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Évolution du marché : Chaussures à semelles extérieures en caoutchouc ou en matière plastique et à dessus en matières textiles (sauf chaussures de sport, y.c. chaussures dites de tennis, de basket-ball, de gymnastique, d'entraînement et chaussures simil. ainsi que chaussures ayant le caractère de jouets) (CN 640419) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code NC 640419 entre 2015 et 2025. Ce produit résiduel de la position 6404 — qui exclut les chaussures de sport et celles à caractère de jouets — englobe notamment les pantoufles, chaussures d'intérieur et chaussures urbaines à dessus textile et semelle en caoutchouc ou matière plastique. La période couverte est marquée par des mutations profondes : dynamique commerciale déficitaire croissante, réorientation géographique des flux tant à l'import qu'à l'export, chocs majeurs liés au Brexit et à la Covid-19, et restructuration du tissu productif européen. Au total, les importations de l'UE ont progressé de 83 % en valeur (de 2,62 Mrd € à 4,79 Mrd €), tandis que les exportations ont bondi de 183 % (de 724 M€ à 2,05 Mrd €) ; le déficit commercial s'est cependant creusé de 45 %, passant de –1,89 Mrd € à –2,74 Mrd €.


I. Une dépendance importatrice croissante alimentée par la montée en puissance des fournisseurs asiatiques

La demande intérieure européenne reste structurellement orientée vers les importations

Les importations de l'UE27 en chaussures CN 640419 ont augmenté de manière quasi continue en valeur, passant de 2,62 Mrd € en 2015 à 5,25 Mrd € en 2022 (pic), avant de se stabiliser autour de 4,79 Mrd € en 2025. En volume (226 000 à 384 000 tonnes), la progression est de 65 % sur la période. Le taux de dépendance net aux importations — rapport entre importations nettes et consommation apparente — est passé de 42,5 % en 2015 à 60,6 % en 2025 (+42,7 %), signe d'une exposition accrue de l'UE aux fournisseurs tiers.

Indicateur 2015 2025 Variation
Importations (valeur, Mrd €) 2,62 4,79 +83 %
Importations (volume, kt) 229 379 +65 %
Prix moyen importation (€/t) 11 415 12 645 +11 %
Taux de dépendance net (%) 42,5 60,6 +43 %

Source : Vue d'ensemble du commerce

La Chine conserve sa position dominante, mais le Vietnam et d'autres pays d'Asie du Sud-Est captent une part croissante des achats européens

La Chine demeure le premier fournisseur de l'UE, avec 2,21 Mrd € en 2025, soit 46 % des importations totales, en progression de 27 % par rapport à 2015 (1,73 Mrd €). Cependant, c'est le Vietnam qui présente la trajectoire la plus spectaculaire : ses exportations vers l'UE ont été multipliées par 3,2 (de 462 M€ à 1,47 Mrd €, +219 %), portant sa part dans les importations européennes à environ 31 %. L'Indonésie (+276 %, atteignant 259 M€), le Cambodge (+463 %, 182 M€), le Bangladesh (+176 %, 144 M€) et la Birmanie (+1 816 %, 106 M€) témoignent d'une véritable géographie diversifiée de l'approvisionnement.

Pays d'origine Import. 2015 (M€) Import. 2025 (M€) Variation Part 2025
Chine 1 733 2 206 +27 % 46 %
Vietnam 462 1 472 +219 % 31 %
Indonésie 69 259 +276 % 5 %
Cambodge 32 182 +463 % 4 %
Bangladesh 52 144 +176 % 3 %
Birmanie 6 106 +1 816 % 2 %
Royaume-Uni 101 38 –62 % 1 %

Source : Partenaires par valeur

L'Indice de Herfindahl-Hirschman confirme une forte désintermédiation des sources d'approvisionnement

L'HHI des importations en valeur est passé de 4 817 à 3 159 (–34 %), seuil indiquant un marché modérément concentré. La domination relative de la Chine est tempérée par la montée du Vietnam et des autres pays du Sud-Est asiatique, qui réduisent la vulnérabilité de l'UE à un choc d'approvisionnement sur un seul pays, tout en maintenant un fort niveau de dépendance régionale (Asie).


II. Des exportations européennes en profonde mutation géographique, des voisins proches vers les marchés lointains

Le Royaume-Uni, ancienne destination phare, cède la première place à la Suisse et aux États-Unis

L'évolution des destinations à l'export est l'un des faits marquants de la période. Le Royaume-Uni était de loin la première destination des exportations européennes en 2015 (308 M€) et a culminé à 592 M€ en 2019. Depuis le Brexit, les flux ont été divisés par 2,3 : les exportations vers le Royaume-Uni n'ont plus atteint que 255 M€ en 2025 (–17 % par rapport à 2015). Ce rétrécissement est sans doute lié aux nouvelles barrières non tarifaires et à la réorientation des chaînes logistiques.

Parallèlement, la Suisse est devenue la première destination d'exportation (610 M€ en 2021, 364 M€ en 2025), les États-Unis ont multiplié leur achats par 6,5 (de 45 M€ à 294 M€), et la Chine (destinataire de réexpéditions ou de marques européennes) a connu une progression fulgurante de 1 294 %, atteignant 196 M€.

Destination Export. 2015 (M€) Export. 2025 (M€) Variation
Royaume-Uni 308 255 –17 %
Suisse 75 364 +384 %
États-Unis 45 294 +548 %
Chine 14 196 +1 294 %
Turquie 45 111 +148 %
Norvège 23 75 +230 %
Fédération de Russie 39 70 +82 %

Source : Partenaires aux exportations

Les exportations européennes se sont fortement valorisées, portées par une hausse des prix unitaires nette

Les exportations de l'UE ont crû de 183 % en valeur et de 18,5 % seulement en volume. Le prix moyen à l'export est ainsi passé de 31 014 €/t à 74 163 €/t (+139 %), signe d'une montée en gamme ou d'un effet de composition (hausse de la part de produits à valeur ajoutée). Le segment CN 64041990 (chaussures autres qu'intérieur) est le principal moteur de cette hausse de valeur, avec un prix à l'export passant de 32 000 €/t à 78 000 €/t.

L'Italie et la France, champions de la montée en gamme à l'export

Parmi les États membres, l'Italie est passée de 180 M€ d'exportations à 743 M€ (+312 %), portant par ses marques de luxe et de mode. La France a connu une progression encore plus spectaculaire en pourcentage (+566 %, de 72 M€ à 477 M€). L'Allemagne (+442 %) et la Pologne (+1 089 %) complètent ce tableau d'une UE qui exporte désormais massivement des chaussures à valeur ajoutée textile vers le monde entier, au détriment des flux intra-européens conclus hors-UE.


III. Contraction des volumes de production intérieure et repositionnement de la spécialisation européenne

Une production européenne en repli structurel de volume, mais en forte hausse de valeur

La production de l'UE en CN 640419 a chuté de 44 % en volume depuis le début de la série longue disponible (passant de 110 millions de paires en 2003 à 51 M en 2023, avant un léger rebond à 62 M en 2024). En revanche, la valeur de production a progressé de 113 % (de 564 M€ en 2003 à 1,2 Mrd € en 2024), le prix unitaire moyen passant de 5,1 € à 19,4 € par paire. Ce décrochage volume/valeur traduit une spécialisation accrue de la production européenne vers des segments à plus forte valeur ajoutée (marques, design, matières nobles), alors que le volume « bas de gamme » a été délocalisé.

L'Italie, la Pologne et l'Espagne se distinguent par une spécialisation positive

Les indices RSCA corrigés pour 2025 révèlent une géographie de la spécialisation au sein de l'UE :

  • Pologne (RSCA = +0,193) : le pays s'est imposé comme le premier centre de production de l'UE, avec une part de 9,8 % de la production totale et un avantage comparatif significatif reflétant l'implantation d'usines sous-traitantes à l'export.
  • Italie (RSCA = +0,156) : spécialisation historique dans la chaussure de valeur, avec 11 % de la production européenne.
  • Espagne (RSCA = +0,120) et Belgique (RSCA = +0,115) complètent le groupe des spécialisateurs positifs.

À l'opposé, Malte (–0,958), l'Irlande (–0,953) et le Luxembourg (–0,922) apparaissent fortement désavantagés, conformément à leur absence quasi totale de tissu industriel chaussant.

L'HHI des exportations s'effondre, signe d'une diversification géographique réussie

L'HHI des exportations est passé de 2 084 à 916 (–56 %), indiquant un marché très faiblement concentré. Les exportations européennes sont désormais réparties entre une multitude de destinations — Suisse, États-Unis, Chine, Royaume-Uni, Turquie, Norvège, Japon, Corée du Sud, etc. — ce qui réduit considérablement la vulnérabilité de l'UE à un choc sur un marché donné.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché des chaussures CN 640419 pour l'Union européenne se caractérise par trois dynamiques convergentes : (i) un déficit commercial en creusement, alimenté par la croissance des volumes importés d'Asie du Sud-Est au-delà de la seule Chine ; (ii) un rééquilibrage spectaculaire des exportations, dont le Royaume-Uni a cessé d'être le débouché principal au profit de la Suisse, des États-Unis et de marchés lointains, avec une hausse des prix à l'export de +139 % ; et (iii) une contraction de 44 % des volumes de production intérieure, compensée par une montée en valeur (+113 %), reflétant une spécialisation vers le moyen-haut de gamme. La crise Covid-19 de 2020 a constitué un choc majeur — les importations ont chuté de 15 % et les exportations de 4 % — suivi d'une reprise remarquablement vigoureuse en 2021–2022. Au total, l'UE reste déficitaire structurellement pour ce produit (déficit de 2,7 Mrd € en 2025), mais ses positions exportatrices se renforcent en valeur, suggérant que le mix produit européen s'oriente vers des segments à plus forte marge, tandis que le volume consommé — et importé — croît au rythme de la demande intérieure.

Généré le 2026-08-04. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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