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Évolution du marché : Chandails en laine (CN 611011) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne (UE) pour les chandails, pull-overs, cardigans et articles similaires en laine (code douanier 611011) entre 2015 et 2025. Ce secteur, englobant les vêtements en bonneterie pour hommes, femmes et enfants, a connu des transformations profondes au cours de la décennie écoulée. L'analyse s'appuie sur les données du Tableau de bord du commerce pour dégager les dynamiques majeures en termes de volumes, de valeurs, de partenaires commerciaux et de structure du marché.

1. Une croissance de la valeur tirée par la hausse des prix, malgré des volumes en stagnation

1.1. La valeur des échanges a plus que doublé, portée par une forte appréciation des prix

Entre 2015 et 2025, la valeur totale des exportations de l'UE en chandails en laine a bondi de 495 millions d'euros à plus d'1 milliard d'euros (+102,5%), tandis que la valeur des importations a progressé de 616 à 892 millions d'euros (+44,8%). Cette forte croissance de la valeur n'est pas due à une augmentation des volumes, mais à une hausse spectaculaire des prix moyens. Le prix à l'exportation par tonne a été multiplié par 2,1 (de 109 703 €/t à 231 415 €/t). Par pièce exportée, le prix moyen a plus que doublé, passant de 41 € à 98 €. Du côté des importations, la hausse des prix est plus modérée (+5,2% par tonne).

1.2. Les volumes physiques ont connu des trajectoires divergentes selon le flux

Contrairement à la valeur, la masse physique (en tonnes) des échanges est restée relativement stable, voire en léger déclin pour les exportations. Les exportations en tonnes ont légèrement baissé (-4%), tandis que les importations ont augmenté de 37,5%. En revanche, en nombre de pièces (l'unité complémentaire), la tendance est inversée : les exportations en pièces ont reculé de 12 à 10 millions (-15,6%), alors que les importations ont augmenté de 35 à 46 millions (+30%). Cela suggère un épaississement des articles importés (plus de poids par pièce) ou des modifications dans la composition des produits.

1.3. L'UE est passée d'une position déficitaire à excédentaire

Le solde commercial de l'UE pour ce produit a connu un renversement spectaculaire. Déficitaire de 121 millions d'euros en 2015, il est devenu excédentaire de 111 millions d'euros en 2025. Ce basculement est principalement dû à la progression fulgurante de la valeur des exportations, qui a largement dépassé celle des importations. Le taux de dépendance nette aux importations est ainsi passé de +1,8% à -36,1%, indiquant que l'UE exporte désormais bien plus qu'elle n'importe.

2. Une concentration des importations et une spécialisation marquée de certains États membres

2.1. La Chine demeure le partenaire dominant, mais les fournisseurs asiatiques émergents progressent fortement

La Chine reste de loin le premier fournisseur de l'UE, représentant 473 millions d'euros d'importations en 2025, soit plus de la moitié du total. Cependant, la plus forte progression est le fait de partenaires comme le Bangladesh (+127,1%), le Cambodge (+139,2%) et la Turquie (+50,5%). À l'inverse, les importations depuis le Royaume-Uni ont chuté de 40,8%, probablement sous l'effet du Brexit. Cette géographie des approvisionnements est concentrée, comme en témoigne l'indice HHI des importations par valeur, qui est passé de 2 831 à 3 021.

2.2. L'Italie domine les exportations de l'UE, suivie par la France dont la part explose

À l'exportation, l'Italie est le premier exportateur de l'UE, avec des ventes à l'étranger de plus de 500 millions d'euros. La progression la plus remarquable est celle de la France, dont les exportations ont bondi de 62 à 234 millions d'euros (+276%), la propulsant au deuxième rang. Les États-Unis sont devenus la première destination, avec une valeur multipliée par trois (de 51 à 152 millions d'euros). Le Royaume-Uni reste un partenaire clé mais stable. L'indice HHI des exportations par valeur a diminué, passant de 1 193 à 876, indiquant une légère diversification des destinations.

2.3. La production de l'UE a chuté, mais certains pays conservent une forte spécialisation

Les données de production de l'UE (volumes en pièces) montrent un effondrement de 372 millions à 33 millions de pièces entre 2015 et 2025 (-91%). Cette baisse vertigineuse peut refléter à la fois une contraction du secteur et des changements dans le périmètre de déclaration. Malgré cela, certains États membres conservent un avantage comparatif. En 2025, selon l'indice RSCA (Spécialisation), la Bulgarie (RSCA = 0,59), l'Italie (0,57) et le Danemark (0,45) sont les plus spécialisés dans la production et l'exportation de ces articles.

3. Des marchés d'exportation stables mais une vulnérabilité accrue face aux chocs

3.1. Une volatilité modérée des flux, à l'exception notable des échanges avec le Royaume-Uni et la Chine

L'analyse de la volatilité des flux (coefficient de variation) révèle que les partenaires traditionnels comme la Suisse (CV = 0,08) ou les États-Unis (0,09) offrent des échanges très stables à l'exportation. Cependant, les échanges avec le Royaume-Uni (CV = 0,98 aux importations) et la Chine (CV = 0,91 aux exportations) sont bien plus erratiques, ce qui peut constituer un facteur de risque.

3.2. Des chocs de prix ponctuels ont marqué la période, notamment avec le Royaume-Uni et la Turquie

L'identification des chocs met en lumière des événements marquants :

  • 2021, importations depuis le Royaume-Uni : un choc de prix majeur (abnormalité de 19,3) avec une hausse de 146,2%, coïncidant probablement avec les ajustements post-Brexit.
  • 2019, exportations vers la Suisse : un pic de prix (hausse de 45,2%).
  • 2022, importations depuis la Turquie : une forte hausse des prix (61,6%).

3.3. L'UE a renforcé son autonomie et sa propension à l'exportation

Plusieurs indicateurs montrent une évolution structurelle de l'UE sur ce produit. La propension à exporter a littéralement explosé, passant de 0,8% à 136,7%. Cela signifie que l'UE est passée d'une situation où elle exportait une fraction marginale de sa production à une situation où ses exportations dépassent sa production apparente. Le taux d'intensité commerciale a également bondi, de 3,5% à 117,5%, confirmant le caractère profondément internationalisé de ce secteur.

Conclusion

La période 2015-2025 a été marquée, pour le secteur des chandails en laine (CN 611011), par une montée en gamme et une hausse des prix, qui ont plus que compensé la stagnation des volumes physiques. L'UE a consolidé sa position, passant d'un déficit commercial à un excédent confortable, portée par des exportations italiennes et françaises dynamiques vers les États-Unis et la Suisse. Néanmoins, le paysage reste dominé par la Chine à l'importation, et des chocs de prix importants, notamment liés au Brexit, rappellent la vulnérabilité du secteur aux perturbations géopolitiques et commerciales. La chute spectaculaire de la production déclarée dans l'UE interroge sur l'évolution réelle du tissu industriel, même si des pays comme l'Italie et la Bulgarie conservent des avantages comparatifs nets.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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