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Évolution du marché : Sacs, sachets, pochettes et cornets, en polymères de l'éthylène (CN 392321) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 392321 couvre les sacs, sachets, pochettes et cornets en polymères de l'éthylène, un segment majeur de l'industie européenne des matières plastiques dédiée à l'emballage. Ces produits, issus de la fabrication de polyéthylène (PE), sont omniprésents dans les secteurs de la grande distribution, de la logistique et de l'industrie alimentaire. Entre 2015 et 2025, le commerce extérieur de l'Union européenne sur ce segment a connu des mutations profondes : croissance nominale des échanges masquant un déséquilibre structurel, reconfiguration des partenaires commerciaux sous l'effet du Brexit et de la montée des fournisseurs asiatiques et turcs, et dépendance accrue de l'UE aux importations. Le présent rapport s'appuie sur les données douanières de la période 2015–2025 (fréquence annuelle, périodes incomplètes exclues) pour analyser ces dynamiques.

Détail des définitions et du périmètre du code CN 392321


1. Une croissance vigoureuse en valeur, masquant une stagnation préoccupante des volumes

Le déficit commercial se creuse malgré une hausse nominale des deux côtés des échanges

Sur la période 2015–2025, les exportations de l'UE vers le reste du monde ont progressé de 27,0 % en valeur (de 614,9 M€ à 780,9 M€), tandis que les importations ont crû de 26,9 % (de 1 028,2 M€ à 1 304,8 M€). Le déficit commercial, structurel sur ce segment, s'est ainsi élargi de 26,7 %, passant de −413,3 M€ en 2015 à −523,9 M€ en 2025. L'année 2022 marque un pic exceptionnel, avec un déficit atteignant −571,1 M€, porté par une envolée conjointe des importations (1 495,5 M€) et des exportations (924,4 M€).

Année Exportations (M€) Importations (M€) Solde (M€)
2015 614,9 1 028,2 −413,3
2016 700,4 1 039,1 −338,7
2017 714,4 1 069,5 −355,1
2018 741,7 1 050,2 −308,5
2019 722,5 1 050,1 −327,6
2020 714,5 984,4 −269,9
2021 811,7 1 154,8 −343,1
2022 924,4 1 495,5 −571,1
2023 809,9 1 169,8 −359,9
2024 785,6 1 312,0 −526,5
2025 780,9 1 304,8 −523,9

Vue d'ensemble des échanges commerciaux UE — CN 392321

Les volumes à l'exportation déclinent alors que les importations progressent nettement

Le contraste est frappant entre la trajectoire des volumes exportés et importés. Les exportations en tonnes sont passées de 206 914 t en 2015 à 205 406 t en 2025 (−0,7 %), avec un creux notable à 201 758 t en 2023. À l'inverse, les importations ont progressé de 433 043 t à 536 704 t (+23,9 %). L'écart de volumes se creuse donc nettement : le ratio importations/exportations est ainsi passé de 2,1 en 2015 à 2,6 en 2025.

Année Export. (tonnes) Import. (tonnes) Ratio imp./exp.
2015 206 914 433 043 2,1
2017 247 227 477 021 1,9
2019 251 876 463 110 1,8
2020 262 454 456 800 1,7
2022 241 199 491 399 2,0
2024 207 110 512 123 2,5
2025 205 406 536 704 2,6

Une divergence marquée des prix : l'UE exporte à prix croissant, importe à prix stable

L'explication de cette dynamique réside en partie dans l'évolution contrastée des prix unitaires. Le prix moyen à l'exportation a bondi de 2 972 €/t en 2015 à un pic de 4 014 €/t en 2023 (+35 %), avant de se stabiliser autour de 3 800 €/t en 2024–2025. En revanche, le prix moyen à l'importation n'a progressé que marginalement, passant de 2 374 €/t à 2 431 €/t (+2,4 %) sur l'ensemble de la période, avec un pic temporaire à 3 043 €/t en 2022 lié à la crise énergétique mondiale. L'écart de prix entre exportations et importations s'est donc considérablement élargi, passant d'environ 600 €/t en 2015 à plus de 1 370 €/t en 2025, ce qui suggère une spécialisation de la production européenne vers des produits à plus forte valeur ajoutée, tandis que les importations restent dominées par des volumes de produits standards à bas coût.

Une production européenne dont la valeur progresse plus vite que les volumes

La production intra-UE confirme cette tendance à l'inflation des valeurs. Selon les données PRODCOM, la valeur de la production de l'UE est passée de 6 765 M€ en 2015 à 7 800 M€ en 2024 (+15 %), tandis que les volumes produits n'ont progressé que de 2 681 kt à 2 970 kt (+11 %). Le prix moyen de production est ainsi passé de 2,52 €/kg à 2,63 €/kg. Notons que le pic de production en volume a été atteint en 2021 à 3 200 kt, année de rebond post-pandémique, avant un recul à 2 733 kt en 2023.


2. Une reconfiguration géographique profonde des flux commerciaux

À l'importation : la Turquie double ses parts, le Royaume-Uni et la Malaisie reculent fortement

La carte des fournisseurs de l'UE s'est profondément transformée entre 2015 et 2025. La Chine et le Viet Nam demeurent les deux premiers fournisseurs, avec des volumes respectifs de 353,7 M€ (+33,1 %) et 317,6 M€ (+43,2 %). Mais le changement le plus spectaculaire provient de la Turquie, dont les livraisons à l'UE ont presque doublé (+96,2 %), passant de 101,7 M€ à 199,5 M€, faisant d'elle le troisième fournisseur devant le Royaume-Uni.

En sens inverse, deux déclins notables structurent la période :

  • Le Royaume-Uni, ancien troisième fournisseur (144,9 M€ en 2015), a vu ses exportations vers l'UE fondre de 32,3 % pour atteindre 98,0 M€ en 2025, avec un effondrement des volumes (de 40 111 t à 18 491 t, soit −54 %). Un choc de prix majeur a été détecté en 2021, année post-Brexit, avec une hausse de 74,7 % du prix unitaire et un effondrement des volumes de moitié, suggérant des frictions commerciales durables.
  • La Malaisie a connu un déclin encore plus brutal : ses exportations vers l'UE sont passées de 54,3 M€ à 11,5 M€ (−78,8 %), reflétant probablement une réorientation des flux asiatiques vers d'autres destinations ou une perte de compétitivité.
Partenaire 2015 (M€) 2022 (M€) 2025 (M€) Var. 2015–2025
Chine 265,7 414,1 353,7 +33,1 %
Viet Nam 221,8 383,7 317,6 +43,2 %
Turquie 101,7 212,6 199,5 +96,2 %
Royaume-Uni 144,9 117,2 98,0 −32,3 %
Thaïlande 36,4 49,1 48,6 +33,3 %
Inde 21,0 44,3 33,0 +57,0 %
Malaisie 54,3 14,8 11,5 −78,8 %

Principaux partenaires à l'importation — CN 392321

À l'exportation : la Suisse double ses achats, la Russie s'effondre après 2022

Côté exportations, le Royaume-Uni reste de loin le premier client de l'UE (262,6 M€ en 2025, +13,6 %), suivi de la Suisse, dont les achats ont bondi de 101,7 % pour atteindre 139,8 M€, un rythme de croissance remarquable. La Serbie (+177,8 %, passant de 6,6 M€ à 18,4 M€) confirme son intégration croissante dans les chaînes de valeur européennes.

La tendance la plus marquante reste l'effondrement des exportations vers la Russie : de 37,2 M€ en 2015 à 10,5 M€ en 2025 (−71,7 %). La chute s'est accélérée après 2022, avec un effondrement des volumes de 11 541 t à 1 891 t (−84 %), dans le contexte des sanctions économiques liées au conflit ukrainien.

Partenaire 2015 (M€) 2022 (M€) 2025 (M€) Var. 2015–2025
Royaume-Uni 231,1 307,3 262,6 +13,6 %
Suisse 69,3 143,3 139,8 +101,7 %
Norvège 73,5 98,2 67,8 −7,7 %
États-Unis 47,7 79,6 62,3 +30,6 %
Russie 37,2 32,8 10,5 −71,7 %
Serbie 6,6 17,1 18,4 +177,8 %
Australie 6,7 18,3 7,1 +5,9 %

Principaux partenaires à l'exportation — CN 392321

L'Allemagne domine, la Pologne émerge comme puissance exportatrice

Au sein de l'UE, l'Allemagne reste le premier importateur (312,9 M€ en 2025) et le premier exportateur (263,2 M€). Mais le dynamisme le plus spectaculaire revient à la Pologne, dont les exportations hors UE ont bondi de 138,8 % (de 40,7 M€ à 97,2 M€) et les importations de 109,4 %. La Pologne affiche un indice de spécialisation (RSCA) de 0,44 et un RCA de 2,60, ce qui en fait l'un des membres les plus compétitifs de l'UE sur ce segment, porté par des coûts de production compétitifs et une position géographique stratégique. La Lettonie (RSCA 0,33, RCA 1,98), la Lituanie (RSCA 0,60, RCA 3,98) et la Bulgarie (RSCA 0,57, RCA 3,70) se distinguent également, bien que sur des volumes plus modestes.

Carte de spécialisation des États membres — CN 392321


3. Une dépendance aux importations croissante et des marchés exposés à des chocs

L'indice de dépendance nette aux importations a plus que doublé

L'indicateur de dépendance nette aux importations — rapport entre le solde net des échanges et la production intérieure — a progressé de manière continue : il est passé de 2,5 % en 2015 à 6,3 % en 2024, soit une hausse de 153,5 %. Ce niveau, bien que restant modeste en valeur absolue, témoigne d'une trajectoire claire de dépendance croissante. L'intensité commerciale (rapport entre le commerce total et la production) a également bondi de 12,4 % à 23,0 % (+85 %), tandis que la propension à exporter est passée de 5,4 % à 10,0 % (+85 %). L'économie européenne est donc devenue significativement plus ouverte sur ce segment, tant à l'import qu'à l'export, ce qui accroît son exposition aux chocs extérieurs.

Des chocs de prix localisés et persistants sur certains partenaires clés

L'analyse de volatilité révèle trois événements de choc significatifs :

  1. Royaume-Uni (importations, 2021) : un choc de prix de +74,7 % (abnormalité de 38,6 écarts-types), les volumes importés ayant chuté de 50 % par rapport à la baseline 2019–2020. Ce choc, d'une ampleur exceptionnelle, s'explique très probablement par les frictions commerciales post-Brexit (douanes, règles d'origine, formalités sanitaires) qui ont réduit les volumes tout en alourdissant les coûts unitaires. Les prix sont restés durablement élevés (5 302 €/t en 2025 vs 2 650 €/t avant le choc).

  2. Australie (exportations, 2023) : un effondrement des volumes exportés à 13,8 % de la baseline, accompagné d'une explosion des prix de +124,3 % (abnormalité de 9,1). Ce choc, d'une nature atypique, pourrait refléter un réacheminement des flux ou une perturbation logistique ponctuelle sur ce marché distant.

  3. Turquie (importations, 2022) : un choc de prix modéré de +14,2 % (abnormalité de 3,5), les volumes ayant néanmoins augmenté de 23,8 %, suggérant une demande structurelle robuste malgré la hausse des prix.

La Malaisie présente le coefficient de variation le plus élevé des importations (0,67), confirmant la forte instabilité de ce partenaire en déclin. À l'exportation, l'Australie (CV 0,88) et le Chili (CV 0,79) se distinguent par une volatilité extrême, reflétant la nature sporadique des flux vers ces marchés lointains.

Événements de chocs de prix détectés

Une concentration géographique des importations en hausse, malgré une diversification des exportations

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations a progressé de 1 516 à 1 678 (+10,7 %), indiquant un léger renforcement de la concentration des sources d'approvisionnement. En valeur, la Chine, le Viet Nam et la Turquie représentaient ensemble 66,8 % des importations en 2025, contre 57,5 % en 2015. Le recul de fournisseurs secondaires comme la Malaisie et le Bangladesh accentue cette tendance.

À l'inverse, l'HHI des exportations a diminué de 1 802 à 1 638 (−9,1 %), signe d'une légère diversification des débouchés, portée par la montée de marchés comme la Suisse, la Serbie et le Maroc, qui compensent partiellement l'effondrement du marché russe.

Indice de concentration HHI — importations et exportations


Conclusion

Le marché européen des sacs et sachets en polymères d'éthylène (CN 392321) a connu, entre 2015 et 2025, une décennie de transformations profondes. Si la valeur des échanges a globalement progressé, cette croissance repose sur des dynamiques asymétriques : les volumes exportés stagnent tandis que les importations progressent en quantité, creusant un déficit commercial désormais supérieur à 500 M€. La hausse des prix à l'exportation (+27,9 %) contraste avec la quasi-stabilité des prix à l'importation (+2,4 %), suggérant un positionnement européen vers le haut de gamme, mais aussi une dépendance accrue aux fournisseurs low-cost d'Asie et de Turquie.

La reconfiguration géographique est frappante : la Turquie a doublé sa part, la Pologne est devenue une puissance exportatrice, tandis que le Brexit a durablement érodé les échanges avec le Royaume-Uni et que les sanctions contre la Russie ont fait chuter les exportations vers ce marché de 72 %. La dépendance nette aux importations a plus que doublé, et plusieurs chocs de prix majeurs — notamment post-Brexit — illustrent la vulnérabilité croissante de l'UE sur ce segment stratégique de l'emballage plastique. La concentration des sources d'importation autour de trois fournisseurs principaux (Chine, Viet Nam, Turquie) appelle à une vigilance accrue en matière de résilience des chaînes d'approvisionnement.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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