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Évolution du marché : Bouteilles en plastique (CN 392330) — 2015–2025

Introduction

Le code 392330 couvre les bonbonnes, bouteilles, flacons et articles similaires pour le transport ou l'emballage, en matières plastiques. Il se décline en deux sous-catégories : les contenants d'une contenance ≤ 2 litres (39233010) et ceux de contenance > 2 litres (39233090). Ce produit appartient au chapitre 39 de la nomenclature douanière, relatif aux matières plastiques et ouvrages en ces matières.

Sur la période 2015–2025, l'Union européenne a connu une expansion significative de sa production : le volume produit est passé de 76,5 milliards à 124,9 milliards de pièces (+63,4 %), tandis que la valeur de production a bondi de 6,1 milliards à 11,6 milliards d'euros (+90,0 %). Le commerce avec les pays tiers a lui aussi connu des mutations profondes, tant en termes de volumes, de valeurs que de géographie des échanges. Le présent rapport identifie et analyse les principales dynamiques à l'œuvre sur cette période.


Une trajectoire commerciale déséquilibrée : la montée des importations face à des exportations en dents de scie

L'un des faits marquants de la période 2015–2025 est l'évolution très asymétrique des flux d'importations et d'exportations de l'UE. Les importations ont progressé nettement plus vite que les exportations, conduisant à un effacement progressif de l'excédent commercial européen.

Des exportations en croissance modérée, dopées par la hausse des prix

Les exportations de l'UE vers les pays tiers ont progressé de 757 millions d'euros en 2015 à 1 010 millions d'euros en 2025, soit une hausse de +33,3 %. Toutefois, cette croissance s'explique essentiellement par la hausse des prix : le volume exporté n'a augmenté que de 7,5 % en poids (de 207 019 à 222 598 tonnes), tandis que le prix moyen à l'exportation a crû de 24,0 % (de 3 657 à 4 535 EUR/t). En nombre de pièces, la progression a été de 13,5 %, passant de 7,04 milliards à 7,99 milliards d'unités.

Les exportations ont atteint un pic en 2022 à 1 088 millions d'euros, avant de se replier légèrement autour de 1 010 millions d'euros en 2025.

Des importations en forte hausse, tirées par le volume et les prix

Les importations ont connu une trajectoire bien plus dynamique : leur valeur a progressé de 614 millions à 1 033 millions d'euros (+68,3 %). Contrairement aux exportations, cette hausse repose à la fois sur une augmentation des volumes (+32,4 % en poids, de 121 956 à 161 431 tonnes) et sur une hausse des prix (+27,1 %, de 5 033 à 6 399 EUR/t). En nombre de pièces, la progression a atteint 34,5 % (de 3,94 milliards à 5,30 milliards d'unités).

Les importations ont connu un pic en volume en 2018 (209 236 tonnes), porté par un afflux massif de contenants de petite capacité (≤ 2 L). Après un repli lié à la pandémie, les volumes se sont redressés pour revenir à 161 431 tonnes en 2025. En valeur, le pic a été atteint en 2022 (1 038 millions d'euros), année marquée par la flambée des coûts de l'énergie et des matières premières.

Le retournement du solde commercial européen

L'évolution conjointe des importations et des exportations a conduit à un retournement spectaculaire du solde commercial. L'UE disposait d'un excédent de 143 millions d'euros en 2015. Ce solde positif s'est progressivement érodé au fil des années, avant de basculer en déficit de −23 millions d'euros en 2025 :

Année Exportations (M EUR) Importations (M EUR) Solde (M EUR)
2015 757 614 +143
2018 881 782 +99
2020 832 785 +47
2022 1 088 1 038 +50
2025 1 010 1 032 −23

L'indicateur de dépendance nette aux importations est ainsi passé de −2,6 % à −0,4 %, signalant un rapprochement progressif vers l'équilibre, voire un basculement vers la dépendance. Parallèlement, l'intensité commerciale est passée de 12,5 % à 15,9 %, tandis que la propension à exporter a progressé plus modestement (de 7,9 % à 8,8 %). Le marché européen s'est donc davantage ouvert aux échanges extérieurs, mais cette ouverture a surtout profité aux fournisseurs tiers.


La Chine, moteur principal de la hausse des importations européennes

L'analyse par partenaire commercial révèle une reconfiguration géographique majeure. La Chine s'est imposée comme le principal bénéficiaire de la croissance des importations européennes, tandis que les exportations se sont diversifiées vers de nouveaux marchés.

La part croissante de la Chine dans les approvisionnements européens

Parmi les principaux partenaires à l'importation, la Chine affiche la progression la plus spectaculaire :

Partenaire Importations 2015 (M EUR) Importations 2025 (M EUR) Variation
Chine 155 391 +152,0 %
Turquie 12 33 +168,0 %
Serbie 7 23 +238,3 %
Royaume-Uni 120 179 +50,0 %
États-Unis 93 128 +37,8 %
Suisse 94 105 +12,2 %
Norvège 51 41 −18,5 %

La Chine est ainsi passée de 155 millions à 391 millions d'euros d'exportations vers l'UE, soit une multiplication par 2,5. Elle s'est solidement installée en tête des fournisseurs extra-européens, avec un écart considérable vis-à-vis du deuxième partenaire (le Royaume-Uni, à 179 millions d'euros). La Turquie (+168 %) et la Serbie (+238 %) ont connu des taux de croissance encore plus rapides, mais à des niveaux absolus nettement inférieurs. En revanche, les importations en provenance de Norvège ont reculé de 18,5 %.

Une concentration accrue des importations, une diversification des exportations

L'indice de concentration HHI confirme cette évolution asymétrique :

Indicateur HHI (valeur) 2015 2025 Variation
Importations 1 577 2 045 +29,7 %
Exportations 1 346 1 084 −19,5 %

La concentration des importations a augmenté de près de 30 %, signe que les approvisionnements se sont focalisés sur un nombre plus restreint de partenaires — la Chine en tête. À l'inverse, les exportations se sont diversifiées : le HHI à l'export a baissé de 19,5 %, indiquant une répartition plus homogène des flux vers un plus grand nombre de destinations. Ce mouvement dual — concentration côté approvisionnements, diversification côté débouchés — constitue l'une des tendances structurelles les plus nettes de la période.

Des exportations européennes redirigées vers de nouveaux marchés

Côté exportations, la géographie a également évolué de manière notable :

Partenaire Exportations 2015 (M EUR) Exportations 2025 (M EUR) Variation
Royaume-Uni 217 240 +10,9 %
Suisse 132 148 +11,7 %
États-Unis 88 141 +59,9 %
Norvège 40 73 +82,9 %
Maroc 8 23 +196,7 %
Ukraine 7 19 +151,7 %
Fédération de Russie 39 31 −18,6 %

Le Royaume-Uni reste le premier débouché de l'UE (+10,9 %), suivi de la Suisse (+11,7 %). Les États-Unis ont enregistré une croissance marquée (+59,9 %), de même que la Norvège (+82,9 %) et le Maroc (+196,7 %). À l'inverse, les exportations vers la Fédération de Russie ont reculé de 18,6 %, probablement sous l'effet des sanctions économiques imposées à partir de 2022. La volatilité des flux vers ces partenaires est par ailleurs très inégale : selon les indicateurs de volatilité, le Royaume-Uni (CV = 0,13) et la Suisse (CV = 0,11) offrent des flux stables, tandis que l'Ukraine (CV = 0,49) et la Russie (CV = 0,39) sont nettement plus volatils.

Du côté des États membres, l'Allemagne domine tant à l'importation qu'à l'exportation. L'Italie a connu la plus forte hausse des importations (+129,1 %), tandis que la Belgique (+98,3 %) et l'Irlande (+124,3 %) ont également fortement accru leurs achats. À l'export, la Belgique (+70,4 %), l'Italie (+71,0 %) et la Pologne (+48,3 %) ont enregistré les progressions les plus marquées.


Hausse structurelle des prix et prédominance du segment des petits contenants

Au-delà des volumes et des flux géographiques, l'analyse des prix et de la structure segmentaire du marché révèle des tendances de fond, ponctuées par des épisodes de volatilité significatifs.

Une tendance haussière généralisée des prix unitaires

Les prix moyens ont progressé des deux côtés des échanges sur l'ensemble de la période :

Indicateur de prix 2015 Creux Pic 2025 Variation 2015–2025
Prix export (EUR/t) 3 657 3 589 (2016) 4 833 (2022) 4 535 +24,0 %
Prix import (EUR/t) 5 033 3 737 (2018) 6 942 (2022) 6 399 +27,1 %

Les prix à l'exportation ont progressé de manière quasi continue. Les prix à l'importation ont été plus volatils : ils ont connu un creux en 2018 (3 737 EUR/t), année d'afflux massif de volumes à bas prix, avant de bondir à un pic de 6 942 EUR/t en 2022. Cette flambée est vraisemblablement liée à la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières dans le contexte post-pandémique et géopolitique de 2021–2022. En 2025, les prix import demeurent à 6 399 EUR/t, soit un niveau nettement supérieur à celui de 2015.

En prix par pièce (unité supplémentaire), l'écart entre importations et exportations est également marqué : le prix import par pièce est passé de 0,156 à 0,195 EUR (+25,0 %), contre 0,108 à 0,126 EUR (+17,5 %) à l'export, ce qui reflète des importations de produits à plus forte valeur unitaire.

Le segment des petits contenants (≤ 2 L), pilier du commerce européen

La répartition par sous-catégorie révèle la prédominance écrasante du segment des contenants de petite capacité :

Segment Part importations (valeur, 2025) Part exportations (valeur, 2025)
≤ 2 L (39233010) 84,5 % 81,6 %
> 2 L (39233090) 15,5 % 18,4 %

Le segment ≤ 2 L représente plus de 80 % du commerce extérieur de l'UE. Ses importations ont progressé de 498 à 872 millions d'euros (+75,2 %) et ses exportations de 600 à 824 millions d'euros (+37,4 %). C'est donc principalement sur ce segment que s'est joué le retournement du solde commercial, les importations ayant crû deux fois plus vite que les exportations.

Le segment > 2 L présente des dynamiques différentes. Les volumes exportés en nombre de pièces ont diminué de manière marquée, passant de 536 millions à 238 millions de pièces (−55,6 %), alors que le poids exporté n'a reculé que de 20,1 % (de 48 717 à 38 902 tonnes). Cette divergence suggère une évolution vers des contenants plus lourds ou plus grands parmi les flux sortants. Parallèlement, les prix de ce segment ont fortement augmenté (de 3 230 à 4 777 EUR/t à l'export, soit +47,9 %), contribuant à maintenir la valeur des exportations malgré l'érosion des volumes.

Des chocs de prix concentrés sur la période 2022–2023

Plusieurs événements de prix atypiques ont été détectés au cours de la période :

Partenaire Type de choc Flux Année Amplitude Part dans la valeur totale
Bosnie-Herzégovine Prix Export 2022 +43,4 % 0,7 %
Norvège Prix Export 2022 +36,0 % 8,4 %
Angola Prix Export 2023 +95,2 % 1,2 %

Ces trois chocs, tous de nature tarifaire sur les exportations, se concentrent sur la période 2022–2023. Ils témoignent d'un ajustement des prix européens vers le haut dans un contexte de tensions sur les coûts de production. Le choc le plus significatif en termes d'impact commercial est celui observé sur les exportations vers la Norvège, qui représente 8,4 % de la valeur totale des exportations. Ces épisodes s'inscrivent dans la hausse généralisée des prix moyens à l'exportation, qui a culminé à 4 833 EUR/t en 2022.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des bouteilles en plastique (CN 392330) a connu trois mutations majeures. Premièrement, les importations ont progressé beaucoup plus vite que les exportations (+68 % contre +33 % en valeur), conduisant à l'effacement de l'excédent commercial européen et à un déficit de 23 millions d'euros en 2025. Deuxièmement, la Chine s'est imposée comme le principal fournisseur de l'UE (391 M EUR, +152 %), accentuant la concentration des importations (HHI +30 %) tandis que les exportations se diversifiaient (HHI −20 %). Troisièmement, les prix ont connu une hausse structurelle de 24 à 27 % selon les sens de flux, amplifiée par les chocs tarifaires de 2022–2023, sans que les volumes n'affichent une dynamique comparable.

Ces tendances s'inscrivent dans un contexte de forte expansion de la production européenne (+63 % en volume, +90 % en valeur), ce qui pourrait à terme renforcer la capacité de l'UE à répondre à la demande intérieure et à maintenir sa position sur les marchés extérieurs. Toutefois, la dépendance croissante vis-à-vis de fournisseurs asiatiques, et en particulier chinois, constitue un enjeu de vulnérabilité qu'il convient de surveiller dans un contexte de tensions géopolitiques et de transition écologique.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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