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Évolution du marché : Cigarettes de tabac (CN 24022090) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne pour le code douanier 24022090 (« Cigarettes contenant du tabac (à l'excl. des cigarettes contenant des girofles) ») sur la période 2015-2025. L'UE y est structurellement un exportateur net. L'examen des données révèle une transformation profonde du marché : un recul marqué des volumes exportés, un renchérissement continu des prix unitaires, une recomposition significative des partenaires commerciaux et un affaiblissement de l'autonomie productive du bloc.

1. Un déséquilibre commercial en mutation : des exportations en repli face à des importations dynamiques

La période se caractérise par une divergence nette entre des exportations en recul structurel et des importations en progression, modifiant le profil d'autonomie de l'UE.

1.1. Une chute prononcée des volumes exportés malgré une valeur plus stable

Le volume des exportations de l'UE a connu une contraction sévère. En tonnes, les expéditions hors UE sont passées de 138 483 tonnes en 2015 à 79 162 tonnes en 2025, soit une baisse de 42,8%. En valeur, le déclin est moins brutal (2,54 milliards € à 2,11 milliards €, -16,9%), en raison d'une hausse de 45,3% du prix moyen à l'exportation (de 18 345 €/t à 26 664 €/t). Cette hausse des prix reflète une montée en gamme, une inflation des coûts ou des taxes, et compense partiellement l'érosion des volumes.

1.2. Une croissance continue des importations et un affaiblissement de l'autonomie

À l'inverse, la valeur des importations en provenance de pays tiers a augmenté de 145,5 millions € à 219,6 millions € (+50,9%). Le prix moyen des importations a lui aussi fortement progressé (+30,4%). L'indicateur de dépendance nette aux importations illustre cette tendance : il est passé de -2,8% en 2015 à -61,3% en 2025, signifiant que l'excédent commercial s'est fortement réduit. L'UE demeure exportatrice nette, mais sa balance commerciale s'est réduite de 2,39 milliards € à 1,89 milliard €.

Tableau 1 : Synthèse de la balance commerciale UE (CN 24022090)

Indicateur 2015 2025 Variation 2015-2025
Exportations (valeur, Mds €) 2,54 2,11 -16,9%
Importations (valeur, M €) 145,5 219,6 +50,9%
Balance commerciale (Mds €) 2,39 1,89 -21,0%
Dépendance nette aux importations -2,8% -61,3% Forte réduction de l'excédent

2. Une reconfiguration géographique profonde des partenaires commerciaux

Les flux commerciaux se sont radicalement réorientés, tant du côté des clients que des fournisseurs de l'UE, sous l'impulsion de facteurs géopolitiques et commerciaux.

2.1. Les exportations : perte des marchés traditionnels du Moyen-Orient et détournement vers l'Est

L'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, principaux clients historiques, ont vu leurs achats à l'UE s'effondrer respectivement de 678,6 à 137,2 millions € (-79,8%) et de 298,0 à 71,2 millions € (-76,1%). En parallèle, les exportations vers la Fédération de Russie ont connu une hausse spectaculaire de +234,2%, passant à 118,4 millions € en 2025, devenant ainsi un marché crucial. Le Japon, autre marché en déclin (-96,1%), illustre la volatilité (coefficient de variation de 1,09) et l'impact de chocs spécifiques (choc de prix détecté en 2018).

2.2. Les importations : émergence des Balkans et de la Turquie, effondrement post-Brexit du Royaume-Uni

L'origine des importations a été transformée. La Turquie et la Serbie sont devenues les premiers fournisseurs de l'UE, avec des hausses respectives de +1 061% et +5 064% sur la période. À l'inverse, les importations en provenance du Royaume-Uni se sont pratiquement taries (-99,4%), conséquence directe du Brexit qui a introduit des barrières douanières. La Fédération de Russie a également quasi disparu des fournisseurs de l'UE (-99,9%).

Tableau 2 : Principaux partenaires de l'UE (valeur, 2025)

Exportations (clients) Valeur (M €) Importations (fournisseurs) Valeur (M €)
Royaume-Uni 266,7 Turquie 98,8
Féd. de Russie 118,4 Serbie 90,4
Arabie Saoudite 137,2 Macédoine du Nord 15,2
Émirats Arabes Unis 71,2 Suisse 1,9
Libye 93,0

3. Une industrialisation en recul au sein de l'Union européenne

L'analyse de la production intra-UE et de la spécialisation révèle un affaiblissement global de la base productive du secteur au sein du bloc.

3.1. Un déclin marqué de la production communautaire

La production de cigarettes dans l'UE (mesurée en pièces) a chuté de 801,7 milliards à 525,5 milliards d'unités entre 2015 et 2025, soit une baisse de 34,5%. En valeur, l'effondrement est encore plus sévère (-65,4%), suggérant une compression des marges ou une désindustrialisation.

3.2. Une concentration géographique des activités et des chocs sur les prix à l'exportation

Le poids de la production s'est concentré sur quelques États membres. La Pologne concentre 40,7% de la production UE en 2025, suivie par le Portugal (10,0%) et la Lituanie (5,3%). Les indices de concentration (HHI) restent modérés, tant à l'import qu'à l'export. Cependant, les exportations de l'UE ont subi des chocs de prix récurrents, notamment vers le Japon en 2018 et le Koweït en 2020, indiquant une sensibilité accrue aux conditions de marché spécifiques à chaque partenaire.

Conclusion

La période 2015-2025 marque une transition décisive pour le marché européen des cigarettes. L'UE, bien que demeurant exportatrice nette, a vu son avantage se réduire fortement sous l'effet d'un repli prononcé des volumes exportés et d'une croissance soutenue des importations. L'architecture commerciale a été remodelée par des événements géopolitiques (Brexit, sanctions) et commerciaux, réorientant les flux vers l'Est et les Balkans. En parallèle, la base productive intra-UE a connu une contraction significative. Ces dynamiques convergentes suggèrent une perte d'autonomie du bloc dans ce secteur, accompagnée d'une dépendance croissante à l'égard de fournisseurs tiers et d'une exposition accrue aux chocs sur ses marchés d'exportation clés.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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