Évolution du marché : Sacs et sachets plastiques (CN 39232990) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport examine l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne (UE) pour les sacs, sachets, pochettes et cornets en matières plastiques, à l'exclusion des produits à base de polyéthylène (PE) et de polychlorure de vinyle (PVC), sur la période 2015-2025. L'analyse se concentre sur les flux avec les pays tiers (non-membres de l'UE) et révèle des tendances marquées par une forte croissance des importations, un rééquilibrage du solde commercial et une intensification des échanges.
Une croissance déséquilibrée : l'envolée des importations face à des exportations plus modérées
La période 2015-2025 est marquée par une dynamique commerciale nettement plus forte du côté des importations que des exportations, conduisant à une inversion de la balance commerciale de l'UE.
L'expansion des importations dépasse la croissance des exportations
Entre la première et la dernière année de la période, la valeur des importations de l'UE a presque doublé, passant de 289 millions d'euros à 573 millions d'euros, soit une hausse de 98,1%. En parallèle, la valeur des exportations a progressé de 45,0%, passant de 336 millions à 487 millions d'euros. En volume, l'écart est également notable avec une hausse de 39,0% pour les importations (de 76 377 t à 106 127 t) contre 13,7% pour les exportations (de 62 054 t à 70 565 t).
Une inflation des prix plus marquée à l'importation
Les prix unitaires ont significativement augmenté des deux côtés, mais l'inflation a été plus prononcée sur les importations. Le prix moyen des importations a crû de 42,5%, passant de 3 789 €/t à 5 400 €/t, alors que celui des exportations a augmenté de 27,5%, passant de 5 410 €/t à 6 900 €/t.
Le passage d'un excédent à un déficit commercial
Cette évolution asymétrique a transformé le solde commercial de l'UE. En 2015, l'UE affichait un excédent de 46,4 millions d'euros. En 2025, elle accuse un déficit de 86,2 millions d'euros. Le point bas du solde a été atteint en 2025, tandis que le point haut (excédent maximum) s'élevait à 78,5 millions d'euros, marquant un retournement complet de la situation.
| Indicateur (2015 → 2025) | Valeur 2015 | Valeur 2025 | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Importations (valeur) | 289,4 M€ | 573,2 M€ | +98,1% |
| Exportations (valeur) | 335,7 M€ | 487,0 M€ | +45,0% |
| Solde commercial | +46,4 M€ | -86,2 M€ | -285,9% |
Une dépendance accrue aux fournisseurs extérieurs et une concentration du marché
Face à la forte croissance de la demande intérieure, l'UE s'est tournée vers des partenaires tiers, en particulier asiatiques, modifiant ainsi la structure de son marché d'approvisionnement.
L'Asie, moteur principal de la croissance des importations
L'analyse des principaux partenaires d'importation révèle une forte concentration. La Chine reste le premier fournisseur, avec une valeur passée de 85,2 M€ à 178,8 M€ (+109,8%). Cependant, d'autres pays ont connu des croissances plus spectaculaires :
- Viêt Nam : +154,9% (de 8,9 M€ à 22,7 M€)
- Inde : +77,0% (de 13,6 M€ à 24,1 M€)
- Turquie : +75,0% (de 30,9 M€ à 54,1 M€)
Le Royaume-Uni, devenu un pays tiers après le Brexit, est également une source majeure d'importations (de 56,3 M€ à 108,7 M€, +93,0%).
Une production de l'UE en hausse mais insuffisante pour couvrir la demande
La production de l'UE a progressé (+46,6% en valeur et +35,7% en volume), passant d'une valeur de 1,34 milliard € à 1,97 milliard €. Toutefois, cette hausse n'a pas été suffisante pour absorber la demande, comme en témoigne l'évolution de la dépendance nette aux importations, qui est passée de -2,8% (excédent) à +2,7% (déficit).
Une concentration géographique en légère augmentation
La concentration des fournisseurs (HHI) mesurée en valeur a connu une hausse modérée (+6,3%), passant de 1 620 à 1 721 points. Cela indique une légère consolidation des sources d'approvisionnement. À l'export, la concentration a augmenté plus fortement (+27,1%). En interne de l'UE, les pays les plus spécialisés dans la production de ce produit (selon l'avantage comparatif révélé) sont la Lituanie, la Roumanie et la Croatie.
Une intégration commerciale renforcée mais sujette à des chocs de prix
Malgré une plus grande intégration dans le commerce mondial, le marché se caractérise par certaines vulnérabilités et des épisodes de volatilité.
Une intensification des échanges commerciaux
L'UE est devenue plus dépendante du commerce international pour ce produit. L'intensité commerciale (part du commerce dans la production et la consommation) a augmenté de 28,1% à 44,1%. De même, la propension à exporter (part des exportations dans la production) a progressé de 17,5% à 27,3%. L'exportation est ainsi devenue un débouché plus important pour les producteurs européens.
Des chocs de prix détectés sur certains marchés d'exportation
L'analyse de volatilité a identifié plusieurs chocs de prix notables sur les exportations de l'UE. Les plus significatifs sont :
- Un choc de prix très élevé (anormalité > 1 300) sur les exportations vers le Mexique en 2021, avec une augmentation de 77,2%.
- Un choc de prix vers le Chili en 2019 (+71,2%).
- Un choc vers la Turquie en 2022 (+41,7%).
Ces événements peuvent être liés à des perturbations logistiques, des changements réglementaires ou des dynamiques spécifiques de marché.
Une spécialisation géographique au sein de l'UE
La spécialisation des États membres est très disparate. Les pays d'Europe de l'Est (Lituanie, Roumanie, Hongrie) et certains pays baltes affichent un avantage comparatif fort (RSCA élevé), tandis que les petits États membres et l'Irlande présentent un désavantage marqué (RSCA négatif). Cette structure influence probablement les flux intracommunautaires.
Conclusion
La période 2015-2025 a été marquée par une transformation profonde du marché européen des sacs et sachets plastiques (hors PE et PVC). La demande intérieure, soutenue notamment par l'essor du commerce en ligne et de la livraison alimentaire, a tiré une croissance fulgurante des importations, principalement en provenance d'Asie. Cette dynamique a conduit l'UE à passer d'une position d'excédent à un déficit commercial, accroissant sa dépendance vis-à-vis de fournisseurs extérieurs.
Si la production européenne a également progressé, elle n'a pas suivi le rythme de la demande. Le marché s'est donc intensifié et légèrement concentré. Par ailleurs, les épisodes de volatilité des prix et les chocs observés sur certains marchés d'exportation soulignent la sensibilité de ce secteur aux aléas logistiques et économiques. L'avenir dépendra de la capacité des producteurs européens à renforcer leur compétitivité et à répondre aux évolutions réglementaires et environnementales qui façonnent l'industrie plastique.