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Évolution du marché : Graisses de porc et volailles (CN 1501) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne pour les graisses de porc et de volailles (code combiné 1501) sur la période 2015-2025. Les données révèlent une transformation profonde du marché, passant d'un excédent commercial structurel à un déficit, sous l'effet d'une croissance exceptionnelle des importations. Cette période est marquée par une forte hausse des prix, une restructuration des partenaires commerciaux et une exposition accrue à des chocs de prix. L'analyse s'appuie sur les indicateurs clés de valeur, volume, prix, concentration et vulnérabilité pour en dresser un panorama complet.

1. Une dynamique d'importations hétérogène mais globalement explosive

La période 2015-2025 se caractérise par une progression vertigineuse des importations de graisses de porc et volailles, transformant radicalement la position commerciale de l'UE.

La valeur des importations a été multipliée par près de dix

Entre 2015 et 2025, la valeur totale des importations de l'UE pour le code 1501 a connu une augmentation de 904,9%, passant de 7,1 millions d'euros à 71,1 millions d'euros (Vue d'ensemble du commerce). Cette croissance spectaculaire est tirée par une hausse à la fois des volumes (+445,5% en quantité, passant de 13 296 à 72 528 tonnes) et des prix unitaires (+84,2%).

L'Ukraine et le Royaume-Uni sont devenus les principaux fournisseurs

L'analyse des partenaires montre une concentration des flux entrants sur deux pays principaux. Les importations en provenance d'Ukraine ont explosé (+3 159,7% en valeur), passant d'environ 0,9 million à 30,4 millions d'euros, en faisant le premier fournisseur extra-UE en 2025 (Partenaires principaux par valeur). Le Royaume-Uni, autre partenaire clé, a également vu ses exportations vers l'UE progresser fortement (+539,9%) pour atteindre 30,4 millions d'euros. À l'inverse, d'autres partenaires comme la Norvoye ont vu leurs parts s'effondrer (-98,2%).

La croissance est portée principalement par les graisses de volailles et le saindoux

Le détail par sous-produit confirme une hétérogénéité. Les graisses de volailles (150190) représentent le segment le plus dynamique, avec des importations passant de 3,4 millions à 56,2 millions d'euros. Le saindoux (150110) a également connu une forte croissance, passant d'une valeur de 1,4 à 5,9 millions d'euros. En volume, ces deux catégories ont connu des hausses respectives de +681% et +283%. La graisse de porc (hors saindoux, 150120) a une trajectoire plus erratique, mais sa valeur a fini par quadrupler (Ventilation par segment de produit).

2. Une restructuration profonde des échanges et de la géographie commerciale

Au-delà de la simple croissance, la période 2015-2025 a vu s'opérer un rééquilibrage et une diversification des structures d'échange.

Le passage d'un excédent à un déficit commercial chronique

La conséquence directe de la poussée des importations est le basculement du solde commercial. En 2015, l'UE était excédentaire de 36,5 millions d'euros. En 2025, elle est déficitaire de 7,9 millions d'euros, une variation de -121,7% (Vue d'ensemble du commerce). La dépendance nette aux importations est ainsi passée de -6,2% à -1,4%, montrant un rétrécissement de l'avantage autarcique.

Le Royaume-Uni demeure le pilier des exportations, mais des marchés émergent

Côté exportations, la valeur a progressé de 44,9% (de 43,6 à 63,2 M€), masquant une baisse des volumes (-21,0%). Le Royaume-Uni reste le premier client par loin, absorbant plus de la moitié de la valeur exportée avec une progression de 43,5%. Cependant, la croissance la plus forte est observée sur des marchés comme la Serbie (+728,0%) ou la Suisse (+330,5%). Les exportations vers des marchés traditionnels comme Cuba ont en revanche reculé (-40,1%) (Partenaires principaux par valeur - exportations).

Une concentration des échanges qui reste modérée mais évolue

L'Indice de Herfindahl-Hirschman (HHI), mesurant la concentration, offre des enseignements contrastés. Pour les importations, il a baissé de 4 845 à 3 736, indiquant une diversification des sources d'approvisionnement, même si la concentration reste élevée (Concentration et HHI). Pour les exportations, le HHI est resté stable autour de 3 150, confirmant la dominance du Royaume-Uni. En interne de l'UE, le Danemark, la France et la Pologne apparaissent comme les membres les plus spécialisés dans ce secteur (Spécialisation des membres).

3. Un marché exposé à des volatilités fortes et des chocs de prix

La période a été caractérisée par une forte instabilité des prix, mettant en lumière des vulnérabilités structurelles.

Une hausse généralisée et rapide des prix

Les prix moyens à l'exportation ont presque doublé sur la période, passant de 914 à 1 677 EUR/tonne (+83,4%). À l'importation, la hausse a été similaire (+84,2%). Cette inflation a touché tous les segments de produits, avec des pics marqués, notamment pour les graisses de volailles dont le prix d'exportation a culminé à 2 249 EUR/tonne en 2022 (Vue d'ensemble du commerce).

Des partenaires commerciaux aux trajectoires très volatiles

L'analyse de la volatilité (coefficient de variation) montre que certains flux sont extrêmement instables. Les importations en provenance de Russie (CV=1,82) ou de Turquie (CV=1,60) et les exportations vers le Chili (CV=1,98) ou les Philippines (CV=1,35) présentent une variabilité très élevée, reflétant des relations commerciales sensibles aux chocs géopolitiques ou sanitaires (Volatilité des échanges).

Un événement de choc de prix marquant sur les exportations vers Hong Kong

En 2022, un événement de choc de prix ("supply shock") a été détecté sur les exportations vers Hong Kong. Le prix a connu une augmentation anormale de 63,8%, avec un score d'anormalité de 9,0. Cet événement a eu un impact significatif, représentant 4,7% de la valeur totale des exportations cette année-là (Événements de chocs). Il illustre la sensibilité du marché à des pics de demande ou à des ruptures logistiques ponctuelles.

Conclusion

La période 2015-2025 a été transformatrice pour le marché européen des graisses de porc et de volailles. Le trait dominant a été la croissance exponentielle des importations, portée par l'Ukraine et le Royaume-Uni, qui a fait basculer l'UE d'une position d'excédent net à un déficit commercial. Cette évolution s'est accompagnée d'une hausse générale des prix et d'une exposition accrue à la volatilité et à des chocs sur des marchés spécifiques. Malgré ces tensions, le secteur a fait preuve de résilience, avec une production intracommunautaire en légère progression (+11,4% en volume). L'enjeu pour les prochaines années sera de gérer cette dépendance renforcée aux importations tout en maintenant la compétitivité de ses exportations sur un marché globalisé et instable.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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