Évolution du marché : appareils de massage (CN 901910) — 2015–2025
Introduction
Le code NC 901910 couvre les appareils de mécanothérapie, les appareils de massage et les appareils de psychotechnie, incluant notamment les vibromasseurs électriques (sous-code 90191010) et les autres appareils de cette catégorie (sous-code 90191090). Ce rapport analyse l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne avec les pays tiers sur la période 2015–2025, en s'appuyant sur les données de valeur, volume et prix. La période étudiée couvre des dynamiques majeures : croissance structurelle du marché, choc pandémique de 2020–2021, puis rééquilibrage progressif.
1. Une dépendance aux importations en forte accélération
1.1. Le déficit commercial se creuse de manière spectaculaire
La balance commerciale de l'UE pour ce produit s'est considérablement détériorée sur la période. Le déficit est passé de −374 M€ en 2015 à −830 M€ en 2025, soit une dégradation de 121,9 %. Le point le plus bas a été atteint en 2022 avec un déficit de −1 341 M€, avant un léger redressement.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Exportations (valeur) | 246 M€ | 394 M€ | +60,0 % |
| Importations (valeur) | 621 M€ | 1 224 M€ | +97,3 % |
| Solde commercial | −374 M€ | −830 M€ | −121,9 % |
Source : Vue d'ensemble du commerce
1.2. Le taux de dépendance nette aux importations explose
L'indicateur de dépendance nette aux importations révèle une transformation profonde de la structure du marché. Il est passé de 6,3 % en 2015 à 68,4 % en 2025, avec un pic à 81,0 % en 2022. Cette progression de près de 986 % traduit une dépendance croissante de l'UE vis-à-vis des fournisseurs extérieurs, en particulier pour couvrir la demande intérieure.
1.3. Les prix à l'importation augmentent plus vite que les volumes
Entre 2015 et 2025, les importations en volume ont progressé de 54,9 % (de 78 247 t à 121 230 t), tandis que leur valeur augmentait de 97,3 %. Le prix moyen à l'importation a ainsi crû de 27,4 %, passant de 7 930 €/t à 10 100 €/t. Ce différentiel suggère une montée en gamme des produits importés ou une pression inflationniste sur les coûts d'approvisionnement.
2. La domination chinoise et la géographie des échanges
2.1. La Chine, fournisseur incontournable de l'UE
La part des partenaires commerciaux montre une concentration croissante des importations autour de la Chine. Les importations en provenance de Chine sont passées de 404 M€ à 1 031 M€ (+155,3 %), représentant désormais la quasi-totalité de la croissance des importations de l'UE.
| Partenaire (importations) | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Chine | 404 M€ | 1 031 M€ | +155,3 % |
| États-Unis | 89 M€ | 71 M€ | −20,5 % |
| Mexique | 14 M€ | 23 M€ | +69,3 % |
| Canada | 17 M€ | 10 M€ | −39,1 % |
| Royaume-Uni | 24 M€ | 12 M€ | −50,6 % |
| Taïwan | 16 M€ | 8 M€ | −46,7 % |
| Corée du Sud | 13 M€ | 12 M€ | −10,7 % |
Source : Partenaires par valeur
2.2. L'indice HHI confirme une concentration accrue des importations
L'indice de concentration HHI pour les importations est passé de 4 492 à 7 239 (+61,1 %). Ce niveau élevé traduit un marché d'importation de plus en plus dépendant d'un nombre restreint de fournisseurs, la Chine en tête. À l'inverse, l'HHI des exportations est resté relativement stable (de 1 067 à 984, −7,8 %), indiquant une diversification géographique des débouchés européens.
2.3. Les exportations de l'UE se redirigent vers les marchés nord-américains et l'Europe de l'Est
Les principaux partenaires à l'exportation révèlent des dynamiques contrastées :
| Partenaire (exportations) | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 27 M€ | 80 M€ | +200,1 % |
| Royaume-Uni | 56 M€ | 66 M€ | +17,7 % |
| Suisse | 41 M€ | 48 M€ | +18,5 % |
| Norvège | 9 M€ | 26 M€ | +170,9 % |
| Fédération de Russie | 21 M€ | 20 M€ | −9,2 % |
| Chine | 11 M€ | 10 M€ | −12,7 % |
| Ukraine | 2 M€ | 12 M€ | +435,6 % |
Source : Partenaires par valeur
Les États-Unis sont devenus le premier débouché de l'UE, avec une multiplication par trois des exportations. L'Ukraine a connu une croissance exceptionnelle (+435,6 %), probablement liée à la reconfiguration des flux commerciaux post-2022. Le Royaume-Uni reste un partenaire stable malgré le Brexit.
3. Dynamiques internes de l'UE : production, spécialisation et chocs
3.1. La production européenne a connu une forte expansion en volume
Les volumes de production de l'UE ont connu une croissance remarquable, passant de 1,2 million de pièces en 2015 à 10 millions en 2025 (+723 %). Toutefois, la valeur de la production n'a progressé que de 25 % (de 240 M€ à 300 M€), ce qui implique une baisse significative du prix unitaire moyen de production. Ce phénomène suggère une stratégie de volume plutôt que de valeur ajoutée, ou un déplacement vers des segments de marché à plus faible marge.
3.2. Les Pays-Bas et la Pologne, moteurs du commerce intra-européen
L'analyse de la spécialisation des États membres en 2025 révèle des profils distincts :
| État membre | RSCA | RCA | Part des exportations |
|---|---|---|---|
| Pays-Bas | 0,415 | 2,419 | 14,5 % |
| Croatie | 0,384 | 2,246 | 0,4 % |
| Belgique | 0,184 | 1,451 | 8,5 % |
| Hongrie | 0,165 | 1,394 | 2,7 % |
| Allemagne | — | — | 18,5 % (1er exportateur) |
Source : Spécialisation
Les Pays-Bas affichent le plus fort indice de spécialisation (RSCA de 0,415), confirmant leur rôle de hub logistique et de plateforme de réexportation. La Pologne, bien que non listée parmi les plus spécialisés, a connu une progression fulgurante de ses exportations (de 4,5 M€ à 51,3 M€, soit +1 046 %), devenant le troisième exportateur de l'UE. L'Allemagne reste le premier exportateur en valeur absolue (73 M€), mais avec une croissance quasi nulle sur la période.
3.3. Volatilité et chocs de prix ponctuels
L'analyse de la volatilité révèle des niveaux de variation modérés sur la plupart des flux, avec des coefficients de variation (CV) généralement compris entre 0,25 et 0,50. Les flux les plus volatils concernent les exportations vers le Canada (CV = 0,86) et les importations en provenance de République dominicaine (CV = 0,79).
Un choc significatif a été détecté sur les exportations vers la Chine en 2023 : une chute de prix de 32,2 % avec un indice d'anomalie de 2 059. Ce choc, bien que limité en termes de part de valeur (5,8 %), pourrait refléter une restructuration des flux commerciaux ou des ajustements de prix liés à la conjoncture économique chinoise.
3.4. L'analyse par sous-produit confirme la prédominance des appareils non électriques
La ventilation par sous-code tarifaire montre que le sous-code 90191090 (appareils de mécanothérapie, massage et psychotechnie hors vibromasseurs électriques) représente la part dominante des échanges :
| Sous-produit | Importations 2025 (valeur) | Exportations 2025 (valeur) |
|---|---|---|
| 90191090 — Autres appareils | 684 M€ | 302 M€ |
| 90191010 — Vibromasseurs électriques | 536 M€ | 92 M€ |
Les vibromasseurs électriques (90191010) présentent des prix à l'exportation nettement supérieurs (43 297 €/t contre 30 223 €/t pour le 90191090 en 2025), suggérant une différenciation de marché entre les segments grand public et professionnel.
Conclusion
Le marché européen des appareils de mécanothérapie, de massage et de psychotechnie a connu une transformation profonde entre 2015 et 2025. Trois tendances majeures se dégagent :
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Une dépendance structurelle accrue vis-à-vis de la Chine, qui concentre désormais une part prépondérante des importations de l'UE, avec un indice HHI en hausse de 61 % et un taux de dépendance nette passé de 6,3 % à 68,4 %.
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Une capacité exportatrice européenne qui progresse, portée par la diversification vers les marchés nord-américains et est-européains, ainsi que par l'émergence de nouveaux hubs de production et de réexportation (Pays-Bas, Pologne).
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Une tension entre volume et valeur, visible tant dans la production (volume ×8 mais valeur ×1,25) que dans les prix à l'importation en hausse, qui pourrait refléter des changements structurels dans la chaîne de valeur mondiale de ce secteur.
La période 2020–2022 a constitué un point d'inflexion majeur, avec un pic de dépendance aux importations et un déficit record, avant un début de normalisation en 2023–2025. La capacité de l'UE à renforcer sa base productive et à diversifier ses sources d'approvisionnement restera un enjeu clé pour les années à venir.