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Évolution du marché : Film en polyéthylène (CN 39201025) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union Européenne (UE) pour le code douanier 39201025, correspondant aux feuilles et pellicules de polyéthylène non alvéolaire imprimées, d'épaisseur ≤ 0,125 mm et de densité < 0,94. Sur la période 2015-2025, l'UE a consolidé sa position d'exportateur net, avec une balance commerciale restant structurellement excédentaire. Cependant, cette période est marquée par des dynamiques contrastées : une forte croissance des importations, une réorientation géographique significative des flux commerciaux et l'émergence de vulnérabilités liées à des chocs de prix et à la concentration des approvisionnements. L'analyse se base sur les données du tableau de bord commercial pour la vue d'ensemble.

1. Une croissance commerciale tirée par les prix plus que par les volumes

L'analyse des flux commerciaux de l'UE avec le reste du monde révèle une évolution divergente entre les valeurs (en EUR), les quantités (en tonnes) et les prix unitaires (EUR/tonne). Cette divergence met en lumière l'influence de facteurs inflationnistes et des changements structurels sur le marché.

Une balance commerciale excédentaire mais en léger repli relatif

L'UE est restée un exportateur net sur toute la période. Le solde commercial positif a connu une évolution modérée, passant de 332 millions d'euros en 2015 à 346 millions d'euros en 2025, soit une hausse de 4,2%. Le maximum a été atteint en 2022 à près de 399 millions d'euros. Cette relative stabilité masque toutefois des dynamiques internes très contrastées entre exportations et importations.

Une augmentation marquée de la valeur des échanges, portée par l'inflation des prix

La valeur des exportations de l'UE a progressé de 19,2% sur la période, pour atteindre 673 millions d'euros en 2025. Les importations ont connu une hausse beaucoup plus prononcée, de 40,6%, pour s'établir à 327 millions d'euros. Cette croissance s'explique moins par une augmentation des volumes que par une forte inflation des prix. En effet, les quantités exportées ont légèrement diminué (-3,8%), tandis que les quantités importées ont bondi de 69,8%. Les prix à l'exportation ont augmenté de 23,9%, alors que les prix à l'importation ont baissé de 17,2%, créant un effet de ciseaux entre les deux flux.

Indicateur Évolution 2015-2025 (Exportations) Évolution 2015-2025 (Importations)
Valeur (EUR) +19,2% +40,6%
Quantité (tonnes) -3,8% +69,8%
Prix unitaire (EUR/t) +23,9% -17,2%

Source : Vue d'ensemble du commerce

Des prix à l'exportation nettement supérieurs, révélant une segmentation de marché

L'écart de prix entre les flux sortants et entrants s'est creusé. En 2025, le prix moyen à l'exportation de l'UE (3 755 €/t) était supérieur de 42% à celui des importations (2 651 €/t). Cet écart, qui n'était que de 19% en 2015, suggère que l'UE se spécialise sur des segments de marché à plus haute valeur ajoutée (produits de niche, qualité supérieure) tout en important des volumes importants de produits standardisés, probablement à des coûts plus compétitifs.

2. Une réorientation géographique profonde des partenaires commerciaux

La décennie 2015-2025 a été marquée par des bouleversements géopolitiques (Brexit, guerre en Ukraine) qui ont profondément restructuré la carte des échanges de l'UE pour ce produit. La dépendance vis-à-vis de certains partenaires s'est accrue, tandis que de nouvelles routes commerciales se sont imposées.

La montée en puissance de la Turquie et de la Chine sur le marché importateur de l'UE

La Turquie est devenue de loin le premier fournisseur de l'UE, avec des importations passant de 59 à 141 millions d'euros (+136,8%). La Chine a également fortement accru sa part, avec un bond de 194,1% de ses ventes vers l'UE. À l'inverse, la part de la Suisse s'est effondrée (-87,9%). Cette reconfiguration s'accompagne d'une hausse de la concentration des importations (l'indice HHI de concentration par valeur est passé de 2178 à 2374), indiquant une dépendance accrue envers un nombre plus restreint de fournisseurs.

Principaux partenaires à l'importation (en valeur) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation (%)
Turquie 59,4 140,7 +136,8%
Royaume-Uni 75,0 47,3 -37,0%
Chine 15,8 46,3 +194,1%
Arabie Saoudite 4,1 17,6 +333,2%

Source : Principaux partenaires

L'impact du Brexit et des sanctions sur les exportations de l'UE

L'exportation vers le Royaume-Uni, premier client de l'UE, a connu une trajectoire erratique. La valeur a culminé en 2022 à 146 millions d'euros avant de se stabiliser à 145 millions en 2025, affichant une croissance globale de 37,6% sur la période. L'événement le plus marquant est l'effondrement quasi total des ventes vers la Fédération de Russie : de 55 millions d'euros en 2015 à seulement 0,2 million en 2025 (-99,6%), illustrant l'impact des sanctions économiques. Pour compenser, l'UE a accru ses exportations vers la Suisse (+52,6%), les États-Unis (+67,5%) et la Norvège (+41,4%).

L'explosion des importations au sein de l'UE : le cas de l'Espagne

La dynamique intra-UE, hors du périmètre de cette analyse (qui se focalise sur les échanges avec des pays non-membres), est également un facteur clé. Les données montrent que l'Espagne est devenue le premier État membre importateur de produits en provenance de pays tiers, avec une valeur multipliée par plus de 6 (de 6,8 à 48,1 millions d'euros). Cette croissance spectaculaire peut refléter une désintégration verticale de la chaîne de valeur, avec des centres de production ou de conditionnement installés dans des pays tiers et approvisionnant le marché européen via l'Espagne.

3. Vulnérabilités et chocs : une exposition aux risques prix et géopolitiques

L'analyse de la volatilité et des chocs sur la période met en évidence des points de fragilité dans la structure commerciale de l'UE, principalement liés à l'instabilité des prix et à la dépendance à l'égard de partenaires politiquement sensibles.

Une forte volatilité des importations, signe d'approvisionnements instables

Les coefficients de variation (CV) des flux à l'importation sont généralement beaucoup plus élevés qu'à l'exportation, indiquant une plus grande instabilité. Par exemple, les importations en provenance d'Égypte (CV de 0,86) ou du Vietnam (CV de 0,92) sont extrêmement volatiles. À l'opposé, les exportations vers les principaux clients comme le Royaume-Uni (CV de 0,10) ou la Suisse (CV de 0,11) sont beaucoup plus stables. Cette asymétrie suggère que les sources d'approvisionnement de l'UE sont plus précaires ou exposées à des perturbations que ses marchés de vente.

Des chocs de prix identifiés sur des flux critiques

L'analyse a détecté des événements de choc significatifs, principalement des chocs de prix. Le plus important concerne les exportations vers la Russie, avec un pic de prix anormal en 2023 (abnormalité de 11,8, augmentation de 164,6% par rapport à la tendance), survécant à l'effondrement des volumes. Un autre choc majeur a affecté les importations en provenance du Royaume-Uni en 2021 (abnormalité de 11,4, hausse des prix de 51,4%), reflétant les perturbations post-Brexit.

Choc détecté Partenaire Flux Année centrale Hausse des prix (%) Anomalie
Choc de prix Fédération de Russie Exportations 2023 +164,6% 11.8
Choc de prix Royaume-Uni Importations 2021 +51,4% 11.4
Choc de prix Inde Exportations 2022 +78,7% 5.9

Source : Chocs d'approvisionnement

Une intensification des échanges synonyme d'exposition accrue

L'intensité commerciale de l'UE pour ce produit, qui mesure la part du commerce (exportations + importations) dans la production intérieure, a fortement augmenté, passant de 16,1% en 2015 à 23,9% en 2025 (+48,6%). Parallèlement, la propension à exporter (part des exportations dans la production) est passée de 12,0% à 16,0%. Cette internationalisation accrue de la production accroît l'exposition du secteur européen aux chocs externes, qu'ils soient liés aux coûts des matières premières, aux ruptures logistiques ou aux tensions géopolitiques.

Conclusion

Sur la période 2015-2025, le marché du film en polyéthylène (CN 39201025) pour l'UE a été caractérisé par une résilience globale du solde commercial, masquant des transformations profondes. La croissance de la valeur s'est appuyée davantage sur l'inflation des prix à l'exportation que sur une expansion des volumes. Cette période a surtout été le théâtre d'une réorientation géographique massive des flux : les importations se sont concentrées sur la Turquie et la Chine, tandis que les exportations se sont redirigées vers des marchés proches et neutres (Suisse, Norvège) après l'effondrement des ventes vers la Russie.

Cette restructuration s'accompagne de nouvelles vulnérabilités : une dépendance accrue à l'égard d'un nombre limité de fournisseurs tiers, une forte volatilité des prix à l'importation et une exposition générale aux risques géopolitiques, comme l'ont révélé les chocs de prix post-Brexit et liés aux sanctions contre la Russie. L'avenir du secteur dépendra de sa capacité à gérer ces risques d'approvisionnement et à maintenir sa compétitivité sur ses marchés d'exportation traditionnels, dans un environnement commercial de plus en plus fragmenté.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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