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Évolution du marché : Résines acryliques (CN 3906) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport examine l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne en matière de polymères acryliques sous formes primaires (code NC 3906) avec les pays tiers sur la période 2015–2025. Ce code couvre deux sous-catégories principales : le poly(méthacrylate de méthyle) — le PMMA — (NC 390610) et les autres polymères acryliques (NC 390690). L'UE reste structurellement excédentaire sur ce segment, avec un solde commercial positif de 995 millions d'euros en 2025. Toutefois, la période observée révèle des transformations profondes : une croissance des importations nettement supérieure à celle des exportations, une diversification géographique des fournisseurs, des chocs d'approvisionnement liés au contexte géopolitique, et une dynamique de prix qui distingue clairement les échanges intra-segment.

Voir le tableau de bord complet pour le code 3906


1. Une asymétrie marquée entre la dynamique des exportations et celle des importations

1.1. Des exportations en recul volumique malgré une progression de la valeur

Entre 2015 et 2025, les exportations de résines acryliques de l'UE vers les pays tiers ont perdu 12,5 % en volume (passant de 912 257 t à 798 166 t), tandis que leur valeur a progressé de 11,0 % (de 1,91 milliard à 2,13 milliards d'euros). Cette divergence s'explique entièrement par la hausse des prix unitaires à l'exportation, qui ont crû de 26,8 % sur la période, passant de 2 099 à 2 662 EUR/t.

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur exportations (M EUR) 1 915 2 125 +11,0 %
Volume exportations (k t) 912 798 −12,5 %
Prix moyen export (EUR/t) 2 099 2 662 +26,8 %

La contraction volumique est particulièrement marquée à partir de 2022 : après un pic à 1 133 000 tonnes en 2021, le volume s'est replié de près de 30 % en quatre ans. Ce repli coïncide avec la hausse brutale des prix (pic à 2 873 EUR/t), suggérant un effet de substitution ou de réduction de la demande sur les marchés de destination.

Évolution des échanges UE–rest of world

1.2. Des importations en forte croissance, tirées par le volume

À l'inverse, les importations ont connu une hausse de 39,1 % en valeur (de 812 M à 1 130 M EUR) et de 37,5 % en volume (de 358 000 à 492 000 tonnes). Contrairement aux exportations, le prix moyen des importations est resté quasi stable (+1,2 %), ce qui indique que la croissance est essentiellement tirée par un accroissement réel des quantités achetées à l'étranger.

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur importations (M EUR) 812 1 130 +39,1 %
Volume importations (k t) 358 492 +37,5 %
Prix moyen import (EUR/t) 2 271 2 297 +1,2 %

Le volume importé a connu sa plus forte croissance entre 2019 et 2021, passant de 464 000 à 545 000 tonnes, avant de se stabiliser autour de 490 000–500 000 tonnes.

1.3. Un solde commercial qui se dégrade mais reste structurellement excédentaire

Le solde commercial de l'UE en polymères acryliques demeure positif sur l'ensemble de la période : il est passé de 1 103 M EUR en 2015 à 995 M EUR en 2025, soit une réduction de 9,8 %. Le point le plus bas a été atteint en 2022 (885 M EUR), année marquée par la conjonction de prix d'importation très élevés et d'un repli des exportations.

Le taux de dépendance nette aux importations (défini comme la part des importations nettes dans l'absorption apparente) confirme cette tendance : il est passé de −15,4 % à −20,4 %, indiquant que l'UE, bien que restant exportatrice nette, a accru sa dépendance relative aux fournisseurs extérieurs. Le taux de propension à l'exportation demeure élevé (37,8 % en 2025), confirmant que le secteur reste très orienté vers l'international.


2. Une recomposition géographique des partenaires commerciaux

2.1. L'élargissement des sources d'approvisionnement

L'indice de concentration HHI des importations (en valeur) a diminué de 17,5 %, passant de 1 784 à 1 473 sur la période. Cette baisse significative traduit une diversification des fournisseurs de l'UE, qui s'est accélérée à partir de 2020. Alors que le Royaume-Uni, la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis dominaient historiquement les approvisionnements, de nouveaux acteurs ont émergé de manière spectaculaire.

Partenaire (importations) Valeur 2015 (M EUR) Valeur 2025 (M EUR) Variation
Arabie saoudite 0,1 17,3 +15 703 %
Chine 29,2 87,4 +199 %
Turquie 47,3 96,8 +105 %
Royaume-Uni 148,3 242,0 +63 %
Corée du Sud 138,0 193,3 +40 %
Japon 154,8 189,0 +22 %
États-Unis 220,1 193,3 −12 %

L'Arabie saoudite, quasi absente des importations en 2015, est devenue un fournisseur significatif (17,3 M EUR en 2025), probablement grâce au développement de capacités pétrochimiques dans le Golfe. La Chine a triplé ses ventes à l'UE, et la Turquie les a doublées. Seul partenaire majeur en repli, les États-Unis ont perdu 12 % de parts de marché à l'importation.

Partenaires d'importation par valeur

2.2. Le choc de la rupture avec la Russie

L'événement le plus marquant de la période est l'effondrement quasi total des exportations de l'UE vers la Fédération de Russie. Celles-ci sont passées de 145 M EUR en 2015 à seulement 36 000 EUR en 2025, soit une chute de 100 %. Ce pays, qui représentait le 4ᵉ marché d'exportation de l'UE en polymères acryliques, a été éliminé des flux commerciaux, très probablement en lien avec les sanctions économiques imposées à partir de 2022.

L'évolution des exportations vers la Russie

Le retrait russe a été en partie compensé par la croissance des ventes vers d'autres marchés : la Turquie (+52 %, à 202 M EUR), la Chine (+49 %, à 220 M EUR) et le Royaume-Uni (+21 %, à 336 M EUR) ont tous progressé. Néanmoins, le coefficient de variation des exportations vers la Russie (0,71) est de loin le plus élevé de tous les partenaires, témoignant de l'extrême instabilité de ce flux commercial.

2.3. Une concentration des exportations qui s'accroît légèrement

Contrairement aux importations, l'HHI des exportations a augmenté de 11,6 % (de 635 à 709), ce qui traduit une légère concentration du marché d'exportation. L'Allemagne reste de loin le premier exportateur de l'UE (753 M EUR en 2025, soit 35 % du total), suivie par la France (410 M EUR, 19 %) et la Belgique (278 M EUR, 13 %). L'Italie (+37 %) et l'Espagne (+49 %) ont connu les plus fortes progressions parmi les principaux exportateurs.

Membre UE (exportations) Valeur 2015 (M EUR) Valeur 2025 (M EUR) Variation
Allemagne 637 753 +18 %
France 379 410 +8 %
Belgique 323 278 −14 %
Pays-Bas 208 219 +5 %
Italie 107 147 +38 %
Espagne 79 117 +49 %
Suède 83 108 +29 %

Principaux exportateurs intra-UE


3. Une production européenne dynamique et des divergences de prix entre segments

3.1. Une production en forte expansion

La production européenne de polymères acryliques sous formes primaires a connu une croissance remarquable sur la période. En volume, elle a progressé de 59,8 %, passant de 2 463 000 à 3 935 000 tonnes. En valeur, la hausse est du même ordre : +59,9 % (de 3,68 milliards à 5,88 milliards d'euros). Le pic de production a été atteint en 2022, avec 4 225 000 tonnes et 6,68 milliards d'euros.

Indicateur de production 2015 Pic 2025 Variation 2015–2025
Volume (k t) 2 463 4 225 (2022) 3 935 +59,8 %
Valeur (M EUR) 3 676 6 676 (2022) 5 877 +59,9 %

Cette forte croissance de la production nationale s'est accompagnée d'une propension à l'exportation stable (autour de 36–38 %), ce qui indique que le secteur européen a su absorber à la fois la demande intérieure croissante et maintenir son orientation vers l'extérieur.

Évolution des volumes de production

3.2. Une spécialisation géographique inégale au sein de l'UE

Les indices de spécialisation révèlent une forte hétérogénéité entre États membres. En 2025, la France affiche le RSCA le plus élevé (0,42), suivie par la Belgique (0,39) et l'Allemagne (0,17). À l'inverse, Malte, le Luxembourg, l'Estonie et Chypre présentent des indices proches de −1,0, indiquant une quasi-absence de spécialisation dans ce segment.

Membre UE RSCA 2025 RCA 2025 Part prod. UE
France 0,422 2,46 19,2 %
Belgique 0,386 2,26 19,1 %
Allemagne 0,174 1,42 30,1 %
Finlande −0,072 0,87 0,9 %
Slovénie −0,079 0,85 0,9 %

L'Allemagne, bien que dominante en termes de volume de production (30,1 % du total UE), n'affiche pas l'indice de spécialisation le plus élevé, ce qui reflète la diversité de son appareil productif chimique.

Spécialisation des États membres

3.3. Des dynamiques de prix contrastées entre le PMMA et les autres polymères acryliques

L'analyse par sous-code tarifaire révèle des trajectoires distinctes. Le segment NC 390690 (autres polymères acryliques) représente l'écrasante majorité des échanges. À l'exportation, son prix moyen a progressé de 2 097 à 2 613 EUR/t (+24,6 %), tandis que son volume a reculé de 905 000 à 769 000 tonnes (−15 %). À l'importation, le volume est resté relativement stable (332 000–440 000 tonnes), avec un prix moyen passant de 2 206 à 2 238 EUR/t.

Le segment NC 390610 (PMMA) est beaucoup plus petit en volume mais montre une dynamique de prix plus volatile. À l'exportation, son prix moyen a bondi de 2 383 à 3 478 EUR/t (+46 %), tandis que le volume a presque doublé (de 6 880 à 13 075 tonnes). À l'importation, le volume a lui aussi doublé (26 000 à 52 000 tonnes), avec des prix plus stables (3 098 à 2 998 EUR/t).

Segment Flux Volume 2015 Volume 2025 Prix 2015 (EUR/t) Prix 2025 (EUR/t)
NC 390690 Export 905 k t 769 k t 2 097 2 613
NC 390690 Import 332 k t 440 k t 2 206 2 238
NC 390610 Export 6,9 k t 13,1 k t 2 383 3 478
NC 390610 Import 26,0 k t 52,2 k t 3 098 2 998

La forte progression des prix à l'exportation du PMMA (+46 %) et du volume importé (+100 %) suggère que la demande européenne pour ce polymère de plus haute valeur ajoutée s'accroît plus vite que la capacité de production nationale, ouvrant la porte à des importations croissantes, notamment d'Asie.

Comparaison des sous-segments


Conclusion

Le marché européen des polymères acryliques (CN 3906) a connu, entre 2015 et 2025, une transformation en profondeur. L'Union européenne demeure un exportateur net avec un solde positif de près d'un milliard d'euros et une production en forte expansion (+60 % en volume). Cependant, trois tendances structurelles se dégagent.

Premièrement, la croissance des importations (+39 % en valeur, +38 % en volume) a nettement dépassé celle des exportations (+11 % en valeur, −12,5 % en volume), érodant progressivement l'avantage commercial européen. Deuxièmement, l'approvisionnement s'est diversifié : l'émergence de fournisseurs comme l'Arabie saoudite, la Chine et la Turquie, combinée à la disparition de la Russie comme client, a profondément reconfiguré la carte des flux commerciaux. Troisièmement, le segment du PMMA (NC 390610) montre des signes de tension entre une demande intérieure croissante et une production qui ne suit pas, comme en témoignent la hausse des importations et l'envolée des prix à l'exportation.

À l'horizon 2025, le secteur européen conserve une position de force grâce à sa base de production solide et à la compétitivité de ses champions nationaux (Allemagne, France, Belgique), mais la vigilance s'impose face à la montée en gamme des concurrents asiatiques et à la volatilité des prix qui affecte certains segments.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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