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Évolution du marché : Relais, pour une tension > 60 V mais <= 1000 V (CN 853649) — 2015–2025

Introduction

Le code nomenclature combinée 853649 couvre les relais pour une tension supérieure à 60 V mais inférieure ou égale à 1 000 V. Ce composant, classé au sein du chapitre 85 (appareils électriques), est un élément essentiel de l'appareillage de coupure, de protection et de connexion des circuits électriques. Il s'inscrit dans la sous-position 8536 qui regroupe les interrupteurs, commutateurs, relais, coupe-circuit et autres dispositifs pour une tension ≤ 1 000 V.

Le présent rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne avec les pays tiers pour ce produit sur la période 2015–2025. Les données disponibles couvrent les flux annuels d'importation et d'exportation en valeur (euros), en quantité (tonnes) et les prix unitaires calculés.

De manière générale, le marché des relais CN 853649 révèle trois dynamiques majeures : (1) l'Union européenne conserve une position structurellement excédentaire, renforcée par une hausse marquée des prix à l'exportation ; (2) les partenaires commerciaux se restructurent profondément, avec une montée en puissance de la Chine côté importations et le déclin de fournisseurs historiques comme le Royaume-Uni et le Japon ; et (3) l'intégration commerciale de l'UE s'intensifie, révélant un secteur de plus en plus tourné vers l'exportation, mais dont la concentration des sources d'approvisionnement crée des vulnérabilités nouvelles.


1. Un excédent commercial européen en progression, porté par la hausse des prix unitaires

L'Union européenne affirme, tout au long de la période 2015–2025, une position commerciale nettement excédentaire sur le segment des relais CN 853649. L'excédent commercial passe de 538,5 millions d'euros en 2015 à 681,3 millions d'euros en 2025, soit une progression de +26,5 %. Cette dynamique repose moins sur une augmentation des volumes exportés que sur une appréciation significative des prix unitaires.

1.1 La valeur des exportations dépasse le milliard d'euros pendant toute la période

Les exportations de l'UE vers les pays tiers oscillent entre 920,8 M€ (point bas en 2016) et 1 174,8 M€ (point haut en 2023), pour s'établir à 1 161,7 M€ en 2025, en progression de +15,6 % par rapport à 2015 (vue d'ensemble des échanges).

Année Exportations (M€) Importations (M€) Solde (M€)
2015 1 005,3 466,8 538,5
2016 920,8 441,3 479,6
2017 997,1 457,5 539,6
2018 1 010,4 468,5 541,9
2019 1 008,0 413,7 594,3
2020 942,5 376,9 565,6
2021 1 011,3 417,0 594,4
2022 1 154,5 574,9 579,6
2023 1 174,8 533,1 641,7
2024 1 129,2 453,6 675,6
2025 1 161,7 480,4 681,3

Les importations restent à un niveau plus modeste (entre 376,9 M€ en 2020 et 574,9 M€ en 2022), avec une croissance globale de seulement +2,9 % sur la période. Le ratio exportations/importations s'établit ainsi à environ 2,4 en 2025, confirmant un avantage compétitif européen marqué sur ce segment.

1.2 Une divergence des volumes et des prix entre importations et exportations

L'un des traits les plus saillants de cette période est la divergence entre l'évolution des quantités échangées et celle des valeurs.

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Exportations — quantité (tonnes) 16 233 15 541 -4,3 %
Exportations — prix unitaire (€/t) 61 918 74 727 +20,7 %
Importations — quantité (tonnes) 10 105 7 494 -25,8 %
Importations — prix unitaire (€/t) 46 188 64 074 +38,7 %

Les volumes à l'exportation se maintiennent à un niveau relativement stable (avec un point bas à 14 471 tonnes en 2016 et un pic à 18 107 tonnes en 2018). En revanche, les quantités importées accusent un recul prononcé de -25,8 %, passant de 10 105 à 7 494 tonnes. Dans les deux cas, ce sont les hausses de prix unitaires — respectivement +20,7 % à l'exportation et +38,7 % à l'importation — qui tirent la valeur des échanges vers le haut.

L'augmentation plus forte des prix à l'importation qu'à l'exportation peut refléter plusieurs facteurs : une tension sur les coûts de production dans les pays fournisseurs (hausse des matières premières, coûts énergétiques), une dépréciation de l'euro à certaines périodes, ou encore une évolution qualitative des produits importés vers des segments à plus haute valeur ajoutée.

1.3 L'Allemagne, colonne vertébrale du commerce européen de relais

Au sein de l'UE, l'Allemagne domine tant à l'import qu'à l'export. En 2025, l'Allemagne représente 163,1 M€ d'importations (soit 34 % du total) et 361,1 M€ d'exportations (soit 31 % du total) (répartition par pays membre).

Pays membre Importations 2025 (M€) Exportations 2025 (M€)
Allemagne 163,1 361,1
France 78,2 148,9
Finlande 98,5
Tchéquie 23,0 86,9
Espagne 28,9 83,1
Italie 22,8 76,1
Pays-Bas 71,9

La Tchéquie se distingue par une progression spectaculaire de ses exportations : de 15,2 M€ en 2015 à 86,9 M€ en 2025 (+470 %), ce qui en fait l'un des principaux bénéficiaires de la reconfiguration des chaînes de valeur européennes. De même, la Pologne (+81,6 %) et l'Espagne (+35,5 %) montrent des dynamiques importatrices vigoureuses, signe d'une intégration industrielle croissante dans le secteur des équipements électriques.


2. Une restructuration profonde des partenaires commerciaux de l'Union européenne

Le second grand enseignement de la période 2015–2025 tient aux mutations profondes de la géographie commerciale. Côté importations, la Chine a triplé sa part tandis que des fournisseurs historiques (Royaume-Uni, Japon, Tunisie) ont connu un déclin sévère. Côté exportations, les États-Unis et l'Inde sont devenus les marchés d'absorption les plus dynamiques.

2.1 La Chine, moteur de la croissance des importations européennes

La Chine est le principal pays tiers d'approvisionnement de l'UE en relais CN 853649. Les importations en provenance de Chine passent de 79,9 M€ en 2015 à 160,3 M€ en 2025, soit une multiplication par deux (+100,6 %). Le pic est atteint en 2022 avec 231,6 M€, année marquée par le rebond post-Covid et les tensions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales (répartition par partenaire).

Partenaire 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
Chine 79,9 160,3 +100,6 %
Royaume-Uni 92,3 40,4 -56,2 %
Indonésie 30,6 30,1 -1,6 %
Japon 54,0 23,2 -57,1 %
Turquie 12,3 16,9 +37,4 %
Malaisie 17,3 18,3 +5,9 %
Tunisie 13,0 1,0 -92,2 %

Les volumes importés de Chine suivent la même trajectoire : de 2 015 tonnes en 2015 à 3 941 tonnes en 2025, un quasi-doublement. Les prix unitaires chinois restent parmi les plus bas (environ 40 600 €/tonne en 2025 contre 64 074 €/tonne en moyenne pour l'ensemble des importations), ce qui confirme le positionnement compétitif des fabricants chinois sur ce segment.

2.2 L'effondrement des fournisseurs historiques : Royaume-Uni, Japon et Tunisie

À l'inverse de la Chine, trois fournisseurs traditionnels ont vu leur part se contracter fortement :

  • Le Royaume-Uni voit ses exportations vers l'UE chuter de 92,3 M€ à 40,4 M€ (-56,2 %), et les volumes passer de 2 449 à 386 tonnes. Cette contraction, qui s'amplifie nettement après 2020, est très probablement liée au Brexit et à la mise en place de barrières non tarifaires (déclarations douanières, règles d'origine, contrôles sanitaires et phytosanitaires). L'indice de volatilité des importations britanniques (CV = 0,664) est parmi les plus élevés, reflétant une instabilité structurelle (volatilité des flux).

  • Le Japon connaît un déclin encore plus marqué en termes de volumes : les quantités importées passent de 797 tonnes (2015) à 111 tonnes (2025), soit une réduction de plus de 86 %. La valeur recule de 54,0 M€ à 23,2 M€ (-57,1 %). Ce repli pourrait s'expliquer par la réorientation de la production japonaise vers d'autres marchés (Asie du Sud-Est, Amérique du Nord) ou par la montée en gamme qui réduit les volumes tout en maintenant partiellement la valeur.

  • La Tunisie présente le cas le plus extrême : de 13,0 M€ en 2015, les importations s'effondrent à 1,0 M€ en 2025 (-92,2 %). Les volumes passent de 563 à 40 tonnes. Un choc de prix est détecté en 2021, année où les prix unitaires tunisiens bondissent de +62,5 % par rapport à la baseline, tandis que les quantités chutent de 36 % (événements de choc). Ce choc pourrait être lié à des difficultés de production locales ou à des restructurations industrielles en Tunisie.

2.3 Les États-Unis et l'Inde, moteurs de la croissance à l'export

Côté exportations, les dynamiques sont contrastées mais globalement positives :

Destination 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
États-Unis 152,7 220,6 +44,5 %
Chine 133,0 136,6 +2,7 %
Inde 35,9 76,2 +112,3 %
Royaume-Uni 81,2 90,6 +11,6 %
Turquie 72,5 77,6 +7,1 %
Émirats arabes unis 26,4 35,7 +35,6 %
Hong Kong 40,0 29,1 -27,3 %

Les États-Unis restent de loin le premier débouché extérieur de l'UE, avec des exportations qui croissent régulièrement pour atteindre 220,6 M€ en 2025. Les volumes restent stables autour de 2 800–3 300 tonnes, ce qui suggère que la progression en valeur provient principalement de la hausse des prix unitaires.

L'Inde émerge comme le partenaire à la croissance la plus dynamique (+112,3 %). Les volumes exportés vers l'Inde passent de 869 tonnes à 1 458 tonnes, ce qui indique une demande réelle en augmentation, probablement liée au développement industriel du pays et à ses besoins croissants en équipements électriques.

La baisse des exportations vers Hong Kong (-27,3 %) et le déclin des volumes vers la Russie (de 566 tonnes en 2015 à quasiment zéro en 2025, en lien avec les sanctions post-2022) illustrent les réorientations géopolitiques des flux commerciaux européens.


3. Intégration commerciale, concentration et vulnérabilité : le positionnement de l'industrie européenne

Au-delà des flux bilatéraux, l'analyse des indicateurs de structure révèle une intégration commerciale croissante de l'industrie européenne des relais, une concentration accrue des sources d'approvisionnement et une production intérieure qui évolue de manière contrastée.

3.1 Une propension à l'exportation et une intensité commerciale en forte hausse

L'indicateur de propension à exporter, mesurant le rapport entre les exportations et la production intérieure, passe de 25,6 % (2003) à 54,6 % (2024). En 2015, il se situait à 42,1 %. Cette progression traduit une spécialisation croissante de l'industrie européenne vers les marchés extérieurs.

L'indicateur d'intensité commerciale (somme des exportations et importations rapportées à la production) progresse de 36,2 % (2015) à 62,7 % (2024), confirmant que le marché européen des relais est de plus en plus ouvert et intégré au commerce mondial.

Le taux de dépendance nette aux importations, qui représente le solde net des échanges rapporté à la consommation apparente, se renforce dans le négatif : de -9,9 % (2003) à -48,7 % (2024). Un taux négatif signifie que l'UE exporte davantage qu'elle n'importera, ce qui indique une position de créancier net et un avantage compétitif structurel. L'amplification de ce taux sur la période récente (-48,7 % en 2024) témoigne d'une autonomie européenne renforcée sur ce segment.

3.2 Une concentration des importations qui s'accroît : le défi de la dépendance à la Chine

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations passe de 1 130 en 2015 à 1 537 en 2025 (+36,1 %), avec un pic à 1 936 en 2022. En volume, l'indice est encore plus marqué, passant de 1 259 à 2 975 (+136,3 %).

Cette concentration accrue reflète principalement le poids croissant de la Chine, qui passe d'environ 17 % des importations en 2015 à 33 % en 2025. Parallèlement, le recul du Royaume-Uni et du Japon, qui fournissaient des volumes significatifs et diversifiaient les sources, accentue cette dépendance.

Côté exportations, le HHI reste plus modéré (de 663 à 757, soit +14,1 %), ce qui reflète une répartition géographique relativement diversifiée des débouchés européens, avec les États-Unis comme partenaire dominant mais non hégémonique.

3.3 Des chocs de prix ponctuels mais des trajectoires relativement stables

L'analyse de la volatilité des flux met en évidence des disparités importantes entre partenaires :

Partenaire (importations) Coefficient de variation
Japon 0,732
Royaume-Uni 0,664
Suisse 0,568
Tunisie 0,546
Corée du Sud 0,456
Brésil 0,443
Inde 0,262
Chine 0,228
Turquie 0,108
Partenaire (exportations) Coefficient de variation
Émirats arabes unis 0,808
Russie 0,692
Hong Kong 0,278
Chine 0,225
Royaume-Uni 0,218
États-Unis 0,113
Suisse 0,106

Les fournisseurs les plus volatils sont aussi ceux qui déclinent le plus fortement (Japon, Royaume-Uni, Tunisie), ce qui suggère que l'instabilité des flux est davantage le symptôme d'une perte de position concurrentielle que d'une variabilité cyclique.

Deux chocs de prix significatifs ont été détectés sur la période :

  • Norvège (exportations, 2019) : une chute de prix de -39,4 % par rapport à la baseline, avec une anormalité de 37,5. Les prix unitaires exportés vers la Norvège passent de 77 000 €/t (moyenne 2017–2018) à 46 666 €/t en 2019, tandis que les volumes doublent. Ce choc pourrait correspondre à un changement de mix produit ou à un contrat de volume à prix réduit.

  • Tunisie (importations, 2021) : une hausse de prix de +62,5 % combinée à une chute des quantités de -36 %. Les prix unitaires tunisiens atteignent 34 041 €/t en 2021 contre 20 953 €/t pour la baseline 2019–2020. Ce choc traduit vraisemblablement une contraction de l'offre tunisienne, avec des prix qui s'ajustent à la hausse sur des volumes réduits.


Conclusion

Le marché européen des relais CN 853649 se caractérise, sur la période 2015–2025, par une position commerciale solide et en renforcement. L'Union européenne demeure un exportateur net structurel, avec un excédent commercial qui atteint 681,3 M€ en 2025. Cette dynamique repose toutefois davantage sur la hausse des prix unitaires (+20,7 % à l'exportation, +38,7 % à l'importation) que sur une progression des volumes.

La période est marquée par une restructuration géographique profonde des échanges. Côté importations, la Chine est devenue le fournisseur dominant, sa part ayant doublé en valeur. Ce faisant, l'indice de concentration des importations (HHI) a crû de 36 %, signalant un risque accru de dépendance. Le Brexit a provoqué un recul massif des importations en provenance du Royaume-Uni (-56 %), tandis que le Japon et la Tunisie ont vu leur contribution s'effriter. Côté exportations, les États-Unis consolident leur position de premier débouché, et l'Inde émerge comme un marché à forte croissance (+112 %).

Enfin, la propension à exporter de l'industrie européenne (54,6 % de la production en 2024) et l'intensité commerciale croissante (62,7 %) témoignent d'un secteur de plus en plus intégré aux échanges mondiaux. L'approfondissement du taux de dépendance nette (-48,7 % en 2024) confirme l'avantage compétitif européen. Néanmoins, la concentration accrue des sources d'approvisionnement et la montée en puissance de la Chine invitent à une vigilance stratégique sur la sécurisation des chaînes d'approvisionnement.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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