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Évolution du marché : Résidus d'amidonnerie et de sucrerie (CN 2303) — 2015–2025

Introduction

Le code CN 2303 couvre un ensemble de produits issus des industries agroalimentaires, notamment les résidus d'amidonnerie, les pulpes de betteraves et les drêches de brasserie. Ces produits sont principalement utilisés comme aliments pour le bétail. Cette analyse examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne (UE) avec les pays tiers pour cette catégorie de marchandises sur la période 2015-2025. Les données révèlent des changements structurels importants, marqués par une intensification de la dépendance aux importations, une volatilité accrue des prix et une réorientation significative des partenaires commerciaux.

1. Un renversement structurel : de l'autosuffisance relative à la dépendance aux importations

La période étudiée est caractérisée par une détérioration marquée de la balance commerciale de l'UE pour les produits du CN 2303, transformant le bloc d'un quasi-équilibre vers un déficit net croissant.

1.1. Une balance commerciale qui s'effondre et devient structurellement déficitaire

Entre 2015 et 2025, la valeur des importations de l'UE a augmenté de 51,3 %, passant de 249,7 M€ à 377,7 M€. Dans le même temps, la valeur des exportations a reculé de 12,2 %, passant de 243,0 M€ à 213,5 M€. Cette divergence a conduit la balance commerciale à passer d'un déficit modeste de -6,7 M€ en 2015 à un déficit substantiel de -164,2 M€ en 2025, soit une détérioration de plus de 2363 % (Voir l'évolution générale du commerce).

Indicateur 2015 (début) 2025 (fin) Variation (%)
Valeur des exportations (M€) 243,0 213,5 -12,2
Valeur des importations (M€) 249,7 377,7 +51,3
Balance commerciale (M€) -6,7 -164,2 -2363,0

1.2. Une demande intérieure forte dopée par des prix à la hausse

La croissance des importations n'est pas seulement une question de volume. Leur quantité n'a augmenté que de 10,5 % (de 1,54 Mt à 1,71 Mt) sur la période, tandis que leur prix unitaire moyen a bondi de 36,9 % (de 162 €/t à 221 €/t). Cette hausse des prix, plus prononcée pour les importations que pour les exportations (7,4 %), a amplifié la valeur des achats à l'étranger. Le taux de dépendance nette aux importations a ainsi presque doublé, passant de 4,5 % à 7,8 %, indiquant que l'UE a besoin d'une part croissante d'approvisionnements extérieurs pour couvrir sa consommation (Voir l'indicateur de vulnérabilité).

2. Une volatilité marquée et des chocs de prix concentrés en 2022

Le marché s'est révélé particulièrement sensible aux perturbations, avec des périodes de forte instabilité des prix et des épisodes de choc identifiés, principalement autour de 2022.

2.1. Une instabilité des prix qui touche surtout certains partenaires

Les coefficients de variation (CV) des flux commerciaux révèlent une volatilité hétérogène. Côté importations, des partenaires comme le Brésil (CV=1,52) ou le Viêt Nam (CV=0,98) ont présenté des flux très irréguliers. Côté exportations, l'Arabie Saoudite (CV=1,28) et Israël (CV=0,96) ont également été des destinations volatiles (Voir les barres de volatilité).

2.2. L'année 2022 : epicentre de chocs de prix majeurs

L'analyse des événements de choc (shock events) met en évidence des pics d'anomalie de prix concentrés en 2022, année marquée par la crise énergétique et les tensions sur les chaînes d'approvisionnement. Trois événements majeurs ont été détectés :

  • Un choc sur les prix des importations en provenance d'Égypte, avec une hausse de prix anormale de 78,3 % en 2022, représentant alors 11,8 % de la valeur totale des importations de l'UE.
  • Un choc sur les prix des importations en provenance de Serbie, avec une hausse anormale de 46,6 % en 2022, pour 5,3 % de la valeur des importations.
  • Un choc plus ancien (2019) sur les prix des exportations vers la Norvège (+46,5 %), pour 9,0 % de la valeur des exportations (Voir les principaux événements de choc).

3. Une recomposition géographique des partenaires commerciaux

La période est également marquée par des changements profonds dans la structure des partenaires, tant pour les approvisionnements que pour les débouchés de l'UE.

3.1. Côté importations : déclin russe et montée en puissance des fournisseurs ukrainien et égyptien

La part de la Russie, deuxième fournisseur de l'UE en 2015 (76,3 M€), est devenue quasi-négligeable en 2025 (0,5 M€), une chute de 99,3 % probablement liée au contexte géopolitique. À l'inverse, l'Ukraine et l'Égypte ont fortement accru leurs parts : les importations en provenance d'Ukraine ont bondi de 275,1 % (de 8,7 M€ à 32,8 M€), et celles d'Égypte de 306,3 % (de 22,2 M€ à 90,3 M€). Les États-Unis restent le premier partenaire avec une valeur en hausse de 66,3 % (de 83,0 M€ à 137,9 M€) (Voir les principaux partenaires à l'importation).

3.2. Côté exportations : effondrement sur certains marchés et repositionnement sur d'autres

Les exportations de l'UE vers la Turquie se sont effondrées de 67,9 % (de 59,7 M€ à 19,2 M€), et celles vers l'Arabie Saoudite de 99,2 % (de 12,3 M€ à 0,1 M€). En parallèle, l'UE a développé ses ventes vers la Suisse (+89,0 %) et Israël (passant de 0,07 M€ à 9,0 M€). Le Royaume-Uni demeure le premier client, stable autour de 69 M€ (Voir les principaux partenaires à l'exportation).

3.3. Une production européenne en volume stable mais en valeur en forte hausse

La production intra-UE (données Prodcom) a connu une relative stabilité en volume (+3,8 % entre 2015 et 2025), mais sa valeur a presque doublé (+119,1 %), passant de 982 M€ à 2,15 Mrd €. Cela reflète la hausse générale des prix des matières premières agricoles et de l'énergie, qui a accru la valeur ajoutée de ces co-produits au sein de l'UE. Les pays les plus spécialisés dans l'exportation de ces produits sont la Bulgarie, l'Autriche et la Hongrie, tandis que l'Irelande, l'Estonie et la Suède sont les moins spécialisés (Voir la spécialisation des pays de l'UE).

Conclusion

La décennie 2015-2025 a vu l'Union européenne basculer d'une position d'autosuffisance relative à une nette dépendance aux importations pour les résidus d'amidonnerie et de sucrerie (CN 2303). Ce changement structurel a été exacerbé par la forte hausse des prix mondiaux et des chocs de prix majeurs, particulièrement en 2022. Dans le même temps, la carte des partenaires commerciaux s'est profondément redessinée, avec la quasi-disparition des importations en provenance de Russie et la montée en puissance de l'Ukraine et de l'Égypte. Les exportations de l'UE ont reculé, avec un retrait marqué sur les marchés turc et saoudien. Ces dynamiques combinées — déficit commercial croissant, volatilité des prix et réorientation géographique — caractérisent un marché devenu plus dépendant et plus vulnérable aux aléas extérieurs.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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