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Évolution du marché : Chevaux vivants (CN 0101) — 2015–2025

Introduction

Le code nomenclature combinée 0101 couvre les chevaux, ânes, mulets et bardots vivants. Il se décline en quatre sous-catégories : les chevaux reproducteurs de race pure (010121), les autres chevaux vivants (010129), les ânes (010130) ainsi que les mulets et bardots (010190). Sur la période 2015–2025, l'Union européenne a consolidé sa position d'exportateur net majeur sur ce segment, avec un excédent commercial qui a plus que doublé. Ce rapport analyse les grandes dynamiques de ce marché en s'appuyant sur les données de commerce extra-UE.


1. Un excédent commercial en expansion spectaculaire

1.1. Des exportations en forte hausse, nettement au-dessus des importations

Entre 2015 et 2025, les exportations extra-UE de chevaux vivants ont progressé de 808 M€ à 1 322 M€, soit une augmentation de +63,7 %. Sur la même période, les importations n'ont crû que de 404 M€ à 477 M€ (+18,3 %). L'écart entre les deux flux s'est considérablement creusé.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (M€) 808 1 322 +63,7 %
Importations (M€) 404 477 +18,3 %
Solde commercial (M€) 404 845 +109,0 %

L'excédent commercial a ainsi doublé en dix ans, passant de 404 M€ à près de 845 M€. Le pic a été atteint en 2023 avec un solde d'environ 1 008 M€, avant un léger reflux en 2024–2025. (Vue d'ensemble du commerce)

1.2. Une trajectoire marquée par le creux de 2020 et la forte reprise de 2021–2023

La dynamique n'est pas linéaire. L'année 2020 a constitué un point bas pour les exportations (environ 739 M€, minimum de la période), probablement lié aux restrictions de mouvement liées à la pandémie de COVID-19 et à l'annulation de nombreuses compétitions et ventes hippiques. La reprise a été vigoureuse : les exportations ont bondi à 1 052 M€ en 2021, puis à 1 312 M€ en 2022 et 1 404 M€ en 2023 (maximum de la période). Les importations ont suivi une trajectoire plus erratique, avec un creux notable en 2022 (environ 340 M€, minimum de la période).

Année Exportations (M€) Importations (M€) Solde (M€)
2015 808 403 405
2016 757 415 343
2017 926 428 497
2018 896 355 541
2019 925 392 533
2020 739 447 292
2021 1 052 363 689
2022 1 312 340 972
2023 1 404 396 1 008
2024 1 344 428 917
2025 1 322 477 845

1.3. L'Irlande et les Pays-Bas au cœur de l'appareil exportateur européen

Du côté des États membres, les flux sont fortement concentrés. À l'importation depuis l'extérieur de l'UE, l'Irlande domine massivement avec 327 M€ en 2025 (+14,7 % vs 2015), reflétant le rôle central de l'industrie du pur-sang irlandais. Les Pays-Bas ont connu une croissance fulgurante (+374 %), passant de 9,4 M€ à 44,6 M€, tandis que la Belgique a reculé (–24,1 %).

À l'exportation vers les pays tiers, les Pays-Bas (352 M€, +46 %) et l'Irlande (376 M€, +56,5 %) sont en tête, suivis de l'Allemagne (217 M€, +98,1 %) et de la France (203 M€, +84,9 %). L'Allemagne a presque doublé ses exportations extra-UE, témoignant du dynamisme de son élevage de chevaux de sport. (Principaux pays déclarants)


2. Le décalage entre volumes et valeurs : vers une massification des échanges

2.1. Le nombre d'animaux exportés a été multiplié par près de cinq

La progression des exportations en valeur (+63,7 %) masque une dynamique encore plus frappante en volume physique. En tonnes, les exportations sont passées de 10 248 t à 14 585 t (+42,3 %). Mais en nombre de pièces, elles ont bondi de 22 663 à 106 467 unités, soit une multiplication par 4,7 (+369,8 %). Ce décalage considérable entre la progression de la masse et celle du nombre d'animaux indique que la moyenne de poids par animal exporté a fortement diminué.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations — tonnage (t) 10 248 14 585 +42,3 %
Exportations — nombre de pièces 22 663 106 467 +369,8 %
Exportations — prix moyen (€/pièce) 35 652 12 421 –65,2 %
Exportations — prix moyen (€/t) 78 845 90 667 +15,0 %
Importations — tonnage (t) 3 793 6 541 +72,4 %
Importations — nombre de pièces 8 449 17 458 +106,6 %
Importations — prix moyen (€/pièce) 47 774 27 346 –42,8 %

2.2. Le sous-code 010121 (reproducteurs de race pure) au centre de la transformation

L'analyse par sous-produit révèle que le changement le plus spectaculaire concerne les exportations de chevaux reproducteurs de race pure (010121). Le nombre de pièces exportées sous ce code a bondi de 7 679 en 2015 à 86 423 en 2025, avec un saut particulièrement brutal entre 2023 (12 786) et 2024 (78 174). Dans le même temps, le prix moyen par animal sous ce code s'est effondré, passant de 55 606 €/pièce à 6 325 €/pièce.

Année Exportations 010121 — pièces Exportations 010121 — prix/pce (€) Exportations 010121 — tonnage (t)
2015 7 679 55 606 3 475
2018 7 713 59 230 3 299
2020 7 455 48 401 3 229
2022 10 401 38 013 4 863
2023 12 786 43 215 4 916
2024 78 174 6 518 4 661
2025 86 423 6 325 5 488

Or, le tonnage de ce même sous-code n'a augmenté que de 58 % (de 3 475 à 5 488 t) et la valeur que de 28 % (de 427 M€ à 547 M€). L'écart entre une multiplication par 11 du nombre de pièces et une progression modérée du poids suggère un changement de méthodologie de déclaration ou de périmètre statistique, probablement lié à la comptabilisation séparée de jeunes animaux (poulains) précédément non dénombrés individuellement.

2.3. Le sous-code 010129 confirme la tendance à la hausse des volumes

En contraste, les exportations d'autres chevaux vivants (010129, hors reproducteurs de race pure) montrent une trajectoire plus homogène. Le nombre de pièces est passé de 14 430 à 19 037 (+32 %) et le prix moyen par pièce a progressé de 26 074 € à 40 698 € (+56 %), indiquant un mouvement de valorisation de ce segment. Ce sous-code représente désormais la catégorie dominante en valeur à l'exportation (775 M€ en 2025), devançant les reproducteurs de race pure (547 M€).

Sous-produit Exportations 2015 (M€) Exportations 2025 (M€) Variation
010129 — Chevaux vivants (hors reproducteurs) 376 775 +106 %
010121 — Chevaux reproducteurs de race pure 427 547 +28 %
010190 — Mulets et bardots 4,7 0,7 –85 %
010130 — Ânes 0,02 0,24

Les sous-segments 010130 (ânes) et 010190 (mulets et bardots) restent marginaux en valeur, bien que les exportations d'ânes aient connu une croissance notable en termes absolus (de 15 682 € à 243 190 €).


3. Un partenariat commercial dominé par le Royaume-Uni et les États-Unis

3.1. Le Royaume-Uni, partenaire incontournable des deux côtés de la Manche

Le Royaume-Uni occupe une position quasi monopolistique à l'importation : avec 362 M€ en 2025, il représente plus de 75 % des importations extra-UE de chevaux vivants. Cette prédominance s'explique par l'industrie du pur-sang britannique, dont les produits alimentent en grande partie l'élevage irlandais et européen. Les États-Unis (73 M€), la Suisse (12 M€), l'Islande (9 M€) et la Norvège (5 M€) complètent le peloton des fournisseurs.

À l'exportation, le Royaume-Uni (496 M€, +76,8 %) et les États-Unis (453 M€, +38,3 %) absorbent ensemble près de 72 % des exportations extra-UE. La Suisse (79 M€, +100,5 %), le Mexique (48 M€, +109,6 %) et les Émirats arabes unis (38 M€, +115,3 %) ont connu des croissances particulièrement marquées.

Partenaire Imp. 2015 (M€) Imp. 2025 (M€) Exp. 2015 (M€) Exp. 2025 (M€)
Royaume-Uni 311 362 281 496
États-Unis 61 73 328 453
Suisse 12 12 40 79
Mexique 23 48
EAU 18 38
Chine 9 20
Japon 16 11

(Principaux partenaires par valeur)

3.2. L'émergence de marchés asiatiques et du Golfe

Parmi les évolutions notables, la Chine a vu ses importations en provenance de l'UE passer de 9 M€ à 20 M€ (+116,3 %), signe d'un développement de l'équitation et de l'élevage hippique en Asie. Les Émirats arabes unis ont plus que doublé leurs importations (de 18 M€ à 38 M€), dans le contexte du développement des courses hippiques dans le Golfe. Le Japon fait figure d'exception avec un recul de 29,7 % (de 16 M€ à 11 M€).

3.3. Une concentration modérée et stable des flux commerciaux

L'indice de Hirschman-Herfindahl (HHI) des importations par partenaire est passé de 6 278 à 6 008 (–4,3 %), et celui des exportations de 2 997 à 2 854 (–4,8 %). Ces valeurs indiquent une concentration modérée à l'importation (dominée par le Royaume-Uni) et une concentration plus faible à l'exportation, avec une très légère tendance à la diversification. (Concentration HHI)

Du côté de la spécialisation intra-UE, l'Irlande présente le plus fort indice de spécialisation (RCA de 4,82 en 2025), suivie du Danemark (3,93), de la France (2,58) et de la Belgique (2,38). À l'inverse, l'Autriche, l'Estonie et la Tchéquie sont les États membres les moins spécialisés dans ce segment. (Spécialisation des États membres)

3.4. Des chocs de prix ponctuels sur des marchés secondaires

L'analyse de la volatilité révèle des chocs de prix isolés sur des partenaires de petite taille. En 2023, les exportations vers les Émirats arabes unis ont connu une hausse de prix anormale (+122,3 %, indice d'anomalie de 356,5), bien que ne représentant que 2,2 % de la valeur totale des exportations. En 2022, un choc similaire a affecté les exportations vers la Norvège (+162,7 %). Le Kirghizistan a également présenté une anomalie de prix en 2023 (+175,4 %), mais sur un volume négligeable (0,1 % de la valeur). Ces événements reflètent probablement des ventes ponctuelles d'animaux de grande valeur plutôt que des tendances structurelles. (Événements de choc)


Conclusion

Le marché européen du commerce extra-UE de chevaux vivants (CN 0101) a connu, sur la période 2015–2025, une forte expansion portée par des exportations en croissance bien plus rapide que les importations, doublant ainsi l'excédent commercial. La dynamique est cependant plus nuancée qu'elle n'y paraît : la hausse spectaculaire du nombre d'animaux exportés (+370 % en pièces) s'accompagne d'une chute des valeurs unitaires, en grande partie imputable à un probable changement de périmètre statistique sur le code 010121 (reproducteurs de race pure) à partir de 2024. Hors cet effet, la tendance structurelle reste celle d'un renforcement du secteur équin européen à l'exportation, porté par l'Irlande, les Pays-Bas, l'Allemagne et la France, et orienté vers des marchés de plus en plus diversifiés, des États-Unis à la Chine en passant par le Golfe. Le marché reste néanmoins vulnérable aux chocs exogènes, comme l'a montré le creux de 2020, et dépend fortement du Royaume-Uni comme source d'approvisionnement.

Généré le 2026-08-07. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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