Évolution du marché : Pizzas et quiches (CN 19059080) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour les pizzas, quiches et produits similaires (code douanier 19059080) sur la période 2018-2025. Voir la fiche produit sur le Trade Dashboard. L'analyse révèle une croissance dynamique du secteur, marquée par un renforcement net de la position commerciale de l'UE, des modifications profondes de ses partenaires clés et une intégration plus forte dans les chaînes de valeur mondiales.
1. Une dynamique de croissance robuste et un excédent commercial en expansion
La période étudiée est caractérisée par une forte croissance des échanges, qui profite principalement aux exportations de l'UE.
1.1 Des flux commerciaux en nette augmentation, avec des exports en tête
Entre la première et la dernière période disponible, les exportations de l'UE ont augmenté de 64,7 % en valeur (passant d'environ 1,45 milliard à 2,40 milliards d'euros) et de 19,5 % en volume (de 527 000 à 630 000 tonnes). Les importations ont connu une croissance encore plus vigoureuse, avec une hausse de 115,6 % en valeur et de 72,3 % en volume. Cette évolution indique une demande intérieure forte ainsi qu'une compétitivité accrue des producteurs européens sur les marchés tiers.
| Indicateur | Première période (2018) | Dernière période (2025) | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Exportations | |||
| Valeur (Mds €) | 1,45 | 2,40 | +64,7 |
| Volume (kt) | 526,9 | 629,8 | +19,5 |
| Importations | |||
| Valeur (Mds €) | 0,23 | 0,50 | +115,6 |
| Volume (kt) | 94,9 | 163,4 | +72,3 |
1.2 Un excédent commercial structurel qui se creuse
L'UE maintient un excédent commercial significatif sur ce produit. Cet excédent est passé d'environ 1,22 milliard d'euros en 2018 à près de 1,90 milliard d'euros en 2025, soit une progression de 55,2 %. La reliance nette aux importations confirme cette tendance : elle est passée de -7,2 % à -30,2 %, signifiant que l'UE exporte une part croissante de sa production et devient moins dépendante des apports extérieurs.
1.3 Une pression sur les prix à la hausse, plus marquée à l'export
Les prix moyens ont augmenté pour les deux flux. Le prix à l'exportation a crû de 37,8 % (passant de 2 761 à 3 804 €/t), tandis que celui des importations a augmenté de 25,2 % (de 2 429 à 3 040 €/t). Cette différence suggère que l'UE exporte des produits à plus forte valeur ajoutée ou que ses coûts de production ont connu une inflation plus marquée que ceux de ses fournisseurs.
2. Une recomposition géographique des partenaires commerciaux
La carte des partenaires commerciaux de l'UE s'est transformée, avec une forte polarisation sur le Royaume-Uni et l'émergence de nouveaux fournisseurs dynamiques.
2.1 Le Royaume-Uni : un partenaire central dont l'importance s'accroît
Le Royaume-Uni est de loin le principal client de l'UE, représentant en 2025 plus de 1,04 milliard d'euros d'exportations, soit près de la moitié de la valeur totale. Sa part a augmenté de 93 % sur la période. En parallèle, il est également le premier fournisseur de l'UE, avec des importations en croissance de 80 %. Cette interdépendance forte et croissante souligne l'intégration des chaînes de valeur entre l'UE et le Royaume-Uni dans ce secteur. Les principaux partenaires de l'UE illustrent cette dynamique.
2.2 L'émergence de fournisseurs à forte croissance (Turquie, Serbie)
L'UE a diversifié certaines de ses sources d'approvisionnement. Les importations en provenance de Turquie ont bondi de 365 % et celles de Serbie de 1 314 %, faisant de ces pays des fournisseurs désormais significatifs. Cette croissance pourrait être liée à des avantages de coûts, des accords commerciaux préférentiels ou une spécialisation production. La volatilité des flux avec certains de ces partenères (comme la Serbie) reste toutefois élevée.
2.3 Des marchés d'exportation dynamiques au-delà du voisinage immédiat
Hors Royaume-Uni, les exportations de l'UE ont également connu des hausses notables vers les États-Unis (+69 %), le Canada (+94 %) et surtout le Maroc (+316 %). Cela témoigne d'une capacité des producteurs européens à pénétrer des marchés lointains et concurrentiels.
3. Une base productive de l'UE en consolidation et une spécialisation accrue
L'analyse de la structure du marché révèle un renforcement de la capacité et de la spécialisation de l'industrie européenne.
3.1 Une production européenne en hausse et une valeur ajoutée croissante
La production de l'UE a augmenté de 15,2 % en quantité (de 2,08 à 2,40 milliards de kg) et de 48,5 % en valeur (de 5,39 à 8,00 milliards d'euros). L'écart entre la croissance de la valeur (+48,5%) et celle du volume (+15,2%) indique une augmentation moyenne des prix à la production, une montée en gamme, ou une inflation des coûts.
3.2 Une géographie interne à l'UE : l'Italie et l'Allemagne au premier rang
Au sein de l'UE, l'Italie a considérablement renforcé sa position d'exportateur, avec une croissance de 163 % pour atteindre 556 millions d'euros. L'Allemagne et la France restent des exportateurs majeurs et stables. Pour les importations, en dehors de l'Irlande (très liée au Royaume-Uni), les Pays-Bas, l'Allemagne et la France sont les principaux récepteurs de flux intra-extra-UE. Les principaux États membres par flux montrent cette dualité.
3.3 Une concentration des exportations et des avantages comparatifs certains
La concentration des exportations (HHI) a légèrement augmenté (+26,5 %), reflétant la part croissante du Royaume-Uni. En parallèle, les indicateurs de spécialisation révèlent que l'Italie, l'Espagne et la Grèce possèdent des avantages comparatifs révélés (RCA >1) dans ce secteur, ce qui est cohérent avec leur tradition culinaire. À l'opposé, l'Irlande et Malte sont fortement déficitaires et importatrices nettes.
Conclusion
Entre 2018 et 2025, le marché européen des pizzas et quiches s'est profondément dynamisé. L'Union européenne a consolidé sa position d'exportateur net majeur, grâce à une production en croissance et à une compétitivité soutenue, particulièrement sur le marché britannique. Cette période a également été marquée par une diversification des sources d'importation, avec l'émergence de fournisseurs comme la Turquie et la Serbie, et par une montée en puissance de l'Italie comme champion à l'export au sein de l'UE. Le secteur apparaît ainsi bien intégré dans le commerce mondial, avec une exposition croissante de l'UE au marché extérieur, tant en termes d'opportunités que de dépendances commerciales.