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Évolution du marché : Snacks extrudés (CN 19059055) — 2015–2025

Introduction

Le code tarifaire 19059055 désigne les produits de boulangerie, pâtisserie ou biscuiterie extrudés ou expansés, salés ou aromatisés — une catégorie qui englobe notamment les chips de pommes de terre extrudées, les bâtonnets apéritifs, les snacks soufflés et les crackers aromatisés. Il s'agit d'un segment en pleine expansion de l'industrie alimentaire européenne, porté par l'évolution des modes de consommation et la mondialisation des goûts.

Ce rapport analyse les échanges commerciaux extra-UE de ce produit sur la période 2015–2025, à partir de données annuelles complètes. Trois dynamiques majeures structurent cette décennie : une croissance vigoureuse des volumes et des valeurs échangées, une reconfiguration profonde des partenaires commerciaux, et un renforcement de la compétitivité européenne au prix d'une ouverture accrue du secteur.


1. Une décennie de croissance vigoureuse, portée par l'excédent commercial

1.1. Les exportations ont progressé de 57 % en valeur

Sur la période 2015–2025, les exportations extra-UE de snacks extrudés sont passées de 425,8 M€ à 668,6 M€, soit une hausse de 57,0 % en valeur. En volume, la progression atteint 44,6 %, passant de 103 023 tonnes à 148 941 tonnes. Le prix moyen à l'exportation a augmenté de manière plus modérée (+8,6 %), de 4 133 €/t à 4 489 €/t, ce qui indique que la croissance a été tirée principalement par les volumes plutôt que par des hausses de prix significatives.

Indicateur (exportations) 2015 2025 Variation
Valeur (M€) 425,8 668,6 +57,0 %
Volume (tonnes) 103 023 148 941 +44,6 %
Prix moyen (€/t) 4 133 4 489 +8,6 %

Source : Vue d'ensemble du commerce

1.2. Les importations progressent encore plus vite, tirées par la hausse des prix

Les importations extra-UE ont connu une trajectoire encore plus dynamique en valeur : elles ont bondi de 136,5 M€ à 245,4 M€, soit +79,8 %. En volume, la hausse est plus contenue (+27,8 %, de 44 402 t à 56 744 t). L'écart s'explique par une hausse des prix à l'importation nettement plus forte que celle observée à l'exportation : le prix moyen des importations a grimpé de 3 074 €/t à 4 325 €/t (+40,7 %), un rythme près de cinq fois supérieur à celui des exportations. Ce phénomène peut refléter la hausse des coûts de matières premières dans les pays fournisseurs, des contraintes logistiques post-Covid, ou un glissement vers des produits importés à plus forte valeur ajoutée.

Indicateur (importations) 2015 2025 Variation
Valeur (M€) 136,5 245,4 +79,8 %
Volume (tonnes) 44 402 56 744 +27,8 %
Prix moyen (€/t) 3 074 4 325 +40,7 %

1.3. L'excédent commercial s'est consolidé autour de 423 M€

Malgré la progression rapide des importations, l'Union européenne demeure un exportateur net structurel de snacks extrudés. La balance commerciale est passée de 289,3 M€ en 2015 à 423,2 M€ en 2025 (+46,3 %). Elle a atteint un pic de 547,0 M€ avant de se contracter, suggérant que les importations ont connu un rattrapage notable dans les dernières années de la période. Le taux de dépendance nette aux importations est passé de −13,3 % à −20,7 % (les valeurs négatives indiquant un excédent), confirmant un renforcement de la position de l'UE en tant que fournisseur net sur les marchés mondiaux.


2. Une reconfiguration géographique majeure des flux commerciaux

2.1. Le Royaume-Uni reste le premier partenaire, mais les dynamiques se diversifient

Le Royaume-Uni demeure de loin le premier partenaire de l'UE pour ce produit, tant à l'exportation (247,9 M€ en 2025, +20,9 %) qu'à l'importation (101,0 M€, +55,3 %). Sa part dans les exportations extra-UE reste considérable. Cependant, cette domination masque une tendance à la diversification : l'indice de concentration HHI des exportations est passé de 2 540 à 1 583 (−37,7 %), ce qui traduit une répartition significativement plus équilibrée entre les destinations.

Partenaire (importations UE) 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Royaume-Uni 65,0 101,0 +55,3 %
Thaïlande 14,9 34,8 +134,1 %
Chine 10,6 22,1 +108,2 %
Turquie 5,0 15,3 +206,6 %
Macédoine du Nord 4,6 12,5 +174,1 %
Serbie 5,8 8,1 +39,3 %
Suisse 8,8 4,0 −54,5 %

Source : Principaux partenaires par valeur

2.2. L'effondrement des exportations vers la Russie et la percée vers les États-Unis

L'un des changements les plus marquants de la période est le déclin des exportations vers la Russie : de 24,8 M€ en 2015 à 11,8 M€ en 2025 (−52,2 %). Un choc de prix a été détecté en 2023 sur ce flux, avec une anomalie de 13,4 écarts-types et un bond de prix de +169,6 %, très vraisemblablement lié aux sanctions économiques imposées après février 2022 et aux perturbations logistiques associées.

À l'inverse, les exportations vers les États-Unis ont connu une progression spectaculaire (+242,7 %, passant de 7,2 M€ à 24,5 M€), de même que celles vers la Suisse (+148,5 %, de 19,5 M€ à 48,4 M€) et la Norvège (+130,3 %, de 15,5 M€ à 35,7 M€). La Suisse et la Norvège, marchés proches géographiquement mais situés hors UE, ont bénéficié de la dynamique du commerce de proximité.

Partenaire (exportations UE) 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Royaume-Uni 205,1 247,9 +20,9 %
Suisse 19,5 48,4 +148,5 %
Norvège 15,5 35,7 +130,3 %
Arabie saoudite 33,6 20,3 −39,7 %
Émirats arabes unis 20,5 28,4 +38,4 %
États-Unis 7,2 24,5 +242,7 %
Russie 24,8 11,8 −52,2 %

2.3. La montée en puissance de fournisseurs asiatiques et balkaniques

Côté importations, les fournisseurs traditionnels du Royaume-Uni et de Suisse cèdent du terrain face à des pays d'Asie du Sud-Est et des Balkans. La Thaïlande a doublé ses ventes vers l'UE (de 14,9 M€ à 34,8 M€), la Chine a également doublé les siennes (de 10,6 M€ à 22,1 M€), et la Turquie a multiplié les siennes par trois (de 5,0 M€ à 15,3 M€, +206,6 %). La Macédoine du Nord (+174,1 %) et la Serbie (+39,3 %) confirment l'intégration progressive des Balkans occidentaux dans la chaîne d'approvisionnement européenne, probablement sous l'effet des accords de stabilisation et d'association.

En revanche, les importations en provenance de Suisse ont chuté de 54,5 % (de 8,8 M€ à 4,0 M€), reflétant possiblement une réorientation de la production suisse vers d'autres marchés ou un renforcement de la concurrence intra-européenne.


3. Une industrie européenne en plein essor, de plus en plus ouverte sur le monde

3.1. La Pologne, nouveau moteur des exportations européennes

L'examen des principaux États membres exportateurs révèle un bouleversement majeur de la hiérarchie intra-européenne. La Belgique, premier exportateur en 2015 avec 241,4 M€, a vu ses ventes fléchir à 202,8 M€ (−16,0 %). En parallèle, la Pologne a connu une ascension remarquable : de 57,3 M€ à 201,9 M€ (+252,1 %), elle est devenue pratiquement l'égale de la Belgique. L'Espagne a également connu une progression fulgurante (+378,2 %, de 11,8 M€ à 56,4 M€).

État membre (exportations) 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Belgique 241,4 202,8 −16,0 %
Pologne 57,3 201,9 +252,1 %
Espagne 11,8 56,4 +378,2 %
France 17,7 32,4 +82,7 %
Allemagne 23,8 26,2 +9,7 %
Suède 11,2 21,3 +89,9 %
Italie 16,6 20,4 +22,6 %

Du côté des importations intra-UE, les Pays-Bas (+138,2 %, de 31,2 M€ à 74,4 M€) et l'Irlande (+69,0 %, de 44,5 M€ à 75,2 M€) figurent parmi les plus grands importateurs, probablement en raison de leur rôle de plateformes logistiques et de leur forte consommation de snacks. L'Allemagne (+179,3 %) et l'Italie (+307,7 %) ont aussi significativement accru leurs importations extra-UE.

3.2. Une production européenne plus que doublée, avec des spécialisations nationales marquées

La production européenne de snacks extrudés a plus que doublé sur la période : le volume est passé de 387 881 tonnes à 820 280 tonnes (+111,5 %), et la valeur de 1,14 Md€ à 2,70 Md€ (+136,6 %). Cette dynamique témoigne d'investissements massifs dans les capacités de production, notamment en Pologne et en Espagne.

L'analyse des avantages comparatifs révélés (RSCA) confirme que la Belgique reste le pays le plus spécialisé (RSCA = 0,563, RCA = 3,58), suivie de la Pologne (RSCA = 0,455, RCA = 2,67). La Lettonie, l'Autriche et la Grèce complètent le peloton des spécialisés. À l'inverse, Chypre, la Finlande et l'Irlande présentent des indices de spécialisation très faibles voire négatifs, confirmant leur position de consommateurs nets.

3.3. Un secteur plus internationalisé, mais structurellement autonome

L'indice de concentration HHI confirme la tendance à la diversification : il a baissé de 2 540 à 1 583 côté exportations (−37,7 %) et de 2 555 à 2 089 côté importations (−18,2 %). Le marché est ainsi passé d'une structure relativement concentrée (dominée par le Royaume-Uni et la Belgique) à une configuration plus fragmentée, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités mais aussi à une concurrence accrue.

En parallèle, l'intensité commerciale de l'UE sur ce produit est passée de 20,5 % à 30,7 % (+49,8 %), et la propension à exporter de 16,6 % à 25,1 % (+51,4 %). Ces deux indicateurs signalent que l'industrie européenne des snacks extrudés s'est considérablement ouverte à l'international, tout en conservant un avantage compétitif net. La propension à exporter, identifiée comme le facteur dominant (score de saillance de 76,3), est le reflet d'une industrie qui produit de plus en plus pour l'exportation.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des snacks extrudés (CN 19059055) a connu une transformation profonde. L'Union européenne a renforcé sa position d'exportateur net, avec un excédent commercial passé de 289 M€ à 423 M€, porté par une production qui a plus que doublé en volume. Toutefois, les importations ont progressé plus vite en valeur qu'en volume, en raison d'une hausse marquée des prix à l'importation.

Sur le plan géographique, la période a été marquée par un triple mouvement : la persistance du Royaume-Uni comme partenaire dominant, l'effondrement des échanges avec la Russie sous l'effet des sanctions, et l'émergence rapide de nouveaux partenaires — la Thaïlande et la Chine côté importations, les États-Unis, la Suisse et la Norvège côté exportations. Au sein de l'UE, la Pologne s'est imposée comme le nouveau champion des exportations, talonnant désormais la Belgique.

Enfin, le secteur est devenu significativement plus ouvert et plus diversifié, comme en témoignent la baisse des indices de concentration et la hausse de la propension à exporter. Cette internationalisation accrue confirme la compétitivité structurelle de l'industrie européenne, tout en l'exposant davantage aux fluctuations des marchés mondiaux et aux chocs géopolitiques.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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