Évolution du marché : Appareils de diagnostic par balayage ultrasonique [scanners] (CN 901812) — 2015–2025
Introduction
Le marché de l'Union européenne (UE) pour les appareils de diagnostic par balayage ultrasonique (code NC 901812) a connu une croissance soutenue sur la période 2015-2025, marquée par une expansion plus vigoureuse des importations que des exportations. Cette dynamique a conduit à une détérioration du solde commercial de l'UE avec le reste du monde. L'analyse des données révèle des changements importants dans la structure des partenaires commerciaux, une spécialisation inégale au sein des États membres et une exposition à des chocs de prix significatifs sur certaines routes commerciales. Ce rapport détaille ces évolutions et leurs implications pour la position de l'UE sur ce marché de haute technologie.
1. Une croissance déséquilibrée tirée par les importations
La période 2015-2025 se caractérise par une expansion généralisée du commerce, mais avec une dynamique clairement plus favorable aux importations dans l'UE. Ce déséquilibre a creusé le déficit commercial de l'Union dans ce secteur.
La valeur des importations progresse plus vite que celle des exportations
Entre 2015 et 2025, la valeur totale des importations de scanners ultrasoniques par l'UE a augmenté de 42,2 %, passant de 721,5 millions d'euros à plus de 1 milliard d'euros. Dans le même temps, la valeur des exportations a progressé de 26,4 %, atteignant 721,7 millions d'euros. Cette croissance plus faible des exportations a entraîné un creusement du déficit commercial, qui est passé d'environ -150,5 millions d'euros à -304,4 millions d'euros (Voir les données du commerce général).
Les volumes échangés suivent une trajectoire similaire
L'évolution des volumes (en nombre d'unités) corrobore cette tendance. Les quantités importées ont crû de 34,0 % (de 3 463 à 4 641 unités), tandis que les quantités exportées ont augmenté de 19,9 % (de 2 322 à 2 783 unités). Le prix moyen à l'importation est resté systématiquement inférieur au prix moyen à l'exportation, bien que cet écart se soit légèrement réduit sur la période.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Valeur des importations (M€) | 721,5 | 1 026,1 | +42,2 |
| Valeur des exportations (M€) | 571,0 | 721,7 | +26,4 |
| Solde commercial (M€) | -150,5 | -304,4 | -102,2 |
| Quantités importées (unités) | 3 463 | 4 641 | +34,0 |
| Quantités exportées (unités) | 2 322 | 2 783 | +19,9 |
2. Restructuration des partenaires et spécialisation européenne fragmentée
La géographie commerciale de l'UE pour ce produit a connu des mutations profondes, tant en ce qui concerne les fournisseurs que les clients. Parallèlement, la capacité d'exportation s'est concentrée au sein de l'UE autour de quelques États membres spécialisés.
Un basculement des sources d'importation vers l'Asie
Les États-Unis demeurent le premier fournisseur de l'UE en 2025 (227,4 M€), mais leur part a reculé. À l'inverse, les importations en provenance de Chine et de Corée du Sud ont connu une croissance explosive, respectivement +168 % et +98 % sur la période, atteignant 267,5 M€ et 222,6 M€. Le Japon et la Norvège ont également renforcé leur position. Cette dynamique a conduit à une diversification des approvisionnements : l'indice de concentration HHI à l'importation a chuté de 2 359 à 1 893 points, indiquant un marché moins dépendant d'un petit nombre de partenaires (Voir la concentration des partenaires).
| Partenaire (Importations) | Valeur 2015 (M€) | Valeur 2025 (M€) | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 300,1 | 227,4 | -24,2 |
| Corée du Sud | 112,5 | 222,6 | +97,8 |
| Chine | 99,7 | 267,5 | +168,2 |
| Japon | 89,0 | 143,9 | +61,6 |
| Norvège | 24,1 | 64,1 | +165,5 |
Des destinations d'exportation en recomposition
Les États-Unis restent la première destination des exportations UE (158,0 M€ en 2025, +30 %). Cependant, une chute spectaculaire des ventes vers la Chine a été observée (-60,6 %, à 29,7 M€), probablement en lien avec le développement de la production locale. En parallèle, le Royaume-Uni (70,1 M€, +77 %) et surtout la Norvège (52,1 M€, +324 %) sont devenus des marchés beaucoup plus importants. La Suisse et l'Inde affichent également une progression soutenue (Voir les principaux partenaires à l'exportation).
Une spécialisation productive concentrée sur quelques États membres
En 2025, l'indice d'avantage comparatif révélé (RSCA) montre que seuls quelques pays de l'UE possèdent un avantage spécialisé marqué dans la production et l'exportation de ces scanners. L'Autriche (RSCA = 0,795) et la Roumanie (RSCA = 0,496) se distinguent nettement. À l'opposé, de nombreux pays comme l'Estonie, la Croatie ou la Bulgarie présentent un RSCA très négatif, témoignant d'une quasi-absence de spécialisation. Cette fragmentation explique en partie la faiblesse de la performance exportatrice globale de l'UE (Voir la carte de spécialisation).
3. Volatilité des prix et amélioration relative de l'autonomie
La période analysée a été marquée par des chocs de prix ponctuels mais intenses, souvent liés à des événements exogènes comme la pandémie. Malgré la croissance des importations, certains indicateurs d'autonomie se sont légèrement améliorés.
Des chocs de prix détectés sur plusieurs routes commerciales
L'analyse de volatilité a identifié plusieurs événements de prix anormaux. Le plus marquant est un pic de prix à l'exportation vers le Brésil en 2022, avec une hausse de 87,6 % par rapport à la ligne de base. À l'importation, un choc significatif est survenu avec la Corée du Sud en 2022 (+21,2 % de prix). D'autres événements notables ont touché les exportations vers le Royaume-Uni (2017), le Japon et l'Arabie Saoudite (2020-2021), souvent caractérisés par des baisses de volume et des hausses de prix, suggérant des perturbations de l'offre ou des changements dans la composition des flux (Voir les événements de chocs).
| Événement (Choc de prix) | Partenaire | Année centrale | Hausse de prix (%) |
|---|---|---|---|
| Exportation | Brésil | 2022 | +87,6 |
| Exportation | Royaume-Uni | 2017 | +37,6 |
| Importation | Corée du Sud | 2022 | +21,2 |
| Exportation | Japon | 2020 | +76,6 |
Une dépendance aux importations qui diminue mais reste forte
Le ratio de dépendance nette aux importations (part des importations nettes dans la consommation apparente) a varié de manière significative. En partant d'une valeur fortement négative en 2015 (-37,9 %), il a connu des fluctuations importantes, atteignant un point bas (moins négatif) à -3,5 % en 2024 avant de se replacer à -17,1 % en 2025. Cette trajectoire, bien que volatile, indique une réduction relative de la dépendance sur l'ensemble de la période. L'UE est structurellement exportatrice nette, mais cette position s'est quelque peu affaiblie (Voir la dépendance nette aux importations).
Une propension à l'exportation en hausse
L'indicateur de propension à l'exporter (valeur des exportations rapportée à la production) a significativement progressé, passant de 104,6 % en 2015 à 160,8 % en 2025. Cette hausse, bien plus marquée que celle de l'intensité commerciale (part du commerce dans le PIB sectoriel), suggère que l'industrie européenne de ce segment devient plus orientée vers les marchés extérieurs, malgré les défis identifiés.
Conclusion
Le marché européen des scanners ultrasoniques a crû de manière robuste entre 2015 et 2025, mais cette expansion a été asymétrique. La forte poussée des importations, alimentée par des fournisseurs asiatiques en pleine montée en puissance (Chine, Corée du Sud), a conduit à une dégradation du solde commercial de l'UE. Parallèlement, la géographie des exportations s'est reconfigurée, avec un déclin notable vers la Chine et un renforcement vers des marchés proches comme le Royaume-Uni et la Norvège.
La capacité de production et d'exportation au sein de l'UE reste fragmentée, concentrée chez quelques États membres spécialisés. Le marché a été ponctué par des chocs de prix importants, révélant des vulnérabilités dans certaines chaînes d'approvisionnement. Némoins, certains indicateurs d'autonomie se sont améliorés à la fin de la période, et la propension à exporter de l'industrie européenne est en hausse. L'avenir du secteur dans l'UE dépendra de sa capacité à consolider sa base productive spécialisée et à gérer les risques de volatilité dans un environnement commercial mondial en mutation.