Évolution du marché : Articles et matériel pour la culture physique, la gymnastique ou l'athlétisme (CN 950691) — 2015–2025
Introduction
Le marché européen des articles et matériels pour la culture physique, la gymnastique et l'athlétisme (code NC 950691) a connu une croissance significative sur la période 2015-2025. Cette évolution est marquée par une forte dépendance aux importations, une concentration accrue des fournisseurs et une volatilité des prix, notamment depuis 2020. Le présent rapport analyse les dynamiques commerciales clés de ce secteur, en se basant sur les données d'échange de l'Union européenne avec le reste du monde.
1. Une forte expansion du commerce, alimentée par des importations en nette progression
La période 2015-2025 a été caractérisée par une augmentation substantielle des échanges commerciaux de l'UE pour ce produit, les importations connaissant une croissance plus prononcée que les exportations, ce qui a creusé le déficit commercial.
1.1. Une croissance généralisée des flux commerciaux
La valeur des importations de l'UE en provenance de pays extra-communautaires a presque doublé, passant de 1,19 milliard d'euros en 2015 à 2,25 milliards d'euros en 2025, soit une hausse de +89,1%. Les exportations ont également progressé, de 475 millions d'euros à 885 millions d'euros (+86,2%). Le volume physique des importations (en tonnes) a encore plus augmenté (+99,9%), suggérant une forte demande européenne pour ces produits.
| Indicateur | 2015 (début) | 2025 (fin) | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Importations (valeur, €) | 1,19 Mds € | 2,25 Mds € | +89,1% |
| Exportations (valeur, €) | 475,2 M € | 885,0 M € | +86,2% |
| Importations (quantité, tonnes) | 353 082 | 705 743 | +99,9% |
| Exportations (quantité, tonnes) | 53 663 | 75 902 | +41,4% |
Source : Vue d'ensemble du commerce
1.2. Un déficit commercial structurel en nette aggravation
En raison d'une croissance des importations plus rapide que celle des exportations, le déficit commercial de l'UE s'est considérablement élargi. Il est passé de -715 millions d'euros en 2015 à -1,37 milliard d'euros en 2025, une dégradation de -91%. Ce déficit a atteint un pic à -2,09 milliard d'euros en 2021, année de forte reprise post-confinement. La dépendance nette aux importations a ainsi progressé, passant de 34,5% en 2015 à 47,9% en 2025.
2. Un marché d'importations dominé par la Chine, source de risques de concentration
La structure des importations de l'UE est marquée par une forte dépendance à l'égard de la Chine, qui a consolidé sa position de fournisseur principal, créant une concentration des risques.
2.1. La Chine, partenaire dominant et moteur de la croissance des importations
La Chine a été le premier fournisseur de l'UE sur toute la période, avec une part de valeur passant de 65,6% (2015) à 79,7% (2025). Sa valeur d'exportations vers l'UE a bondi de 781 millions d'euros à 1,79 milliard d'euros (+129,7%). Les importations en provenance de Chine ont connu un pic spectaculaire à 2,41 milliards d'euros en 2021. D'autres fournisseurs émergents comme le Vietnam (+418,5%) et la Turquie (+185,2%) ont enregistré de fortes hausses, mais restent à un niveau bien inférieur à la Chine.
| Partenaire | Valeur des importations 2015 (€) | Valeur des importations 2025 (€) | Part (%) 2025 | Variation (%) |
|---|---|---|---|---|
| Chine | 781,3 M € | 1 794,6 M € | 79,7% | +129,7% |
| États-Unis | 136,3 M € | 164,4 M € | 7,3% | +20,6% |
| Taïwan | 151,6 M € | 102,1 M € | 4,5% | -32,6% |
| Royaume-Uni | 69,9 M € | 51,1 M € | 2,3% | -26,9% |
| Vietnam | 5,0 M € | 26,0 M € | 1,2% | +418,5% |
Source : Principaux partenaires par valeur
2.2. Une concentration géographique croissante des fournisseurs
L'indice de concentration HHI (Herfindahl-Hirschman Index) des importations a augmenté de +40,1%, passant de 4638 à 6500. Cette hausse reflète une concentration plus forte sur un nombre restreint de partenaires, principalement la Chine. En 2025, les trois premiers fournisseurs (Chine, États-Unis, Taïwan) représentaient plus de 91% de la valeur des importations. Cette dépendance expose l'UE à des risques d'approvisionnement, comme l'a révélé la crise sanitaire de 2020-2021, où les importations chinoises ont culminé avant de se normaliser.
3. Des exportations en hausse mais moins concentrées, marquées par des chocs de prix
Si les exportations de l'UE ont globalement augmenté, leur structure géographique est plus diversifiée que celle des importations. Le secteur a été confronté à des chocs de prix significatifs sur certains marchés cibles.
3.1. Une géographie exportatrice européenne stable mais en expansion
Les exportations de l'UE sont moins concentrées que les importations, avec un HHI qui a même légèrement baissé (-16,8%). L'Italie est restée le premier exportateur, avec 260 millions d'euros en 2025 (+80,7% vs 2015), suivie de l'Allemagne (+66,5%). Les Pays-Bas et la Suède ont connu des hausses très fortes. Parmi les destinations principales, le Royaume-Uni est resté le premier marché, mais les exportations vers la Suisse (+99,8%), la Chine (+302,7%) et les Émirats Arabes Unis (+90,3%) ont connu des croissances remarquables, signalant une diversification géographique des débouchés.
3.2. Une volatilité des prix et des chocs identifiés sur les marchés d'exportation
L'analyse de la volatilité révèle que les flux d'exportations vers certains partenaires ont été particulièrement instables (coefficient de variation élevé), comme vers la Russie (CV=0,71) ou Israël (CV=0,54). Plusieurs chocs de prix ont été détectés. Par exemple, en 2022, les prix d'exportation vers le Maroc ont bondi de +35%, et ceux vers les Émirats Arabes Unis de +38,6%. Le cas de la Russie est particulièrement marquant : les exportations, après une relative stabilité, se sont effondrées à partir de 2022, avec un volume passant de 2190 tonnes en 2021 à 107 tonnes en 2025 (-95,1%), vraisemblablement en lien avec le contexte géopolitique.
Conclusion
Entre 2015 et 2025, le marché européen des équipements sportifs (CN 950691) a connu une croissance dynamique mais déséquilibrée. La demande intérieure robuste a conduit à un quasi-doublement des importations, renforçant un déficit commercial structurel. Cette croissance reposait fortement sur les fournisseurs asiatiques, et en premier lieu la Chine, ce qui a accru la concentration des risques d'approvisionnement. Parallèlement, les exportations européennes ont augmenté et se sont diversifiées géographiquement, mais le secteur a dû faire face à une volatilité accrue des prix et à des chocs exogènes importants, comme les perturbations logistiques post-COVID et les sanctions commerciales. La résilience future du secteur dépendra de sa capacité à diversifier ses chaînes d'approvisionnement et à consolider ses marchés d'exportation face aux aléas économiques et géopolitiques.