Évolution du marché : Verres feuilletés (CN 700721) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code CN 700721 — Verres formés de feuilles contrecollées employés dans les véhicules sur la période 2015–2025. Ce produit, qui couvre principalement le verre feuilleté de sécurité destiné aux automobiles et tracteurs (sous-code 70072120) ainsi qu'aux véhicules aériens, bateaux et autres véhicules (sous-code 70072180), constitue un indicateur-clé de la compétitivité de l'industrie européenne des équipements automobiles.
Sur cette décennie, l'UE a connu une transformation profonde de sa balance commerciale pour ce produit : d'un excédent confortable de 223 M€ en 2015, le solde s'est érodé jusqu'à n'atteindre que 25 M€ en 2025 (-88,9 %). Ce basculement s'explique par une dynamique d'importations en forte hausse (+41,7 % en valeur) conjuguée à un recul des exportations en volume (-40,8 %), compensé seulement partiellement par une augmentation des prix à l'exportation (+47,3 %). Ce mouvement de fond masque en réalité une restructuration géographique majeure des approvisionnements et des débouchés, ainsi qu'une montée en gamme de la production européenne.
I. Profonde érosion du solde excédentaire malgré le maintien de la production
Le paradoxe central de la période est la contraction spectaculaire du surplus commercial de l'UE, qui passe de 223 M€ à moins de 25 M€, alors même que la production européenne demeure globalement stable en volume. L'analyse montre que le commerce intra-UE n'est pas couvert par les données (qui portent sur les échanges avec les pays tiers), ce qui signifie que l'essentiel de la production continue d'alimenter les chaînes de valeur continentales. Néanmoins, la tendance commerciale « extra-UE » révèle des dynamiques inquiétantes en termes de compétitivité à l'international.
L'excédent commercial se réduit à peau de chagrin
La balance commerciale de l'UE pour le CN 700721 avec les pays tiers a connu une détérioration continue :
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Exportations (valeur, M€) | 535,5 | 467,1 | -12,8 % |
| Importations (valeur, M€) | 312,3 | 442,4 | +41,7 % |
| Solde (M€) | 223,2 | 24,7 | -88,9 % |
En seulement onze ans, l'excédent commercial de l'UE a été divisé par près de dix. Ce résultat est d'autant plus frappant que la dépendance nette aux importations, indicateur qui intègre à la fois échanges et production, est restée négative tout au long de la période (de -6,0 % en 2015 à -2,1 % en 2025), ce qui confirme que l'UE demeure excédentaire au sens strict. L'érosion du solde reflète cependant un rapprochement marqué vers l'équilibre, voire un risque de basculement déficitaire si la tendance se poursuit.
Recul des volumes exportés et montée en gamme compensatoire
Le déclin des exportations masque une évolution qualitative importante. En volume, les exportations de l'UE ont chuté de 92 902 à 55 007 tonnes (-40,8 %), tandis que la valeur ne reculait que de 12,8 %. Cette différence s'explique par une hausse spectaculaire du prix moyen à l'exportation, qui passe de 5 765 €/t à 8 492 €/t (+47,3 %).
Les sous-produits confirment cette montée en gamme :
| Sous-produit | Prix export 2015 (€/t) | Prix export 2025 (€/t) | Variation |
|---|---|---|---|
| 70072120 — Véhicules automobiles/tracteurs | 5 605 | 8 104 | +44,6 % |
| 70072180 — Véhicules aériens, bateaux, autres | 14 596 | 23 950 | +64,1 % |
Le segment « véhicules aériens et bateaux » (70072180) se négocie près de trois fois plus cher au kilogramme que le segment automobile (70072120). La hausse du prix moyen global à l'exportation est donc en partie structurelle, reflétant le repositionnement de l'industrie européenne vers des produits à plus forte valeur ajoutée, tels que les pare-brise aéronautiques ou marins.
À l'inverse, les prix moyens à l'importation n'ont progressé que de 3 997 €/t à 4 211 €/t (+5,4 %). L'écart de prix export/import — de l'ordre de 2:1 — indique que l'UE exporte principalement du verre feuilleté à haute valeur ajoutée, tandis qu'elle importe des produits plus standards, notamment pour le segment automobile grand volume.
Production stable en volume mais forte croissance en valeur
La production européenne confirme cette tendance à la montée en gamme. En 2015, elle s'élevait à 365 201 tonnes pour une valeur de 1 148 M€ (prix moyen de 3 143 €/t). En 2024 (dernière année complète disponible), les volumes sont restés quasi-stables à 364 000 tonnes, tandis que la valeur atteignait 1 800 M€ (4 945 €/t), soit une hausse de la valeur de production de +56,9 % en dix ans.
Cette divergence entre volumes stables et valeur en forte hausse confirme que l'industrie européenne du verre feuilleté véhicule se spécialise dans les produits de niche (pare-brise à head-up display, verres chauffants, verres aéronautiques complexes), cédant les segments grand volume aux producteurs à bas coûts.
II. Géographie commerciale reconfigurée : la montée en puissance de la Chine et de la Turquie
La période 2015–2025 est marquée par des mutations géographiques profondes, tant du côté des approvisionnements que des débouchés. La Chine s'est imposée comme le premier fournisseur de l'UE, la Turquie comme un partenaire bidirectionnel majeur, tandis que le Royaume-Uni et la Russie ont vu leur position se dégrader fortement.
L'importante montée en puissance de la Chine sur les importations européennes
La Chine est devenue le premier fournisseur de l'UE en verre feuilleté pour véhicules. Sa progression est vertigineuse :
| Fournisseur | Imports 2015 (M€) | Imports 2025 (M€) | Part 2015 | Part 2025 | Variation |
|---|---|---|---|---|---|
| Chine | 74,5 | 278,3 | 23,9 % | 62,9 % | +273,5 % |
| Turquie | 37,2 | 46,6 | 11,9 % | 10,5 % | +25,1 % |
| Maroc | 2,6 | 15,1 | 0,8 % | 3,4 % | +487,6 % |
| Royaume-Uni | 50,6 | 16,2 | 16,2 % | 3,7 % | -68,1 % |
| Inde | 6,1 | 9,2 | 1,9 % | 2,1 % | +52,2 % |
La Chine est passée de moins d'un quart à près des deux tiers des importations de l'UE. Ce gain spectaculaire (+273,5 %) s'explique par la compétitivité-prix des producteurs chinois (le prix moyen des importations de Chine reste nettement inférieur au prix moyen des exportations européennes) et par la capacité de l'industrie verrière chinoise à absorber les volumes croissants de l'industrie automobile mondiale.
Le Maroc émerge comme un partenaire en très forte croissance (+487,6 %), reflétant sans doute le développement d'une industrie automobile locale et l'intégration croissante dans les chaînes de valeur européennes (proximité géographique, accords commerciaux préférentiels).
L'Inde (+52,2 %) confirme également sa montée en puissance, dans un contexte de développement rapide de l'industrie automobile indienne.
La Turquie, pivot géographique de la sous-traitance automobile
La Turquie occupe une position unique dans la géographie commerciale de l'UE pour ce produit. Elle est à la fois un fournisseur non négligeable (46,6 M€ d'importations en 2025) et un débouché en croissance explosive (100,3 M€ d'exportations en 2025, soit une multiplication par près de six par rapport à 2015). L'aberrant de choc de prix à l'exportation détecté en 2023 (hausse de 33,7 % du prix, anomalie de 5,5) coïncide avec le moment où les exportations vers la Turquie passent en tête des débouchés, suggérant une tension entre sous-capacité locale et absorption de la demande européenne par des prix plus élevés.
La Turquie agit ainsi comme une plaque tournante de la sous-traitance automobile, alimentée par l'installation de grandes lignes de production (Ford Otosan, Tofaş, etc.) et par l'accord d'union douanière entre l'UE et la Turquie, qui supprime les barrières tarifaires sur les produits industriels.
Déclin du Royaume-Uni et effondrement de la Russie
Le Royaume-Uni est le grand perdant de la période. Premier débouché européen (278,5 M€ en 2015) et quatrième fournisseur, il a vu ses échanges avec l'UE s'effriter :
| Flux | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Exportations de l'UE vers le RU | 263,7 M€ | 161,0 M€ | -38,9 % |
| Importations de l'UE depuis le RU | 50,6 M€ | 16,2 M€ | -68,1 % |
Ce déclin coïncide clairement avec le Brexit (2020) et l'introduction de nouvelles barrières non tarifaires (contrôles douaniers, règles d'origine). La volatilité des échanges avec le RU est d'ailleurs élevée, avec un coefficient de variation de 0,83 pour les importations — signe d'instabilité persistante dans la relation commerciale post-Brexit.
La Russie a connu un effondrement quasi total. Le choc d'approvisionnement détecté en 2023 (amplitude de 2,6, chute de -100 %) correspond aux sanctions européennes consécutives à l'invasion de l'Ukraine :
| Flux | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Exportations de l'UE vers la Russie | 22,0 M€ | 0,3 M€ | -98,4 % |
| Importations de l'UE depuis la Russie | 7,3 M€ | 0,1 M€ | -98,6 % |
La disparition de la Russie comme partenaire commercial modeste mais réel illustre l'impact des sanctions sur les chaînes d'approvisionnement industrielles.
Concentration accrue des importations, diversification des exportations
L'indice de concentration HHI confirme les mutations géographiques :
| Indicateur HHI | 2015 | 2025 | Interprétation |
|---|---|---|---|
| Importations (valeur) | 1 492 | 4 153 | Concentration très forte (Chine dominante) |
| Exportations (valeur) | 2 718 | 1 817 | Légère diversification |
Le HHI des importations a presque triplé (+178,4 %), passant d'un niveau « modéré » à un niveau « concentré », signe d'une dépendance croissante vis-à-vis de la Chine. Ce phénomène, combiné à la baisse de la volatilité des importations indiennes (CV = 0,15) et turques (CV = 0,17), suggère que l'approvisionnement se stabilise autour de trois pôles (Chine, Turquie, Maroc) mais avec un risque de concentration excessive.
Du côté des exportations, la baisse du HHI (de 2 718 à 1 817 ; -33,1 %) reflète la dispersion des débouchés : le recul du RU et des États-Unis est compensé par la montée de la Turquie, de la Norvège (+67,4 %) et de la Suisse (+3,1 %).
Redistribution des flux entre États membres
Du côté des reporters de l'UE, les dynamiques nationales sont contrastées :
Importations :
| État membre | Imports 2015 (M€) | Imports 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 101,2 | 59,6 | -41,1 % |
| Pays-Bas | 15,4 | 77,1 | +399,8 % |
| Espagne | 22,7 | 56,5 | +149,4 % |
| Belgique | 39,9 | 67,3 | +68,9 % |
| France | 41,6 | 49,1 | +18,0 % |
| Italie | 21,6 | 28,8 | +33,1 % |
| Pologne | 21,4 | 23,2 | +8,2 % |
Exportations :
| État membre | Exports 2015 (M€) | Exports 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 201,9 | 106,4 | -47,3 % |
| Pologne | 101,7 | 48,2 | -52,6 % |
| Italie | 58,3 | 36,3 | -37,7 % |
| Belgique | 41,1 | 65,3 | +58,7 % |
| France | 52,1 | 51,2 | -1,7 % |
| Tchéquie | 25,2 | 42,9 | +70,4 % |
| Bulgarie | 0,15 | 43,0 | +28 644 % |
L'Allemagne demeure de loin le premier exportateur et importateur, mais son poids se réduit fortement dans les deux flux. En revanche, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne et la Bulgarie (qui passe de 0,15 M€ à 43 M€ soit +28 644 %) voient leur rôle croître, reflétant la délocalisation des lignes de production verrière vers l'Europe de l'Est et les pays du Benelux (réexportations).
III. Chocs exogènes, spécialisation et vulnérabilité structurelle
L'analyse de la volatilité, des événements de choc et des indicateurs de spécialisation révèle un secteur en mutation structurelle, dont la vulnérabilité augmente face aux perturbations géopolitiques et commerciales.
Volatilité contrastée selon les partenaires
Les coefficients de variation des échanges varient fortement d'un partenaire à l'autre :
Importations :
| Partenaire | CV (valeur) | Degré de volatilité |
|---|---|---|
| Inde | 0,15 | Faible |
| Turquie | 0,17 | Faible |
| Chine | 0,37 | Modéré |
| Japon | 0,34 | Modéré |
| Afrique du Sud | 0,50 | Modéré |
| Israël | 0,64 | Élevé |
| Russie | 0,68 | Élevé |
| Maroc | 0,70 | Élevé |
| Royaume-Uni | 0,83 | Very élevé |
Exportations :
| Partenaire | CV (valeur) | Degré de volatilité |
|---|---|---|
| Suisse | 0,13 | Faible |
| Norvège | 0,12 | Faible |
| Serbie | 0,32 | Modéré |
| RU | 0,43 | Modéré |
| Chine | 0,50 | Modéré |
| États-Unis | 0,40 | Modéré |
| Afrique du Sud | 0,72 | Élevé |
| Russie | 0,76 | Élevé |
| Maroc | 1,33 | Très élevé |
| Brésil | 1,37 | Très élevé |
L'Inde et la Turquie, désormais parmi les principaux fournisseurs, présentent les volatilités les plus faibles — un signe de stabilité de l'approvisionnement. À l'inverse, les partenaires les plus volatils (Maroc, Brésil, Royaume-Uni, Russie) correspondent soit à des marchés émergents, soit à des partenaires affectés par des ruptures géopolitiques.
Des événements de choc révélateurs des tensions géopolitiques
L'analyse a détecté deux chocs significatifs au cours de la période :
| Choc | Type | Flux | Anomalie | Amplitude | Période | Part de valeur |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Turquie | Prix | Exportations | 5,5 | +33,7 % | 2023 | 13,8 % |
| Russie | Offre | Importations | 2,6 | -100,0 % | 2023 | 5,8 % |
Le choc turc de 2023 (anomalie de 5,5, soit 5,5 écarts-types au-dessus de la normale) correspond à une flambée des prix à l'exportation vers la Turquie (+33,7 % en un an). Ce phénomène pourrait s'expliquer par une demande turque excédentaire liée au boom des lignes de production automobile locales, combinée à une offre européenne contrainte (hausse des coûts énergétiques post-2022, contraintes logistiques). Il a affecté 13,8 % de la valeur totale des exportations de l'UE.
Le choc russe de 2023 (anomalie de 2,6, chute de -100 %) traduit l'effacement total des importations de verre feuilleté en provenance de Russie, résultat des sanctions européennes de 2022–2023. Ce choc a touché 5,8 % du total des importations.
Spécialisation géographique du secteur au sein de l'UE
Les indices d'avantage comparatif révélé (RSCA, balisé entre -1 et 1) pour 2025 montrent une forte concentration géographique de la production :
| État membre | RSCA | RCA | Part prod. UE | Part totale EU |
|---|---|---|---|---|
| Luxembourg | 0,81 | 9,33 | 3,0 % | 0,3 % |
| Estonie | 0,75 | 6,85 | 2,3 % | 0,3 % |
| Pologne | 0,55 | 3,45 | 22,9 % | 6,6 % |
| Tchéquie | 0,49 | 2,90 | 13,9 % | 4,8 % |
| Finlande | 0,45 | 2,62 | 2,6 % | 1,0 % |
La Pologne est le leader incontesté (22,9 % de la production UE), suivie de la Tchéquie (13,9 %). Ces deux pays sont les principaux bénéficiaires de l'implantation de lignes Pilkington, AGC et Saint-Gobain en Europe centrale. Le Luxembourg et l'Estonie, bien que très spécialisés (RSCA élevés), restent des acteurs de niche avec des parts de production modestes.
À l'inverse, l'Irlande (RSCA = -0,99), la Grèce (RSCA = -0,99) et l'Autriche (RSCA = -0,90) affichent une désécialisation marquée, indiquant une importation quasi-totale de leurs besoins en verre feuilleté véhicule.
Intensification du commerce et export propensity croissante
Les indicateurs de saliency révèlent deux tendances en apparence contradictoires mais complémentaires :
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation | Score de saillance |
|---|---|---|---|---|
| Intensité commerciale | 32,4 % | 41,5 % | +28,0 % | 36,5 |
| Propension à exporter | 21,6 % | 26,9 % | +24,5 % | 47,6 |
L'intensité commerciale (somme des échanges rapportée à la production) augmente de 32,4 % à 41,5 %, indiquant que le secteur est de plus en plus ouvert aux échanges extérieurs. La propension à exporter (exportations rapportées à la production) augmente de 21,6 % à 26,9 %, signe que l'industrie européenne consacre une part croissante de sa production à l'exportation.
Paradoxalement, le score de saillance le plus élevé (47,6) est celui de la propension à exporter, ce qui indique que la dynamique d'ouverture internationale est le trait dominant du secteur. Cette intensification du commerce se fait dans un contexte où l'UE passe d'un tiers de sa production exportée (2015) à près d'un tiers et demi (2025), mais où la part des importations dans la consommation intérieure augmente encore plus vite.
Conclusion
L'analyse financière et commerciale du CN 700721 sur la période 2015–2025 révèle un secteur en pleine mutation structurelle. Trois dynamiques dominent la décennie :
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L'érosion rapide de l'excédent commercial — de 223 M€ à 25 M€ — qui résulte de la conjugaison d'un recul des volumes exportés et d'une croissance forte des importations, principalement en provenance de Chine. La production européenne demeure stable en volume et progresse nettement en valeur, suggérant une montée en gamme vers des niches à haute valeur ajoutée qui ne suffit pas à maintenir l'équilibre extérieur sur les segments grand volume.
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La reconfiguration géographique des flux — la Chine et la Turquie ont consolidé leur position, tandis que le Brexit a érodé les échanges avec le RU et les sanctions ont effacé la Russie. La montée spectaculaire de la Bulgarie, de la Tchéquie et de la Belgique dans les exportations témoigne de la relocalisation des lignes de production au sein même de l'UE.
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Une vulnérabilité croissante aux chocs géopolitiques — le HHI des importations a triplé, concentrant les risques sur la Chine, tandis que la volatilité des échanges avec plusieurs partenaires demeure élevée. Les chocs de 2023 (flambée des prix vers la Turquie, effondrement des échanges avec la Russie) illustrent la fragilité du modèle actuel.
À l'horizon 2025, l'industrie européenne du verre feuilleté automobile se situe à un carrefour : la montée en gamme et la diversification géographique des exportations attestent d'une réelle capacité d'adaptation, mais la concentration croissante des approvisionnements et la pression compétitive chinoise sur les segments intermédiaires posent des défis structurels à la souveraineté industrielle européenne.