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Évolution du marché : Pantalons en autres matières (CN 620469) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code douanier 620469 — pantalons, knickers, salopettes à bretelles, culottes et shorts en matières textiles pour femmes ou fillettes, hors laine, coton, fibres synthétiques et artificielles, et hors bonneterie — sur la période 2015–2025. L'analyse s'appuie sur les données du Trade Dashboard EU et met en lumière trois dynamiques majeures : une dépendance croissante aux importations, une reconfiguration profonde des partenaires commerciaux, et un choc des prix des exportations au début des années 2020.


1. Une dépendance importatrice structurelle en forte accélération

Le déficit commercial se creuse massivement

Le solde commercial de l'UE pour le CN 620469 est passé de −210 millions d'euros en 2015 à −623 millions d'euros en 2025, soit une détérioration de 196 %. Les importations ont progressé de 131 % (de 476 M€ à 1,1 Mrd€), tandis que les exportations n'ont crû que de 79 % (de 266 M€ à 478 M€) (vue d'ensemble).

Indicateur 2015 2025 Variation
Importations (M€) 476,5 1 100,7 +131,0 %
Exportations (M€) 266,4 478,0 +79,4 %
Solde (M€) −210,1 −622,7 −196,4 %

Le taux de dépendance nette explose

L'indicateur de dépendance nette aux importations est passé de 7,2 % à 76,4 % (+967 %). Concrètement, l'UE produisait autrefois suffisamment pour couvrir la quasi-totalité de sa demande domestique ; elle importe désormais une part très majoritaire de ses pantalons en « autres matières textiles ». La propension à exporter a certes bondi (de 5 % à 222 %), mais elle reflète surtout la transformation de l'UE en plateforme de réexportation — les volumes réexportés restant modestes en valeur absolue.

La production européenne s'effondre

Les volumes de production de l'UE ont chuté de manière spectaculaire :

Indicateur 2015 2025 Variation
Production (milliers de pièces) 163 905 38 637 −76,4 %
Valeur de production (M€) 1 411 479 −66,0 %

Ce déclin de la production domestique constitue le moteur principal de la hausse de la dépendance extérieure. Les gains de prix à l'exportation (le prix moyen par pièce exportée passe de 22,3 € à 27,6 €) ne compensent pas la contraction de la base productive.


2. Reconfiguration géographique des échanges : montée des pays à bas coûts et diversification

Les importations : l'Asie du Sud supplante progressivement la Chine

La hiérarchie des fournisseurs de l'UE a profondément évolué (partenaires par valeur) :

Partenaire 2015 (M€) 2025 (M€) Variation Part relative 2025
Bangladesh 52,6 210,4 +300 % 19,1 %
Chine 142,9 222,5 +56 % 20,2 %
Cambodge 9,9 139,0 +1 297 % 12,6 %
Maroc 41,7 110,0 +164 % 10,0 %
Turquie 44,5 88,4 +99 % 8,0 %
Inde 32,0 57,8 +81 % 5,2 %
Myanmar 1,1 44,8 +3 851 % 4,1 %

Bangladesh a quadruplé ses ventes à l'UE et se rapproche du niveau historique de la Chine. Le Cambodge (+1 297 %) et surtout le Myanmar (+3 851 %) émergent comme des sources majeures, ce qui illustre la stratégie de diversification des grandes marques européennes vers l'Asie du Sud-Est. Le Maroc, bénéficiant de sa proximité géographique et d'accords préférentiels, a également fortement progressé (+164 %).

Une concentration en baisse mais toujours élevée

L'indice HHI des importations par valeur est passé de 1 344 à 1 203 (−10,5 %), indiquant une légère diversification des sources d'approvisionnement. Le marché reste toutefois dominé par une poignée de pays.

Les exportations : le Royaume-Uni et les États-Unis en tête, la Suisse en forte croissance

Partenaire 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
États-Unis 58,0 92,4 +59 %
Suisse 29,7 81,8 +175 %
Royaume-Uni 55,5 70,5 +27 %
Turquie 6,4 48,2 +658 %
Russie 20,7 18,1 −12 %

Les exportations vers la Suisse ont plus que triplé, ce qui peut refléter des flux de réexpédition ou une spécialisation croissante sur le segment premium. La Turquie, à la fois fournisseur et client de l'UE, a vu ses importations en provenance de l'UE bondir de 658 %, suggérant une intégration renforcée dans les chaînes de valeur textile. Les ventes vers la Russie ont légèrement reculé (−12 %), probablement sous l'effet des sanctions économiques.

Spécialisation intra-UE inégale

L'analyse des avantages comparatifs révèle une forte hétérogénéité au sein de l'UE :

Pays Indice RSCA Part production / UE Part export / UE
Espagne +0,54 19,6 % 5,8 %
Pologne +0,37 14,5 % 6,6 %
Danemark +0,45 4,5 % 1,7 %
France élevée
Italie élevée

L'Espagne et la Pologne conservent un avantage comparatif mesuré par le RSCA, tandis que l'Italie et la France restent les premiers exportateurs en valeur absolue (exportateurs par valeur), probablement grâce à des gammes de prix plus élevées.


3. Chocs de prix à l'exportation et volatilité accrue

Des pics de prix exceptionnels à partir de 2023

L'analyse de la volatilité et des chocs met en évidence des événements de prix inhabituels en 2023 :

Destination Type de choc Amplitude Valeur 2023
Japon prix +272,8 % 3,3 % des exportations
États-Unis prix +71,6 % 24,1 % des exportations
Mexique prix +58,1 % 1,7 % des exportations

Le prix moyen à l'exportation vers le Japon a bondi de 273 % entre 2022 et 2023, un mouvement extrême (score d'anomalie de 286,5). Vers les États-Unis, qui représentent près d'un quart de la valeur exportée, le prix a augmenté de 72 %. Ces pics pourraient refléter un mix-produit vers le haut de gamme, des perturbations logistiques post-Covid, ou un effet de change favorable (euro faible en 2023).

Une volatilité hétérogène selon les partenaires

Les coefficients de variation (barres de volatilité) montrent que certaines relations commerciales sont très instables :

  • Importations : Cambodge (CV = 0,72) et Myanmar (CV = 0,63) affichent la plus forte volatilité, ce qui traduit le caractère encore émergent et concentré de ces sources.
  • Exportations : Algérie (CV = 2,33), Sénégal (CV = 0,99) et Turquie (CV = 0,88) sont les destinations les plus volatiles, en raison de marchés de taille réduite ou de régulations instables.

Des prix à l'importation relativement stables malgré la hausse des volumes

Le prix moyen à l'importation (par tonne) est passé de 24 373 €/t à 26 285 €/t (+7,8 %), et le prix par pièce de 7,62 € à 8,00 € (+5,0 %). Cette modération relative suggère que la hausse des volumes importés n'a pas engendré de tension inflationniste significative sur les coûts d'approvisionnement, l'offre abondante des pays asiatiques maintenant la pression à la baisse sur les prix.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des pantalons en « autres matières textiles » (CN 620469) a connu une transformation profonde. La production intra-UE s'est effondrée de trois quarts, tandis que les importations ont plus que doublé en volume et en valeur, portant le taux de dépendance nette à 76 %. La géographie des approvisionnements s'est reconfigurée : si la Chine reste le premier fournisseur, Bangladesh, le Cambodge et le Maroc ont considérablement accru leur part, reflétant la stratégie de diversification des marques européennes. Les exportations, bien qu'en croissance, restent insuffisantes pour combler le déficit ; elles se concentrent sur les marchés suisse, britannique et américain, avec des prix moyens en hausse soutenue.

Les principaux risques identifiés sont la dépendance croissante à un nombre limité de fournisseurs asiatiques, la volatilité des prix vers certaines destinations d'exportation, et la fragilité de la base productive européenne. La montée du Maroc comme fournisseur alternatif et la hausse des exportations vers la Turquie pourraient toutefois signaler un début de relocalisation partielle des chaînes de valeur textile à proximité de l'UE.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

Si vous avez besoin de conseils sur la politique commerciale européenne, ou de représentation pour vos intérêts à Bruxelles, merci de me contacter à support@tradedashboard.eu. Vous trouverez mon CV à cette adresse.