Évolution du marché : Uranium enrichi en U 235 et ses composés; plutonium et ses composés; alliages, dispersions - y.c. les cermets -, produits céramiques et mélanges renfermant de l'uranium enrichi en U 235, du plutonium ou des composés de ces produits [Euratom] (CN 284420) — 2015–2025
Introduction
Le code douanier 284420 regroupe des produits d'une importance stratégique majeure pour le secteur énergétique européen : l'uranium enrichi en U 235 et ses composés, le plutonium et ses composés, ainsi que les alliages, dispersions, cermets, produits céramiques et mélanges associés, soumis au régime Euratom. Ces produits constituent la matière première indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires, et leur commerce est encadré par des réglementations strictes en matière de sûreté et de non-prolifération.
La période 2015–2025 a été marquée par des transformations profondes du paysage géopolitique mondial, dont les répercussions se sont répercutées directement sur les flux commerciaux de ces matières fissiles. L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, l'adoption progressive de sanctions commerciales par l'Union européenne, la relance des programmes nucléaires dans plusieurs pays et la montée en puissance des prix de l'énergie ont tous contribué à reconfigurer les routes d'approvisionnement et les rapports de force du marché.
Ce rapport propose une analyse détaillée de l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne avec les pays tiers pour le code 284420, en s'appuyant sur les données annuelles de la période 2015–2025. Il s'attache à identifier les dynamiques structurelles, les reconfigurations géographiques et les chocs de prix qui ont façonné ce marché au cours de la dernière décennie.
Pour plus de détails sur le périmètre et les définitions du code, se reporter à la vue d'ensemble du produit.
1. De l'importateur net au géant exportateur : la mutation commerciale de l'UE
1.1. L'UE est passée d'un déficit commercial structurel à un excédent massif
Au début de la période analysée, l'Union européenne présentait un profil d'importateur net de matières fissiles enrichies. En 2015, les importations s'élevaient à 1 223 M€ contre 1 154 M€ d'exportations, soit un déficit commercial de 69 M€. Ce déséquilibre s'est maintenu — voire accentué — entre 2016 et 2020, avec un écart persistant entre les flux entrants et sortants.
Le tournant s'opère à partir de 2021, lorsque les exportations décollent franchement tandis que les importations progressent à un rythme beaucoup plus modéré. En 2024, les exportations atteignent un sommet historique de 5 310 M€, tandis que les importations plafonnent à 1 654 M€, créant un excédent record de 3 656 M€. Sur l'ensemble de la période, la balance commerciale est ainsi passée de -69 M€ à +2 385 M€, soit une amélioration de plus de 3 500 %.
| Année | Exportations (M€) | Importations (M€) | Balance (M€) |
|---|---|---|---|
| 2015 | 1 154 | 1 223 | -69 |
| 2016 | 1 192 | 1 147 | 45 |
| 2017 | 1 128 | 992 | 136 |
| 2018 | 1 193 | 967 | 226 |
| 2019 | 1 575 | 862 | 712 |
| 2020 | 1 308 | 753 | 555 |
| 2021 | 1 531 | 843 | 688 |
| 2022 | 2 531 | 1 223 | 1 307 |
| 2023 | 3 139 | 1 483 | 1 656 |
| 2024 | 5 310 | 1 654 | 3 656 |
| 2025 | 4 023 | 1 638 | 2 385 |
(Sources : vue d'ensemble du commerce)
1.2. La hausse des exportations repose à la fois sur des volumes croissants et une flambée des prix unitaires
L'analyse de la décomposition valeur/volume/prix permet de comprendre les moteurs de cette transformation. Du côté des exportations, la valeur totale a crû de 248,6 % entre 2015 et 2025. Cette progression résulte de deux facteurs combinés :
- Les quantités exportées ont augmenté de 55,9 %, passant de 1 324 tonnes à 2 063 tonnes, avec un pic à 2 942 tonnes en 2024.
- Les prix unitaires ont plus que doublé (+123,6 %), passant de 871 931 €/t à 1 949 796 €/t, avec une accélération notable à partir de 2022.
Du côté des importations, l'évolution est nettement plus modérée : la valeur a progressé de 33,9 % sur la période (+18,2 % en volume, +13,3 % en prix unitaire). Les quantités importées ont même connu une forte baisse depuis 2016 (3 832 tonnes) jusqu'en 2024 (734 tonnes), avant un rebond à 1 303 tonnes en 2025.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Valeur exportations (M€) | 1 154 | 4 023 | +248,6 % |
| Quantité exportations (t) | 1 324 | 2 063 | +55,9 % |
| Prix unitaire exportations (€/t) | 871 931 | 1 949 796 | +123,6 % |
| Valeur importations (M€) | 1 223 | 1 638 | +33,9 % |
| Quantité importations (t) | 1 103 | 1 303 | +18,2 % |
| Prix unitaire importations (€/t) | 1 109 414 | 1 257 240 | +13,3 % |
(Sources : vue d'ensemble du commerce)
1.3. L'uranium enrichi (sous-code 28442035) domine absolument les échanges
La ventilation par sous-produit confirme la prédominance écrasante de l'uranium enrichi en U 235 (code 28442035) dans le commerce du code 284420. En 2025, ce sous-produit représente 4 028 M€ d'exportations sur un total de 4 023 M€ (les légers écarts de signe s'expliquant par la présence marginale d'autres sous-produits), soit une part de quasiment 100 % de la valeur exportée. Du côté des importations, le sous-code 28442035 pèse 1 635 M€ sur 1 638 M€, soit une part similaire.
Les échanges de plutonium (28442099) et de mélanges uranium-plutonium (28442059) restent marginaux en valeur, bien qu'ils présentent des prix unitaires extrêmement élevés — ce qui reflète la nature stratégique et la rareté de ces produits. À titre d'exemple, les exportations de plutonium affichaient un prix unitaire moyen de 284 833 €/t en 2025, contre 1 951 964 €/t pour l'uranium enrichi.
(Sources : ventilation par produit)
2. Une reconfiguration géopolitique radicale des partenaires d'approvisionnement et de destination
2.1. Le Royaume-Uni s'impose comme le principal fournisseur, reléguant la Russie au second rang
L'une des mutations les plus spectaculaires de la période concerne la géographie des importations de l'UE. En 2015, la Russie dominait le marché avec 586 M€, suivie du Royaume-Uni à 499 M€. Les deux pays se partageaient alors à eux seuls près de 90 % des importations de l'UE.
Dix ans plus tard, le Royaume-Uni est devenu de loin le premier fournisseur avec 930 M€ (+86,5 %), tandis que la Russie a reculé à 312 M€ (-46,8 %). Cette inversion résulte à la fois de l'incertitude géopolitique pesant sur les contrats russes — notamment après l'invasion de l'Ukraine en 2022 — et du développement de la capacité d'enrichissement britannique.
| Partenaire | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | 499 | 930 | +86,5 % |
| Russie | 586 | 312 | -46,8 % |
| États-Unis | 138 | 89 | -35,9 % |
| Canada | 4 | 120 | +2 843 % |
| Australie | 1 | 87 | +9 036 % |
| Pays non spécifiés | 14 | 188 | +1 217 % |
(Sources : principaux partenaires par valeur)
2.2. L'émergence de nouveaux fournisseurs traduit une diversification stratégique de l'approvisionnement
Au-delà du Royaume-Uni et de la Russie, deux tendances notables émergent du côté des importations :
- Le Canada est passé de 4 M€ en 2015 à 120 M€ en 2025, avec un pic à 160 M€ en 2024. L'apparition tardive de ce fournisseur (premières données significatives en 2023) suggère la conclusion de nouveaux contrats d'approvisionnement, possiblement dans le cadre de la diversification post-2022.
- L'Australie, qui n'apparaissait pas dans les flux d'importation avant 2020, a livré pour 87 M€ en 2023, confirmant l'élargissement de la base d'approvisionnement européenne.
- Les importations en provenance du Japon ont connu un effondrement spectaculaire : de 78 M€ en 2016 à des montants quasi nuls en 2025, reflétant le déclin de la capacité d'enrichissement japonaise suite à la catastrophe de Fukushima.
2.3. Les États-Unis, la Corée du Sud et le Royaume-Uni absorbent l'essentiel de la croissance des exportations
Du côté des exportations, la concentration sur trois partenaires principaux s'est renforcée :
| Partenaire | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Part 2025 | Variation |
|---|---|---|---|---|
| États-Unis | 541 | 1 674 | 41,6 % | +209,5 % |
| Royaume-Uni | 333 | 1 231 | 30,6 % | +269,3 % |
| Corée du Sud | 182 | 883 | 21,9 % | +384,0 % |
| Japon | 0,1 | 227 | 5,6 % | +162 054 % |
| Chine | 0,003 | 0,02 | 0,0 % | +628,2 % |
À eux seuls, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Corée du Sud représentent 94,2 % de la valeur des exportations en 2025. La croissance la plus spectaculaire concerne le Japon, qui est passé de flux quasi nuls en 2015 à 227 M€ en 2025, avec un pic à 437 M€ en 2024 — un redressement lié à la relance du parc nucléaire japonais après l'accident de Fukushima.
En parallèle, les exportations vers la Russie se sont effondrées, passant de 46 M€ à 1,4 M€ (-97 %), reflet direct des sanctions commerciales adoptées depuis 2022. Le Brésil a également disparu des destinations d'exportation (de 42 M€ en 2015 à zéro en 2023–2025).
(Sources : principaux partenaires par valeur)
2.4. La France, les Pays-Bas et l'Allemagne concentrent les flux de sortie de l'UE, tandis que l'Espagne domine les importations
L'analyse par État membre déclarant révèle une forte concentration géographique intra-européenne :
Côté exportations :
| État membre | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Part 2025 | Variation |
|---|---|---|---|---|
| France | 298 | 2 307 | 57,3 % | +674,9 % |
| Pays-Bas | 497 | 839 | 20,8 % | +68,8 % |
| Allemagne | 353 | 866 | 21,5 % | +145,6 % |
La France a consolidé sa position de premier exportateur européen d'uranium enrichi, avec une progression spectaculaire de sa part relative. En 2025, les trois pays totalisent plus de 99 % de la valeur exportée, soulignant la concentration de l'industrie d'enrichissement européenne.
Côté importations :
| État membre | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Part 2025 | Variation |
|---|---|---|---|---|
| Espagne | 333 | 860 | 52,5 % | +158,6 % |
| France | 145 | 396 | 24,2 % | +173,8 % |
| Suède | 493 | 188 | 11,5 % | -61,9 % |
L'Espagne est devenue de loin le premier importateur au sein de l'UE, avec des achats passés de 333 M€ à 860 M€. La Suède, en revanche, a vu ses importations s'effondrer de 493 M€ à 188 M€ (-61,9 %), possible reflet de la fin de contrats d'approvisionnement antérieurs.
(Sources : principaux déclarants par valeur)
2.5. La concentration du marché s'est accrue du côté des importations, mais légèrement réduite du côté des exportations
L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) permet de mesurer le degré de concentration des flux commerciaux. Du côté des importations, l'HHI (valeur) est passé de 4 087 en 2015 à 4 679 en 2025 (+14,5 %), indiquant une légère concentration accrue des sources d'approvisionnement, principalement sous l'effet du renforcement de la position du Royaume-Uni. Du côté des exportations, l'HHI a au contraire baissé de 3 310 à 3 180 (-3,9 %), traduisant une diversification modeste des marchés de destination.
(Sources : concentration HHI)
3. Une volatilité et des chocs de prix concentrés à partir de 2022
3.1. L'année 2022 marque un basculement structurel des prix, avec des pics sur plusieurs partenaires
L'analyse des événements de choc révèle une concentration remarquable des tensions de prix autour de l'année 2022, coïncidant avec le début de l'invasion russe de l'Ukraine et l'adoption des premières sanctions commerciales de l'UE sur le secteur nucléaire.
Les principaux chocs détectés dans les données sont les suivants :
| Partenaire | Flux | Année du choc | Type de choc | Anomalie | Hausse de prix |
|---|---|---|---|---|---|
| Japon | Exportations | 2020 | Prix | 357,9 | +1 276,6 % |
| États-Unis | Exportations | 2022 | Prix | 30,8 | +56,9 % |
| Royaume-Uni | Exportations | 2022 | Prix | 11,2 | +76,7 % |
| Russie | Importations | 2023 | Prix | 6,5 | +83,2 % |
| Corée du Sud | Exportations | 2022 | Prix | 6,3 | +48,9 % |
(Sources : chocs d'approvisionnement et de prix)
3.2. Les prix unitaires des exportations vers les États-Unis et le Royaume-Uni ont triplé en quelques années
Les États-Unis, premier partenaire d'exportation (51,9 % de la valeur en 2024), ont connu une hausse brutale des prix unitaires de l'uranium enrichi européen. Le prix unitaire est passé de 637 000 €/t en 2016 à 2 089 000 €/t en 2025, soit une multiplication par 3,3. La hausse la plus abrupte s'est produite entre 2021 (716 000 €/t) et 2022 (1 139 000 €/t), avant de poursuivre sa progression en 2023 (1 486 000 €/t) et 2024 (2 089 000 €/t).
| Année | Prix unitaire USA (€/t) | Prix unitaire UK (€/t) | Prix unitaire Corée (€/t) |
|---|---|---|---|
| 2015 | 840 786 | 824 821 | 1 036 449 |
| 2018 | 488 392 | 569 316 | 1 041 758 |
| 2021 | 716 311 | 744 899 | 735 519 |
| 2022 | 1 138 849 | 1 255 450 | 1 158 695 |
| 2023 | 1 485 752 | 1 266 309 | 1 527 446 |
| 2024 | 2 088 797 | 1 795 850 | 1 760 762 |
| 2025 | 2 165 418 | 1 836 013 | 1 763 465 |
La trajectoire du Royaume-Uni est similaire : le prix unitaire est passé de 658 000 €/t en 2016 à 1 836 000 €/t en 2025. Pour la Corée du Sud, la hausse est légèrement moins prononcée mais demeure significative (de 973 000 €/t à 1 763 000 €/t).
(Sources : volatilité et chocs)
3.3. L'UE s'est fortement réorientée loin de la Russie, mais celle-ci demeure un fournisseur incontournable
L'impact des sanctions sur les importations en provenance de Russie est visible mais nuancé. En valeur, les importations russes ont chuté de 603 M€ (2016) à 170 M€ (2024), avant de rebondir à 312 M€ en 2025. En volume, l'évolution est plus erratique : après un déclin de 668 tonnes (2019) à 147 tonnes (2024), les quantités remontent fortement à 644 tonnes en 2025.
Ce rebond suggère que, malgré les contraintes réglementaires et les sanctions adoptées depuis 2022, l'UE n'a pas encore totalement cessé ses achats d'uranium enrichi russe. Les quantités importées de Russie en 2025 (644 tonnes) représentent d'ailleurs le niveau le plus élevé depuis 2019. Cela peut s'expliquer par des contrats à long terme conclus avant les sanctions, par des dérogations temporaires accordées dans le cadre des mesures restrictives, ou par la difficulté à trouver immédiatement des sources alternatives pour l'ensemble des besoins.
Le prix unitaire des importations russes présente une trajectoire caractéristique : après être passé de 1,08 M€/t en 2015 à 1,70 M€/t en 2023, il s'effondre à 1,16 M€/t en 2024 puis à 484 000 €/t en 2025 — un niveau très inférieur aux prix pratiqués par les autres fournisseurs. Cette baisse de prix pourrait refléter des négociations à la baisse de la part russe pour maintenir ses parts de marché face à la menace de sanctions.
(Sources : volatilité des partenaires)
3.4. La France et les Pays-Bas concentrent l'essentiel de l'expertise et de la capacité d'enrichissement européenne
L'analyse des indicateurs de spécialisation confirme le rôle central de la France et des Pays-Bas dans la chaîne de valeur européenne de l'enrichissement d'uranium. En 2025, les Pays-Bas présentent le coefficient de spécialisation (RSCA) le plus élevé (0,55), suivi de la France (0,50), avec des indices de l'avantage comparatif révélé (RCA) de 3,47 et 2,98 respectivement. L'Allemagne, bien qu'exportatrice significative, présente un RSCA nettement plus faible (0,11).
| État membre | RSCA (2025) | RCA (2025) | Part dans la production UE |
|---|---|---|---|
| Pays-Bas | 0,552 | 3,466 | 50,3 % |
| France | 0,497 | 2,977 | 23,3 % |
| Allemagne | 0,111 | 1,248 | 26,4 % |
Cette configuration reflète la position dominante d'Orano (anciennement Areva) et d'Urenco dans le marché européen de l'enrichissement, les Pays-Bas abritant une importante installation d'Urenco à Almelo.
(Sources : spécialisation des États membres)
Conclusion
L'analyse des échanges commerciaux de l'Union européenne pour le code 284420 sur la période 2015–2025 met en lumière une transformation profonde du marché de l'uranium enrichi et des matières fissiles connexes. Trois grandes tendances se dégagent.
Premièrement, l'UE a opéré un basculement structurel, passant d'une position d'importateur net à celle d'un exportateur majeur. L'excédent commercial a atteint 2 385 M€ en 2025, porté à la fois par une augmentation des volumes exportés (+55,9 %) et par une hausse spectaculaire des prix unitaires (+123,6 %). Ce mouvement s'explique par la forte demande internationale — notamment américaine, britannique et sud-coréenne — pour l'uranium enrichi européen, dans un contexte de relance du nucléaire dans de nombreux pays.
Deuxièmement, la géographie commerciale a été profondément reconfigurée. Le Royaume-Uni a supplanté la Russie comme premier fournisseur de l'UE, tandis que le Canada et l'Australie ont émergé comme sources alternatives. Les exportations vers la Russie se sont quasi effondrées sous l'effet des sanctions, tandis que les flux vers le Japon ont connu une croissance exponentielle, reflet de la relance du parc nucléaire nippon.
Troisièmement, l'année 2022 constitue un point de basculement majeur. La conjonction de l'invasion russe de l'Ukraine, de l'adoption de sanctions commerciales, de la relance du nucléaire dans de nombreux pays et de la flambée des prix de l'énergie a provoqué une hausse brutale et généralisée des prix unitaires de l'uranium enrichi, avec des chocs de prix détectés sur la quasi-totalité des partenaires majeurs de l'UE.
Néanmoins, le marché reste caractérisé par une concentration élevée tant des fournisseurs que des clients, et par une dépendance résiduelle vis-à-vis des importations russes. Le maintien de flux significatifs en provenance de Russie en 2025, malgré les sanctions, illustre les difficultés de substitution dans un secteur où les contrats à long terme et les capacités de production limitées imposent des trajectoires de transition progressives. La capacité de l'UE à diversifier durablement son approvisionnement et à consolider sa position d'exportateur compétitif dépendra largement des investissements dans la capacité d'enrichissement sur le territoire européen et de la stabilité du cadre réglementaire Euratom.