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Évolution du marché : Accumulateurs nickel-cadmium (CN 850730) — 2015–2025

Introduction

Le code 850730 couvre les accumulateurs au nickel-cadmium (sauf hors d'usage), segment historique de la filière des batteries. Sur la période 2015–2025, le commerce extérieur de l'Union européenne avec le reste du monde présente des évolutions contrastées : si la valeur totale des échanges progresse, les volumes physiques reculent nettement, témoignant d'un renchérissement marqué des prix unitaires. Par ailleurs, la géographie des échanges se réorganise profondément, tant du côté des fournisseurs que des marchés de destination, tandis que la structure productive intra-européenne se concentre autour d'un nombre restreint d'États membres spécialisés.

Ce rapport s'appuie sur les données de la fenêtre 2015–2025 et se structure en trois axes d'analyse : la divergence entre volumes et valeurs, la reconfiguration géographique des partenaires, et la consolidation industrielle au sein de l'UE.


1. L'envolée des prix unitaires compense et au-delà le recul des volumes

1.1 Les exportations : des volumes en baisse de 17,7 % mais une valeur en hausse de 22,6 %

Entre 2015 et 2025, les exportations de l'UE de accumulateurs nickel-cadmium vers les pays tiers passent de 20 692 tonnes à 17 039 tonnes, soit un recul de 17,7 % en volume physique. Pourtant, la valeur de ces exportations augmente de 22,6 %, passant de 252,9 M€ à 310,3 M€. Cette divergence s'explique entièrement par une hausse du prix moyen à l'exportation de 49,0 % (de 12 221 €/t à 18 207 €/t).

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur exportations (M€) 253,0 310,3 +22,6 %
Volume exportations (t) 20 692 17 039 −17,7 %
Prix moyen export (€/t) 12 221 18 207 +49,0 %

Source : Vue d'ensemble du commerce

1.2 Les importations : un effondrement des volumes de 70,7 % au profit d'une hausse de prix de 297 %

Le mouvement est encore plus spectaculaire du côté des importations. Le volume importé chute de 70,7 %, passant de 11 165 tonnes en 2015 à seulement 3 266 tonnes en 2025 — son niveau minimum sur toute la période. Pourtant, la valeur des importations progresse de 16,1 % (de 83,7 M€ à 97,1 M€), portée par une hausse du prix moyen de 296,9 % (de 7 494 €/t à 29 740 €/t).

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur importations (M€) 83,7 97,1 +16,1 %
Volume importations (t) 11 165 3 266 −70,7 %
Prix moyen import (€/t) 7 494 29 740 +296,9 %

Source : Vue d'ensemble du commerce

1.3 Une explication par le déclin du segment non hermétique et la montée en gamme

L'analyse par sous-produit révèle la dynamique sous-jacente. Les accumulateurs non hermétiques (85073080), qui représentaient la quasi-totalité des volumes à l'exportation (19 222 t sur 20 692 t en 2015), voient leur prix moyen à l'exportation augmenter de 11 307 à 15 889 €/t (+41 %). Les accumulateurs hermétiques (85073020), plus spécialisés et à plus forte valeur ajoutée, affichent une hausse de prix bien plus forte : de 24 161 à 93 849 €/t (+288 %), bien que leurs volumes restent modestes (environ 506 t en 2025).

Du côté des importations, les volumes des deux sous-produits se contractent fortement :

Sous-produit Volume import 2015 (t) Volume import 2025 (t) Prix moyen 2015 (€/t) Prix moyen 2025 (€/t)
85073080 — Non hermétique 8 290 2 189 4 151 22 772
85073020 — Hermétique 2 875 1 077 17 134 43 911

Source : Comparaison par segment de produit

Ce double mouvement — contraction des volumes et envolée des prix — s'inscrit dans un contexte de montée en gamme et de pressions sur les coûts des matières premières, notamment le cadmium et le nickel, ainsi que de la réglementation environnementale européenne (directive RoHS, restrictions sur le cadmium) qui pousse progressivement ce segment vers des applications de niche à haute valeur ajoutée.


2. Une reconfiguration profonde des partenaires commerciaux

2.1 Du côté des importations : repli asiatique et émergence de nouvelles sources

Les partenaires traditionnels d'approvisionnement de l'UE en accumulateurs nickel-cadmium perdent fortement du terrain entre 2015 et 2025 :

Partenaire Valeur import 2015 (M€) Valeur import 2025 (M€) Variation
Chine 38,3 17,8 −53,6 %
Japon 5,3 1,2 −77,3 %
Hong Kong 3,3 2,0 −38,1 %
Royaume-Uni 7,6 5,3 −30,7 %

Source : Partenaires principaux — importations

À l'inverse, certains partenaires émergent fortement :

Partenaire Valeur import 2015 (M€) Valeur import 2025 (M€) Variation
États-Unis 16,3 56,2 +245,2 %
Ukraine 0,001 5,9 +466 089 %
Inde 2,3 4,5 +95,3 %

La part des États-Unis dans les importations de l'UE passe ainsi de manière très significative, ce qui traduit probablement à la fois un réacheminement des flux et l'intégration de composants à plus forte valeur ajoutée en provenance d'Amérique du Nord. L'Ukraine, quant à elle, passe d'un flux quasi nul à près de 6 M€, ce qui peut s'expliquer par l'intégration progressive de ce pays dans les chaînes de valeur européennes (accord d'association UE-Ukraine) et, potentiellement, par des réacheminements liés au contexte géopolitique post-2022.

2.2 Du côté des exportations : renforcement du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud-Est

Les exportations de l'UE se reconfigurent autour de marchés du Golfe et d'Asie du Sud-Est en forte croissance :

Destination Valeur export 2015 (M€) Valeur export 2025 (M€) Variation
Émirats arabes unis 20,6 32,1 +56,0 %
Arabie saoudite 17,0 23,4 +37,5 %
Malaisie 4,7 11,1 +136,4 %
Singapour 11,9 22,2 +86,0 %
Royaume-Uni 23,4 41,8 +78,2 %

Source : Partenaires principaux — exportations

Les États-Unis restent le premier marché d'exportation de l'UE (58,4 M€ en 2025, +8,7 %). Le Qatar, en revanche, enregistre un recul marqué (−65,4 %), passant de 12,1 M€ à 4,2 M€, ce qui peut refléter une diversification des sources d'approvisionnement de ce pays.

L'instabilité de certains flux est confirmée par les coefficients de variation : les importations depuis Hong Kong (CV = 1,28) et les exportations vers l'Indonésie (CV = 2,07) affichent la plus forte volatilité, tandis que les flux avec les États-Unis — tant à l'import qu'à l'export — se distinguent par leur relative stabilité (CV de 0,28 et 0,14 respectivement).

Source : Volatilité des flux

2.3 Une concentration des importations en hausse, des exportations stables

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) sur la valeur des importations progresse de 42,6 %, passant de 2 669 à 3 806, signalant un accroissement de la concentration des sources d'approvisionnement. En volume, cependant, le HHI des importations diminue de 41,0 %, ce qui indique que si les volumes se diversifient, la valeur se concentre sur un nombre réduit de fournisseurs à prix élevés (principalement les États-Unis).

Les exportations restent beaucoup moins concentrées (HHI autour de 844), ce qui traduit la diversification géographique des débouchés de l'UE.

Source : Concentration HHI


3. Une base productive européenne concentrée et de plus en plus spécialisée

3.1 La production intra-UE : volumes stables mais valeur multipliée par 2,4

La production européenne de accumulateurs nickel-cadmium (sous-codes Prodcom 27.20.23.10 et 27.20.23.20) progresse modérément en volume (+6,5 %, passant de 12,2 à 13,0 millions de pièces), mais sa valeur explose de 143,5 %, de 397 M€ à 968 M€. Ce mouvement traduit une forte augmentation des prix de production et une montée en gamme de la production européenne.

Source : Volumes et valeur de production

3.2 Une spécialisation concentrée autour de trois États membres

L'analyse des avantages comparatifs révélés (RSCA) en 2025 montre que seuls trois États membres disposent d'une spécialisation marquée dans les accumulateurs nickel-cadmium :

État membre RSCA RCA Part dans les exportations UE Part dans la production UE
Suède 0,618 4,23 10,2 % 2,4 %
France 0,543 3,37 26,4 % 7,8 %
Allemagne 0,344 2,05 43,4 % 21,2 %
Tchéquie 0,076 1,16 5,6 % 4,8 %

Source : Spécialisation des États membres

L'Allemagne concentre à elle seule 43,4 % de la valeur des exportations intra-sectorielles de l'UE, suivie par la France (26,4 %) et la Suède (10,2 %). La Suède, avec un RCA de 4,23, est de loin le pays le plus spécialisé rapporté à la taille de son économie, même si sa part absolue dans les exportations est inférieure à celle de la France et de l'Allemagne.

En matière d'importations intra-UE, l'Allemagne domine également (37,7 M€ en 2025, +66,2 %), suivie de l'Espagne (11,5 M€) et de l'Italie (15,1 M€, +95,3 %). Les Pays-Bas, qui importaient 20,7 M€ en 2015, ne pèsent plus que 3,2 M€ en 2025 (−84,4 %), ce qui peut refléter un redéploiement du rôle de hub logistique néerlandais vers d'autres catégories de batteries.

Source : Importateurs principaux au sein de l'UE

3.3 Une autonomie commerciale de l'UE en amélioration relative

Le taux de dépendance aux importations nettes évolue de −100,6 % à −27,3 % sur la période. Ces valeurs négatives indiquent que l'UE demeure exportatrice nette tout au long de la période. Le rapprochement vers zéro traduit cependant un rééquilibrage : si le solde commercial reste excédentaire (169 M€ en 2015, 213 M€ en 2025, +25,9 %), la part des importations dans la consommation apparente augmente, ce qui peut refléter la contraction de la production en volume et le maintien d'une demande domestique.

Parallèlement, l'intensité commerciale (commerce/production) passe de 75,4 % à 38,4 % (−49,1 %), et la propension à exporter de 70,4 % à 31,9 % (−54,6 %). Ces deux indicateurs signalent un repli du secteur sur le marché intérieur : l'UE produit toujours, mais consomme une part croissante de sa production nationale, tout en important moins en volume.

Source : Dépendance aux importations · Intensité commerciale · Propension à exporter


Conclusion

Le marché européen des accumulateurs nickel-cadmium (CN 850730) traverse entre 2015 et 2025 une transformation structurelle marquée par trois tendances convergentes :

  1. Une déconnexion volumes-valeurs : les quantités échangées reculent fortement (−17,7 % à l'export, −70,7 % à l'import), mais l'envolée des prix unitaires (+49 % à l'export, +297 % à l'import) maintient et renforce la valeur totale des échanges. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte de montée en réglementation environnementale et de repositionnement du nickel-cadmium vers des applications de niche.

  2. Une réorientation géographique : les fournisseurs asiatiques historiques (Chine, Japon) cèdent du terrain face à la montée des États-Unis, de l'Ukraine et de l'Inde, tandis que les exportations de l'UE se redirigent vers le Moyen-Orient et l'Asie du Sud-Est.

  3. Une concentration productive : trois pays — Allemagne, France et Suède — dominent la production et l'exportation européenne, tandis que l'UE, bien qu'excédentaire, montre des signes de repli sur son marché intérieur.

À l'horizon, le segment nickel-cadmium devrait poursuivre sa contraction en volume au profit des technologies lithium-ion, mais pourrait conserver une valeur unitaire élevée pour les applications spécifiques où ses caractéristiques (robustesse cyclique, fonctionnement à basses températures) restent compétitives.

Généré le 2026-08-09. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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