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Évolution du marché : Accumulateurs au plomb, pour le démarrage des moteurs à piston (sauf hors d'usage) (CN 850710) — 2015–2025

Introduction

Le code nomenclature combinée (NC) 850710 couvre les accumulateurs au plomb destinés au démarrage des moteurs à piston — communément appelés « batteries de démarrage ». Ce segment regroupe deux sous-produits : les accumulateurs à électrolyte liquide (NC 85071020) et à électrolyte non liquide (NC 85071080). Le secteur trouve son équivalent dans la production industrielle européenne via les codes PRODCOM 27.20.21.10 et 27.20.21.20 Consulter le périmètre produit.

Entre 2015 et 2025, le commerce extérieur de l'UE avec le reste du monde dans ce segment présente une trajectoire de croissance globale, ponctuée de chocs de prix marqués en 2022 et de recompositions géographiques notables, tant côté approvisionnements qu' côté débouchés. Le présent rapport analyse ces dynamiques en trois volets : l'évolution des flux commerciaux, les chocs et reconfigurations des partenaires, et la structure productive et la vulnérabilité du secteur européen.


1. Une croissance soutenue mais asymétrique des flux commerciaux extérieurs de l'UE

1.1 Les exportations dominent durablement le commerce extérieur de l'UE

L'UE a maintenu pendant toute la période étudiée une position d'exportateur net de batteries de démarrage au plomb. Le solde commercial a progressé de 379,2 M€ en 2015 à 660,9 M€ en 2025, soit une hausse de 74,3 %, avec un point culminant à 753,0 M€ en 2022 Voir l'aperçu général. Cette situation structurelle de surplus traduit la force de l'appareil productif européen — notamment allemand, espagnol et tchèque — dans ce segment.

1.2 Les exportations ont crû en valeur bien plus qu'en volume, signalant un effet prix significatif

Indicateur 2015 2022 (pic) 2025 Variation 2015–2025
Valeur exportations (M€) 871,3 1 433,7 1 405,2 +61,3 %
Quantité exportations (kT) 342,3 479,9 437,5 +27,8 %
Prix moyen exportations (€/T) 2 546 2 988 3 212 +26,2 %

La hausse de la valeur des exportations (+61,3 %) résulte pour près de la moitié d'un effet prix (+26,2 %), le reste provenant de l'accroissement des volumes (+27,8 %). Les prix moyens à l'exportation ont atteint leur maximum historique en 2022 à 2 988 €/t et en 2025 à 3 212 €/t Évolution des prix, reflétant l'inflation des coûts de production (matières premières, énergie) et un positionnement vers des produits à plus forte valeur ajoutée.

1.3 Les importations ont connu une trajectoire de croissance plus modérée en prix

Indicateur 2015 2022 2025 Variation 2015–2025
Valeur importations (M€) 492,2 682,4 744,3 +51,2 %
Quantité importations (kT) 198,9 216,6 270,1 +35,8 %
Prix moyen importations (€/T) 2 475 3 151 2 755 +11,3 %

Les importations ont progressé de 51,2 % en valeur, tirées principalement par l'accroissement des volumes (+35,8 %) plus que par l'effet prix (+11,3 %). Le prix moyen des importations a connu un pic en 2022 à 3 151 €/t avant de refluer en 2023, ce qui suggère un choc d'offre ponctuel plus qu'un redressement structurel des prix. L'écart de prix entre exportations et importations s'est creusé au fil de la période, signalant que l'UE exporte des batteries de meilleure qualité ou à plus forte valeur ajoutée tout en important des produits plus standardisés.

1.4 Les volumes de production européenne restent relativement stables, confirmant la maturité du segment

Les données PRODCOM montrent une production de batteries de démarrage au plomb dans l'UE comprise entre 81,7 millions d'unités (2020, minimum lié à la pandémie) et 103,3 millions d'unités (2021, rebond post-crise), pour se stabiliser autour de 101 millions d'unités en 2024. La valeur de production a progressé de 4,28 Mds€ (2019) à 5,04 Mds€ (2024), soit +18 %, ce qui est cohérent avec la hausse des prix observée dans les flux commerciaux Voir les volumes de production.


2. Chocs de prix et réorientations géographiques : le tournant 2022

2.1 L'année 2022 a constitué un choc de prix systémique sur les importations

L'analyse de volatilité révèle quatre chocs de prix détectés, dont trois centrés sur l'année 2022 côté importations :

Partenaire Type de choc Amplitude (prix) Valeur de part (%) Période
Corée du Sud Prix +17,5 % 36,9 % 2022
Chine Prix +52,0 % 25,9 % 2022
Indonésie Prix +63,0 % 5,1 % 2022
États-Unis Prix (export) +25,6 % 17,0 % 2023

Le choc sur la Corée du Sud, premier fournisseur de l'UE (représentant 36,9 % de la valeur des importations), présente une anomalie de 19,2 écarts-types, ce qui en fait l'événement le plus exceptionnel de la période. Le prix moyen des importations en provenance de Corée est passé de 2 280 €/t (2020-2021, baseline) à 2 662 €/t en 2022 avant de revenir à 2 455 €/t en 2023-2024 Analyse des chocs.

La concomitance de ces chocs s'explique vraisemblablement par la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières (plomb, acide) liée à la crise énergétique de 2022, qui a affecté de manière synchronisée les principaux pays fournisseurs d'accumulateurs au plomb.

2.2 Une reconfiguration majeure des flux d'exportations : le déclin de la Russie et la montée de la Turquie

Les exportations de l'UE vers la Fédération de Russie ont connu un effondrement spectaculaire :

Année Quantité (tonnes) Valeur (M€)
2015 21 860 49,3
2021 (pic) 47 584 115,6
2022 19 580 54,7
2023 2 269 6,8
2024–2025 0 0

Ce choc d'approvisionnement — une chute de 97,9 % par rapport à la baseline de 2015–2022 — coïncide logiquement avec les sanctions commerciales imposées à la Russie à partir de 2022. Le marché russe, qui représentait encore 8,0 % des exportations en 2021, a totalement disparu en 2024-2025 Volatilité des flux.

En parallèle, la Turquie est devenue un débouché majeur pour les exportations européennes, passant de 27,0 M€ en 2015 à 117,0 M€ en 2025 (+333 %). Les exportations vers l'Ukraine ont également progressé fortement (+259 %), passant de 14,5 M€ à 52,2 M€. Ces réorientations illustrent un double mouvement : la perte d'un marché important (Russie) et la compensation par la croissance des marchés périphériques.

2.3 Côté importations, la Turquie et la Macédoine du Nord gagnent du terrain face aux fournisseurs asiatiques

Si la Corée du Sud et la Chine demeurent les deux premiers fournisseurs de l'UE, leur part relative évolue face à la montée de fournisseurs plus proches géographiquement :

Fournisseur Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation
Corée du Sud 133,9 192,0 +43,3 %
Chine 87,7 180,1 +105,4 %
Turquie 28,1 93,5 +232,5 %
Macédoine du Nord 20,3 65,5 +222,2 %

La Turquie et la Macédoine du Nord ont triplé ou quadruplé leurs livraisons à l'UE sur la période, ce qui traduit vraisemblablement des investissements de production dans ces pays (coûts de main-d'œuvre plus bas, proximité géographique, accords douaniers). L'Indonésie et le Royaume-Uni ont connu des évolutions contrastées : l'Indonésie recule de 16,7 % tandis que le Royaume-Uni — anciennement troisième fournisseur — chute de 62,9 %, probablement en lien avec les effets du Brexit sur les chaînes d'approvisionnement Partenaires d'importation.

2.4 L'indice de concentration confirme une légère tendance au regroupement des fournisseurs

L'indice Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations en valeur est passé de 1 359 en 2015 à 1 575 en 2025 (+15,8 %), tandis que celui des exportations a baissé de 891 à 775 (−13,0 %). Cela signifie que les importations se concentrent davantage sur un nombre réduit de fournisseurs majeurs (Corée, Chine, Turquie), alors que les exportations se diversifient vers un plus grand nombre de marchés Indice de concentration.


3. Structure productive, spécialisation et autonomie du secteur européen

3.1 L'Allemagne domine la production et l'exportation, suivie de l'Espagne en forte croissance

Les États membres présentent une spécialisation très inégale dans le segment des batteries de démarrage :

État membre Part production (2025) RSCA (2025) Exportations 2025 (M€)
Allemagne 23,2 % +0,047 533,8
Espagne 15,3 % +0,451 261,9
Tchéquie 16,5 % +0,549 64,3
Italie 8,4 % +0,023 95,2
Pologne 9,4 % +0,170 61,5

L'Allemagne demeure de loin le premier exportateur de batteries de démarrage au sein de l'UE, avec 533,8 M€ en 2025 (+46,1 % par rapport à 2015). Mais c'est l'Espagne qui affiche la progression la plus spectaculaire : ses exportations ont été multipliées par plus de quatre (+327 %), passant de 61,3 M€ à 261,9 M€. L'Espagne possède un RSCA (indice de spécialisation comparative symétrique révélé) de 0,451, la plaçant parmi les pays les plus spécialisés de l'UE dans ce segment, derrière la Tchéquie (0,549) et la Bulgarie (0,537) Carte de spécialisation.

3.2 Les États-Unis sont devenus le premier débouché d'exportation de l'UE en dehors du continent

La croissance des exportations vers les États-Unis est l'une des dynamiques les plus marquantes de la période :

Année Valeur exportations vers les États-Unis (M€)
2015 47,6
2017 245,0
2022 287,2
2025 250,5

Les exportations vers les États-Unis ont été multipliées par plus de cinq (+426 %), avec toutefois une volatilité élevée (coefficient de variation de 0,43). Le pic de 2022 (287,2 M€) suivi d'un recul à 189,1 M€ en 2023 puis d'un rebond à 250,5 M€ en 2025 témoigne d'une relation commerciale sensible aux conditions conjoncturelles et aux fluctuations de prix (un choc de prix de +25,6 % a été détecté en 2023 côté exportations vers les États-Unis) Partenaires d'exportation.

3.3 L'UE conserve une position d'exportateur net malgré une dépendance aux importations en légère augmentation

L'indicateur de dépendance nette aux importations reste négatif sur l'ensemble de la période, confirmant que l'UE est exportateur net, mais ce ratio s'est rapproché de zéro depuis 2020 :

Indicateur 2019 2020 2024
Dépendance nette aux importations (%) −18,0 −21,0 (max) −14,2 (min)
Intensité commerciale (%) 36,1 34,4 37,2
Propension à l'exportation (%) 28,0 31,9 27,6

Le recul de la dépendance nette (de −21,0 % en 2020 à −14,2 % en 2024) indique que les importations ont crû plus vite que les exportations ces dernières années. Néanmoins, la position d'excédent structurel reste solide Indicateurs d'autonomie. La propension à l'exportation (rapport exportations/production) s'est maintenue autour de 27–32 %, ce qui traduit une base productive européenne tournée à la fois vers le marché intérieur et vers l'extérieur.

3.4 Le segment à électrolyte liquide domine en volume, mais le segment à électrolyte non liquide progresse en valeur unitaire

La ventilation par sous-produit révèle une différenciation de valeur :

Segment Part importations (volume, 2025) Prix moyen importations (€/T) Part exportations (volume, 2025) Prix moyen exportations (€/T)
Électrolyte liquide (85071020) 74,9 % 2 718 88,6 % 3 073
Électrolyte non liquide (85071080) 25,1 % 2 870 11,4 % 4 306

Les batteries à électrolyte non liquide — qui correspondent aux technologies AGM et GEL, plus récentes — affichent des prix nettement supérieurs, notamment à l'exportation (4 306 €/t vs 3 073 €/t pour le liquide). La part des exportations de batteries à électrolyte non liquide en valeur a progressé de 13,3 % à 15,2 % entre 2015 et 2025, un signe de la montée en gamme progressive de la production européenne Ventilation par segment.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des accumulateurs au plomb pour le démarrage des moteurs à piston se caractérise par trois traits saillants. Premierement, une croissance globale des échanges (exportations +61 %, importations +51 % en valeur), tirée autant par des volumes croissants que par la hausse des prix moyaux, qui traduit l'inflation des coûts de production et une orientation vers des produits à plus forte valeur ajoutée (segment AGM/GEL).

Deuxièmement, une reconfiguration géographique profonde, marquée par l'effondrement des exportations vers la Russie à partir de 2022, la montée en puissance de la Turquie comme partenaire commercial majeur (tant à l'import qu'à l'export), et la forte croissance des ventes vers les États-Unis. Le choc de prix de 2022, synchronisé sur plusieurs fournisseurs asiatiques, a constitué une rupture conjoncturelle significative dont les effets se sont dissipés dès 2023.

Enfin, l'UE maintient une position d'exportateur net solide, portée par une base productive concentrée en Allemagne, Espagne, Tchéquie et Pologne, mais la tendance récente à la convergence du ratio de dépendance nette suggère que la concurrence internationale, notamment asiatique et turque, s'intensifie. Le développement des technologies à électrolyte non liquide pourrait constituer un levier de différenciation pour maintenir l'avantage compétitif européen dans les années à venir.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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