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Évolution du marché : Caméras cinématographiques (CN 9007) — 2015–2025

Introduction

Le code nomenclature combinée 9007 couvre les caméras et projecteurs cinématographiques, ainsi que leurs parties et accessoires, à l'exclusion des appareils vidéophoniques. Sur la période 2015–2025, les échanges de l'Union européenne avec le reste du monde dans ce secteur ont connu une contraction profonde et généralisée, tant en volume qu'en valeur. Ce rapport s'appuie sur les données commerciales disponibles (vue d'ensemble du produit CN 9007) pour identifier trois dynamiques majeures : l'effondrement du commerce des équipements complets (projecteurs en particulier), la recomposition géographique des partenaires — avec l'ascension de la Chine côté importations —, et une spécialisation européenne qui se concentre autour de quelques États membres tandis que l'Allemagne, ancien moteur du secteur, perd considérablement du terrain.


1. Un déclin structurel du commerce : volumes et valeurs en forte contraction

Les exportations de l'UE ont perdu la moitié de leur valeur sur dix ans

Entre 2015 et 2025, les exportations de l'UE (hors UE) pour le code 9007 sont passées de 106,0 M€ à 52,8 M€, soit une baisse de 50,2 %. Les quantités exportées ont reculé de manière quasi identique, de 605 t à 306 t (–49,3 %), ce qui indique que la contraction n'est pas un simple effet de prix mais reflète une réelle réduction des flux physiques. Les prix unitaires moyens sont restés remarquablement stables (–1,7 %), oscillant entre 151 630 €/t et 220 530 €/t sur la période (commerce général).

Les importations suivent une trajectoire analogue, mais avec des prix en hausse

Les importations sont passées de 86,8 M€ à 46,7 M€ (–46,2 %), avec des quantités divisées par deux (de 1 272 t à 636 t, –50,0 %). Contrairement aux exportations, les prix à l'importation ont progressé de 7,5 % (de 68 197 €/t à 73 285 €/t), ce qui suggère un renchérissement du contenu importé ou une montée en gamme des produits achetés à l'étranger.

L'excédent commercial de l'UE se réduit considérablement

L'Union européenne est restée excédentaire sur l'ensemble de la période, mais l'excédent s'est amenuisé de 19,2 M€ à seulement 6,1 M€ (–68,3 %). L'indicateur de dépendance nette aux importations confirme cette tendance : il est passé de –115,5 % en 2015 à –4,1 % en 2025, traduisant un quasi-équilibre entre importations et exportations là où existait autrefois un excédent net prononcé. L'intensité commerciale (exportations + importations rapportées à la production) a diminué de 112,0 % à 82,2 %, et la propension à exporter a chuté de 119,9 % à 70,3 % (–41,3 %), indiquant un repli de l'ouverture extérieure du secteur.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (M€) 106,0 52,8 –50,2 %
Exportations (t) 605 306 –49,3 %
Importations (M€) 86,8 46,7 –46,2 %
Importations (t) 1 272 636 –50,0 %
Solde commercial (M€) +19,2 +6,1 –68,3 %
Dépendance nette (%) –115,5 –4,1 +96,5 %

2. L'effondrement des projecteurs et la montée des caméras : une recomposition segmentaire profonde

Le segment des projecteurs cinématographiques (900720) s'est effondré

La dynamique la plus frappante réside dans l'effondrement du commerce de projecteurs cinématographiques. Les importations de projecteurs (900720) sont passées de 7,6 M€ en 2015 à seulement 2,8 M€ en 2025, après un pic à 14,3 M€ en 2018 et un creux à 1,7 M€ en 2021. En quantité, le segment a chuté de 235 t à 77 t. Côté exportations, les projecteurs ont suivi une trajectoire similaire, passant de 6,4 M€ à 4,7 M€ avec une forte volatilité interannuelle (segments par sous-produit).

Ce déclin s'explique vraisemblablement par la transition numérique de l'industrie cinématographique : la numérisation des salles de projection et l'essor du streaming ont réduit la demande de projecteurs traditionnels à pellicule.

Les caméras cinématographiques (900710) affichent une dynamique contrastée

À l'importation, le segment des caméras a fluctué sans tendance claire, oscillant entre 6,0 M€ (2017) et 12,5 M€ (2025). À l'exportation, il a enregistré une progression notable, passant de 10,9 M€ à 19,4 M€, ce qui en fait le seul segment à avoir véritablement crû sur la période. En quantité, les exportations de caméras sont passées de 34 t à 110 t, tandis que les importations ont reculé de 292 t à 149 t. Cela pourrait refléter un regain de compétitivité européenne sur ce segment de niche.

Les pièces et accessoires (900791) dominent mais déclinent aussi

Le segment des parties et accessoires de caméras (900791) reste le plus gros poste, tant à l'importation (28,3 M€ en 2025) qu'à l'exportation (24,9 M€). Toutefois, les exportations de ce segment ont perdu 70 % de leur valeur (de 83,2 M€ à 24,9 M€), tandis que les importations ont diminué de moitié (de 62,2 M€ à 28,3 M€). Le poids relatif des pièces détachées dans le commerce total reste donc prépondérant, mais en valeur absolue le déclin est significatif.

Segment Import. 2015 (M€) Import. 2025 (M€) Export. 2015 (M€) Export. 2025 (M€)
900791 – Pièces de caméras 62,2 28,3 83,2 24,9
900710 – Caméras 9,8 12,5 10,9 19,4
900720 – Projecteurs 7,6 2,8 6,4 4,7
900792 – Pièces de projecteurs 7,3 3,0 5,5 3,8

3. Restructuration géographique : la Chine monte, le Royaume-Uni et l'Allemagne reculent

La Chine s'impose comme premier fournisseur de l'UE

Le partenaire le plus marquant de la période est la Chine. Les importations en provenance de Chine ont presque doublé, passant de 11,1 M€ à 21,5 M€ (+94,5 %). La Chine est ainsi devenue le premier fournisseur de l'UE pour le code 9007, dépassant le Royaume-Uni. Sa part dans les importations totales de l'UE a considérablement augmenté. Côté exportations, à l'inverse, les ventes de l'UE vers la Chine se sont effondrées de 7,2 M€ à 0,6 M€ (–91,6 %), ce qui illustre le basculement du rapport de force commercial (principaux partenaires).

Le Royaume-Uni et les États-Unis perdent du terrain des deux côtés

Le Royaume-Uni, premier fournisseur de l'UE en 2015 avec 29,0 M€ d'importations, n'en représentait plus que 8,9 M€ en 2025 (–69,2 %). Ce repli est vraisemblablement lié aux effets combinés du Brexit (friction commerciale, nouvelles formalités douanières) et de la contraction générale du marché. Les exportations vers le Royaume-Uni ont également reculé (de 16,3 M€ à 9,5 M€, –41,9 %). Les États-Unis ont connu une évolution comparable : les importations en provenance des USA ont diminué de 13,2 M€ à 6,4 M€ (–51,4 %), et les exportations vers les USA de 15,4 M€ à 12,7 M€ (–17,5 %). Le cas du Costa Rica est spectaculaire : les importations depuis ce pays, qui atteignaient 24,2 M€ en 2015 (probablement lié à des flux ponctuels ou à un régime d'assemblage), sont retombées à 0,1 M€ en 2025 (–99,6 %).

L'Allemagne, moteur historique, perd sa prédominance

Du côté des États membres de l'UE, l'Allemagne a connu un déclin spectaculaire. Ses exportations vers les pays tiers sont passées de 59,3 M€ à 13,0 M€ (–78,0 %), et ses importations de 38,1 M€ à 6,3 M€ (–83,6 %). L'Allemagne demeure le premier exportateur de l'UE, mais sa part s'est considérablement réduite. En contrepoint, le Danemark a émergé comme un acteur majeur : ses exportations sont passées de 1,3 M€ à 9,1 M€ (+588,6 %). La Belgique (+141,2 % à l'importation) et la Suède (+87,2 % à l'importation, +28,8 % à l'exportation) ont également gagné en importance, tandis que la France a reculé fortement des deux côtés.

État membre Export. 2015 (M€) Export. 2025 (M€) Variation
Allemagne 59,3 13,0 –78,0 %
Danemark 1,3 9,1 +588,6 %
Suède 5,6 7,2 +28,8 %
France 9,6 3,6 –62,3 %
Espagne 7,5 2,3 –70,0 %

La concentration des importations s'accroît, reflétant une dépendance croissante

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) sur les importations par valeur est passé de 2 303 à 2 812 (+22,1 %), signe d'une concentration géographique accrue des sources d'approvisionnement. Sur les exportations, le HHI a augmenté de 680 à 1 147 (+68,6 %). En volume, la concentration des importations a encore davantage progressé (+75,8 %). Cette évolution indique que l'UE dépend de moins en moins de partenaires diversifiés, ce qui accroît potentiellement sa vulnérabilité face à des chocs d'approvisionnement.


Conclusion

Sur la décennie 2015–2025, le commerce de l'UE pour les caméras et projecteurs cinématographiques (CN 9007) a subi une contraction de près de 50 % en valeur et en volume. Cette évolution reflète à la fois une transformation technologique — l'obsolescence des projecteurs traditionnels au profit du numérique et du streaming — et une recomposition géographique des échanges. La Chine est devenue le premier fournisseur de l'UE, tandis que le Royaume-Uni (post-Brexit) et l'Allemagne ont vu leur rôle se réduire considérablement. L'émergence du Danemark comme exportateur de premier plan et la relative résilience du segment des caméras constituent des signaux d'adaptation du tissu industriel européen. Némoins, la concentration croissante des flux d'importations et le rétrécissement de l'excédent commercial invitent à la vigilance : l'UE, qui demeure légèrement excédentaire, pourrait voir ce solde basculer si les tendances actuelles se poursuivent.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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