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Évolution du marché : Préparations alimentaires de farines, gruaux, semoules, amidons, fécules ou extraits de malt, ne contenant pas de cacao ou contenant < 40% en poids de cacao calculés sur une base entièrement dégraissée, n.d.a.; préparations alimentaires à base de lait, de crème de lait, de babeurre, de lait caillé, de crème caillée, de lactosérum, de yoghourt, de képhir et autres produits simil. des n° 0401 à 0404, ne contenant pas de cacao ou contenant < 5% en poids de cacao calculés sur une base entièrement dégraissée, n.d.a., pour l'alimentation des enfants, conditionnées pour la vente au détail (CN 190110) — 2015–2025


Introduction

Le code NC 190110 désigne les préparations alimentaires pour nourrissons et jeunes enfants conditionnées pour la vente au détail, à base de céréales, farines, amidons ou de produits laitiers. Ce segment, lié au code Prodcom 10.86.10.70, représente un marché de niche à forte valeur ajoutée, soumis à des exigences réglementaires strictes et à une sensibilité particulière liée à la nutrition infantile.

Sur la période 2015–2025, l'Union européenne se distingue comme un acteur structurellement exportateur de ce produit. Les échanges extra-UE révèlent une trajectoire marquée par la montée en valeur des exportations, une concentration géographique en mutation, et une autosuffisance productive affirmée. Le présent rapport s'attache à décrire et interpréter ces dynamiques à travers trois axes principaux.


I. Une croissance de la valeur exportée portée par l'inflation des prix unitaires

Les exportations de l'UE progressent en valeur tout en reculant en volume

Entre 2015 et 2025, la valeur des exportations extra-UE de préparations alimentaires pour enfants (CN 190110) a augmenté de 26,4 %, passant de 3,89 milliards € à 4,92 milliards €. Ce chiffre culminait même à 5,26 milliards € en 2022, année record sur la période (vue d'ensemble des échanges).

En parallèle, le volume exporté a diminué de 3,7 %, passant de 486 728 tonnes à 468 684 tonnes. Le pic volumique a été atteint dès 2018 (632 275 tonnes), avant une baisse régulière.

Année Valeur exportée (Mds €) Volume exporté (kt) Prix unitaire (€/kg)
2015 3,90 487 7,99
2018 4,75 632 7,51
2020 4,83 601 8,04
2022 5,26 575 9,15
2025 4,92 469 10,49

Le prix unitaire, moteur principal de la hausse de valeur

Le prix moyen à l'exportation a crû de 31,2 % sur la période, passant de 7 992 €/tonne en 2015 à 10 485 €/tonne en 2025, avec un minimum à 7 508 €/tonne en 2017. Cette hausse traduit à la fois une inflation des coûts de production (matières premières laitières, emballages, logistique) et un positionnement vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Elle a permis de compenser — et au-delà — la contraction des volumes, préservant la dynamique de recettes à l'export.

Un choc de prix observé sur plusieurs marchés en 2023

L'analyse de la volatilité met en évidence des chocs de prix significatifs à l'exportation vers certains partenaires (volatilité et chocs) :

Partenaire Type de choc Période centrale Variation de prix Anomalie
Israël Prix 2021 +33,5 % 27,4
Arabie saoudite Prix 2023 +25,0 % 24,9
Algérie Prix 2023 +22,9 % 23,5

Ces épisodes, sans équivalent en volume (pas de choc d'approvisionnement détecté), suggèrent une transmission de coûts de production plus élevés ou un repositionnement qualitatif sur ces marchés.


II. Une restructuration géographique des flux : montée de la Chine, déclin de Hong Kong, émergence de nouveaux marchés

La Chine, partenaire dominant mais dont la croissance marque le pas

La Chine est de loin le premier débouché des exportations UE de CN 190110. Sa part dans les exportations a progressé de 1,22 milliard € (2015) à 2,38 milliards € (2025), soit une hausse de 94,9 % (principaux partenaires). Toutefois, le pic a été atteint en 2022 (2,98 milliards €), et les volumes vers la Chine ont reculé de 119 274 à 149 790 tonnes entre 2015 et 2025, après un maximum de 261 941 tonnes en 2018. Cette dynamique reflète probablement la politique chinoise de développement de la production domestique de lait infantile, ainsi que des ajustements réglementaires et des crises de confiance ponctuelles.

L'effondrement des exportations vers Hong Kong

Le cas de Hong Kong est frappant : les exportations ont chuté de 766 millions € en 2015 à 216 millions € en 2025 (−71,9 %). Les volumes ont suivi une trajectoire similaire, passant de 39 068 à 13 277 tonnes. Hong Kong servait historiquement de plaque tournante pour la réexportation vers la Chine continentale ; le déclin traduit vraisemblablement la réorientation directe des flux vers la Chine et la restructuration des circuits de distribution.

Une diversification vers des marchés émergents et moyen-orientaux

Plusieurs marchés ont émergé ou renforcé leur position :

Partenaire 2015 (M€) 2025 (M€) Évolution
Turquie 85,9 140,0 +63,1 %
Iraq 37,1 124,7 +236,1 %
Royaume-Uni 225,1 265,0 +17,7 %
Pologne (export) 79,2 224,6 +183,8 %
Espagne (export) 129,4 212,2 +64,0 %

La catégorie « Autres partenaires » a progressé de 1,09 milliard € à 1,55 milliard €, signalant une diversification réelle des débouchés au-delà des marchés traditionnels. L'Iraq, en particulier, est passé d'un flux marginal à plus de 124 millions €, avec des volumes multipliés par 2,5.

Sur le front des importations, des volumes en repli et une géographie en mutation

Les importations extra-UE de CN 190110 restent très modestes en comparaison des exportations : 38,7 millions € en 2025, contre 57,9 millions € en 2015 (−33,1 %). Les volumes importés ont même chuté de 58 %, passant de 10 138 à 4 258 tonnes (principaux partenaires à l'import).

La Suisse, premier fournisseur en 2015 (37,1 millions €), a vu ses ventes vers l'UE s'effondrer à 8,8 millions € en 2025 (−76,2 %). En revanche, la Nouvelle-Zélande a connu une progression spectaculaire : de 0,5 million € à 12,4 millions € (+2 453 %), devenant le premier fournisseur en 2025. La Turquie (1,4 million €) et l'Algérie (2,3 millions €, données intermittentes) ont également émergé.

L'indice de concentration Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations a baissé de 5 081 à 2 677 (−47,3 %), indiquant une diversification significative des sources d'approvisionnement, réduisant la dépendance vis-à-vis de la Suisse.


III. Une autonomie productive consolidée et des spécialisations nationales contrastées

L'UE, super-exportateur net de préparations pour enfants

L'indicateur de dépendance nette aux importations est profondément négatif (−620 % en 2025), signifiant que l'UE exporte très au-delà de ce qu'elle importe (autonomie et vulnérabilité). Cette situation s'est même aggravée au fil de la période : en 2015, l'indicateur était de −69 %, avant de plonger à des niveaux extrêmes (jusqu'à −77 270 % en 2019, année de volumes d'exportations très élevés et de faibles importations).

L'export propensity (part de la production exportée) a doublé, passant de 41,9 % en 2003 à 86,8 % en 2024, confirmant l'orientation structurellement exportatrice de l'industrie européenne de ce segment (export propensity).

Une production européenne en forte expansion

Les données de production (Prodcom 10.86.10.70) montrent une trajectoire ascendante marquée :

Indicateur ~2015 ~2025 Évolution
Quantité produite (kt) 907 1 000 +10,3 %
Valeur de production (Mds €) 4,05 5,50 +35,8 %
Prix moyen de production (€/kg) 4,47 5,50 +23,0 %

La production a connu un pic à 1,5 million de tonnes et 6,3 milliards € autour de 2017–2018, avant de se stabiliser à des niveaux plus modérés mais néanmoins supérieurs à ceux du début de période.

Des spécialisations nationales très disparates

L'analyse de l'avantage comparatif révélé (RCA) en 2025 montre une concentration géographique de la production au sein de l'UE (spécialisation) :

État membre RCA RSCA Part dans la production EU
Irlande 5,15 0,68 10,8 %
Danemark 2,35 0,40 4,0 %
France 2,29 0,39 17,9 %
Allemagne 1,28 0,12 27,1 %
Pologne 1,15 0,07 7,6 %

L'Irelande détient le RCA le plus élevé (5,15), traduisant une hyperspécialisation dans ce segment, vraisemblablement portée par les grands groupes laitiers et infant nutrition implantés sur son territoire. La France et l'Allemagne, bien que moins spécialisées en termes relatifs, dominent en volume absolu de production.

À l'inverse, l'Italie (RCA 0,006), la Bulgarie, le Luxembourg et la Slovaquie sont structurellement non-spécialisés, avec une production marginale.

Les Pays-Bas, hub logistique dominant à l'exportation

Les Pays-Bas sont de loin le premier État membre exportateur de CN 190110 vers les pays tiers, avec 2,09 milliards € en 2025 (soit 42,4 % des exportations UE), en progression de 29,2 % par rapport à 2015 (principaux reporters à l'export). Cette position reflète le rôle de hub logistique et de réexportation des Pays-Bas (port de Rotterdam, zones franches).

L'Allemagne a connu la plus forte progression (+208,3 %, de 268 à 827 millions €), tandis que l'Irlande a vu ses exportations chuter de 53,2 % (de 981 à 459 millions €), suggérant un déclin de sa base productive ou une réorientation des flux via d'autres pays.

L'HHI des exportations augmente, signalant une concentration croissante des débouchés

Alors que les importations se diversifient, l'indice HHI des exportations a augmenté de 62,9 % (de 1 505 à 2 453), traduisant une concentration accrue des débouchés autour de la Chine et de quelques marchés clés (concentration HHI). La part de la Chine seule représente près de 48 % de la valeur totale des exportations en 2025, ce qui constitue un risque de dépendance pour la filière européenne.


Conclusion

Le marché européen des préparations alimentaires pour enfants (CN 190110) a connu sur la période 2015–2025 une transformation profonde. Malgré une contraction des volumes échangés, la valeur des exportations a progressé de plus d'un quart, tirée par une hausse soutenue des prix unitaires. La Chine s'est imposée comme le débouché dominant, tandis que Hong Kong a perdu son rôle de hub de réexpédition et que de nouveaux marchés — Turquie, Iraq, Royaume-Uni — se sont consolidés.

L'UE demeure un super-exportateur net, avec une autosuffisance productive forte et une propension à l'exportation qui atteint près de 87 % de la production. Cependant, la concentration croissante des exportations vers un nombre réduit de partenaires (HHI en hausse) constitue un facteur de vulnérabilité stratégique, notamment vis-à-vis d'éventuels changements réglementaires ou politiques en Chine.

La restructuration des spécialisations nationales au sein de l'UE — avec l'essor de l'Allemagne et le recul de l'Irlande — ainsi que la diversification des sources d'importation (émergence de la Nouvelle-Zélande) dessinent un paysage concurrentiel en mutation, où l'adaptation aux exigences des marchés émergents et la maîtrise des coûts de production seront déterminantes pour maintenir la compétitivité européenne sur ce segment stratégique.

Généré le 2026-08-04. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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