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Évolution du marché : Sous-produits végétaux alimentation animale (CN 2308) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour les produits classés sous le code douanier 2308, qui couvre les glands de chêne, marrons d'Inde, marcs de fruits et autres matières et sous-produits végétaux destinés à l'alimentation animale. Sur la période 2015-2025, le marché a connu des transformations significatives, marquées par une contraction des volumes échangés, un renchérissement notable des prix et une reconfiguration des partenaires commerciaux. L'analyse révèle une amélioration de la balance commerciale de l'UE, une réduction de sa dépendance aux importations et une exposition croissante à la volatilité des prix.

1. Une contraction des volumes échangés au profit d'une balance commerciale en amélioration

La période 2015-2025 se caractérise par un repli prononcé des volumes d'échanges extérieurs de l'UE sur ce segment, tant à l'importation qu'à l'exportation, mais avec des trajectoires distinctes.

Les importations connaissent un déclin structurel

Le volume des importations de l'UE a connu une baisse significative, passant de 1,56 million de tonnes en 2015 à 1,12 million de tonnes en 2025, soit une contraction de 28,0 %. Cette réduction des quantités s'accompagne également d'une baisse de la valeur totale importée, qui est passée de 354,9 millions d'euros à 288,3 millions d'euros (-18,8 %). Cette dynamique suggère un ajustement de la demande européenne ou un recours accru à la production locale. Plus de détails sont disponibles sur le tableau de bord du commerce.

La valeur des exportations progresse malgré des volumes en recul

Contrairement aux importations, la valeur des exportations de l'UE a augmenté de 15,9 %, passant de 51,1 millions d'euros à 59,2 millions d'euros. Cependant, le volume exporté a chuté de 18,7 % (de 153 639 tonnes à 124 940 tonnes). Cette divergence est due à une forte hausse du prix unitaire moyen à l'exportation (+42,5 %). L'UE exporte donc moins en volume, mais à un prix plus élevé, ce qui peut indiquer une orientation vers des produits à plus grande valeur ajoutée ou l'impact de l'inflation mondiale.

Le déficit commercial se réduit sensiblement

La combinaison d'une baisse plus marquée des importations et d'une hausse de la valeur des exportations a conduit à une réduction substantielle du déficit commercial de l'UE. Ce dernier s'est amélioré de 24,6 %, passant de -303,8 millions d'euros en 2015 à -229,1 millions d'euros en 2025. L'indicateur de dépendance nette aux importations confirme cette tendance, chutant de 72,1 % à 47,6 %, réduisant ainsi la vulnérabilité de l'UE aux perturbations des flux entrants.

2. Reconfiguration des partenaires commerciaux et changements de concentration

La carte des échanges s'est redessinée au cours de la période, avec des changements notables dans la hiérarchie des fournisseurs et des clients de l'UE.

L'Argentine reste le pilier des importations, mais avec des concurrents émergents

L'Argentine demeure de loin le premier fournisseur de l'UE, avec des importations de 165,9 millions d'euros en 2025, bien qu'en légère baisse par rapport à 2015 (-4,8 %). En revanche, le Royaume-Uni et l'Ukraine ont considérablement accru leurs parts : les importations en provenance du Royaume-Uni ont bondi de 116 %, et celles d'Ukraine de 688 %. À l'inverse, les fournisseurs comme le Brésil, les États-Unis, la Fédération de Russie et le Viet Nam ont vu leurs parts se contracter fortement. Cette évolution est illustrée dans la section principaux partenaires par valeur.

Le Royaume-Uni s'impose comme le débouché export dominant

Côté exportations, le Royaume-Uni consolide sa position de premier client de l'UE, avec des achats stables autour de 26 millions d'euros. Des partenaires comme Israël (+130 %) et le Qatar (+17 476 %, partant d'une base très faible) ont connu une croissance spectaculaire. À l'inverse, les exportations vers la Suisse et le Japon ont diminué. La structure des exportations de l'UE montre une concentration géographique un peu moins marquée, comme l'indique la baisse de l'indice de concentration HHI des exportations de 2 773 à 2 239.

La production intérieure de l'UE connaît une forte croissance

Un facteur clé expliquant la baisse des importations est la croissance remarquable de la production au sein même de l'UE. Selon les données Prodcom, la quantité produite a été multipliée par près de 2,8, passant de 870 millions de kg à 2,46 milliards de kg. La valeur de cette production a connu une hausse encore plus forte (+381 %). Cette dynamique renforce l'autonomie de l'UE sur ce segment et explique en grande partie l'amélioration de sa balance commerciale.

3. Hausse généralisée des prix et exposition aux chocs exogènes

La période étudiée est marquée par une volatilité accrue des prix et l'apparition de chocs d'approvisionnement ayant affecté les flux commerciaux.

Des prix à l'exportation et à l'importation en forte hausse

Le prix moyen des produits importés par l'UE a augmenté de 12,9 % sur la période, passant de 228 à 257 euros par tonne. La hausse est beaucoup plus prononcée pour les exportations, dont le prix unitaire moyen a bondi de 42,5 % pour atteindre 474 euros par tonne en 2025. Ce différentiel d'inflation des prix a contribué à améliorer les termes de l'échange de l'UE sur ce produit. L'évolution des prix est un facteur central de l'évolution générale du marché.

L'identification de chocs majeurs sur les prix

L'analyse de volatilité révèle plusieurs événements de choc, dont un particulièrement notable. En 2017, un choc de prix à l'exportation vers le Royaume-Uni a présenté une anormalité de 29,9 et un bond de prix de 55,7 %. En 2022, un choc de prix sur les importations en provenance de la Fédération de Russie (anormalité de 7,2, hausse de prix de 49,8 %) coïncide avec le début du conflit en Ukraine, illustrant la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement aux crises géopolitiques.

Des niveaux de volatilité très hétérogènes selon les partenaires

La volatilité des flux (mesurée par le coefficient de variation) est extrêmement variable d'un partenaire à l'autre. Pour les exportations, des destinations comme le Liban (CV = 1,75) ou la Norvège (CV = 1,57) présentent des flux très instables. À l'importation, le Viet Nam (CV = 0,75) ou l'Indonésie (CV = 1,41) figurent parmi les sources les plus volatiles. Cette hétérogénéité est détaillée dans les graphiques de volatilité.

Conclusion

Entre 2015 et 2025, le marché européen des sous-produits végétaux pour l'alimentation animale (CN 2308) a subi une transformation profonde. L'UE a significativement réduit sa dépendance aux importations, grâce à une production intérieure en plein essor. Cette dynamique a conduit à une amélioration notable de sa balance commerciale et a modifié l'architecture de ses échanges : concentration sur l'Argentine comme fournisseur clé, mais émergence du Royaume-Uni et de l'Ukraine comme partenaires stratégiques. Simultanément, la période a été marquée par une forte inflation des prix, particulièrement à l'exportation, et une exposition accrue aux chocs géopolitiques, comme l'a révélé l'instabilité des prix liée à la crise russo-ukrainienne. À l'avenir, la capacité de l'UE à maintenir sa production, diversifier ses sources d'approvisionnement et gérer la volatilité des prix sera déterminante pour la sécurité et la compétitivité de son secteur de l'alimentation animale.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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