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Évolution du marché : Autres sacs en plastique (CN 392329) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 392329 désigne les sacs, sachets, pochettes et cornets en matières plastiques autres que les polymères de l'éthylène. Ce poste se décompose en deux sous-catégories : les sacs en polychlorure de vinyle (PVC, NC 39232910) et les sacs en autres matières plastiques hors polyéthylène et PVC (NC 39232990). Il s'inscrit dans la catégorie plus large des articles de transport ou d'emballage en matières plastiques (NC 3923).

Entre 2015 et 2025, le commerce extérieur de l'Union européenne sur ce produit a connu des mutations profondes. Les importations ont quasiment doublé en valeur (+97,8 %), tandis que les exportations ont progressé plus modérément (+42,7 %). Cette asymétrie a conduit à un basculement du solde commercial, passé d'un excédent de 69,9 M€ en 2015 à un déficit de 71,0 M€ en 2025. Ce rapport identifie et analyse les principaux facteurs de cette transformation, en s'articulant autour de trois dynamiques : le retournement du solde commercial, la reconfiguration géographique des partenaires, et les vulnérabilités structurelles émergentes.


1. Une inversion historique de la balance commerciale

Les importations ont quasiment doublé en valeur sur la période 2015–2025

Sur la période considérée, les importations de l'UE en provenance des pays tiers ont enregistré une progression remarquable :

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur (M€) 310 613 +97,8 %
Volume (milliers t) 81,9 112,7 +37,6 %
Prix moyen (€/t) 3 783 5 439 +43,7 %

La croissance de 97,8 % en valeur résulte de l'effet combiné d'une hausse des volumes importés (+37,6 %) et d'une augmentation du prix moyen à l'importation (+43,7 %). Près de la moitié de la progression en valeur provient donc d'une augmentation des prix, et non du seul effet volume.

Les exportations ont suivi une trajectoire plus modeste :

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur (M€) 380 542 +42,7 %
Volume (milliers t) 68,2 76,0 +11,4 %
Prix moyen (€/t) 5 567 7 130 +28,1 %

Les exportations ont progressé de 42,7 % en valeur, portées à parts quasi égales par la hausse des prix (+28,1 %) et celle des volumes (+11,4 %). Le dynamisme des prix — tant à l'import qu'à l'export — témoigne d'un renchérissement généralisé des coûts de production et de logistique sur cette période.

Le solde commercial bascule de l'excédent au déficit entre 2020 et 2025

L'évolution combinée des deux flux a produit un basculement structurel du solde commercial. Le tableau ci-dessous, reconstitué à partir des données de sous-produits, retrace la trajectoire année par année :

Année Exportations (M€) Importations (M€) Solde (M€)
2015 380 310 +70
2016 403 320 +83
2017 415 338 +77
2018 449 362 +87
2019 448 383 +65
2020 511 400 +111
2021 562 516 +46
2022 631 617 +14
2023 581 543 +38
2024 537 593 -56
2025 542 613 -71

Plusieurs phases se distinguent clairement :

  • 2015–2019 : un excédent stable, oscillant entre +65 et +87 M€.
  • 2020 : un pic d'excédent à +111 M€, lié à un rebond des exportations (+511 M€) dans un contexte de perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales.
  • 2021–2022 : une érosion rapide, l'excédent fondant à +46 M€ puis +14 M€ sous l'effet d'une flambée des importations passant de 516 à 617 M€.
  • 2024–2025 : le basculement en territoire négatif, le déficit atteignant -71 M€ en 2025, soit un écart de -181 M€ par rapport au pic de 2020.

La dépendance nette aux importations est passée de -2,8 % à +2,7 %, confirmant que l'UE est devenue structurellement dépendante des approvisionnements extérieurs pour ce type de produit.

La hausse des prix est généralisée mais plus marquée sur le segment PVC

La décomposition par sous-produit révèle des dynamiques distinctes entre le segment principal (NC 39232990, plastiques hors PE et PVC) et le segment PVC (NC 39232910) :

Importations :

Sous-produit Volume 2015 (t) Volume 2025 (t) Prix 2015 (€/t) Prix 2025 (€/t) Var. prix
39232990 (hors PE/PVC) 76 377 106 127 3 789 5 400 +42,5 %
39232910 (PVC) 5 538 6 086 3 708 6 003 +61,9 %

Exportations :

Sous-produit Volume 2015 (t) Volume 2025 (t) Prix 2015 (€/t) Prix 2025 (€/t) Var. prix
39232990 (hors PE/PVC) 62 054 70 565 5 410 6 900 +27,5 %
39232910 (PVC) 6 171 5 426 7 144 10 120 +41,6 %

Le segment hors PE/PVC (NC 39232990) domine très largement, avec 106 127 t importées en 2025 (94 % du volume total). C'est sur ce segment que se concentre l'essentiel de la croissance en volume des importations (+38,9 %).

Le segment PVC (NC 39232910), beaucoup plus restreint (~6 000 t), affiche des prix à la fois plus volatils et en hausse plus prononcée. Le prix d'exportation PVC a bondi de 7 144 à 10 120 €/t (+41,6 %), ce qui suggère que les producteurs européens se positionnent sur des niches à plus forte valeur ajoutée. À l'inverse, les volumes exportés de PVC ont reculé de 12,1 %, indiquant un possible retrait de cette filière face à la pression réglementaire et concurrentielle.

On note enfin un rétrécissement de l'écart de prix entre exportations et importations : en 2015, le prix moyen à l'exportation (5 567 €/t) dépassait celui à l'importation (3 783 €/t) de 47 % ; en 2025, cet écart n'est plus que de 31 % (7 130 vs 5 439 €/t). Cette convergence peut refléter une montée en gamme des importations ou une hausse plus rapide des coûts de production chez les fournisseurs tiers.


2. Des partenariats géographiques en pleine mutation

La Chine et les fournisseurs asiatiques sont les principaux moteurs de la hausse des importations

L'évolution des principaux partenaires à l'importation met en lumière une géographie de l'approvisionnement en pleine reconfiguration :

Partenaire 2015 (M€) 2025 (M€) Variation Part des importations 2025
Chine 95,1 188,7 +98,5 % ~31 %
Royaume-Uni 60,0 111,7 +86,2 % ~18 %
Turquie 32,2 55,4 +72,1 % ~9 %
Viêt Nam 9,0 23,1 +158,4 % ~4 %
Inde 13,9 24,2 +73,9 % ~4 %
Suisse 38,6 41,6 +7,7 % ~7 %
Norvège 3,8 1,4 -64,3 % < 1 %

La Chine occupe une position dominante, représentant près d'un tiers des importations extra-UE en 2025. Ses livraisons vers l'Europe ont quasiment doublé en valeur (+98,5 %), portées par une offre compétitive et un avantage de coût structurel. Le volume et le prix ayant augmenté conjointement, la Chine semble avoir consolidé sa position à la fois sur les segments standard et sur des gammes intermédiaires.

Le Viêt Nam (+158,4 %) et l'Inde (+73,9 %) émergent comme des fournisseurs de plus en plus significatifs. Cette progression s'inscrit dans le mouvement de diversification des chaînes d'approvisionnement asiatiques hors Chine, accéléré par les tensions commerciales et les leçons tirées de la crise sanitaire.

La Suisse (+7,7 %) et la Norvège (-64,3 %) se distinguent par leur faible dynamisme. Pour la Norvège, le recul prononcé (-64,3 %) peut refléter une réorientation de sa production ou des ajustements structurels dans ses flux commerciaux avec l'UE.

Le Royaume-Uni et les marchés occidentaux relaient la croissance des exportations

Du côté des principaux partenaires à l'exportation, trois tendances se dégagent :

Partenaire 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Royaume-Uni 101,1 171,2 +69,4 %
Suisse 37,0 54,9 +48,2 %
Norvège 21,9 28,6 +30,4 %
Maroc 8,8 18,5 +109,0 %
États-Unis 29,8 58,7 +96,7 %
Turquie 16,2 18,7 +15,1 %
  • Les États-Unis (+96,7 %) sont le partenaire dont la progression est la plus spectaculaire en valeur absolue. Le quasi-doublement des exportations vers ce marché peut s'expliquer par la qualité reconnue des produits européens, mais aussi par un effet de change favorable sur certaines périodes.

  • Le Maroc (+109,0 %) illustre la dynamique commerciale euro-méditerranéenne. L'intégration croissante du Maroc dans les chaînes de valeur européennes, notamment dans l'emballage agroalimentaire, alimente cette progression.

  • Le Royaume-Uni reste le premier client de l'UE avec 171,2 M€ en 2025 (+69,4 %). Dans le contexte post-Brexit, les flux bilatéraux demeurent très dynamiques, ce qui témoigne de l'interdépendance persistante des chaînes de production et de l'absence de substitution significative.

Les exportations vers la Russie se sont effondrées à partir de 2022

L'effondrement des exportations vers la Russie (-69,0 %) constitue l'événement géopolitique le plus marquant de la période. Passant de 20,8 M€ en 2015 à 6,5 M€ en 2025, la chute est particulièrement brutale à compter de 2022, en lien avec les sanctions économiques imposées dans le contexte du conflit ukrainien. La Russie, qui figurait parmi les cinq premiers partenaires à l'export en 2015, a été largement reléguée.

Parallèlement, l'analyse des principaux États membres révèle des dynamiques contrastées. À l'importation, l'Irlande (+267,3 %, passant de 32 à 118 M€) et les Pays-Bas (+173,7 %, de 45 à 124 M€) affichent les hausses les plus spectaculaires, tandis que l'Allemagne stagne (-1,0 %). À l'exportation, l'Espagne (+95,1 %) et les Pays-Bas (+166,2 %) progressent fortement, portant la diversification des origines intra-UE des expéditions vers les pays tiers.


3. Intensification des échanges et émergence de nouvelles vulnérabilités

La production européenne a progressé mais moins vite que les échanges commerciaux

La production européenne de sacs en plastique (hors polyéthylène) a connu une croissance significative :

Indicateur 2015 2025 Variation
Volume de production (kt) 390 529 +35,7 %
Valeur de production (M€) 1 343 1 970 +46,6 %

La production a ainsi progressé de 35,7 % en volume et de 46,6 % en valeur. Cependant, cette croissance est restée inférieure à celle des importations (+37,6 % en volume, +97,8 % en valeur), ce qui signifie que l'appareil productif européen n'a pas suivi le rythme de la demande.

Les indicateurs d'ouverture commerciale confirment cette dynamique :

Indicateur 2015 2025 Variation
Intensité commerciale (%) 28,1 44,1 +56,9 %
Propension à exporter (%) 17,5 27,3 +55,8 %
Dépendance nette aux importations (%) -2,8 +2,7

L'intensité commerciale (ratio échanges/production) est passée de 28,1 % à 44,1 %, ce qui indique que le secteur est devenu sensiblement plus ouvert aux échanges internationaux. La propension à exporter (ratio exportations/production) a également progressé de 17,5 % à 27,3 %, signifiant que la production européenne s'oriente davantage vers les marchés extérieurs. Toutefois, cette dynamique exportatrice n'a pas suffi à compenser la montée des importations, d'où le basculement en dépendance nette positive.

La spécialisation des États membres diffère nettement au sein de l'UE

L'analyse des indices de spécialisation RSCA en 2025 révèle une hétérogénéité marquée entre États membres :

Pays les plus spécialisés :

Rang Pays RSCA RCA
1 Lituanie 0,72 6,1
2 Roumanie 0,58 3,8
3 Croatie 0,45 2,6
4 Estonie 0,39 2,3
5 Hongrie 0,32 2,0

Pays les moins spécialisés :

Rang Pays RSCA RCA
1 Luxembourg -0,90 0,05
2 Chypre -0,89 0,06
3 Irlande -0,81 0,11
4 Malte -0,70 0,18
5 Tchéquie -0,68 0,19

Les pays d'Europe centrale et orientale (Lituanie, Roumanie, Hongrie, Estonie) présentent les niveaux de spécialisation les plus élevés. Cela peut s'expliquer par des coûts de production compétitifs et une intégration réussie dans les chaînes d'emballage européennes. À l'opposé, les petites économies insulaires ou continentales (Luxembourg, Chypre, Malte) et l'Irlande — dont la structure économique est dominée par les services et l'industrie pharmaceutique — affichent une spécialisation très faible dans ce segment. L'Irlande constitue un cas particulier : très faiblement spécialisée dans la production, elle est néanmoins devenue l'un des plus importants importateurs (+267 %), très probablement en raison des besoins de conditionnement de son secteur pharmaceutique.

La concentration géographique augmente et la volatilité affecte certaines routes commerciales

Les indices de concentration HHI révèlent une tendance à la concentration des flux, particulièrement sensible en volume :

Flux Indicateur 2015 2025 Variation
Importations HHI (valeur) 1 655 1 731 +4,6 %
Importations HHI (volume) 1 850 2 744 +48,3 %
Exportations HHI (valeur) 999 1 321 +32,2 %
Exportations HHI (volume) 042 1 418 +36,1 %

La concentration des importations en volume est passée de 1 850 à 2 744, franchissant le seuil de concentration « élevée » (> 2 500). Ce résultat est cohérent avec la domination quantitative chinoise. L'écart significatif entre le HHI en valeur (1 731) et en volume (2 744) confirme que les principaux fournisseurs en volume — au premier rang desquels la Chine — pratiquent des prix unitaires sensiblement inférieurs à la moyenne du marché. Les exportations se concentrent également, avec le HHI passant de 999 à 1 321, reflétant la part croissante du Royaume-Uni, des États-Unis et de la Suisse dans les destinations.

Du point de vue de la volatilité, certaines routes commerciales se révèlent instables. À l'importation, le Kosovo (CV 0,48), le Royaume-Uni (CV 0,47) et l'Égypte (CV 0,47) présentent les coefficients de variation les plus élevés. À l'exportation, la Russie (CV 0,31) et l'Inde (CV 0,32) se distinguent par leur instabilité.

Enfin, quelques chocs de prix ont été détectés sur des routes d'exportation périphériques :

Destination Année du choc Amplitude du prix Part dans les exportations
Chili 2019 +71,3 % 1,3 %
Mexique 2021 +71,0 % 1,7 %
Algérie 2023 +78,2 % 0,9 %

Ces événements, bien que limités en termes de parts de marché, illustrent la volatilité des prix sur des destinations plus éloignées, possiblement liée à des contraintes logistiques ponctuelles, des changements réglementaires ou des mouvements de taux de change.


Conclusion

La période 2015–2025 marque un tournant structurel pour le marché européen des sacs en plastique hors polyéthylène (CN 392329). L'Union européenne est passée d'une position d'excédentier (+70 M€ en 2015, pic à +111 M€ en 2020) à celle de déficitaire (-71 M€ en 2025). Ce basculement est principalement porté par l'envolée des importations en provenance de Chine, du Royaume-Uni et de fournisseurs asiatiques émergents comme le Viêt Nam et l'Inde.

Ce changement s'explique par la combinaison de plusieurs facteurs : une demande intérieure européenne soutenue, une production en croissance mais insuffisante pour couvrir l'ensemble du besoin, et un avantage compétitif persistant des fournisseurs asiatiques en termes de coûts. L'intensité commerciale du secteur, passée de 28 % à 44 %, témoigne d'une ouverture accrue aux échanges internationaux, tant en import qu'en export.

Plusieurs signaux appellent une vigilance : la concentration croissante des importations en volume autour de la Chine (HHI en volume à 2 744), la volatilité de certaines routes commerciales, et l'impact durable des sanctions sur les flux vers la Russie. À rebours, la diversification émergente des sources d'approvisionnement (Viêt Nam, Inde, Turquie), la montée en gamme des exportations européennes et la spécialisation de certains États membres offrent des leviers d'adaptation face à ces nouvelles dépendances.

Généré le 2026-08-09. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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