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Évolution du marché : Pantalons en coton (CN 610462) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 610462 couvre les pantalons, knickers, culottes, salopettes à bretelles et shorts en bonneterie de coton pour femmes ou fillettes (hors maillots de bain et sous-vêtements). Sur la période 2015–2025, le marché européen de ce produit a connu des transformations profondes, marquées par une croissance soutenue des importations, un basculement géographique des sources d'approvisionnement et une montée en puissance — toutefois relative — des exportations de l'UE. Le présent rapport s'appuie sur les données de la balance commerciale de l'UE pour analyser ces dynamiques et en identifier les principaux moteurs.


1. Une dépendance structurelle aux importations en creusement continu

1.1. Des importations en forte progression, tant en volume qu'en valeur

Entre 2015 et 2025, les importations extra-UE de pantalons en coton pour femmes et fillettes ont progressé de 30,7 % en valeur (passant de 1,408 milliard € à 1,841 milliard €) et de 39,4 % en volume (de 100 394 tonnes à 139 982 tonnes), selon les données générales du commerce. En unités supplémentaires (pièces), la progression atteint 42,7 %, passant de 464 millions à 663 millions de pièces. Cette croissance quasi continue témoigne d'une demande européenne structurellement forte pour ces produits.

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Valeur des importations (€) 1 408 002 349 1 840 525 850 +30,7
Volume des importations (t) 100 394 139 982 +39,4
Pièces importées (p/st) 464 393 043 662 747 239 +42,7
Prix moyen à l'importation (€/t) 14 025 13 147 −6,3
Prix moyen à l'importation (€/pce) 3,03 2,78 −8,4

1.2. Un prix à l'importation en déclin, signe d'une pression concurrentielle accrue

Malgré la hausse des volumes, le prix unitaire à l'importation a reculé de 6,3 % en valeur par tonne et de 8,4 % par pièce. Ce mouvement suggère un transfert de la production vers des pays à plus faibles coûts de main-d'œuvre, ainsi qu'une intensification de la concurrence entre fournisseurs asiatiques. L'acheteur européen bénéficie ainsi d'un approvisionnement en croissance à un coût unitaire décroissant.

1.3. Une production intérieure européenne en recul marqué

La production de l'UE en pièces a chuté de 35,4 % sur la période, passant de 24,9 millions de pièces à 16,1 millions. Toutefois, la valeur de cette production n'a reculé que de 2,2 % (de 204,5 M€ à 200,0 M€), ce qui implique que le prix moyen par pièce produit dans l'UE a considérablement augmenté — d'environ 8,22 € à 12,44 €, soit une hausse d'environ 51 %. Cette évolution indique que l'industrie européenne se repositionne sur des segments à plus forte valeur ajoutée, tandis que les volumes de base sont délocalisés.

1.4. Une dépendance nette aux importations qui atteint un niveau record

Le taux de dépendance nette aux importations est passé de 68,8 % en 2015 à 93,8 % en 2025, une hausse de 36,4 %. Ce chiffre exceptionnellement élevé signifie que la quasi-totalité de la consommation européenne de pantalons en coton pour femmes repose désormais sur des fournisseurs extérieurs à l'UE. Le déficit commercial s'est parallèlement alourdi de 1,24 milliard € à 1,52 milliard € (−22,4 %), confirmant l'ampleur de cette dépendance structurelle.


2. Une recomposition profonde de la carte des fournisseurs

2.1. Le Bangladesh, pilier incontesté et en consolidation

Le Bangladesh est devenu le premier fournisseur de l'UE pour ce produit, avec des importations passant de 448,8 M€ à 720,3 M€ (+60,5 %), selon les données par partenaire. Le pic a même atteint 1,126 milliard € au cours de la période. En 2025, le Bangladesh représente à lui seul environ 39 % de la valeur totale des importations extra-UE. Sa position dominante s'explique par des coûts de production très compétitifs et le bénéfice du régime préférentiel « Tout sauf les armes » de l'UE.

2.2. L'essor spectaculaire du Pakistan et du Cambodge

Le Pakistan a connu la progression la plus remarquable parmi les grands fournisseurs : ses exportations vers l'UE ont été multipliées par 3,6, passant de 49,1 M€ à 178,3 M€ (+263,4 %). Le Cambodge a également poursuivi sa montée, avec une hausse de 43,1 % (de 131,4 M€ à 188,0 M€). Ces deux pays bénéficient de dispositifs préférentiels (SPG/GSP+) et d'une industrie textile en rapide expansion.

2.3. Le recul relatif de la Chine

À l'inverse, les importations en provenance de Chine ont reculé de 34,2 %, passant de 279,5 M€ à 183,9 M€. La Chine, qui était le deuxième fournisseur de l'UE en 2015, a été dépassée par le Cambodge et rattrapée par le Pakistan et l'Inde en 2025. Ce déclin s'inscrit dans le mouvement plus large de réorientation des chaînes d'approvisionnement textiles hors de Chine, sous l'effet de la hausse des coûts de production chinois, des tensions géopolitiques et de la stratégie de diversification des grandes marques européennes.

Partenaire 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
Bangladesh 448,8 720,3 +60,5
Chine 279,5 183,9 −34,2
Inde 156,5 173,1 +10,6
Cambodge 131,4 188,0 +43,1
Pakistan 49,1 178,3 +263,4
Turquie 135,3 121,5 −10,2
Indonésie 37,7 29,9 −20,8

2.4. Une concentration accrue des approvisionnements

L'indice Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations a progressé de 13,7 %, passant de 1 749 à 1 989. Bien que ce niveau reste en dessous du seuil de 2 500 généralement considéré comme « concentré », la tendance à la hausse indique un risque croissant de dépendance envers un nombre limité de fournisseurs. Le Bangladesh seul représente près de 40 % des importations, ce qui constitue un facteur de vulnérabilité.

2.5. Des chocs de prix ponctuels mais significatifs

L'analyse de volatilité et des chocs d'approvisionnement révèle un événement notable en 2022 : un choc de prix sur les importations en provenance du Bangladesh, avec une hausse anormale de 35,6 % et un indice d'anormalité de 8,7. Ce choc, survenant dans un contexte de perturbations post-COVID et de hausse des coûts de l'énergie et du transport, a affecté plus de la moitié (51,8 %) de la valeur des importations de ce partenaire. Les fournisseurs les plus volatils en termes de coefficient de variation sont le Myanmar (CV = 0,54), le Pakistan (0,44) et le Sri Lanka (0,42), soulignant les risques liés à la concentration sur l'Asie du Sud et du Sud-Est.


3. Des exportations européennes en forte croissance, portées par quelques moteurs nationaux

3.1. Une progression spectaculaire des exportations extra-UE

Les exportations de l'UE vers les pays tiers ont presque doublé en valeur sur la période, passant de 165,5 M€ à 319,6 M€ (+93,1 %), selon les données générales. En volume, la hausse atteint 59,9 % (de 5 599 à 8 955 tonnes). Le prix moyen à l'exportation a lui aussi progressé de 20,7 % (de 29 556 €/t à 35 678 €/t), ce qui confirme le positionnement de la production européenne résiduelle sur des segments à plus forte valeur ajoutée.

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Valeur des exportations (€) 165 514 781 319 621 166 +93,1
Volume des exportations (t) 5 599 8 955 +59,9
Prix moyen à l'exportation (€/t) 29 556 35 678 +20,7
Pièces exportées (p/st) 24 714 608 34 617 783 +40,1
Prix moyen à l'exportation (€/pce) 6,70 9,23 +37,9

3.2. La Suisse, premier débouché et moteur de la croissance

La Suisse est devenue la première destination des exportations de pantalons en coton de l'UE, avec une valeur multipliée par 4,8 (de 22,8 M€ à 110,1 M€, +383 %). Cette croissance exceptionnelle peut s'expliquer par la proximité géographique, le pouvoir d'achat élevé des consommateurs suisses et la position de hub logistique et de réexportation de certains acteurs européens. La Suisse a ainsi supplanté le Royaume-Uni, qui restait la première destination en 2015 (53,9 M€) mais a reculé à 39,4 M€ (−26,9 %) — un déclin probablement lié aux effets du Brexit.

Destination 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
Royaume-Uni 53,9 39,4 −26,9
Suisse 22,8 110,1 +383,0
Russie 15,2 11,7 −23,0
Albanie 1,7 6,9 +304,7
Norvège 4,8 18,2 +276,4
Turquie 7,5 21,5 +187,4
Serbie 1,8 11,3 +521,9

3.3. Une diversification géographique encourageante

Au-delà de la Suisse, plusieurs marchés émergents ont connu une forte croissance : la Serbie (+521,9 %), l'Albanie (+304,7 %), la Norvège (+276,4 %) et la Turquie (+187,4 %). Cette diversification réduit partiellement la dépendance envers un petit nombre de débouchés. Le coefficient de variation (volatilité) des exportations vers ces marchés reste toutefois élevé — 0,69 pour la Serbie et 0,57 pour la Turquie — ce qui reflète des flux encore instables.

3.4. L'Allemagne et l'Italie, moteurs de l'exportation intra-européenne

Au sein de l'UE, deux États membres dominent nettement les exportations vers les pays tiers :

Pays 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
Allemagne 42,7 100,7 +135,9
Italie 21,8 77,3 +255,1
Espagne 36,5 23,4 −36,0
France 9,9 20,1 +104,2
Pologne 2,0 33,5 +1 557,2

La Pologne affiche la progression la plus spectaculaire (+1 557 %), avec des exportations passant de 2,0 M€ à 33,5 M€. Ce bond reflète probablement l'intégration de la Pologne dans les chaînes de valeur textiles européennes, avec une montée en gamme de sa production. La spécialisation de la Pologne dans ce produit est d'ailleurs la plus élevée de l'UE en 2025 (RSCA = 0,319), suivie de l'Espagne (0,270) et du Portugal (0,158).

3.5. Des importations intra-UE en pleine mutation

Les flux d'importation au sein de l'UE révèlent des dynamiques contrastées. L'Allemagne reste le premier importateur (552 M€, +36 %), mais c'est l'Espagne qui affiche la plus forte croissance (+95,2 %, de 137,6 M€ à 268,6 M€). À l'inverse, la Belgique a vu ses importations divisées par deux (de 108,2 M€ à 53,0 M€, −51,0 %). La Pologne a connu une hausse de 658 % à l'importation (de 17,9 M€ à 135,7 M€), ce qui, combiné à sa forte progression à l'exportation, suggère un rôle croissant de plaque tournante textile en Europe centrale.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des pantalons en coton pour femmes et fillettes a connu une double transformation. D'une part, la dépendance de l'UE vis-à-vis des importations extra-européennes s'est considérablement accrue, atteignant un taux net de 93,8 %, tandis que la production intérieure a connu un recul significatif en volume (−35,4 %) au profit d'un repositionnement sur des segments à haute valeur ajoutée. D'autre part, la carte des fournisseurs s'est profondément redessinée : le Bangladesh s'est imposé comme fournisseur quasi dominant, le Pakistan et le Cambodge ont connu des trajectoires de forte ascension, et la Chine a amorcé un déclin relatif notable.

Les exportations européennes ont certes presque doublé en valeur (+93,1 %), portées par la Suisse, l'Allemagne, l'Italie et une Pologne devenue spécialiste du segment. Toutefois, cette progression reste insuffisante pour réduire significatif le déficit commercial, qui s'est creusé à 1,52 milliard €. La concentration des approvisionnements sur un nombre limité de pays asiatiques, conjuguée à la volatilité des prix et aux chocs identifiés (Bangladesh 2022), constitue un risque structurel pour la résilience de la chaîne d'approvisionnement européenne.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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