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Évolution du marché : Appareils d'ozonothérapie, d'oxygénothérapie, d'aérosolthérapie; appareils respiratoires de réanimation et autres appareils de thérapie respiratoire, y.c. les parties et accessoires (CN 901920) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 901920 regroupe une famille de produits essentiels à la santé publique : appareils d'ozonothérapie, d'oxygénothérapie, d'aérosolthérapie, appareils respiratoires de réanimation et autres dispositifs de thérapie respiratoire, y compris leurs parties et accessoires. Ce code inclut notamment les sous-positions correspondant aux ventilateurs mécaniques invasifs (90192010), aux ventilateurs mécaniques non invasifs (90192020) ainsi qu'aux autres appareils de thérapie respiratoire et leurs composants (90192090).

La période 2015–2025 est marquée par une trajectoire de croissance régulière puis par un choc exceptionnel lié à la pandémie de Covid-19 en 2020, avant un réajustement progressif. Sur l'ensemble de la période, les exportations de l'UE vers le reste du monde sont passées de 816 M€ à 1 362 M€ (+66,8 %), tandis que les importations ont augmenté de 952 M€ à 1 511 M€ (+58,7 %). Le déficit commercial de l'UE s'est creusé de manière structurelle, passant de −136 M€ à −149 M€, avec un extremum à −870 M€ en 2021. L'année 2020 a constitué un point de basculement majeur, avec des importations atteignant 2 981 M€ et des exportations 2 111 M€ — des niveaux jamais observés auparavant ni depuis.

Ce rapport examine la structure et les dynamiques du commerce extérieur de l'UE pour le code 901920 à travers trois axes : les tendances de long terme et le choc pandémique, les reconfigurations des flux partenariaux, et les enjeux de structure industrielle et d'autonomie stratégique.

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I. Une décennie de croissance régulière brutalement interrompue par le pic pandémique de 2020

Le marché affichait une trajectoire de croissance modérée avant 2020

Entre 2015 et 2019, le commerce de l'UE en appareils respiratoires et de thérapie respiratoire avec le reste du monde suivait une trajectoire de croissance régulière. Les exportations sont passées de 816 M€ (2015) à 1 030 M€ (2019), soit une progression d'environ +26 % sur quatre ans. Les importations ont suivi une dynamique similaire, passant de 952 M€ à 1 198 M€ (+26 %). Les volumes échangés restaient relativement stables, avec des exportations oscillant entre 10 092 et 11 633 tonnes et des importations entre 23 983 et 25 358 tonnes. Le déficit commercial de l'UE se maintenait dans une fourchette comprise entre −136 M€ et −168 M€, reflétant une dépendance structurelle aux importations compensée par des productions à plus forte valeur ajoutée à l'export.

L'année 2020 a représenté un choc d'une ampleur sans précédent

L'année 2020 a provoqué une rupture brutale de cette trajectoire. Les importations de l'UE ont bondi à 2 981 M€, soit une multiplication par 2,5 par rapport à 2019. Les exportations ont suivi un mouvement similaire en atteignant 2 111 M€ (+105 %). Côté volumes, les importations ont crû de 24 455 à 32 059 tonnes (+31 %) et les exportations de 10 457 à 15 325 tonnes (+47 %). L'écart entre la hausse des valeurs et celle des volumes traduit une envolée des prix unitaires, conséquence directe de la tension extrême sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Le prix moyen à l'import a ainsi bondi de 48 956 €/t (2019) à 92 983 €/t (2020), un quasi-doublement.

Ce pic est directement lié à la pandémie de Covid-19, qui a généré une demande massive et urgente de ventilateurs et d'appareils de thérapie respiratoire à l'échelle mondiale. Le point de choc le plus significatif détecté dans les données concerne les importations en provenance de Chine : le prix moyen unitaire a connu une hausse de +675 % par rapport à la ligne de base, avec un indice d'anormalité de 291,8 — un signal extrême. Les importations chinoises sont passées de 122 M€ (2019) à 1 521 M€ (2020), soit un facteur de 12, tandis que les volumes ont augmenté de 8 045 à 12 723 tonnes. Ce seul choc représente 25,6 % de la valeur totale des échanges détectés.

La période post-crise révèle un réajustement progressif mais incomplet

À partir de 2021, le marché est entré dans une phase de normalisation. Les importations ont chuté de 2 981 M€ (2020) à 1 352 M€ (2021), avant de remonter progressivement pour atteindre 1 511 M€ en 2025. Les exportations ont suivi un mouvement comparable, passant de 2 111 M€ (2020) à 1 555 M€ (2021), puis se stabilisant autour de 1 320–1 420 M€ entre 2022 et 2025. Cependant, la dynamique post-crise n'est pas symétrique : en 2021, l'UE a brièvement atteint un excédent commercial de +203 M€ — la seule période de surplus sur l'ensemble de la fenêtre — avant de retomber dans un déficit structurel qui atteint −870 M€ en 2022, puis se réduit à −149 M€ en 2025.

Année Exportations (M€) Importations (M€) Balance (M€) Exports (t) Imports (t)
2015 816 952 −136 10 640 23 983
2019 1 030 1 198 −168 10 457 24 455
2020 2 111 2 981 −870 15 325 32 059
2021 1 555 1 352 +203 39 487 46 463
2022 1 370 1 563 −194 15 192 40 159
2025 1 362 1 511 −149 16 101 38 525

L'année 2021 se distingue par des volumes exceptionnels (39 487 tonnes exportées, 46 463 tonnes importées) à des prix plus modérés, suggérant la liquidation des stocks constitués pendant la crise et la livraison de commandes passées en urgence. Les prix unitaires se sont ensuite normalisés, bien que les volumes importés restent durablement supérieurs à leur niveau pré-crise (38 525 t en 2025 vs. 24 455 t en 2019).


II. Une reconfiguration profonde des flux partenariaux de l'UE

L'Asie a renforcé sa position de fournisseur principal, avec Singapour comme tête de pont

L'analyse des partenaires d'importation révèle une reconfiguration significative. En 2015, les États-Unis étaient le premier fournisseur de l'UE (212 M€), suivis de l'Australie (165 M€), du Royaume-Uni (143 M€) et de la Chine (110 M€). En 2025, le classement a changé : Singapour est devenu le premier fournisseur (300 M€, +210 % par rapport à 2015), suivi de la Chine (269 M€, +144 %), du Royaume-Uni (194 M€, +35 %), des États-Unis (176 M€, −17 %) et de l'Australie (173 M€, +5 %).

La montée de Singapour est particulièrement remarquable. De 97 M€ en 2015, les importations en provenance de Singapour ont progressé de manière quasi continue pour atteindre 305 M€ en 2024, avant de se stabiliser à 300 M€ en 2025. Cette progression (+210 %) est la plus forte parmi les principaux partenaires à l'importation, à l'exception de la Malaisie (+371 %, de 4 M€ à 21 M€) et du Mexique (+206 %, de 38 M€ à 115 M€). Singapour joue vraisemblablement un rôle d'hub de redistribution et de fabrication pour des multinationales du secteur médical, expliquant cette forte croissance.

Le cas chinois mérite une attention particulière. Hors choc pandémique, la Chine a progressé régulièrement de 110 M€ (2015) à 269 M€ (2025), avec un pic intermédiaire à 241 M€ en 2022. Les volumes en provenance de Chine ont augmenté de 7 540 à 13 572 tonnes (+80 %), tandis que les prix moyens ont varié de manière significative, avec le pic extrême de 2020 (119 562 €/t contre 15 171 €/t en 2019). Cette volatilité des prix chinois (coefficient de variation de 0,24) contraste avec la relative stabilité des prix en provenance du Royaume-Uni (CV de 0,18) ou de Suisse (CV de 0,14).

Les exportations se sont progressivement concentrées vers les marchés américain et britannique

À l'exportation, les États-Unis et le Royaume-Uni ont consolidé leur position de premiers débouchés de l'UE. Les exportations vers les États-Unis sont passées de 161 M€ (2015) à 348 M€ (2025), soit +116 %, avec un pic à 480 M€ en 2020. Le Royaume-Uni a connu une progression encore plus marquée, de 106 M€ à 258 M€ (+143 %), consolidant sa position de deuxième marché. La Suisse a doublé ses importations en provenance de l'UE, passant de 55 M€ à 110 M€ (+101 %).

À l'inverse, certaines destinations traditionnelles ont vu leur part se réduire. Les exportations vers la Russie ont baissé de 38 M€ à 28 M€ (−26 %), reflétant probablement l'impact des sanctions économiques post-2022. La Chine, qui importait 66 M€ de l'UE en 2015, n'en importe plus que 36 M€ en 2025 (−46 %), ce qui peut s'expliquer par le développement de la capacité de production nationale chinoise dans ce secteur stratégique.

Partenaire Imports 2015 (M€) Imports 2025 (M€) Variation Exports 2015 (M€) Exports 2025 (M€) Variation
Singapour 97 300 +210 %
Chine 110 269 +144 % 66 36 −46 %
Royaume-Uni 143 194 +35 % 106 258 +143 %
États-Unis 212 176 −17 % 161 348 +116 %
Australie 165 173 +5 %
Mexique 38 115 +206 %
Suisse 55 110 +101 %
Turquie 31 45 +47 %
Japon 48 64 +35 %

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Au sein de l'UE, les Pays-Bas et la France renforcent leur rôle, au détriment de l'Irlande

L'analyse des États membres de l'UE révèle des dynamiques internes notables. À l'importation, les Pays-Bas dominent largement, passant de 326 M€ (2015) à 676 M€ (2025) (+108 %), représentant près de 45 % du total des importations intra- et extra-UE. L'Allemagne reste le deuxième importateur (270 M€, +21 %), suivie de la France (204 M€, +32 %).

À l'exportation, l'Allemagne conserve la première place (417 M€, +39 %), mais les Pays-Bas connaissent la progression la plus dynamique (339 M€, +112 %). La France affiche la plus forte croissance relative parmi les grands exportateurs, passant de 50 M€ à 209 M€ (+316 %), ce qui témoigne d'un renforcement significatif de sa position dans ce secteur. En revanche, l'Irlande, qui était le troisième exportateur en 2015 (130 M€), a vu ses exportations décliner pour atteindre 108 M€ en 2025 (−17 %), alors qu'elle avait connu un pic exceptionnel à 404 M€ en 2020, probablement lié à des réexportations de matériel médical.

La Tchéquie a émergé comme un acteur important, avec des exportations multipliées par 4,6 (de 12 M€ à 55 M€, +363 %), ce qui s'explique par le développement de capacités de production dans le secteur des dispositifs médicaux en Europe centrale.

Voir les principaux États membres exportateurs


III. Structure industrielle, concentration et enjeux d'autonomie

La production européenne a connu un déclin significatif depuis 2021

Les données de production de l'UE disponibles pour la période 2021–2024 révèlent une contraction préoccupante. La production en volume a baissé de 696 M unités (2021) à 464 M unités (2024), soit une diminution de 33 %. La production en valeur a reculé de 1 593 M€ à 1 334 M€ (−16 %). Le prix moyen de production a connu des fluctuations importantes, passant de 2,29 €/unité (2021) à 1,55 €/unité (2023) avant de remonter à 2,87 €/unité (2024), suggérant un éventuel changement de mix productif vers des équipements à plus forte valeur ajoutée.

Il convient de noter que ces données présentent des incertitudes significatives (indicateurs de fiabilité : « estimate » ou « rounded »), ce qui limite la portée des conclusions. Néanmoins, la tendance baissière observée s'inscrit dans un contexte où la production européenne a peine à suivre la croissance de la demande mondiale, ce qui alimente la dépendance aux importations.

Année Production volume (M unités) Production valeur (M€) Prix moyen (€/unité)
2021 696 1 593 2,29
2022 662 1 432 2,16
2023 850 1 320 1,55
2024 464 1 334 2,87

Voir les volumes de production

L'Irlande et les Pays-Bas se distinguent comme moteurs de spécialisation européenne

L'analyse des avantages comparatifs révèle que l'UE concentre sa spécialisation dans un nombre limité d'États membres. En 2025, l'Irlande affiche l'indice RSCA le plus élevé (0,47) avec un indice RCA de 2,79, ce qui signifie que la production de thérapie respiratoire représente une part de ses exportations de produits quasi trois fois supérieure à la moyenne mondiale. Les Pays-Bas suivent (RSCA 0,42, RCA 2,42), portés par leur rôle de hub logistique et par la présence de plusieurs grands fabricants sur leur territoire. La Tchéquie (RSCA 0,28, RCA 1,77), la Roumanie (RSCA 0,23, RCA 1,59) et la Suède (RSCA 0,20, RCA 1,50) complètent le groupe des pays spécialisés.

À l'opposé, plusieurs États membres présentent un RSCA fortement négatif, indiquant une absence quasi-totale de spécialisation dans ce secteur : la Croatie (−1,00), le Portugal (−0,98), le Luxembourg (−0,98), la Slovaquie (−0,97) et Chypre (−0,95). La concentration géographique de la production au sein de l'UE constitue à la fois une force (effets de cluster et d'agglomération) et une vulnérabilité potentielle.

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La concentration des exportations augmente, tandis que les importations se diversifient

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) sur les importations de l'UE est passé de 1 358 (2015) à 1 277 (2025), avec un pic exceptionnel à 2 933 en 2020 (dû à la domination temporaire de la Chine). Cette baisse de concentration indique une diversification progressive des sources d'approvisionnement, favorable à la résilience de la chaîne d'approvisionnement.

En revanche, l'HHI des exportations a augmenté de manière significative, passant de 802 à 1 186 (+48 %). Cette hausse reflète une concentration croissante des débouchés vers les États-Unis et le Royaume-Uni, qui représentent ensemble près de 44 % des exportations extra-UE en 2025 (contre 33 % en 2015). Cette dépendance accrue vis-à-vis de deux marchés majeurs constitue un facteur de vulnérabilité en cas de changement de politique commerciale.

Indicateur 2015 2020 2025 Variation 2015–2025
HHI importations 1 358 2 933 1 277 −6 %
HHI exportations 802 807 1 186 +48 %

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L'UE est passée d'une position d'exportateur net à celle d'importateur net

L'indicateur de dépendance aux importations nettes (net import reliance) témoigne d'un basculement structurel. En 2021, cet indicateur était de −14,7 %, indiquant que l'UE était exportateur net (le volume exporté dépassait le volume importé). En 2022, il a basculé à +12,3 %, signalant un retournement. En 2025, il s'établit à +6,0 %, confirmant une dépendance nette aux importations.

Ce basculement s'explique par la convergence de plusieurs facteurs : la forte hausse des volumes importés (en partie des équipements de base à bas prix), la contraction de la production européenne, et la réorientation des exportations vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Le prix moyen à l'exportation (84 549 €/t en 2025) reste environ 2,2 fois supérieur au prix moyen à l'importation (39 209 €/t), ce qui traduit une spécialisation de l'UE dans les segments haut de gamme (ventilateurs invasifs sophistiqués, composants de haute précision) tandis que les importations portent davantage sur des équipements standardisés.

La ventilation invasive concentre la valeur, tandis que le segment « autres appareils » domine en volume

La ventilation par sous-position CN montre une structuration claire du marché. En 2025 à l'importation :

  • Le segment 90192090 (autres appareils de thérapie respiratoire, hors ventilateurs mécaniques) représente 33 237 tonnes pour 1 196 M€, soit le principal segment en volume et en valeur.
  • Le segment 90192020 (ventilateurs non invasifs) pèse 4 142 tonnes pour 246 M€ à un prix moyen de 59 494 €/t.
  • Le segment 90192010 (ventilateurs invasifs) ne représente que 1 144 tonnes pour 69 M€, mais à un prix moyen de 59 885 €/t, comparable au segment non invasif.

À l'exportation, la structure se distingue : le segment 90192090 représente 13 733 tonnes pour 876 M€ (64 % de la valeur exportée), tandis que les ventilateurs invasifs (90192010, 253 M€) et non invasifs (90192020, 234 M€) pèsent chacun environ 17–18 % de la valeur totale. Les prix à l'exportation restent systématiquement plus élevés qu'à l'importation pour chaque segment, confirmant la position de l'UE sur le haut de gamme.

Voir la ventilation par sous-produit


Conclusion

Le marché européen des appareils de thérapie respiratoire (CN 901920) a traversé entre 2015 et 2025 trois phases distinctes : une croissance régulière (2015–2019), un choc pandémique d'une ampleur extraordinaire (2020), et un réajustement post-crise (2021–2025) qui n'a pas pleinement restauré l'équilibre initial.

Trois enseignements majeurs se dégagent de cette analyse. Premièrement, le pic de 2020 a révélé à la fois la vulnérabilité de l'UE face à une dépendance accrue aux importations — en particulier chinoises — et sa capacité de réponse à court terme, avec un doublement des exportations vers les marchés mondiaux en situation d'urgence. Deuxièmement, les flux partenariaux se sont profondément reconfigurés : Singapour est devenu le premier fournisseur de l'UE, tandis que les exportations se concentrent de plus en plus vers les États-Unis et le Royaume-Uni, accroissant la dépendance vis-à-vis de ces deux marchés. Troisièmement, la contraction de la production européenne observée depuis 2021 et le passage de l'UE au statut d'importateur net soulèvent des questions d'autonomie stratégique dans un secteur directement lié à la santé publique.

Le maintien de prix d'exportation nettement supérieurs aux prix d'importation (facteur 2,2 en 2025) témoigne cependant de la compétitivité européenne sur les segments à haute valeur ajoutée. La spécialisation géographique au sein de l'UE (Pays-Bas, Irlande, Allemagne, Suède, Tchéquie) constitue un atout structurel, mais aussi un point de concentration à surveiller dans une perspective de résilience industrielle.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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