (valeur) 241 M€ 354 M€ +46,9 %
Exportations (valeur) 116 M€ 268 M€ +131,2 %
Solde commercial -125 M€ -86 M€ +31,1 %
Importations (volume) 11 423 t 14 298 t +25,2 %
Exportations (volume) 1 462 t 2 360 t +61,4 %

Les prix unitaires divergent entre importations et exportations

Un phénomène notable est la forte divergence des prix. Le prix moyen à l'exportation (en valeur par tonne) est passé de 79 201 €/t à 113 448 €/t (+43,2 %), tandis que le prix moyen à l'importation n'a progressé que de 21 123 €/t à 24 769 €/t (+17,3 %). En complémentaire unitaire (par pièce), l'écart est encore plus frappant : 22,69 €/pièce à l'import contre 40,19 €/pièce à l'export. Cela reflète une spécialisation différenciée : l'UE importe des jupes de milieu et bas de gamme, et exporte des produits à plus forte valeur ajoutée (marques, design, qualité supérieure).


2. Un rééquilibrage géographique des échanges

L'Asie du Sud supplante la Chine comme premier fournisseur

La recomposition des sources d'approvisionnement est l'une des dynamiques les plus marquantes. En 2015, la Chine dominait les importations de l'UE avec 74 M€, suivie du Bangladesh (39 M€). En 2025, le Bangladesh est devenu le premier fournisseur avec 78 M€ (+102,4 %), tandis que la Chine a reculé à 64 M€ (-13,6 %). Les autres fournisseurs asiatiques ont connu des hausses remarquables :

Fournisseur 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Bangladesh 39 78 +102 %
Chine 74 64 -14 %
Inde 25 52 +106 %
Turquie 26 47 +83 %
Cambodge 5 29 +438 %
Maroc 17 26 +54 %
Pakistan 7 14 +108 %

(Partenaires par valeur)

Le Cambodge se distingue avec une croissance de +438 %, passant de 5 M€ à 29 M€, signe d'une diversification active de la chaîne d'approvisionnement européenne. L'Inde et le Pakistan ont également doublé leurs livraisons.

La concentration des importations diminue légèrement

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations en valeur est passé de 1 541 à 1 362 (-11,6 %) (concentration), indiquant une légère diversification des sources. Toutefois, l'HHI reste dans une zone de concentration modérée, le Bangladesh pesant à lui seul près de 22 % des importations en 2025.

Les exportations se concentrent sur les marchés développés

Côté exportations, les destinations ont évolué de manière contrastée :

Destination 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Royaume-Uni 19 67 +244 %
États-Unis 9 62 +549 %
Suisse 9 25 +168 %
Chine 8 19 +150 %
Turquie 7 12 +61 %
Japon 7 10 +40 %
Russie 19 7 -64 %

(Partenaires exportations)

La hausse spectaculaire des exportations vers les États-Unis (+549 %) et le Royaume-Uni (+244 %) contraste avec l'effondrement des ventes vers la Russie (-64 %), probablement lié aux sanctions économiques imposées après 2022. L'HHI des exportations a augmenté de 867 à 1 387 (+60 %), signe d'une concentration croissante sur quelques marchés clés.


3. Les Pays-Bas, hub de réexportation en pleine mutation

L'émergence des Pays-Bas comme plaque tournante

Le développement le plus surprenant concerne les Pays-Bas, qui sont passés d'exportations marginales de 2 M€ en 2015 à 88 M€ en 2025 (+4 246 %) (rapporteurs par valeur). Simultanément, les importations néerlandaises ont doublé, passant de 22 M€ à 48 M€ (+115 %). Ce profil — forte croissance simultanée des importations et des exportations — est caractéristique d'un rôle de hub logistique et de réexportation.

Les Pays-Bas, avec le port de Rotterdam et un écosystème de distribution très développé, importent des jupes en coton (notamment d'Asie) puis les redistribuent vers des marchés tiers (Royaume-Uni, États-Unis, etc.) ou au sein de l'UE.

L'Italie et la France conservent une position de niche à haute valeur

L'Italie reste le premier exportateur historique de l'UE en valeur, avec 60 M€ en 2025 (+41 % par rapport à 2015), portée par une image de marque et un savoir-faire reconnus. La France a connu une progression remarquable, passant de 15 M€ à 47 M€ (+210 %), consolidant sa position dans le segment premium.

L'Espagne, championne de la spécialisation

L'analyse de la spécialisation révèle que l'Espagne possède le plus fort indice RSCA (0,52) en 2025 pour ce produit, suivie du Danemark (0,50) et de la Pologne (0,38) (spécialisation). L'Espagne est devenue le premier importateur de l'UE (107 M€ en 2025, +124 %), ce qui s'explique probablement par le rôle central de groupes comme Inditex (Zara) dans la fast fashion, qui importent massivement pour réexporter ensuite.

Dépendance croissante aux importations et vulnérabilité accrue

La dépendance nette aux importations a considérablement augmenté, passant de 11,2 % à 52,3 % (+366 %) (dépendance nette). Parallèlement, l'intensité commerciale a bondi de 17,8 % à 133,0 % et la propension à l'exportation de 4,0 % à 252,3 % (intensité commerciale / propension à l'exportation). Ces indicateurs confirment que l'UE est devenue structurellement dépendante des importations pour couvrir sa consommation de jupes en coton, tout en s'appuyant sur les réexportations pour maintenir son activité commerciale.

Les chocs de prix détectés — notamment au Bangladesh en 2022 (déviance anormale de 6,4, part de 28 % des importations) et en Israël en 2020 (déviance 6,5) — illustrent la sensibilité de la chaîne d'approvisionnement aux perturbations (chocs détectés). Le Cambodge, avec un coefficient de variation de 0,56, est la source la plus volatile parmi les principaux fournisseurs (volatilité).


Conclusion

Entre 2015 et 2025, le marché européen des jupes et jupes-culottes en coton (CN 620452) a été marqué par trois grandes tendances convergentes : l'effondrement de la production domestique (-87 % en volume), la recomposition géographique de l'approvisionnement au profit de l'Asie du Sud et du Sud-Est, et l'émergence des Pays-Bas comme hub majeur de réexportation. Si le déficit commercial s'est réduit de 31 %, c'est avant tout grâce à une multiplication par 2,3 des exportations, portées par des flux vers le Royaume-Uni et les États-Unis.

Cette évolution a rendu l'UE nettement plus dépendante de ses importations (taux de dépendance passé de 11 % à 52 %), tout en concentrant ses risques sur un nombre limité de fournisseurs. La volatilité des prix et les chocs observés (Bangladesh 2022, notamment) soulignent les fragilités de cette configuration. À l'horizon 2025, l'Union européenne apparaît comme un marché essentiellement importateur et re-exportateur pour ce produit, avec une base productive domestique devenue marginale.

Généré le 2026-08-09. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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