Évolution du marché : Pantalons, y.c. knickers et pantalons simil., et culottes, salopettes à bretelles et shorts, en bonneterie, de coton, pour femmes ou fillettes (sauf slips et culottes et maillots, culottes et slips de bain) (CN 610462) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport analyse l'évolution du commerce de l'Union européenne (UE) pour la sous-position douanière 610462 entre 2015 et 2025. Cette catégorie de produits regroupe principalement des pantalons, shorts et salopettes en bonneterie de coton pour femmes ou fillettes. Sur la période étudiée, le marché présente une trajectoire marquée par une forte dépendance aux importations, une dynamique de croissance significative avant une stabilisation, ainsi que des réaménagements notables des flux commerciaux avec les principaux partenaires. L'analyse s'appuie exclusivement sur les données fournies, permettant d'identifier les tendances structurelles, les chocs ponctuels et les évolutions de la spécialisation au sein de l'UE.
1. Une dynamique d'importations dominante et structurellement déficitaire
Le commerce extérieur de l'UE pour ces articles est caractérisé par un déficit commercial chronique et croissant, alimenté par des importations nettement supérieures aux exportations.
Un déficit commercial en expansion continue
Le déséquilibre commercial s'est nettement creusé sur la période. Le déficit est passé de -1,24 milliard € en 2015 à -1,52 milliard € en 2025, soit une détérioration de 22,4 % Aperçu général. Cette tendance reflète une dépendance structurelle de l'UE vis-à-vis de la production extra-européenne pour satisfaire sa consommation intérieure, comme le confirme l'indicateur de dépendance nette aux importations, qui est passé de 68,8 % à 93,8 % Autonomie & Vulnérabilité.
Une croissance vigoureuse des importations suivie d'une phase de correction
Les importations en valeur ont connu une forte progression, passant de 1,41 milliard € en 2015 à un pic de 2,47 milliards € en 2022, avant de se stabiliser autour de 1,84 milliard € en 2025 (+30,7 % sur l'ensemble de la période). En volume, la hausse est plus modérée (+39,4 %), indiquant une évolution des prix Aperçu général. Le repli observé après 2022 peut être lié à des facteurs conjoncturels, comme la contraction de la demande ou des ajustements des stocks, après une période de forte reprise post-Covid.
Le Bangladesh, fournisseur incontournable mais confronté à une forte volatilité des prix
Les importations en provenance du Bangladesh, premier fournisseur de l'UE, ont presque doublé (+60,5 %), passant de 449 millions € à 720 millions €. Cependant, cette relation commerciale est marquée par une volatilité significative. En 2022, un choc de prix majeur a été détecté, avec une augmentation anormale des prix de +35,6 %, coïncidant avec une forte hausse des volumes importés. Ce choc, d'une anormalité de 8,7, a pu être influencé par des perturbations logistiques post-pandémiques ou des pressions inflationnistes dans le pays d'origine Volatilité & Chocs.
Évolution des 5 principaux fournisseurs de l'UE (en millions €)
| Pays partenaire | 2015 | 2020 | 2025 | Évolution 2015-2025 |
|---|---|---|---|---|
| Bangladesh | 448,8 | 573,7 | 720,3 | +60,5 % |
| Chine | 279,5 | 155,8 | 183,9 | -34,2 % |
| Inde | 156,5 | 111,3 | 173,1 | +10,6 % |
| Cambodge | 131,4 | 111,8 | 188,0 | +43,1 % |
| Pakistan | 49,1 | 68,3 | 178,3 | +263,4 % |
| Source : Aperçu général - Partenaires |
2. Restructuration des marchés d'exportation et dynamiques de spécialisation interne à l'UE
Malgré un poids limité dans le commerce global, les exportations de l'UE ont connu une forte progression, accompagnée d'une redéfinition des destinations principales et d'une évolution de la spécialisation des États membres.
Des exportations en forte hausse, tirées par la Suisse et la Turquie
La valeur des exportations de l'UE a augmenté de 93 %, passant de 166 millions € à 319 millions € entre 2015 et 2025. Cette croissance a été portée par une diversification géographique. Le Royaume-Uni, premier client en 2015, a vu sa part fondre (-26,9 %), tandis que la Suisse est devenue le premier débouché (+383 %, à 110 millions €) Aperçu général. Parallèlement, les exportations vers la Turquie ont été multipliées par près de 3 (+187,4 %), ce qui pourrait refléter des échanges intra-industriels ou des réexportations.
Une concentration des exportations en légère hausse, masquant des marchés volatils
L'indice de concentration des exportations (HHI) est passé de 1 452 à 1 524 (+5 %), indiquant une faible augmentation de la dépendance vis-à-vis de quelques marchés Structure du Marché. Cette moyenne occulte cependant de fortes disparités : des marchés comme Panama (CV de 3,25) ou l'Ukraine (CV de 0,87) présentent une volatilité extrême des volumes exportés, comme le montrent les événements de choc détectés. Par exemple, les exportations vers le Panama ont connu un pic de volume en 2022, avant de s'effondrer Volatilité & Chocs.
Une spécialisation productive se concentrant en Europe de l'Est et méridionale
L'analyse de la spécialisation en 2025 révèle un clivage au sein de l'UE. La Pologne (RSCA de 0,32) et l'Espagne (0,27) affichent les avantages comparatifs les plus forts dans la production de ces articles, suggérant une spécialisation croissante de ces pays. À l'inverse, des pays comme la Finlande (RSCA de -0,90) ou l'Irlande (-0,95) présentent un désavantage marqué Structure du Marché. Cette carte de la spécialisation explique en partie les flux d'exportations intra-UE et la localisation des industries de confection.
3. Vulnérabilité accrue face aux chocs d'approvisionnement et instabilité des prix
Le modèle d'approvisionnement de l'UE pour ces vêtements expose le bloc à des risques significatifs, tant en termes de dépendance géographique que de volatilité des prix.
Une dépendance renforcée et une propension à l'exportation en forte hausse
La dépendance nette aux importations a augmenté de 36,4 % sur la période, pour atteindre 93,8 % en 2024, un niveau record. Cela signifie que la consommation intérieure de l'UE pour ces produits est presque entièrement couverte par les importations Autonomie & Vulnérabilité. Parallèlement, la propension à exporter (rapport exportations/production) a été multipliée par plus de 5 (+415 %), passant de 75 % à 387 %. Cette évolution spectaculaire indique que la production résiduelle de l'UE est de plus en plus destinée à l'exportation, plutôt qu'au marché intérieur.
Des chocs de prix récurrents chez les principaux fournisseurs asiatiques
L'analyse des chocs de prix révèle des épisodes de tension marquants. En 2022, outre le Bangladesh, le Cambodge a également subi une augmentation de prix jugée anormale (+14,8 %) Volatilité & Chocs. Ces chocs simultanés sur deux fournisseurs majeurs illustrent la vulnérabilité de la chaîne d'approvisionnement européenne aux perturbations globales (logistiques, énergétiques, inflationnistes).
Une production intra-UE en déclin structurel
Les données de production PRODCOM confirment une érosion de la base productive européenne. La quantité produite au sein de l'UE a chuté de 35,4 % entre 2015 et 2024, passant de 24,8 millions à 16,1 millions d'unités Structure du Marché. La valeur de la production a suivi une trajectoire similaire (-2,2 %). Ce déclin, couplé à la hausse des importations, renforce la dépendance extérieure et réduit la capacité de l'UE à absorber les chocs par sa propre production.
Conclusion
Sur la période 2015-2025, le marché européen des pantalons en bonneterie de coton pour femmes a été façonné par deux dynamiques principales. Premièrement, une dépendance structurelle et croissante vis-à-vis des importations, en particulier en provenance du Bangladesh, du Pakistan et du Cambodge, qui a conduit à un déficit commercial record et à une vulnérabilité accrue face aux chocs de prix et d'approvisionnement. Deuxièmement, une restructuration productive au sein de l'UE, avec un déclin de la production globale et une spécialisation géographique plus marquée entre les États membres, coïncidant avec une forte augmentation de la propension à exporter. L'avenir de ce secteur au sein de l'UE dépendra de sa capacité à gérer cette double contrainte : sécuriser des chaînes d'approvisionnement externes de plus en plus sollicitées, tout en préservant une base industrielle adaptée aux besoins du marché unique.