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Évolution du marché : Pantalons et shorts (CN 610463) — 2015–2025

Introduction

Le code douanier 610463 couvre les pantalons, shorts, culottes et salopettes à bretelles en bonneterie de fibres synthétiques, pour femmes ou fillettes. Ce segment s'inscrit dans le marché global des vêtements en bonneterie (CN 61) et constitue un poste significatif du commerce extérieur de l'Union européenne. La présente analyse porte sur la période 2015–2025 et s'appuie sur les données consolidées de l'UE.

Sur cette période, le marché a connu des transformations profondes : une croissance très forte des volumes importés, un creusement considérable du déficit commercial, une recomposition géographique des approvisionnements et une dépendance accrue de l'UE vis-à-vis des fournisseurs tiers. Trois dynamiques structurantes se dégagent de l'analyse des données.


I. Une expansion spectaculaire des importations et un déficit commercial en hausse continue

Des volumes importés plus que doublés en dix ans

Entre 2015 et 2025, les importations de l'UE en provenance des pays tiers ont connu une progression remarquable, tant en valeur qu'en volume. La valeur des importations est passée de 916,6 millions d'euros à 2 013,3 millions d'euros, soit une hausse de 119,7 %. En volume (poids net), la progression est encore plus marquée : de 53 007 tonnes à 130 411 tonnes (+146,0 %). En nombre de pièces, les importations ont bondi de 214,3 millions à 439,7 millions d'unités (+105,2 %).

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Valeur importations (M€) 916,6 2 013,3 +119,7
Volume importations (t) 53 007 130 411 +146,0
Pièces importées (M p/st) 214,3 439,7 +105,2

Source : Vue d'ensemble du commerce

Des exportations en progression mais nettement inférieures en ampleur

Les exportations de l'UE vers le reste du monde ont également progressé, passant de 169,2 M€ à 340,8 M€ (+101,4 %) en valeur et de 4 354 tonnes à 7 177 tonnes (+64,8 %) en volume. Toutefois, l'ordre de grandeur reste radicalement différent de celui des importations : les exportations représentent moins de 17 % de la valeur des importations en 2025.

Un déficit commercial qui se creuse inexorablement

Le déséquilibre entre importations et exportations s'est considérablement amplifié. Le solde commercial négatif est passé de -747,3 M€ à -1 672,5 M€, soit une détérioration de 123,8 %. En d'autres termes, le déficit a plus que doublé sur la période. La dépendance nette aux importations est ainsi passée de 68,8 % à 93,8 %, ce qui signifie qu'en 2025, près de 94 % de la consommation apparente de l'UE dans ce segment est couverte par des importations.

Des dynamiques de prix révélatrices de la structure du marché

Un phénomène notable est la divergence des trajectoires de prix à l'importation et à l'exportation. Le prix moyen à l'importation a diminué de 17 291 €/t à 15 436 €/t (-10,7 %), tandis que le prix moyen à l'exportation a augmenté de 38 867 €/t à 47 468 €/t (+22,1 %). Cet écart persistant — le prix d'exportation est environ trois fois supérieur au prix d'importation — suggère que l'UE exporte vers le haut de gamme (probablement des articles de marque ou à forte valeur ajoutée) tout en important des volumes considérables de produits à bas prix depuis les pays à faibles coûts de main-d'œuvre.

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Prix moyen importation (€/t) 17 291 15 436 -10,7
Prix moyen exportation (€/t) 38 867 47 468 +22,1
Prix moyen importation (€/p.st) 4,28 4,53 +5,9
Prix moyen exportation (€/p.st) 9,93 13,01 +31,0

Source : Vue d'ensemble du commerce


II. Une recomposition géographique des échanges : diversification des sources d'approvisionnement et repositionnement à l'exportation

La Chine reste le premier fournisseur, mais les pays d'Asie du Sud-Est progressent rapidement

La Chine demeure le principal fournisseur de l'UE pour ce produit, avec des importations passées de 365,9 M€ à 617,9 M€ (+68,8 %). Cependant, sa part relative a tendance à se réduire au profit de fournisseurs alternatifs dont la croissance est beaucoup plus dynamique :

Partenaire Import. 2015 (M€) Import. 2025 (M€) Variation (%)
Chine 365,9 617,9 +68,8
Cambodge 124,6 309,2 +148,2
Bangladesh 59,6 256,2 +329,8
Viêt Nam 55,7 203,2 +264,6
Turquie 68,7 158,1 +130,0
Myanmar 5,7 64,4 +1 030,1
Pakistan 11,0 59,0 +438,4

Source : Partenaires principaux

Plusieurs dynamiques expliquent cette recomposition. La hausse exponentielle des importations en provenance du Myanmar (+1 030,1 %) et du Pakistan (+438,4 %) témoigne de la stratégie de diversification des chaînes d'approvisionnement du secteur textile européen, probablement accélérée par les tensions commerciales et les préoccupations liées aux droits de l'homme en Chine. Le Bangladesh (+329,8 %) et le Viêt Nam (+264,6 %) ont consolidé leur position de hubs de production textile, tandis que le Cambodge (+148,2 %) continue de bénéficier du régime préférentiel EBA (Everything But Arms) de l'UE.

Une diminution significative de la concentration des importations

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) pour les importations est passé de 1 973 à 1 580 (-19,9 %), indiquant un réel processus de diversification. Si la Chine reste dominante, le marché est de moins en moins dépendant d'un seul fournisseur.

À l'exportation, un repositionnement géographique marqué

Côté exportations, la dynamique est tout aussi révélatrice. Le Royaume-Uni, premier client de l'UE en 2015 (85,6 M€), a reculé à 62,9 M€ (-26,5 %) en 2025 — un déclin qui coïncide avec le Brexit et la mise en place de barrières douanières post-transition. En parallèle, la Suisse est devenue le premier débouché à l'exportation (103,6 M€, +445,7 %), dépassant le Royaume-Uni. La Norvège (+314,3 %), la Turquie (+290,2 %), la Serbie (+682,7 %) et les États-Unis (+329,3 %) ont également connu des progressions spectaculaires.

Partenaire Export. 2015 (M€) Export. 2025 (M€) Variation (%)
Royaume-Uni 85,6 62,9 -26,5
Suisse 19,0 103,6 +445,7
Turquie 8,9 34,6 +290,2
Norvège 7,4 30,8 +314,3
États-Unis 4,2 18,1 +329,3
Serbie 1,1 8,5 +682,7

Source : Partenaires principaux

La concentration des exportations a diminué encore plus fortement que celle des importations : le HHI est passé de 2 806 à 1 526 (-45,6 %), témoignant d'une diversification accélérée des débouchés.

L'Allemagne, moteur du commerce intra-UE

Au sein de l'UE, l'Allemagne domine à la fois les importations (484,8 M€ en 2025) et les exportations (122,4 M€). L'Espagne (+282,3 %) et les Pays-Bas (+192,5 %) ont connu les plus fortes hausses à l'importation, tandis que l'Italie (+300,5 %) et la Suède (+295,7 %) se distinguent à l'exportation.

Source : Rapporteurs principaux


III. Déclin de la production européenne, vulnérabilité accrue et chocs d'approvisionnement

Une production intérieure européenne en net recul

Les données de production (basées sur le code Prodcom 14.13.14.90) révèlent une contraction significative de la production européenne. En volume, la production est passée de 24,9 millions de pièces à 16,1 millions de pièces (-35,4 %). En valeur, le recul est plus modéré (-2,2 %), passant de 204,5 M€ à 200,0 M€, ce qui indique une montée en gamme partielle des produits encore fabriqués en Europe.

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Production volume (M p/st) 24,9 16,1 -35,4
Production valeur (M€) 204,5 200,0 -2,2

Source : Volumes de production

Ce déclin de la production, combiné à la forte croissance des importations, explique la hausse de la dépendance nette aux importations (68,8 % → 93,8 %) et illustre la poursuite de la délocalisation du secteur textile européen vers des zones à moindre coût.

Des degrés de spécialisation très hétérogènes au sein de l'UE

En 2025, les indices de spécialisation révèlent des disparités marquées entre États membres. La Croatie (RSCA = 0,58) et le Danemark (0,32) se distinguent par une spécialisation relative à l'exportation de ce produit, tandis que Malte (-0,95), l'Irlande (-0,89) et la Finlande (-0,86) présentent les indices les plus faibles, confirmant l'absence de base textile dans ces pays.

Une volatilité significative sur certains corridors d'approvisionnement

L'analyse des coefficients de variation des flux commerciaux montre que certains corridors d'approvisionnement présentent une volatilité notable. À l'importation, le Myanmar (CV = 0,66) et le Pakistan (CV = 0,52) affichent les plus fortes variations, reflétant la relative instabilité de ces sources d'approvisionnement récemment développées. À l'exportation, l'Ukraine (CV = 0,78) et la Bosnie-Herzégovine (CV = 0,77) sont les marchés les plus volatils.

Trois chocs majeurs identifiés sur la période

L'analyse des chocs d'approvisionnement a détecté trois événements significatifs :

  1. Suisse — choc de prix à l'exportation (2017) : une hausse de prix de 64,4 % avec un score d'anormalité de 9,6, représentant 29,7 % de la valeur des exportations. Ce choc pourrait être lié à des réajustements tarifaires ou à des changements dans les flux logistiques.

  2. Bangladesh — choc de prix à l'importation (2022) : une hausse de 21,4 % avec un score d'anormalité de 8,5, coïncidant probablement avec la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières post-Covid et le début du conflit en Ukraine.

  3. Royaume-Uni — choc de prix à l'exportation (2018) : une baisse de 22,4 % avec un score d'anormalité de 5,9, pouvant refléter les incertitudes liées aux négociations du Brexit sur les conditions d'échange.


Conclusion

L'analyse du commerce de l'UE pour le code 610463 sur la période 2015–2025 met en lumière un marché profondément transformé par trois tendances convergentes : la croissance exponentielle des importations depuis l'Asie, le recul de la production intérieure européenne et la recomstration des flux commerciaux.

Le déficit commercial, qui a plus que doublé pour atteindre 1,67 milliard d'euros en 2025, traduit une dépendance structurelle de l'UE vis-à-vis de fournisseurs extérieurs, avec un taux de dépendance nette de près de 94 %. Si la diversification géographique des sources d'approvisionnement constitue un facteur de résilience (baisse du HHI à 1 580), la volatilité persistante de certains corridors — notamment le Myanmar et le Pakistan — soulève des questions sur la fiabilité de ces nouvelles sources.

La divergence de prix entre importations et exportations suggère que l'UE s'est progressivement repositionnée vers le segment à haute valeur ajoutée de ce produit, tandis que les volumes de base sont désormais quasi-intégralement importés. Cette évolution, cohérente avec la stratégie de montée en gamme du textile européen, n'en soulève pas moins des interrogations en matière de souveraineté industrielle et de résilience des chaînes d'approvisionnement.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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