Évolution du marché : Dispositifs générateurs de rayons X, autres que tubes à rayons X, générateurs de tension, pupitres de commande, écrans, tables, fauteuils et supports simil. d'examen ou de traitement, ainsi que les parties et accessoires des appareils du n° 9022, n.d.a. (CN 902290) — 2015–2025
Introduction
Le code NC 902290 constitue une position résidive au sein du chapitre 9022, qui regroupe l'ensemble des appareils à rayons X et aux radiations ionisantes. Il couvre d'une part les dispositifs générateurs de rayons X autres que les tubes et générateurs de tension classiques, d'autre part les parties et accessoires des appareils de la position 9022. Ce positionnement en « n.d.a. » (non dénommé ailleurs) en fait un agrégat hétérogène, ce qui rend l'analyse de ses dynamiques d'autant plus révélatrice des mutations structurelles du secteur.
La période 2015–2025 est marquée par plusieurs mouvements concomitants : la montée en puissance de la Chine à la fois comme fournisseur et comme débouché pour l'Union européenne, une recomposition profonde de la nature des produits échangés au sein de cette position, et une pression concurrentielle croissante qui érode progressivement l'excédent commercial européen, sans pour autant remettre en cause le statut de l'UE comme acteur majeur de ce marché mondial. Le présent rapport s'appuie sur les données d'ensemble du commerce extérieur de l'UE, les données par partenaire et les données par État membre pour dresser un panorama complet de cette évolution.
1. Un excédent commercial en érosion : le basculement d'un rapport de force historiquement favorable
La valeur des exportations progresse, mais les volumes stagnent
Entre 2015 et 2025, les exportations de l'UE vers le reste du monde au titre du code 902290 sont passées de 1 566,8 M€ à 1 774,3 M€, soit une hausse de +13,2 % en valeur. Toutefois, cette progression masque une réalité plus nuancée du côté des volumes : la quantité exportée a reculé de 10 705 à 9 835 tonnes, soit une baisse de -8,1 % sur la période. L'explication réside dans la dynamique des prix unitaires moyens à l'exportation, qui ont augmenté de 146 354 €/t à 180 339 €/t (+23,2 %). L'UE exporte donc moins de tonnes, mais à un prix unitaire plus élevé, ce qui traduit une montée en gamme de l'offre européenne — les composants et accessoires à haute valeur ajoutée remplaçant progressivement les dispositifs complets à plus faible marge.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Valeur exportations (M€) | 1 566,8 | 1 774,3 | +13,2 % |
| Quantité exportations (t) | 10 705 | 9 835 | −8,1 % |
| Prix unitaire export (€/t) | 146 354 | 180 339 | +23,2 % |
(Source : Vue d'ensemble du commerce)
Les importations croissent à un rythme bien supérieur
Le contraste avec les importations est saisissant. En valeur, elles sont passées de 887,1 M€ à 1 257,3 M€ (+41,7 %), et en quantité, de 6 864 à 13 496 tonnes (+96,6 %). Les volumes importés ont donc quasiment doublé en une décennie. Surtout, le prix unitaire moyen à l'importation a baissé de 129 226 €/t à 93 137 €/t (−27,9 %). Cette divergence — hausse des prix à l'exportation et baisse des prix à l'importation — est le signe que l'UE s'approvisionne de plus en plus auprès de fournisseurs à bas coût, tout en orientant ses propres exportations vers des segments à plus forte valeur ajoutée.
L'excédent commercial se réduit de manière continue
Le solde commercial, historiquement très excédentaire, est passé de +679,7 M€ en 2015 à +517,0 M€ en 2025, soit une réduction de -23,9 %. Le point le plus bas a été atteint en 2023 à +436,9 M€. La net import reliance, qui mesure la dépendance nette aux importations, est passée de −665 % en 2003 à −55 % en 2025, confirmant que l'UE reste structurellement exportatrice mais que l'écart se referme progressivement.
| Année | Solde commercial (M€) |
|---|---|
| 2015 | +679,7 |
| 2017 | +658,9 |
| 2019 | +573,4 |
| 2021 | +635,7 |
| 2023 | +436,9 |
| 2025 | +517,0 |
2. L'ascension chinoise au cœur de la reconfiguration des échanges
La Chine, désormais premier fournisseur de l'UE en valeur
L'évolution la plus spectaculaire de la période concerne les importations en provenance de Chine. En 2015, la Chine ne représentait que 87,3 M€ de fournitures vers l'UE (quatrième rang). En 2025, elle culmine à 398,8 M€, soit une progression de +356,9 % qui en fait le premier fournisseur devant les États-Unis (335,6 M€). Cette trajectoire est quasiment ininterrompue : les importations depuis la Chine ont été multipliées par 4,6 en une décennie, avec une accélération particulièrement marquée entre 2020 et 2022, période coïncidant avec la pandémie de Covid-19 et la relance des investissements hospitaliers mondiaux.
| Partenaire (importations) | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Chine | 87,3 | 398,8 | +356,9 % |
| États-Unis | 376,0 | 335,6 | −10,7 % |
| Royaume-Uni | 149,0 | 120,2 | −19,3 % |
| Inde | 14,4 | 34,8 | +142,3 % |
| Corée du Sud | 26,6 | 65,8 | +147,6 % |
| Japon | 102,5 | 88,4 | −13,8 % |
| Suisse | 45,5 | 40,9 | −10,1 % |
(Source : Partenaires commerciaux)
La Chine, également un débouché en forte croissance pour les exportations européennes
En parallèle, la Chine est devenue le deuxième marché d'exportation de l'UE pour le code 902290, derrière les États-Unis. Les exportations européennes vers la Chine ont bondi de 186,2 M€ à 437,8 M€ (+135,1 %), dépassant désormais le Royaume-Uni (113,1 M€) et se rapprochant des États-Unis (560,0 M€). Cette dynamique bilatérale — hausse simultanée des échanges dans les deux sens — traduit une intégration croissante des chaînes de valeur sino-européennes dans le domaine des équipements à rayons X, la Chine exportant des pièces et sous-ensembles à moindre coût tout en important des composants de haute technologie européens.
Une diversification des sources d'importation, mais une concentration des débouchés à l'exportation
L'indice de concentration HHI des importations a baissé de 2 376 à 1 973 (−16,9 %), ce qui indique un désengagement progressif de la dépendance envers les fournisseurs historiques au profit d'une géographie plus diversifiée. En revanche, l'HHI des exportations est resté relativement stable (1 674 → 1 713), les États-Unis captant toujours près de 32 % de la valeur totale exportée par l'UE.
La Corée du Sud (+147,6 %), l'Inde (+142,3 %) et Israël (dont les importations vers l'UE ont bondi de 15,5 M€ à 41,1 M€) figurent parmi les partenaires émergents. Côté exportations, le déclin du Japon (−49,3 %, de 131,9 M€ à 66,9 M€) et du Royaume-Uni (−33,4 %, de 169,9 M€ à 113,1 M€) contraste avec la progression de l'Inde (+30,2 %) et de Singapour (+33,0 %), suggérant un rééquilibrage géographique des débouchés européens vers l'Asie du Sud et du Sud-Est.
Les chocs ponctuels révèlent des fragilités
L'analyse de volatilité met en évidence plusieurs événements remarquables. Les importations depuis le Royaume-Uni ont connu un choc de prix en 2018 (prix unitaire multiplié par 2,06 par rapport à la baseline, avec un effondrement des volumes à −32,3 %), probablement lié aux incertitudes liées au Brexit. Les importations depuis l'Inde ont connu un choc de prix similaire en 2022 (prix +43,9 %, normalité de 19,2), coïncidant avec la forte hausse de la demande mondiale d'équipements médicaux post-Covid. Côté exportations, la Turquie a connu un choc de prix en 2018 (prix +28,8 %, normalité de 68,3, l'événement le plus anormal détecté), et l'Arabie saoudite un choc encore plus violent en 2021 (prix +115,2 % avec un effondrement des volumes à −48,4 %).
3. La domination croissante des pièces et accessoires face au déclin des dispositifs complets
Une bifurcation structurelle au sein du code 902290
Le code 902290 agrège deux sous-positions distinctes : le 90229020 (pièces et accessoires d'appareils à rayons X) et le 90229080 (dispositifs générateurs de rayons X, générateurs de tension, pupitres de commande, écrans, tables, fauteuils et supports, ainsi que parties et accessoires n.d.a.). Les données segmentaires disponibles à partir de 2017 révèlent une divergence radicale entre ces deux catégories.
Les pièces et accessoires (90229020) : le moteur de la croissance des importations
Les importations de pièces et accessoires (90229020) ont littéralement explosé : la quantité est passée de 4 685 tonnes en 2017 à 12 116 tonnes en 2025 (+158,6 %), et la valeur de 659,0 M€ à 1 064,8 M€ (+61,6 %). Le prix unitaire moyen a cependant baissé de 140 639 €/t à 87 874 €/t (−37,5 %), ce qui confirme que la croissance est tirée par des volumes importés à prix décroissant, vraisemblablement en provenance de Chine et d'Asie.
| Segment | 2017 (t) | 2025 (t) | 2017 (M€) | 2025 (M€) | Prix 2017 (€/t) | Prix 2025 (€/t) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 90229020 — Pièces et accessoires | 4 685 | 12 116 | 659,0 | 1 064,8 | 140 639 | 87 874 |
| 90229080 — Dispositifs et n.d.a. | 2 699 | 1 381 | 264,7 | 192,7 | 98 059 | 139 460 |
(Source : Décomposition par segment de produit)
Les dispositifs complets (90229080) : un segment en contraction
À l'inverse, les importations de dispositifs complets (90229080) ont reculé de 2 699 à 1 381 tonnes (−48,8 %) en quantité, et de 264,7 M€ à 192,7 M€ (−27,2 %) en valeur. Le prix unitaire a cependant augmenté de 98 059 €/t à 139 460 €/t (+42,2 %), suggérant que les rares équipements complets encore importés sont des produits de gamme supérieure ou des appareils spécialisés.
Le même schéma se retrouve côté exportations : les pièces et accessoires (90229020) ont crû de 5 546 à 8 041 tonnes (+45,0 %) et de 1 021 M€ à 1 562 M€ (+53,0 %), tandis que les dispositifs complets (90229080) ont reculé de 3 490 à 1 794 tonnes (−48,6 %) et de 562 M€ à 213 M€ (−62,1 %). L'UE se spécialise donc clairement dans l'exportation de composants à haute valeur ajoutée.
Une production européenne en progression mais à la fiabilité variable
Les données de production de l'UE montrent une valeur passée d'environ 1 069 M€ en 2015 à 1 417 M€ en 2024 (estimation), soit une progression d'environ +33 %. Cependant, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence : les données de production sont entachées d'estimations et d'arrondis pour plusieurs années, et les volumes physiques ne sont pas disponibles. L'Allemagne domine largement la production européenne, avec une part de 36,8 % de la production de l'UE en 2025, suivie par la France (19,1 %) et les Pays-Bas (16,5 %). Finlande et France affichent les indices de spécialisation comparée révélée (RSCA) les plus élevés, à respectivement 0,49 et 0,42, confirmant leur positionnement de niche dans ce secteur.
L'Allemagne, colonne vertébrale du commerce intra-européen et extra-européen
L'Allemagne cumule les premières positions tant à l'importation qu'à l'exportation. En 2025, elle représente 480,8 M€ d'importations (+48,9 % vs 2015) et 907,7 M€ d'exportations (+16,8 % vs 2015), soit près de la moitié des exportations extra-européennes de l'UE dans ce segment. La France, les Pays-Bas et la Belgique complètent le quatuor des principaux États membres actifs, avec des évolutions contrastées : les Pays-Bas affichent une croissance vigoureuse à l'importation (+71,5 %), tandis que la France connaît un léger recul de ses exportations (−17,8 %).
Conclusion
Le marché des dispositifs générateurs de rayons X et de leurs parties et accessoires (CN 902290) a connu une transformation profonde entre 2015 et 2025. L'Union européenne conserve un solde commercial structurellement excédentaire, mais celui-ci s'est réduit d'un quart en valeur, sous l'effet d'une croissance des importations (+41,7 %) nettement plus rapide que celle des exportations (+13,2 %).
Trois dynamiques majeures expliquent cette évolution :
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La montée en puissance de la Chine, devenue à la fois le premier fournisseur et le second débouché de l'UE, avec des échanges bilatéraux qui dépassent désormais 800 M€ par an. Cette intégration sino-européenne s'inscrit dans une logique de spécialisation ascendante de la Chine dans les composants et accessoires à prix compétitifs.
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La recomposition segmentaire du code 902290, avec un basculement massif vers les pièces et accessoires (90229020), qui représentent désormais plus de 80 % des importations en valeur, au détriment des dispositifs complets (90229080). L'UE se positionne de plus en plus comme un assembleur et intégrateur de haute technologie, important des sous-ensembles à moindre coût et exportant des composants à forte valeur ajoutée.
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Le maintien d'une base industrielle européenne solide mais concentrée, dominée par l'Allemagne, la France et les Pays-Bas, avec une production estimée en progression mais dont la trajectoire précise reste partiellement incertaine en raison de la qualité des données disponibles.
L'enjeu pour les prochaines années réside dans la capacité de l'UE à maintenir sa compétitivité sur les segments à haute valeur ajoutée, alors que la pression concurrentielle venue d'Asie — et notamment de Chine et de Corée du Sud — continue de s'intensifier sur les composants intermédiaires.