Explorer les données en direct

Évolution du marché : Papiers et cartons, des types utilisés pour écriture, impression ou autres fins graphiques, sans fibres obtenues par un procédé mécanique ou chimico-mécanique ou dont <= 10% en poids de la composition fibreuse totale sont constitués par de telles fibres, couchés au kaolin ou à d'autres substances inorganiques sur une ou sur les deux faces, en feuilles de forme carrée ou rectangulaire dont un côté > 435 mm ou dont un côté <= 435 mm et l'autre > 297 mm à l'état non plié (CN 481019) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code douanier 481019 — correspondant aux papiers et cartons couchés au kaolin, de format supérieur à A4, destinés à l'écriture, l'impression ou d'autres fins graphiques — sur la période 2015–2025. Ce produit, traditionnellement associé à l'édition, à la presse et aux supports imprimés professionnels, traverse une décennie de mutations profondes marquée par la numérisation, la pandémie de Covid-19, la crise énergétique de 2022 et les sanctions commerciales à l'encontre de la Russie. L'UE demeure un exportateur net majeur, avec une balance commerciale excédentaire de 432 millions d'euros en 2025, mais cet excédent s'est contracté de 56 % par rapport à 2015, traduisant une recomposition structurelle du secteur.

Voir l'aperçu général sur le Trade Dashboard


1. Un déclin structurel des exportations européennes, volume et valeur

1.1. L'effondrement des volumes exportés reflète un recul durable de la demande mondiale

Entre 2015 et 2025, les exportations de l'UE en tonnes ont chuté de 1 398 450 tonnes à 435 746 tonnes, soit une baisse de 68,8 %. Ce déclin n'est pas linéaire : il s'accélère nettement à partir de 2019, avec un creux intermédiaire en 2020 (739 285 tonnes) lié à la pandémie, suivi d'une reprise partielle en 2021 (909 708 tonnes) et 2022 (795 888 tonnes), avant une nouvelle chute brutale en 2023 (463 488 tonnes). Cette trajectoire s'inscrit dans le mouvement global de substitution du papier graphique par les supports numériques, particulièrement dans la presse écrite et les documents administratifs.

Année Exportations (tonnes) Importations (tonnes)
2015 1 398 450 100 787
2017 1 372 269 70 147
2019 963 740 63 915
2020 739 285 48 524
2022 795 888 57 908
2023 463 488 58 290
2025 435 746 91 196

1.2. La production européenne suit la même trajectoire descendante

Les données de production confirment cette dynamique. La production de l'UE (code Prodcom 17.12.73.36, correspondant exactement au périmètre du code 481019) est passée de 8 016 millions de tonnes à 3 938 millions de tonnes entre 2012 et 2024, soit une contraction de près de 51 %. La valeur de production a reculé de 6,5 milliards à 4 milliards d'euros (-38 %), suggérant que la hausse des prix unitaires a partiellement compensé l'érosion des volumes.

Voir les volumes de production

1.3. L'excédent commercial se réduit, mais l'UE reste excédentaire

La balance commerciale de l'UE pour ce produit s'est dégradée de 990 millions d'euros en 2015 à 432 millions d'euros en 2025 (-56 %). Les importations, restées relativement modestes (de 84 à 91 millions d'euros), ont même légèrement augmenté en valeur (+8 %), tandis que les exportations ont perdu plus de la moitié de leur valeur. Néanmoins, l'indicateur de dépendance nette aux importations reste fortement négatif (-53 % en 2024), confirmant que l'UE demeure un exportateur net structurel.


2. Une hausse des prix généralisée, amplifiée par le choc de 2022

2.1. Les prix à l'exportation ont progressé de 56 % sur la période

Le prix moyen à l'exportation est passé de 768 EUR/tonne en 2015 à 1 201 EUR/tonne en 2025, soit une hausse de 56 %. Cette progression est progressive jusqu'en 2019 (environ 805 EUR/tonne), puis s'accélère nettement à partir de 2021. Le prix moyen des importations suit une trajectoire comparable, passant de 837 à 1 003 EUR/tonne (+20 %).

Période Prix export (EUR/t) Prix import (EUR/t)
2015 768 837
2019 806 970
2020 771 893
2021 821 1 098
2022 1 326 1 412
2023 1 354 1 145
2025 1 201 1 003

2.2. L'année 2022 concentre un choc de prix systémique

L'analyse de la volatilité révèle que l'année 2022 constitue un choc de prix généralisé à quasiment tous les marchés de destination. L'algorithme de détection a identifié des anomalies de prix sur au moins dix marchés d'exportation simultanément, avec des hausses de prix comprises entre +47 % (Royaume-Uni) et +97 % (Brésil) par rapport à la baseline 2020–2021. Ce choc est vraisemblablement lié à la crise énergétique européenne de 2022, qui a fortement accru les coûts de production des papeteries (gaz, électricité), se répercutant intégralement sur les prix de vente.

Marché Choc de prix 2022 (% vs baseline) Part de valeur
Brésil +96,1 % 3,2 %
Chili +78,3 % 1,5 %
Afrique du Sud +67,1 % 1,8 %
Canada +61,1 % 2,4 %
Australie +61,4 % 2,6 %
Turquie +97,6 % 3,2 %
Royaume-Uni +47,0 % 26,1 %
Suisse +46,7 % 6,3 %

Voir les événements de chocs d'approvisionnement

2.3. Les volumes à l'importation se rétablissent tandis que les prix se normalisent

Après le pic de 2022, les prix d'importation se stabilisent autour de 1 003 EUR/tonne en 2025, soit un niveau encore supérieur de 20 % à celui de 2015. Les quantités importées, après avoir chuté à 35 738 tonnes en 2021 (point bas du cycle), remontent à 91 196 tonnes en 2025 — un niveau proche de celui de 2015. Ce rebond, combiné à la hausse des prix, explique pourquoi la valeur des importations a progressé de 8 % sur la période alors que les volumes n'ont reculé que de 9,5 %.

Voir la volatilité des échanges


3. Une reconfiguration géographique des flux commerciaux

3.1. Le Brexit et les sanctions contre la Russie ont transformé les partenaires d'exportation

Deux événements politiques majeurs ont redessiné la carte des exportations européennes :

  • Le Royaume-Uni, premier client de l'UE en 2015 (253 millions d'euros), a vu ses importations en provenance de l'UE chuter de 49 % pour atteindre 130 millions d'euros en 2025. En volume, le déclin est encore plus marqué : de 295 039 tonnes à 111 778 tonnes (-62 %). Le Brexit, effective depuis 2021, a introduit des barrières non tarifaires et des frais administratifs qui ont freiné les échanges.

  • La Russie, cinquième client de l'UE en 2015 (54 millions d'euros, 80 859 tonnes), a subi un effondrement total à partir de 2022, avec des exportations ramenées à zéro en 2023, 2024 et 2025, en lien direct avec les sanctions de l'UE adoptées après l'invasion de l'Ukraine.

Principaux marchés d'export 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
États-Unis 231 175 -24 %
Royaume-Uni 253 130 -49 %
Suisse 58 28 -51 %
Mexique 53 16 -71 %
Russie 54 0 -100 %
Turquie 28 10 -63 %
Brésil 30 11 -64 %

Voir les partenaires par valeur

3.2. La Corée du Sud émerge comme le principal fournisseur tiers de l'UE

Côté importations, la Corée du Sud est devenue de loin le premier fournisseur de l'UE, passant de 22 millions d'euros en 2015 à 49 millions d'euros en 2025 (+128 %). En volume, la progression est tout aussi spectaculaire : de 32 714 à 56 458 tonnes (+73 %). Ce mouvement, amorcé dès 2022, s'est amplifié en 2023 et 2024, coïncidant avec la montée en puissance de la production coréenne de papiers couchés de haute qualité. En parallèle, les importations en provenance du Royaume-Uni ont reculé de 86 % (de 26 à 3,6 millions d'euros), probablement en raison de la réorientation des flux post-Brexit et de la perte de compétitivité liée aux coûts logistiques additionnels.

Principaux fournisseurs 2015 (M€) 2025 (M€) Variation
Corée du Sud 22 49 +128 %
Chine 17 15 -11 %
Indonésie 9 14 +44 %
Inde 1 3 +213 %
Royaume-Uni 26 4 -86 %
Japon 3 1 -60 %

Voir les partenaires importateurs

3.3. La concentration des échanges s'accroît des deux côtés

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) a progressé tant pour les exportations que pour les importations, indiquant une concentration croissante des flux sur un nombre réduit de partenaires :

  • HHI des exportations : de 1 164 à 1 811 (+56 %)
  • HHI des importations : de 2 134 à 3 416 (+60 %)

Cette concentration accrue des importations (passant de 2 134 à 3 416) est cohérente avec l'émergence dominante de la Corée du Sud et la diminution de la diversification des sources d'approvisionnement. Côté exportations, le repli sur les marchés historiques (États-Unis, Royaume-Uni, Suisse) combiné à l'effacement de la Russie et du Mexique a réduit le nombre de destinations significatives.

Voir l'indice de concentration


Conclusion

Le marché du papier couché graphique (CN 481019) traverse une transformation profonde entre 2015 et 2025. L'UE demeure un exportateur net important, mais son positionnement s'affaiblit : les volumes exportés ont été divisés par trois, la production a été réduite de moitié, et l'excédent commercial a perdu plus de 56 % de sa valeur. Trois dynamiques structurelles expliquent cette évolution : (1) le déclin continu de la demande mondiale de papier graphique sous l'effet de la numérisation ; (2) le choc énergétique de 2022, qui a provoqué une hausse systémique des prix (+50 à +97 % selon les marchés) et accéléré le transfert de la demande vers des fournisseurs non européens ; (3) la reconfiguration géopolitique des flux, avec le Brexit qui a freiné les échanges avec le Royaume-Uni, et les sanctions qui ont éliminé la Russie des destinations d'exportation, tandis que la Corée du Sud s'imposait comme le principal fournisseur tiers.

La montée de la concentration des échanges (HHI en hausse de 55 à 60 %) constitue un risque potentiel de dépendance, tant du côté des débouchés que des sources d'approvisionnement. Les spécialistes de l'industrie — notamment l'Autriche (RSCA de 0,80), la Slovénie (0,62) et la Suède (0,50) — conservent néanmoins des avantages comparatifs significatifs, qui pourraient soutenir la compétitivité européenne dans les segments de niche à haute valeur ajoutée.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

Si vous avez besoin de conseils sur la politique commerciale européenne, ou de représentation pour vos intérêts à Bruxelles, merci de me contacter à support@tradedashboard.eu. Vous trouverez mon CV à cette adresse.