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Évolution du marché : Chaussures à semelles extérieures et dessus en cuir naturel (ne couvrant pas la cheville, sans coquille de protection en métal à l'avant et à l'excl. des chaussures à dessus en lanières de cuir naturel passant sur le cou-de-pied et entourant le gros orteil, et sauf chaussures de sport, d'orthopédie ou ayant le caractère de jouets) (CN 640359) — 2015–2025

Introduction

Le présent rapport analyse l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne (UE) concernant le code douanier 640359, qui désigne des chaussures en cuir naturel (hors couvret-cheville, sport, orthopédie et jouets) sur la période 2015-2025. Les données montrent un marché en contraction en volume mais qui conserve une forte valeur, marqué par une polarisation géographique, une transformation structurelle de la production et une exposition accrue à des chocs de prix.


I. Une contraction des volumes masquée par une montée en gamme et une résilience de la valeur

Les échanges de l'UE avec le reste du monde pour ce produit ont connu une baisse significative des quantités échangées, tant à l'importation qu'à l'exportation, au cours de la période 2015-2025. Cependant, cette contraction volumétrique s'est accompagnée d'une hausse marquée des prix unitaires moyens, préservant une partie de la valeur des échanges et suggérant une orientation vers des segments à plus forte valeur ajoutée.

Les volumes en repli marqué mais avec des trajectoires différenciées

Les quantités exportées par l'UE ont chuté de 17 362 tonnes en 2015 à 8 491 tonnes en 2025, soit une baisse de 51,1%. Les importations ont reculé encore plus fortement, de 8 360 tonnes à 3 095 tonnes (-63,0%). Cette dynamique reflète à la fois une demande mondiale peut-être plus atone et des ajustements de la production.

Tableau 1 : Évolution des volumes et valeurs échangées par l'UE (2015 et 2025)

Flux Volume (tonnes) 2015 Volume (tonnes) 2025 Var. volume Valeur (M€) 2015 Valeur (M€) 2025 Var. valeur
Exportations 17 362 8 491 -51,1% 2 139 1 722 -19,5%
Importations 8 360 3 095 -63,0% 395 256 -35,1%

La hausse des prix moyens compense partiellement l'érosion des volumes

Face au déclin des volumes, les prix moyens à l'exportation et à l'importation ont fortement progressé. Le prix moyen à l'exportation a augmenté de 123 168 €/tonne à 202 680 €/tonne (+64,6%), tandis que celui à l'importation est passé de 47 197 €/tonne à 82 478 €/tonne (+74,8%). Cette inflation des prix moyens indique une montée en gamme des produits échangés ou une inflation des coûts de production.

Tableau 2 : Évolution des prix moyens unitaires (€/tonne)

Période Prix moyen export UE Prix moyen import UE
2015 123 168 47 197
2025 202 680 82 478
Évolution +64,6% +74,8%

Un excédent commercial structurel mais en légère contraction

L'UE demeure un exportateur net majeur sur ce segment. L'excédent commercial est passé de 1,74 milliard d'euros en 2015 à 1,47 milliard en 2025, en baisse de 16,0%. Le ratio dépendance nette aux importations s'est renforcé, passant de -15,7% à -27,3%, indiquant que l'UE exporte une part croissante de sa production par rapport à ce qu'elle importe.


II. Une réorientation géographique des flux commerciaux : des partenaires traditionnels en recul face à la montée de nouvelles destinations

La structure géographique des échanges a subi des modifications profondes. Les partenaires historiques (Suisse, Royaume-Uni, Inde) ont vu leur part dans les flux diminuer, tandis que les États-Unis se sont solidifiés comme le premier partenaire à l'export. La concentration des échanges a évolué, avec une plus grande diversification des sources d'importation.

L'export vers les États-Unis : un pilier croissant et résilient

Les États-Unis sont de loin le premier client de l'UE pour ce produit. La valeur des exportations vers ce pays est passée de 527 millions d'euros en 2015 à 566 millions en 2025 (+7,4%). Sa part dans les exportations totales de l'UE a augmenté, passant d'environ 25% à 33%, soulignant son rôle de marché d'absorption crucial.

Le déclin des exportations vers la Suisse et le Royaume-Uni

En contraste, les exportations vers la Suisse ont chuté de 327 millions à 173 millions d'euros (-47,0%). Celles vers le Royaume-Uni ont diminué de 257 millions à 140 millions (-45,6%). Cette baisse peut refléter des effets post-Brexit, une concurrence accrue ou des changements dans les chaînes de valeur.

Tableau 3 : Principaux partenaires à l'exportation de l'UE (valeur en M€)

Partenaire 2015 2025 Évolution
États-Unis 527 566 +7,4%
Suisse 327 173 -47,0%
Royaume-Uni 257 140 -45,6%
Chine 112 113 +0,4%
Japon 96 84 -13,3%

Une diversification des sources d'importation et un effondrement des flux en provenance de Suisse

La concentration des importations (HHI) a fortement diminué, passant de 1 906 en 2015 à 1 082 en 2025, indiquant une diversification des fournisseurs. La Suisse, premier fournisseur en 2015 (130 M€), a vu ses exportations vers l'UE s'effondrer à 52 M€ en 2025 (-60,4%). L'Inde et la Chine restent des fournisseurs importants mais ont aussi connu des reculs.


III. Une transformation structurelle de la production et une spécialisation renforcée de l'UE

Au-delà des flux commerciaux, la période est marquée par un déclin continu de la production intra-UE, une spécialisation accrue de certains États membres et l'émergence de chocs de prix sur des flux de niche, reflétant la volatilité et les arbitrages au sein de l'industrie.

Une production intra-UE en déclin continu

La production de l'UE pour ce type de chaussures a connu une érosion significative. En termes de valeur, elle est passée de 10,9 milliards d'euros en 2003 à 8,9 milliards en 2024 (-18,1%). Les quantités produites ont encore plus baissé (de 540 millions de paires à 200 millions, -62,9%), confirmant la tendance à la montée en gamme et à la relocalisation.

Une spécialisation géographique marquée au sein de l'UE

En 2025, la spécialisation des États membres dans ce secteur est très inégale. L'Italie (RSCA : 0,717) et le Portugal (RSCA : 0,785) sont fortement spécialisés et dominent la production et les exportations. À l'inverse, des pays comme l'Irlande (RSCA : -0,971) ou la Finlande (RSCA : -0,956) n'ont aucune spécialisation. L'Italie seule représente près de 49% de la valeur de production de l'UE et 61% de la valeur des exportations de l'UE en 2025.

Des chocs de prix fréquents sur des flux de faible valeur mais révélateurs de dynamiques de niche

L'analyse des chocs de prix détecte de nombreux épisodes de fortes variations sur des flux commerciaux de petite taille. Ces chocs, comme l'augmentation de 730% des prix à l'exportation vers la Libye en 2021 ou celle de 1 060% à l'importation depuis l'Uruguay en 2017, suggèrent des transactions ponctuelles, des réexportations ou des changements de qualité qui ne modifient pas la tendance globale mais illustrent la volatilité de certains segments du marché.


Conclusion

Sur la période 2015-2025, le marché de la chaussure en cuir naturel (CN 640359) pour l'UE a connu une évolution caractérisée par une forte érosion des volumes échangés et produits, largement compensée par une hausse des prix moyens. Le secteur est passé d'un modèle de volumes à un modèle davantage axé sur la valeur et la spécialisation. Géographiquement, les échanges se sont réorientés vers les États-Unis au détriment de partenaires européens historiques. Structurellement, la production intra-UE recule, consolidant la position de leaders comme l'Italie. L'UE demeure un acteur majeur et excédentaire sur ce segment, mais son industrie fait face aux défis de la concurrence internationale, de l'inflation des coûts et de la nécessité de maintenir un positionnement haut de gamme.

Généré le 2026-08-04. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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